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1. Esotérisme du conditionalisme Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Réflexions conditionalistes
Publié le : 18 octobre 2004
1. Esotérisme du conditionalisme



Parce que c’est commode, pas fatigant, et peut-être utile, j’ai pour habitude de commencer un exposé difficile, par la définition de ses mots-clefs.

Ainsi, ésotérisme, viendrait d’une racine grecque "éso" qui signifie à "l’intérieur" et que l’on peut opposer à "éxo", d’une autre racine qui signifie à "l’extérieur". Selon les Trésors des racines grecques de Jean Bouffartigue et Anne-Marie Delrieu (Le français retrouvé aux éditions Belin) :

"Il existe une opposition éxo/éso - (= à l’intérieur) limitée aux mots éxotérique/ésotérique - exôtérikos/esôtéricos, diffusé à l’extérieur/réservé à l’intérieur. Un texte ésotérique est d’abord un texte réservé aux membres de l’école ou de la secte, donc peu compréhensible aux non-initiés".

Puisque je dois vous entretenir de l’ésotérisme du conditionalisme, cette définition voudrait donc dire qu’il y a, à l’intérieur de notre école, un discours caché, un discours occulte, encore moins compréhensible que celui que nous tenons aux non-initiés. Or, ce n’est pas vrai, les conditionalistes du COMAC n’ont pas de double langage... Ils parlent entre eux comme je vous parle, mais comme leur langage unique est peu compréhensible aux non-initiés, on pourrait en déduire qu’ils sont ésotéristes sans le savoir et que ceux qui diffusent des textes trop compréhensibles sur le sacré sont des exotéristes qui s’ignorent parce qu’ils diffusent des idées secrètes... à la portée du premier venu. Vous avouerez qu’on ne peut pas en dire autant du zodiaque réflexologique, du R.E.T., du S.O.R.I.. En somme, au premier degré, les conditionalistes, en raison même de leur langage, sont des ésotéristes.

Comme les mots ne sont ni des choses, ni des gens, dans les faits, l’histoire et la pensée, l’ésotérisme est différent, beaucoup plus large que cette première définition formelle. Luc Benoist, auteur très averti en la question - et je me réfère à son Que Sais-Je ? n° 1031 - ne s’en tient pas à un partage du monde entre le dedans et le dehors. Le dedans en sait plus.

"Ainsi la notion d’ésotérisme comporte-t-elle en définitive trois étapes ou trois enveloppes de difficultés croissantes. Le mystère est d’abord ce que l’on reçoit en silence, puis ce dont il est interdit de parler, enfin ce dont il est difficile de parler.

Le premier barrage est constitué par la forme même de toute expression. C’est un ésotérisme "objectif" (le langage conditionaliste, par exemple).

Le second tient à la qualification imparfaite de la personne à qui l’on s’adresse. C’est un ésotérisme "subjectif". Enfin, le dernier voile qui cache la vérité en l’exprimant tient à son caractère incrustable par nature. C’est l’ésotérisme "essentiel" ou métaphysique...c’est grâce à lui que s’unifient par l’intérieur toutes les doctrines traditionnelles.

Il faut ajouter (poursuit Luc Benoist) que s’il existe une corrélation logique entre exotérisme et ésotérisme, il n’y a pas entre eux une équivalence exacte, puisque l’aspect intérieur domine l’exté- rieur, qu’il intègre en la dépassant, même si cet aspect extérieur a pris comme en Occident l’accent religieux.

L’ésotérisme n’est donc pas seulement l’aspect intérieur d’une religion, car l’exotérisme ne possède pas toujours ni obligatoirement un aspect religieux et la religion n’a pas le monopole du sacré. L’ésotérisme n’est pas, non plus, une religion spéciale à l’usage des privilégiés, comme on le suppose quelquefois, car il n’est rien par lui-même qu’un point de vue plus profond sur les choses sacrées.

Il permet de comprendre la vérité intérieure qu’exprime toute forme religieuse ou non".

Si l’ésotérisme intègre l’extérieur par l’intérieur... mis à part le sacré, l’ésotérisme conditionaliste transpire dans toutes ses définitions. Dans celles du zodiaque ou plutôt des zodiaques, le zodiaque photopériodique local et le zodiaque universel des déclinaisons sont externes et objectifs. Le zodiaque réflexologique, fondé sur les deux processus principaux de l’activité nerveuse supérieure, leur variation en force, équilibre, mobilité, est subjectif-interne. C’est lui qui donne un sens humain aux signaux externes, photopériodiques, gravifiques ou autres... parce que c’est lui qui leur répond sur le mode adapté ou inadapté, selon des dispositions de réactivité qui ne tiennent pas toutes à l’horoscope mais également au bagage terrestre de chaque individu.

A partir d’une définition des Signes, privilégiant l’interne en intégrant l’externe, je pouvais donc dire, comme je le fais régulièrement dans les cours, qu’il n’est pas nécessaire de naître sous tel ou tel Signe pour en avoir la problématique et les comportements. Entendez par là qu’en supprimant les incitations célestes externes, on ne supprime pas les processus internes d’adaptation-réponse à d’autres incitations... et comme ce sont eux qui constituent la base de nos définitions, on peut habiter sous des latitudes géographiques sans horoscope, comme à Mourmansk, et avoir quand même son "profil zodiacal".

Allons plus loin que Mourmansk dans ce raisonnement. Puisque les processus nerveux d’excitation et d’inhibition concernent toute matière vivante irritable dans ses réponses, nos amis les bêtes (je vous épargne momentanément les insectes) peuvent aussi se définir par les formules réflexologiques des Signes zodiacaux, qu’elles aient ou non un horoscope avec heure précise...ce qui ne doit pas être possible pour toutes les espèces, notamment ovipares. Au cours de séminaires d’enseignement théorique et appliqué, nous nous sommes souvent amusés, pour aiguiser l’esprit d’observation, à définir des comportements animaux (poules, chiens et chats) en termes réflexologiques, l’illustration des formules abstraites par des tortues, des lièvres, écureuils, serpents ou sangliers, paraît pédagogiquement utile.

Comme vous pouvez en juger, en jouant sur les racines grecques, en conditionalisme le Zoo-diaque est parfaitement justifié. En fait, la racine "Zo" désigne les êtres vivants, animaux ou non, et s’ils ont des processus neurobiologiques communs, il revient surtout à l’Homme d’en user pour répondre au Ciel photopériodique ... ce qui demande déjà une subtilité exceptionnelle, scientifiquement contestée, et davantage encore de mystérieuse réceptivité, s’il répond, aux variations d’équilibre Nord-Sud de la Terre selon les distances, positions et déclinaisons planétaires.

Le ternaire sacré apparaît donc dès le Zodiaque qui n’existe que par l’Homme entre la Terre et le Ciel.

Une autre clef d’explicative et d’interprétation, la théorie des âges, met en relation, après le cycle de la Lune, les cycles héliocentriques de Mercure à Pluton, et les étapes de maturation-dématuration du développement humain, depuis la naissance jusqu’à la mort et au-delà, mais non depuis la conception. La présence de l’au-delà peut étonner... Il est actualisé et réduit à la proportion d’une durée probable d’existence par les projections et attributions faites aux longs cycles de Neptune et Pluton, à savoir : l’Inconscient, ses pressions, fantasmes, inspirations et rêveries, le collectif, le religieux ou l’insondable, finalement par le haut ou par le bas, tout ce qui est impersonnel et irrationnel. La théorie des âges restitue les significations planétaires traditionnelles et modernes. Elle a permis de les approfondir, et parfois de devancer, notamment sur la première année d’âge, les découvertes ou les mises au point des psychogénéticiens. Elle a connu peu de détracteurs, en dehors d’un seul qui lui reproche de ne pas être la première même si sa devancière, diffusée par Ptolémée, n’a pas d’assise astrométrique sérieuse.

Pour la partie externe, outre la Lune qui ne tourne pas autour du Soleil, la théorie des âges repose sur les cycles héliocentriques... ce qui, dans l’hypothèse d’influences ou résonances physiques, laisse entendre que l’Homme est non seulement sensible à l’équilibre de son habitat terrestre mais aussi à celui de tout le système solaire et à sa cohérence non-apparente. De toutes les espèces vivantes, il serait bien l’unique à disposer de cette sidérante réceptivité puisque la corrélation entre cycles héliocentriques et étapes de maturation ne vaut que pour lui. L’intégration de l’externe par l’interne tient ici du prodige... elle implique un sens mathématique inconscient ou la capacité de percevoir les données réelles de l’univers dans ses manifestations apparentes : contre elles et grâces à elles. En y réfléchissant bien, ceux qui ont changé les conceptions du monde, ont nécessairement accordé plus de crédit à leur intuition (une image intérieure issue dont on ne sait quel a priori) qu’à leurs sens immédiats.

Du point de vue des théories contemporaines, le principe anthropique (du mot grec anthropos qui signifie homme) ainsi nommé par l’astrophysicien britannique Brandon Carter, est le seul indiqué pour expliquer la complicité de l’Homme et l’Univers de façon officiellement scientifique...mais, ce principe, qui justifierait, plus ou moins malgré lui, l’astrologie physique naturelle, est loin de faire l’unanimité. Dans les Eléments de cosmogonie astrologique des éditions COMAC, j’ai suggéré des voies plus simples que celles du principe anthropique, mais il y a de fortes chances pour que cette simplicité ne soit qu’une conséquence ou corollaire du principe anthropique. Ces voies d’astrologie naturelle, autant que le principe du britannique Brandon, s’opposent également aux affirmations matérialistes d’un monde où l’homme a émergé par hasard dans un univers qui lui est indifférent. Elles rejoignent les écritures sumériennes, bibliques, traditionnelles, sur l’Univers créé pour l’Homme...ou intelligible pour lui parce qu’il en découle, comme le fruit de la fleur, et la fleur de l’arbre et des saisons. Ainsi, dans une position que je qualifierai de philosophique sans présomption religieuse, on pourrait se contenter de dire que l’ésotérisme se réclame d’un ordre où l’Homme a sa place quelque part, tandis que l’anti-ésotérisme (au sens de refus d’Intégration) se réclame de l’aléatoire, d’un peu de tout, d’un peu de rien. Ni ordre, ni désordre...tantôt l’un, tantôt l’autre, ou un mélange favorable à l’apparition de l’Homme en tant que produit de confusion universelle.

Il semblerait - impression à vérifier - que, d’une façon statistique, les personnalités sensibles à un ordre quel qu’il soit, primaire ou élaboré, social, cosmique, mathématique, biologique, moral, naturel...ont plus d’inclination à croire, avec ou sans excès dogmatique, à un Univers conçu, voulu, organisé par une volonté qui ne peut pas ignorer sa création... et donc, de toute façon, un univers hiérarchique dont l’Homme est, selon la Religion, au milieu, au centre ou tout en bas de l’échelle. Quelle que soit sa position, précaire ou avantagée, il est, de toute façon témoin et témoignage d’une hiérarchie... le contraire du hasard. Toutefois, pour être sacrée inaltérable, la hiérarchie doit, s’inspirer d’un ordre supra-humain, le plus proche possible du divin et, par conséquent, prendre sa source sur les cîmes, au plus haut de la montagne.

Ce que Luc Benoist, dans son Que Sais-je ? sur Signes, Symboles et Mythes, nous rappelle ainsi : "Chaque pays ayant son propre centre, le nom des montagnes sacrées (desquelles viennent l’ordre et les lois), varie suivant les traditions tout en répondant à une fonction identique. C’est l’Olympe des Grecs, l’Alborj des Perses, le Thabor des Juifs, la montagne Qaf des mulsulmans, le Potala des Tibétains, la Montagne Blanche des Celtes, le Mérou des Hindous, le K’ouen-louen des Chinois. On peut même dire qu’au coeur de chaque village le clocher, le beffroi, le donjon répondent au même besoin de protection providentielle" (pour préciser la pensée de l’auteur, cette protection supérieure est la seule qui puisse assurer la durée de l’ordre social, instable et relatif sans elle).

"Quand la montagne manquait, poursuit Luc Benoist, on l’imitait en élevant un amas de pierres, un "cairn" (monticule de terre et de pierres), un tumulus, une pyramide, une ziggourat à Babylone, un temple-montagne au pays khmer ou une pagode boudhique à neuf étages en Chine. Les pierres levées, bétyles et menhirs, sont également des réceptables de l’inspiration divine comme l’Omphalos de Delphes auprès duquel vaticinait la Pythie".

Les conditionalistes n’ont pas accouché d’une montagne, ni d’une souris. Il n’y a pas de prophète parmi eux... (les postulants sont partis, ou on les a mis dehors), mais deux de leurs emblèmes ou représentations graphiques évoquent la hiérarchie de la montagne, des échelles et de la corde à noeuds, autant de symboles ascensionnels vers un sommet ou vers le centre.

L’emblème de la figure 1, image d’une Tour, d’un beffroi, d’un clocher, met en valeur le binaire et le ternaire. Le binaire par la répartition Droite - Gauche que donnent les couples successifs Soleil-Pluton, Vénus-Neptune, Mercure-Uranus, Jupiter-Saturne, Mars-Lune. Le ternaire par la succession des familles R, E, T (Représentation, Existence, Transcendance) qui se lisent trois par trois sur le cercle de droite à gauche. Dans cette représentation du fer de lance conditionaliste, le sommet est le centre, à savoir la fonction Mars, partenaire de la globalité Lunaire. Cette figure a été obtenue par les données astrométriques des planètes. Plus précisément : le rapport du demi-grand axe avec l’intensité de la pesanteur à la surface est proportionnel à la période d’un oscillateur harmonique (pendule). Le cycle équivalent en durée est converti en une nouvelle distance au Soleil dont on peut déduire ensuite la vitesse linéaire moyenne de l’astre qui occuperait cette orbite. La Figure 1 est une représentation de ces vitesses... inférieures à celle de Mars pour la partie gauche (ombrée), supérieures pour la partie droite. En note, je ferais remarquer qu’il s’agit, dans ce traitement des données, d’une opération analogue à une opération alchimique... sous le feu de l’analogie (oscillation transposée en translation ; distances transformées) on voit dans le creuset des distances au Soleil (distances exotériques), sortir l’Aigle noir et blanc du R.E.T. : des distances ésotériques, un ordre binaire-ternaire lié aux significations astrologiques.

La figure suivante, diagramme du R.E.T., n’organise pas des données réelles mais la logique des fonctions planétaires définies par les interférences ou combinatoire de l’unique (Représentation), du duel (Existence), du Multiple (Transcendance). La hiérarchisation des planètes à partir de critères ordinaux pour les angles, les aspects, les hauteurs, les orbes, l’état nocturne ou diurne, oriental ou occidental, constitue la pierre de touche de l’interprétation du ciel de naissance. Si ce problème de hiérarchisation n’a pas encore de solution indiscutable, il a déjà permis de faire progresser l’interprétation synthétique et analytique d’un thème. Outre les voies ouvertes à une interprétation plus fine des transits, cette méthode doit conduire à une nouvelle pratique de la consultation et à des applications thérapeutiques autres que verbales ou exclusivement psychologiques.

Le zodiaque est également ordonné en trois groupes, en fonction du rapport des arcs de présence/absence, ou d’équilibre Nord/Sud : égal aux équinoxes (Bélier, Vierge, Balance, Poissons), extrême aux solstices (Gémeaux, Cancer, Sagittaire, Capricorne) : moyen dans les Signes fixes (Taureau, Lion, Scorpion, Verseau). Parce que les réponses sont humaines, outre l’interprétation réflexologique, ces trois phases sont en relation avec des sensibilisations plus mentales qu’instinctives-affectives. Sous cet angle : les Signes en Sens des contraires (Bélier, Vierge, Balance, Poissons) sont sensibles aux problèmes de choix et décisions de principe ("faut-il ceci ou cela ?") Les Signes "fixes", en Sens des combinaisons, sont plus sensibles aux problèmes de dose et proportion ("combien de ceci et cela ?"), enfin les Signes solsticiaux, en Sens des ensembles, sont plus sensibles aux problèmes de totalisation ou généralisation ("il faut de ceci et cela pour faire un monde"). Décision, proportion, généralisation... De même, selon les formules réflexologiques chaque quarte zodiacale est sensible à des catégories différentes de signaux : Energie et forces pour Bélier, Taureau, Gémeaux. Espace, formes et lieux pour Cancer, Lion, Vierge. Temps, mode, durée, échéances et évolution pour Balance, Scorpion, Sagittaire. Structure, nombres et archétypes, pour Capricorne, Verseau, Poissons.

Le clavier conditionaliste rationalise le symbolique sans se priver de ce dernier. Il n’est pas réductible, comme on a pu l’écrire, "à l’étroit couloir de la réflexologie"... car cette réflexologie n’est pas celle du dressage mais celle des réponses d’adaptation au milieu naturel... dont la Terre et ses montagnes, la lumière du ciel, ses Signes et ses planètes font partie, sauf erreur ?

Avec la théorie des âges nous pouvons intégrer aux fonctions planétaires les conditionnements socioculturels. S’il y a, en effet, des constantes universelles dans l’évolution humaine de la naissance à la mort, des étapes propres à toutes les races, les ethnies traitent différemment l’enfance, l’adolescence, la maturité et la vieillesse. Les rites, les permis et interdits, droits et devoirs des différents âges changent avec les lieux et les époques. Ce qui laisse entendre que les significations planétaires sont évolutives... tributaires de notre usage du temps. Une espérance de vie qui s’élèverait jusqu’à la centième année changerait forcément notre compréhension de Neptune et l’interprétation de ses transits. Pensez au précédent de Saturne qui gouvernait le dernier âge lorsque l’espérance de vie était bien en-dessous de 40 ans.

Toujours dans la ligne de l’intégration de l’externe par l’interne, le nombre des aspects majeurs (conjonction, opposition, trigone, carré, et à la rigueur sextile et demi-carré), tout comme l’explicative des significations consonantes et dissonantes, se justifient, au moins quant au principe, par la théorie du physiologiste Louis Lapicque sur les aiguillages nerveux. Louis Lapicque a découvert un moyen de définir l’excitabilité d’un nerf en mesurant à la fois sa réponse à l’intensité et à la durée d’un excitant. Il a introduit le temps dans les définitions des propriétés réactives des neurones et ces propriétés qui interviennent dans les transmissions nerveuses rejoignent les observations empiriques des astrologues sur les aspects consonants et dissonants, à condition de ne retenir que les rapports 1 (conjonction), 1/2 (opposition), et les variations de 1/3 (premier trigone) à 2/3 (deuxième trigone) dans les vitesses de transmission. Il y a, là, dans cette voie que je schématise, une voie précieuse (interne) de recherche sur les effets des aspects et des transits. Je ne l’ai pas poursuivie parce que je n’ai pas les compétences d’un neurophysiologiste et parce qu’en astrologie, les modèles dominants - les paradigmes - sont beaucoup plus proches des fantasmes psychanalytiques que des réalités physiopsychologiques.

Pour terminer sur les sources internes intégrant l’externe en conditionalisme, je citerai enfin le quadrige du S.O.R.I. qui désigne les référentiels du Sujet, de l’Objet, de leur Relation et de l’Intégration (ou Relation de la relation). Comme son nom l’indique, ce dernier les intègre tous... Il ne peut donc pas être Sujet, Objet, Relation, mais le Tout plus grand que les parties. Les conditionalistes associent la Mystique, philosophies, doctrines spiritualistes et Traditions sacrées, aux aspects variables de l’Intégration car, il va de soi que nul ne saurait la saisir intégralement dans des mots ou des symboles. L’Intégration est impersonnelle.

L’impersonnalité de l’auteur ésotérique est la première idée générale de l’ésotérisme écrit Pierre A.Riffard dans son anthologie de l’ésotérisme occidental (Bouquins. Robert Laffont). Quelques citations peuvent le montrer, poursuit-il. Pythagore : "Cette doctrine n’est pas de moi". Jésus : "Ma doctrine n’est pas de moi". Un auteur moderne, Milosz : "Quant à l’intérêt et à la sympathie que vous voulez bien témoigner aux Arcanes (1926-1927), j’en suis plus profondément touché que je ne saurais le dire. Aucune vanité d’auteur ne se mêle à ce sentiment : le livre est certainement le plus impersonnel de mes ouvrages. Je l’ai écrit presque sans le vouloir ; son unique mérite est de m’avoir irrésistiblement et définitivement jeté sur un chemin qui conduit en même temps à la Raison et à la Sainte Table".

Cette présence dépersonnalisée du Sujet dans l’Intégration ne nous paraît pas aller tout à fait dans le sens d’une mode qui fait de l’abandon aux sensibilités du Moi la fin et le commencement de sa vie spirituelle. Il me semble qu’il y a là beaucoup de confusion entre ce que le Sujet peut intégrer et ce que l’Intégration fait du Sujet. Dans la Tradition, les voies initiatiques ont été jusqu’à présent plus épineuses que gratifiantes pour les aspirations personnelles. En astrologie, la réduction du thème au Sujet ne me semble pas, non plus, une conception très spirituelle de la grandeur du ciel. Mais, comme disent les Inconnus : cela ne nous regarde pas. SUITE

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola



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