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Gérard Manset, matrice d’un Lion triste

« Cet homme est une légende vivante. On le dit lointain, ombrageux, hautain, solitaire. On le dit perfectionniste et mégalo. Il n’a jamais rien fait pour démentir cette réputation, pour lever le voile du mystère. Seule référence : les disques, même si Manset n’est jamais complètement satisfait de ce qu’il fait. Artiste torturé ? Génie incompris ? Martyr masochiste ? » (Fred Hidalgo).



Paris, mai 1968. Les pavés gauchistes volent bas, les matraques policières s’abattent sur les crânes. Les étudiants entendent mettre l’imagination au pouvoir dans la fumée des gaz lacrymogènes et des déclamations enflammées. Dans le chaos ambiant retransmis par les radios périphériques, entre deux reportages sur les grèves et les émeutes, une nouvelle voix, sourde et lancinante en surimpression d’une musique étrange, torturée et complètement originale, fait son apparition sur les ondes radiophoniques. « Animal on est mal… ». Gérard Manset, 23 ans, est né à la chanson.

Selon l’État-Civil, Gérard Manset est né à Saint-Cloud le 21 août 1945 à 3 h 40 (1 h 40 GMT).

Héritage terrestre :

L’inconnu ou presque. Le personnage est avare de confidences sur son enfance, sur sa vie privée. Des quelques mots lâchés au compte-gouttes et comme à regret à des journalistes, on sait qu’il est né aux alentours de l’explosion de la bombe atomique à Hiroshima ; il ne manque jamais de faire savoir qu’il a un ascendant Cancer… ce qui n’a pas grand-chose à voir avec l’héritage terrestre, mais prouve que notre homme s’intéresse de près à l’astrologie. Rien sur son milieu social, sa famille. On peut imaginer qu’il n’est très probablement pas un enfant du lumpen-prolétariat, puisqu’il est né à la clinique de la Porte-Jaune, à Saint-Cloud, cité résidentielle de 30 000 habitants, ville bourgeoise s’il en est, célèbre pour son champ de courses. Dans une chanson très autobiographique, il évoque ses impressions d’enfance « dans le parc et devant la grille ». Maison familiale cossue et bourgeoise comme il en est tant à Saint-Cloud ? Des études d’Art-déco (peinture, photographie, cinéma). C’est tout…

« Le lion secoue sa crinière/ à chaque coup de fouet/ derrière les barreaux de fer/ de sa prison » (Lumières)

Vénus-Saturne/Cancer

Sous une conjonction Vénus-Saturne en Cancer, sentir, ressentir est un voyage incertain, un improbable cheminement. À peine les images (‘R’) ont-elles suscité l’émotion (e), qu’il faut se déprendre de celle-ci, mettre en perce ‘t’ les affects (‘E’) pour en extirper la substantifique moelle qui toujours semble un malin plaisir à se dérober (‘t’) à nos sens, à notre émotion, à notre sensibilité : l’artiste, pour Manset, « c’est quelqu’un qui a une exigence toujours en éveil, qui a une soif, une faim systématique de voir et d’alimenter sa parole, c’est à dire son silence intérieur, qui analyse systématiquement (‘t’) les choses, les sensations, les effets, les causes (‘E’), qui a besoin d’alimenter en permanence sa chaudière artistique. C’est aussi quelqu’un qui montre une lucidité trop grande (t), en tout cas une sensibilité trop grande (‘e’) — car souvent la sensibilité masque l’objectivité ou la lucidité —, c’est quelqu’un qui a des sens hors du commun, une formidable acuité de vision et d’analyse ».

Certes, chez ce chanteur réputé froid et cérébral (Saturne), l’émotion, l’image (Vénus) restent premières, totalitaires et envahissantes (sens des ensembles fermés), fermée sur elle-mêmes (F− protectrice) : c’est comme une auto-invasion lancinante et obsédante (L+). Mais l’émotivité, la sensibilité à fleur de peau sont comme un cancer qui ronge les chairs jusqu’à l’os. L’impact émotionnel (‘e’) des images du monde (‘R’), permanent et rémanent, est toujours invite à un dépassement, un approfondissement (‘t’) du vécu (‘E’) : l’œuvre de Manset est faite « d’impressions, d’images, autant que de musique ; le peintre, le photographe ou le cinéaste ne sont pas loin. Si les mots (‘R’) sont souvent choisis pour leur sonorité (‘e’), les thèmes ne sont pas communs : philosophie de l’existence (‘tE’)… mysticisme… mêlé parfois de science-fiction surréaliste… désir pur et dur de création ne s’embarrassant d’aucun calcul… La voix, déchirée, porteuse d’émotion, ajoute une humanité étrange à une entreprise musicale qui, autrement, si l’on n’y prenait pas garde, pourrait paraître glacée à force de sophistication apparente ». Mais voilà : Vénus et Saturne se déclinent sur la même fréquence cancérienne, sont absolument indissociables, et Jupiter en Vierge collabore activement : le froid technicien a le cœur tendre et un sens aigu de l’efficace des mots, et « L’épuration absolue (Saturne) du langage (Jupiter), sa réduction à l’image (‘R’) provoque le dialogue de l’émotion (‘e’) avec la technique (Jupiter-Saturne) ».

Chez le peintre Manset, même souci d’épure, de réduction à un essentiel caché (‘t’) qui laisse néanmoins toujours la part belle à l’émotion de l’instant (‘e’) : avec une conjonction Vénus-Saturne et les niveaux ‘e’ et ‘E’ dominants, de surcroît en appel à Mars, il n’est pas question pour lui de verser dans l’abstraction pure : « Je suis quelqu’un de tout à fait pratique (‘E’). Je n’ai jamais imaginé quoi que ce soit ; je suis, contrairement à ce que beaucoup de gens croient (il y en a qui tombent assis quand je leur dis ça) le contraire d’un imaginatif. Mes toiles sont toujours structurées, partent toujours d’une réalité (‘E’), sont très graphiques. J’ai besoin d’un modèle sous les yeux, d’un modèle ou d’un volume (‘eR’)… j’ai toujours besoin d’une réalité, de quelque chose de concret ». Ainsi ses tableaux représentent pour la plupart des musiciens in vivo, en train de jouer de leur instrument : « Pour moi, la peinture s’arrête à l’art abstrait, c’est à dire que toute peinture, pour moi, est figurative. D’ailleurs la facture même de mes toiles est basée beaucoup plus sur le trait que sur la couleur — je suis un dessinateur avant d’être un peintre — et je travaille en camaïeu, c’est à dire en surimpression de couleurs, par superposition, il y a une grande transparence… ».

Comment comprendre le fait que Manset se définisse davantage comme un dessinateur que comme un peintre ? On peut y voir les effets combinés de la conjonction de Saturne à Vénus, de l’angularité de Jupiter et de la dominante cancérienne : le trait du dessinateur, ici et pour lui, a plusieurs vocations simultanées et complémentaires : vu sous l’angle saturnien, le trait dépouille (‘t’) l’image (‘R’) de sa dimension sensible, de sa charge affective immédiate (‘e’) ; sous l’angle cancérien, ce même trait délimite, enferme, isole l’objet ou l’être dessinés dans un cadre (F− protectrice) : il ne se mélange plus avec le reste de l’environnement ; enfin, sous l’angle Jupitérien (et Jupiter est en Vierge !), le trait nomme, définit (‘r’), enserre dans une forme et un espace (Vierge), l’objet qu’il circonscrit (‘E’). La phase ultraparadoxale est aussi à l’œuvre lorsqu’on compare la définition résolument antagoniste (sens des contraires) qu’il donne du couple dessinateur-peintre, et la réalité de ses tableaux : si ses traits isolent les musiciens de leur milieu, les couleurs en camaïeu, étalées en surimpression, s’étendent et s’épandent indifféremment sur le personnage contouré et son milieu, annulant l’effet limitatif du trait. À rapprocher de l’analyse que fait Nicola de la combinaison entre ultra-paradoxe et lenteur d’excitation : « Si nous entrons dans les subtilités, l’inertie d’excitation par son pouvoir de persévération fixe les antagonismes en une condensation complexe : le pour et le contre sont en surimpression »… et la couleur vient brouiller la netteté des frontières que le trait avait défini. Il est vrai que le manque de sens des contraires rend les frontières cancériennes floues et incertaines.

Vénus-Saturne/Cancer opposés à Lune/Capricorne

Manset est un artiste que l’on pourrait ranger dans la catégorie des « grands » auteurs-compositeurs, des véritables créateurs originaux de la chanson : Ferré, Brel, Barbara, etc. Effet d’une dissonance Vénus-Saturne-Lune en phase ultraparadoxale, il se refuse à faire partie de cette illustre tribu : « Ferré, Brel, c’est un monde auquel je n’appartiens pas. Ce qui entraîne chez moi, d’ailleurs, une certaine forme de solitude. Je ne me sens pas chez moi dans la famille qui devrait être la mienne ». Dissonance Lune-Vénus-Saturne : qu’il est difficile de ne pas prendre de froides distances (Saturne ‘tE’) à l’égard de tout groupe qui tend à nous englober, à nous incorporer (Lune), de ne pas sentir sa propre sensibilité (‘eR’) étrangère à celle de sa famille. Sous l’effet d’une puissante phase UP, les difficultés d’appartenance qu’implique une telle configuration s’aggravent : l’on ressent, non seulement une extrême réticence à s’agglomérer à quelque groupe homogène que ce soit, mais, plus encore, c’est à la famille qui devrait être la sienne que l’on se sent étranger. Le sentiment de solitude s’en trouve subjectivement et objectivement renforcé. Manset refuse d’appartenir à quelque famille que ce soit, même la sienne.

Léo Ferré, né comme lui avec une conjonction Vénus-Saturne dominante en Cancer, devrait éveiller en lui comme une obscure complicité dans le ressenti et l’analyse du monde. Pas du tout, et même au contraire : il fait partie de ceux dont il ne peut se « sentir frère, ni de sang, ni de race. C’est quelqu’un qui ne maîtrise pas sa destinée, il est un peu ballotté. Et puis il est illuminé. Je n’ai aucune affinité avec ce genre de sensibilité exacerbée. Moi, j’aime les poètes purs et durs. Ceux qui ont un caractère affirmé, ceux qui pénètrent les choses, qui ont du relief. Et pas un relief de nature maladive, de décalé, de désaxé ». Il faut dire que, dans le thème de Ferré, Vénus-Saturne en Cancer sont conjoints à Lune et Pluton dans le même signe et que, dans celui de Manset, la Lune est en Capricorne, opposée à Vénus-Saturne, tandis que Pluton y est faible et dissonant. Là où Ferré accepte de vivre intimement, de faire siennes (Lune) les blessures, les doutes et les incertitudes d’une affectivité complexe et exacerbée (Vénus-Saturne-Pluton), Manset s’y refuse totalement (Lune dissonant Vénus-Saturne-Pluton). Il n’accepte pas d’habiter sa douleur, sa difficulté à être et ressentir, ni le fait qu’il « fait partie d’une catégorie d’artistes fragiles ». Faut-il aussi voir, dans ces griefs injustes qu’il adresse à Ferré, un effet d’un « appel » « mal-entendu » à Mars-Uranus ? « Lui croit en ce qu’il fait, il défend ce qu’il fait, il se bat pour ce qu’il fait… moi, je ne suis pas de cette nature, je ne m’implique pas dans ses choses là ». Notons que Ferré dispose, comme par hasard, d’un Mars au MC au trigone d’Uranus… Vindicte « aveugle-aveuglante » d’un appel inentendu de Manset…

Sous une dissonance Vénus-Saturne-Lune en faiblesse d’excitation, la tentation est forte de jouer les éternels incompris, les mal-aimés, et de se retrancher dans sa coquille en prenant un maximum de distance vis-à-vis de toute forme de dépendance. Ainsi s’est-il retrouvé affublé d’une réputation de loup solitaire, de marginal inclassable, catalogué « artiste torturé, génie incompris, martyr masochiste ». Ainsi Gérard Manset rédige-t-il lui-même les contrats qui le lient aux éditeurs de disques, afin de disposer d’une entière liberté de création artistique. Un effet du niveau ‘E’ (Jupiter-Saturne) dominant, sans doute. Ainsi gère-t-il de A à Z l’écriture, la conception, la réalisation de ses albums, ne déléguant son pouvoir de création à personne, farouchement solitaire dans son Atelier du Crabe (ainsi désigne-t-il son travail dans les studios d’enregistrement, en faisant directement allusion à son ascendant Cancer…). Ainsi, aussi, a-t-il hérité d’une réputation de mégalomaniaque orgueilleux et ombrageux, hautain et méprisant. Une réputation qui ressemble à du ‘r’, qui a le goût du ‘r’, la couleur du ‘r’, mais qui n’est pas du ‘r’ : combien d’angoissés, de pudiques, de solitaires et de timides n’endossent-ils pas cette réputation d’orgueil et d’égotisme farouche, alors que la distance qu’il mettent entre eux et autrui n’est bien souvent qu’une immense réserve, une intime réticence à sortir de sa coquille introvertie qui rend difficile la communication spontanée ?

Soleil-Mercure/Lion

Gérard Manset dispose d’une magnifique conjonction Soleil-Mercure en Lion, qui mérite pour sa non-angularité et son isolement parfait en hémisphère nocturne, la palme de « super-aveugle du thème ». Cette configuration devrait donc elle aussi nous renseigner sur l’idée qu’il se fait de l’artiste, et surtout de l’artiste en Représentation extensive léonienne dont le portrait pourrait être le suivant : « Disponible au dialogue, prompt à vous intéresser, à vous émouvoir où à vous émerveiller, vous brillez lorsqu’il s’agit d’amuser, de distraire ou de séduire ». Réactions de l’intéressé à ce portrait de son « ombre » : « Je suis incapable d’assumer ce côté cabot de la plupart des artistes du showbiz, c’est insupportable… Je vomis sur la télévision pour sa nullité. Idem sur moi-même : je suis encore plus nul que les programmes, puisque je n’y passe pas ». Aïe ! Le niveau ‘R’ n’est vraiment pas en forme… ce qui n’exclut pas la fascination : « ce qui est très déstabilisant pour les artistes, c’est l’absence d’échelle de valeurs indiscutable (‘rR’). Autrement dit, vos relations, vos amis, vos intimes (Lune-Vénus) peuvent bien vous répéter que vous êtes le meilleur, cela ne vous empêche pas de rentrer le soir et de douter comme au premier jour (Saturne) ».

Manque d’excitation associative de la dominante Cancer-Vierge, manque d’excitation débloquante d’un ‘R’-Lion « aveugle », extrême pudeur, réserve et complexité d’une affectivité Vénus-Saturne/Cancer qui ne saurait tisser des liens que sur la bases d’émotions profondément partagées, isolationnisme d’une Lune-Capricorne, tout cela exhale un parfum d’incommunicabilité, voire même de franche asocialité (« non-R », f+), en dehors bien sûr d’un cercle restreint et ultra sélectionné de proches partageant mêmes émotions et mêmes analyses. C’est bien là l’une des caractéristiques majeures du fonctionnement de Manset : « Je suis peut-être différent, étant poète quelque part, mais je ne suis qu’un différent parmi d’autres différents avec lesquels je peux entretenir des rapports normaux : avec des écrivains ou des artistes-peintres par exemple, je suis dans mon trip artistique, au milieu de gens qui ne sont peut-être pas le commun des mortels au niveau de la sensibilité, mais là je n’ai plus du tout l’impression d’être asocial : je fais partie d’une société artistique de créateurs, c’est tout. Mais dès que je bascule dans le showbiz, effectivement, je deviens un monstre d’asocialité… j’ai bien été obligé de me rendre compte que je devenais asocial relativement au monde qui change, puisque moi qui reste intègre et homogène, je ne change pas ; donc c’est juste, il y a un décalage qui fait qu’on peut me traiter d’asocial ».

Lune-Capricorne

Intègre et homogène ? Voilà des mots qui évoquent puissamment la fonction lunaire, et même plus précisément une Lune-Capricorne. Jusqu’à présent, nous avons surtout découvert le Manset « vénuso-saturnien anti-lunaire ». Mais le Manset lunaire existe bel et bien lui aussi. Évoquant son pôle ‘E’ (Jupiter-Saturne) qui lui donne « une certaine faculté à m’organiser », il précise que cette capacité est « née de l’urgence. En fait, je suis comme tout le monde, je laisse les problèmes s’entasser, je ne les résous que le jour où un signal d’alarme me fait réaliser, inconsciemment d’abord, consciemment ensuite, que je dois changer de peau et que cela ne peut se faire que par un balayage systématique, grâce à quoi je me retrouve dans une cellule vierge, monacale et vide de tout ». Chez Manset, cette exigence d’homogénéité va très, très loin : régulièrement, depuis une dizaine d’années, il fait un tri systématique de toutes ses chansons, ne gardant que celles qui lui paraissent sur le moment éternelles, incorruptibles, indémodables (F− extinctive), celle qui l’habitent et qu’il habite toujours, indépendamment des émotions et réflexions qui passent et qui ont pu, à un moment donné, l’émouvoir ou le révolter : « Voilà d’ailleurs pourquoi j’ai balancé une certaine quantité de choses que j’avais faites : parce qu’elles n’étaient pas homogènes avec l’idée d’éternité que je voulais les voir représenter ».

Le clocher et les antipodes

Mais qu’il est difficile de concilier une vie perçue comme un voyage vers l’inconnu (Gérard Manset est un grand voyageur), ses parfums et ses séductions (Vénus-Saturne) avec une autre vie faire d’enracinement dans le quotidien (Lune) alors que la phase ultraparadoxale incite à laisser coexister l’ici et l’ailleurs dans un ensemble fermé (Cancer-Capricorne) : « Personnellement, je suis et je ne suis pas là. Dans ma tête, je suis même beaucoup plus ailleurs qu’ici. En même temps, il y a cette bicéphalité qui fait qu’il m’est définitivement impossible de vivre ailleurs qu’ici. Je suis né à Saint-Cloud, j’ai traîné mes semelles un peu partout, mais je reste attaché au clocher. Donc, quelque soit le côté sucré, l’aisance, la félicité des antipodes, je n’en suis pas ». Ultraparadoxe : on est à la fois ici et ailleurs.

Le voyage perçu à la fois comme un bienheureux arrachement à la quiétude du nid, une épreuve initiatique avec un « côté sucré » (Vénus-Saturne), et comme un créateur de nostalgies : « Heureux qui comme Ulysse »… Voyage de la dissonance Vénus-Saturne-Lune grâce auquel « On va plus vite, on voit plus vite, on vit plus vite. Le voyage, ce n’est pas une partie de plaisir. Mais un travail consciencieux : on élimine les faux rêves… ». Le voyage comme ascèse saturnienne anti-lunaire donc : « On ne réagit pas parce que c’est mieux ailleurs, on réagit parce que ce n’est pas bien ici… la quête du sauvage. Je peux, à l’occasion, l’être. Je l’ai été, mais temporairement, plus pour des besoins qui seraient ceux d’un écrivain, c’est à dire de se mettre en situation, que pour une réelle et profonde adhésion à ce genre de vie. J’ai besoin de très peu de chose. De quasiment rien, même ». Ces douloureux tiraillements entre Vénus-Saturne et la Lune, Manset les exprime encore lorsqu’il dit que « Oui, il y a une errance, comme ça, permanente. Un manque d’attaches, de racines… Le voyage, c’est une autre forme d’enfance dans laquelle on évolue, où certaines choses vous marquent et d’autres pas. C’est aussi une forme d’initiation constante, nécessaire… On est venu pour quoi ? Pour en prendre plein la tête, être illuminé, secoué, mis à genoux (Vénus-Saturne). Pas pour qu’on vous serve la même bouillie tous les matins (Lune). Évidemment, c’est un privilège d’avoir un jour assez de recul (Saturne) pour comprendre qu’on était pas fait pour cette bouillie (Lune), pour aller chercher autre chose ailleurs ».

Neptune-Jupiter

Avec une Lune opposée à Saturne et trigone à Neptune angulaires, et opposée à Pluton, Gérard Manset est aussi bien sensibilisé au niveau « T non-R » : « On ne voit le monde, n’est-ce pas, qu’à travers ses propres conceptions du monde. Or, les miennes sont les suivantes : je ne vais, je ne fonctionne que là où il y a un plan caché, dissimulé, quelque chose de flou, de pas très clair, de difficilement exprimable, une polémique sur laquelle on peut discuter des jours ou se taire définitivement ».

On sent là une nette dominante neptunienne (Neptune-Balance au FC, conjoint Jupiter-Vierge, trigone Lune-Capricorne). Tout un univers d’inexprimable démesuré, sans limites (manque de F− bloquante de la Balance), qu’il faut néanmoins parvenir à cerner, enfermer, contenir dans un langage commun illustrant un « vécu parlant », des expériences représentatives (Jupiter-Vierge).

Article paru dans le n° 18 des Cahiers conditionalistes (2e semestre 1991).

Discographie :

- LA MORT D’ORION (1970, Pathé-Marconi)),
- VOLUMES 1, 2 & 3 (1972–1982),
- LUMIERES (1984),
- PRISONNIER DE L’INUTILE (1985),
- MATRICE (1989),
- REVIVRE (1991), (EMI-France)

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard


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