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Ésotérisme du conditionalisme

Parce que c’est commode, pas fatigant, et peut-être utile, j’ai pour habitude de commencer un exposé difficile, par la définition de ses mots-clefs. Ainsi, ésotérisme, viendrait d’une racine grecque « éso » qui signifie à « l’intérieur » et que l’on peut opposer à « éxo », d’une autre racine qui signifie à « l’extérieur ». Selon les Trésors des racines grecques de Jean Bouffartigue et Anne-Marie Delrieu (Le français retrouvé aux éditions Belin) : « Il existe une opposition éxo/éso - (= à l’intérieur) limitée aux mots éxotérique/ésotérique - exôtérikos/esôtéricos, diffusé à l’extérieur/réservé à l’intérieur. Un texte ésotérique est d’abord un texte réservé aux membres de l’école ou de la secte, donc peu compréhensible aux non-initiés ».

Puisque je dois vous entretenir de l’ésotérisme du conditionalisme, cette définition voudrait donc dire qu’il y a, à l’intérieur de notre école, un discours caché, un discours occulte, encore moins compréhensible que celui que nous tenons aux non-initiés. Or, ce n’est pas vrai, les conditionalistes du COMAC n’ont pas de double langage… Ils parlent entre eux comme je vous parle, mais comme leur langage unique est peu compréhensible aux non-initiés, on pourrait en déduire qu’ils sont ésotéristes sans le savoir et que ceux qui diffusent des textes trop compréhensibles sur le sacré sont des exotéristes qui s’ignorent parce qu’ils diffusent des idées secrètes… à la portée du premier venu. Vous avouerez qu’on ne peut pas en dire autant du zodiaque réflexologique, du R.E.T., du S.O.R.I.. En somme, au premier degré, les conditionalistes, en raison même de leur langage, sont des ésotéristes.

Comme les mots ne sont ni des choses, ni des gens, dans les faits, l’histoire et la pensée, l’ésotérisme est différent, beaucoup plus large que cette première définition formelle. Luc Benoist, auteur très averti en la question — et je me réfère à son Que Sais-Je ? n° 1031 — ne s’en tient pas à un partage du monde entre le dedans et le dehors. Le dedans en sait plus.

« Ainsi la notion d’ésotérisme comporte-t-elle en définitive trois étapes ou trois enveloppes de difficultés croissantes. Le mystère est d’abord ce que l’on reçoit en silence, puis ce dont il est interdit de parler, enfin ce dont il est difficile de parler. Le premier barrage est constitué par la forme même de toute expression. C’est un ésotérisme « objectif » (le langage conditionaliste, par exemple). Le second tient à la qualification imparfaite de la personne à qui l’on s’adresse. C’est un ésotérisme « subjectif ». Enfin, le dernier voile qui cache la vérité en l’exprimant tient à son caractère incrustable par nature. C’est l’ésotérisme « essentiel » ou métaphysique… c’est grâce à lui que s’unifient par l’intérieur toutes les doctrines traditionnelles. Il faut ajouter (poursuit Luc Benoist) que s’il existe une corrélation logique entre exotérisme et ésotérisme, il n’y a pas entre eux une équivalence exacte, puisque l’aspect intérieur domine l’extérieur, qu’il intègre en la dépassant, même si cet aspect extérieur a pris comme en Occident l’accent religieux. L’ésotérisme n’est donc pas seulement l’aspect intérieur d’une religion, car l’exotérisme ne possède pas toujours ni obligatoirement un aspect religieux et la religion n’a pas le monopole du sacré. L’ésotérisme n’est pas, non plus, une religion spéciale à l’usage des privilégiés, comme on le suppose quelquefois, car il n’est rien par lui-même qu’un point de vue plus profond sur les choses sacrées. Il permet de comprendre la vérité intérieure qu’exprime toute forme religieuse ou non ».

Si l’ésotérisme intègre l’extérieur par l’intérieur… mis à part le sacré, l’ésotérisme conditionaliste transpire dans toutes ses définitions. Dans celles du zodiaque ou plutôt des zodiaques, le zodiaque photopériodique local et le zodiaque universel des déclinaisons sont externes et objectifs. Le zodiaque réflexologique, fondé sur les deux processus principaux de l’activité nerveuse supérieure, leur variation en force, équilibre, mobilité, est subjectif-interne. C’est lui qui donne un sens humain aux signaux externes, photopériodiques, gravifiques ou autres… parce que c’est lui qui leur répond sur le mode adapté ou inadapté, selon des dispositions de réactivité qui ne tiennent pas toutes à l’horoscope mais également au bagage terrestre de chaque individu.

Les voies de l’astrologie naturelle s’opposent aux affirmations matérialistes d’un monde où l’homme a émergé par hasard dans un univers qui lui est indifférent

À partir d’une définition des Signes, privilégiant l’interne en intégrant l’externe, je pouvais donc dire, comme je le fais régulièrement dans les cours, qu’il n’est pas nécessaire de naître sous tel ou tel Signe pour en avoir la problématique et les comportements. Entendez par là qu’en supprimant les incitations célestes externes, on ne supprime pas les processus internes d’adaptation-réponse à d’autres incitations… et comme ce sont eux qui constituent la base de nos définitions, on peut habiter sous des latitudes géographiques sans horoscope, comme à Mourmansk, et avoir quand même son « profil zodiacal ».

Allons plus loin que Mourmansk dans ce raisonnement. Puisque les processus nerveux d’excitation et d’inhibition concernent toute matière vivante irritable dans ses réponses, nos amis les bêtes (je vous épargne momentanément les insectes) peuvent aussi se définir par les formules réflexologiques des Signes zodiacaux, qu’elles aient ou non un horoscope avec heure précise… ce qui ne doit pas être possible pour toutes les espèces, notamment ovipares. Au cours de séminaires d’enseignement théorique et appliqué, nous nous sommes souvent amusés, pour aiguiser l’esprit d’observation, à définir des comportements animaux (poules, chiens et chats) en termes réflexologiques, l’illustration des formules abstraites par des tortues, des lièvres, écureuils, serpents ou sangliers, paraît pédagogiquement utile.

Comme vous pouvez en juger, en jouant sur les racines grecques, en conditionalisme le Zoo-diaque est parfaitement justifié. En fait, la racine « Zo » désigne les êtres vivants, animaux ou non, et s’ils ont des processus neurobiologiques communs, il revient surtout à l’Homme d’en user pour répondre au Ciel photopériodique … ce qui demande déjà une subtilité exceptionnelle, scientifiquement contestée, et davantage encore de mystérieuse réceptivité, s’il répond, aux variations d’équilibre Nord-Sud de la Terre selon les distances, positions et déclinaisons planétaires.

Le ternaire sacré apparaît donc dès le Zodiaque qui n’existe que par l’Homme entre la Terre et le Ciel.

Une autre clef d’explicative et d’interprétation, la théorie des âges, met en relation, après le cycle de la Lune, les cycles héliocentriques de Mercure à Pluton, et les étapes de maturation-dématuration du développement humain, depuis la naissance jusqu’à la mort et au-delà, mais non depuis la conception. La présence de l’au-delà peut étonner… Il est actualisé et réduit à la proportion d’une durée probable d’existence par les projections et attributions faites aux longs cycles de Neptune et Pluton, à savoir : l’Inconscient, ses pressions, fantasmes, inspirations et rêveries, le collectif, le religieux ou l’insondable, finalement par le haut ou par le bas, tout ce qui est impersonnel et irrationnel. La théorie des âges restitue les significations planétaires traditionnelles et modernes. Elle a permis de les approfondir, et parfois de devancer, notamment sur la première année d’âge, les découvertes ou les mises au point des psychogénéticiens. Elle a connu peu de détracteurs, en dehors d’un seul qui lui reproche de ne pas être la première même si sa devancière, diffusée par Ptolémée, n’a pas d’assise astrométrique sérieuse.

Pour la partie externe, outre la Lune qui ne tourne pas autour du Soleil, la théorie des âges repose sur les cycles héliocentriques… ce qui, dans l’hypothèse d’influences ou résonances physiques, laisse entendre que l’Homme est non seulement sensible à l’équilibre de son habitat terrestre mais aussi à celui de tout le système solaire et à sa cohérence non-apparente. De toutes les espèces vivantes, il serait bien l’unique à disposer de cette sidérante réceptivité puisque la corrélation entre cycles héliocentriques et étapes de maturation ne vaut que pour lui. L’intégration de l’externe par l’interne tient ici du prodige… elle implique un sens mathématique inconscient ou la capacité de percevoir les données réelles de l’univers dans ses manifestations apparentes : contre elles et grâces à elles. En y réfléchissant bien, ceux qui ont changé les conceptions du monde, ont nécessairement accordé plus de crédit à leur intuition (une image intérieure issue dont on ne sait quel a priori) qu’à leurs sens immédiats.

Du point de vue des théories contemporaines, le principe anthropique (du mot grec anthropos qui signifie homme) ainsi nommé par l’astrophysicien britannique Brandon Carter, est le seul indiqué pour expliquer la complicité de l’Homme et l’Univers de façon officiellement scientifique… mais, ce principe, qui justifierait, plus ou moins malgré lui, l’astrologie physique naturelle, est loin de faire l’unanimité. Dans les Éléments de cosmogonie astrologique des éditions COMAC, j’ai suggéré des voies plus simples que celles du principe anthropique, mais il y a de fortes chances pour que cette simplicité ne soit qu’une conséquence ou corollaire du principe anthropique. Ces voies d’astrologie naturelle, autant que le principe du britannique Brandon, s’opposent également aux affirmations matérialistes d’un monde où l’homme a émergé par hasard dans un univers qui lui est indifférent. Elles rejoignent les écritures sumériennes, bibliques, traditionnelles, sur l’Univers créé pour l’Homme… ou intelligible pour lui parce qu’il en découle, comme le fruit de la fleur, et la fleur de l’arbre et des saisons. Ainsi, dans une position que je qualifierai de philosophique sans présomption religieuse, on pourrait se contenter de dire que l’ésotérisme se réclame d’un ordre où l’Homme a sa place quelque part, tandis que l’anti-ésotérisme (au sens de refus d’Intégration) se réclame de l’aléatoire, d’un peu de tout, d’un peu de rien. Ni ordre, ni désordre… tantôt l’un, tantôt l’autre, ou un mélange favorable à l’apparition de l’Homme en tant que produit de confusion universelle.

Il semblerait — impression à vérifier — que, d’une façon statistique, les personnalités sensibles à un ordre quel qu’il soit, primaire ou élaboré, social, cosmique, mathématique, biologique, moral, naturel… ont plus d’inclination à croire, avec ou sans excès dogmatique, à un Univers conçu, voulu, organisé par une volonté qui ne peut pas ignorer sa création… et donc, de toute façon, un univers hiérarchique dont l’Homme est, selon la Religion, au milieu, au centre ou tout en bas de l’échelle. Quelle que soit sa position, précaire ou avantagée, il est, de toute façon témoin et témoignage d’une hiérarchie… le contraire du hasard. Toutefois, pour être sacrée inaltérable, la hiérarchie doit, s’inspirer d’un ordre supra-humain, le plus proche possible du divin et, par conséquent, prendre sa source sur les cimes, au plus haut de la montagne.

Ce que Luc Benoist, dans son Que Sais-je ? sur Signes, Symboles et Mythes, nous rappelle ainsi : « Chaque pays ayant son propre centre, le nom des montagnes sacrées (desquelles viennent l’ordre et les lois), varie suivant les traditions tout en répondant à une fonction identique. C’est l’Olympe des Grecs, l’Alborj des Perses, le Thabor des Juifs, la montagne Qaf des mulsulmans, le Potala des Tibétains, la Montagne Blanche des Celtes, le Mérou des Hindous, le K’ouen-louen des Chinois. On peut même dire qu’au cœur de chaque village le clocher, le beffroi, le donjon répondent au même besoin de protection providentielle » (pour préciser la pensée de l’auteur, cette protection supérieure est la seule qui puisse assurer la durée de l’ordre social, instable et relatif sans elle).

« Quand la montagne manquait, poursuit Luc Benoist, on l’imitait en élevant un amas de pierres, un « cairn » (monticule de terre et de pierres), un tumulus, une pyramide, une ziggourat à Babylone, un temple-montagne au pays khmer ou une pagode bouddhique à neuf étages en Chine. Les pierres levées, bétyles et menhirs, sont également des réceptacles de l’inspiration divine comme l’Omphalos de Delphes auprès duquel vaticinait la Pythie ».

Les conditionalistes n’ont pas accouché d’une montagne, ni d’une souris

Les conditionalistes n’ont pas accouché d’une montagne, ni d’une souris. Il n’y a pas de prophète parmi eux… (les postulants sont partis, ou on les a mis dehors), mais deux de leurs emblèmes ou représentations graphiques évoquent la hiérarchie de la montagne, des échelles et de la corde à nœuds, autant de symboles ascensionnels vers un sommet ou vers le centre.

L’emblème de la figure 1, image d’une Tour, d’un beffroi, d’un clocher, met en valeur le binaire et le ternaire. Le binaire par la répartition Droite — Gauche que donnent les couples successifs Soleil-Pluton, Vénus-Neptune, Mercure-Uranus, Jupiter-Saturne, Mars-Lune. Le ternaire par la succession des familles R, E, T (Représentation, Existence, Transcendance) qui se lisent trois par trois sur le cercle de droite à gauche. Dans cette représentation du fer de lance conditionaliste, le sommet est le centre, à savoir la fonction Mars, partenaire de la globalité Lunaire. Cette figure a été obtenue par les données astrométriques des planètes. Plus précisément : le rapport du demi-grand axe avec l’intensité de la pesanteur à la surface est proportionnel à la période d’un oscillateur harmonique (pendule). Le cycle équivalent en durée est converti en une nouvelle distance au Soleil dont on peut déduire ensuite la vitesse linéaire moyenne de l’astre qui occuperait cette orbite. La Figure 1 est une représentation de ces vitesses… inférieures à celle de Mars pour la partie gauche (ombrée), supérieures pour la partie droite. En note, je ferais remarquer qu’il s’agit, dans ce traitement des données, d’une opération analogue à une opération alchimique… sous le feu de l’analogie (oscillation transposée en translation ; distances transformées) on voit dans le creuset des distances au Soleil (distances exotériques), sortir l’Aigle noir et blanc du R.E.T. : des distances ésotériques, un ordre binaire-ternaire lié aux significations astrologiques.

La figure suivante, diagramme du R.E.T., n’organise pas des données réelles mais la logique des fonctions planétaires définies par les interférences ou combinatoire de l’unique (Représentation), du duel (Existence), du Multiple (Transcendance). La hiérarchisation des planètes à partir de critères ordinaux pour les angles, les aspects, les hauteurs, les orbes, l’état nocturne ou diurne, oriental ou occidental, constitue la pierre de touche de l’interprétation du ciel de naissance. Si ce problème de hiérarchisation n’a pas encore de solution indiscutable, il a déjà permis de faire progresser l’interprétation synthétique et analytique d’un thème. Outre les voies ouvertes à une interprétation plus fine des transits, cette méthode doit conduire à une nouvelle pratique de la consultation et à des applications thérapeutiques autres que verbales ou exclusivement psychologiques.

Le zodiaque est également ordonné en trois groupes, en fonction du rapport des arcs de présence/absence, ou d’équilibre Nord/Sud : égal aux équinoxes (Bélier, Vierge, Balance, Poissons), extrême aux solstices (Gémeaux, Cancer, Sagittaire, Capricorne) : moyen dans les Signes fixes (Taureau, Lion, Scorpion, Verseau). Parce que les réponses sont humaines, outre l’interprétation réflexologique, ces trois phases sont en relation avec des sensibilisations plus mentales qu’instinctives-affectives. Sous cet angle : les Signes en Sens des contraires (Bélier, Vierge, Balance, Poissons) sont sensibles aux problèmes de choix et décisions de principe (« faut-il ceci ou cela ? ») Les Signes « fixes », en Sens des combinaisons, sont plus sensibles aux problèmes de dose et proportion (« combien de ceci et cela ? »), enfin les Signes solsticiaux, en Sens des ensembles, sont plus sensibles aux problèmes de totalisation ou généralisation (« il faut de ceci et cela pour faire un monde »). Décision, proportion, généralisation… De même, selon les formules réflexologiques chaque quarte zodiacale est sensible à des catégories différentes de signaux : Énergie et forces pour Bélier, Taureau, Gémeaux. Espace, formes et lieux pour Cancer, Lion, Vierge. Temps, mode, durée, échéances et évolution pour Balance, Scorpion, Sagittaire. Structure, nombres et archétypes, pour Capricorne, Verseau, Poissons.

L’impersonnalité de l’auteur ésotérique est la première idée générale de l’ésotérisme

Le clavier conditionaliste rationalise le symbolique sans se priver de ce dernier. Il n’est pas réductible, comme on a pu l’écrire, « à l’étroit couloir de la réflexologie »… car cette réflexologie n’est pas celle du dressage mais celle des réponses d’adaptation au milieu naturel… dont la Terre et ses montagnes, la lumière du ciel, ses Signes et ses planètes font partie, sauf erreur ?

Avec la théorie des âges nous pouvons intégrer aux fonctions planétaires les conditionnements socioculturels. S’il y a, en effet, des constantes universelles dans l’évolution humaine de la naissance à la mort, des étapes propres à toutes les races, les ethnies traitent différemment l’enfance, l’adolescence, la maturité et la vieillesse. Les rites, les permis et interdits, droits et devoirs des différents âges changent avec les lieux et les époques. Ce qui laisse entendre que les significations planétaires sont évolutives… tributaires de notre usage du temps. Une espérance de vie qui s’élèverait jusqu’à la centième année changerait forcément notre compréhension de Neptune et l’interprétation de ses transits. Pensez au précédent de Saturne qui gouvernait le dernier âge lorsque l’espérance de vie était bien en-dessous de 40 ans.

Toujours dans la ligne de l’intégration de l’externe par l’interne, le nombre des aspects majeurs (conjonction, opposition, trigone, carré, et à la rigueur sextile et demi-carré), tout comme l’explicative des significations consonantes et dissonantes, se justifient, au moins quant au principe, par la théorie du physiologiste Louis Lapicque sur les aiguillages nerveux. Louis Lapicque a découvert un moyen de définir l’excitabilité d’un nerf en mesurant à la fois sa réponse à l’intensité et à la durée d’un excitant. Il a introduit le temps dans les définitions des propriétés réactives des neurones et ces propriétés qui interviennent dans les transmissions nerveuses rejoignent les observations empiriques des astrologues sur les aspects consonants et dissonants, à condition de ne retenir que les rapports 1 (conjonction), 1/2 (opposition), et les variations de 1/3 (premier trigone) à 2/3 (deuxième trigone) dans les vitesses de transmission. Il y a, là, dans cette voie que je schématise, une voie précieuse (interne) de recherche sur les effets des aspects et des transits. Je ne l’ai pas poursuivie parce que je n’ai pas les compétences d’un neurophysiologiste et parce qu’en astrologie, les modèles dominants — les paradigmes — sont beaucoup plus proches des fantasmes psychanalytiques que des réalités physiopsychologiques.

Pour terminer sur les sources internes intégrant l’externe en conditionalisme, je citerai enfin le quadrige du S.O.R.I. qui désigne les référentiels du Sujet, de l’Objet, de leur Relation et de l’Intégration (ou Relation de la relation). Comme son nom l’indique, ce dernier les intègre tous… Il ne peut donc pas être Sujet, Objet, Relation, mais le Tout plus grand que les parties. Les conditionalistes associent la Mystique, philosophies, doctrines spiritualistes et Traditions sacrées, aux aspects variables de l’Intégration car, il va de soi que nul ne saurait la saisir intégralement dans des mots ou des symboles. L’Intégration est impersonnelle.

L’impersonnalité de l’auteur ésotérique est la première idée générale de l’ésotérisme écrit Pierre A.Riffard dans son anthologie de l’ésotérisme occidental (Bouquins. Robert Laffont). Quelques citations peuvent le montrer, poursuit-il. Pythagore : « Cette doctrine n’est pas de moi ». Jésus : « Ma doctrine n’est pas de moi ». Un auteur moderne, Milosz : « Quant à l’intérêt et à la sympathie que vous voulez bien témoigner aux Arcanes (1926–1927), j’en suis plus profondément touché que je ne saurais le dire. Aucune vanité d’auteur ne se mêle à ce sentiment : le livre est certainement le plus impersonnel de mes ouvrages. Je l’ai écrit presque sans le vouloir ; son unique mérite est de m’avoir irrésistiblement et définitivement jeté sur un chemin qui conduit en même temps à la Raison et à la Sainte Table ».

Cette présence dépersonnalisée du Sujet dans l’Intégration ne nous paraît pas aller tout à fait dans le sens d’une mode qui fait de l’abandon aux sensibilités du Moi la fin et le commencement de sa vie spirituelle. Il me semble qu’il y a là beaucoup de confusion entre ce que le Sujet peut intégrer et ce que l’Intégration fait du Sujet. Dans la Tradition, les voies initiatiques ont été jusqu’à présent plus épineuses que gratifiantes pour les aspirations personnelles. En astrologie, la réduction du thème au Sujet ne me semble pas, non plus, une conception très spirituelle de la grandeur du ciel. Mais, comme disent les Inconnus : cela ne nous regarde pas.

Bien que le S.O.R.I. ait été découvert par le R.E.T. appliqué aux significations traditionnelles des Maisons, pour la majorité des conditionalistes celles-ci n’en témoignent, pratiquement, que d’une façon purement indicative, plutôt qu’une tendance : une possibilité qui se réalise ou non selon le contexte extra-astrologique. L’Intégration ne se piège pas dans un horoscope. En revanche, celui-ci pourrait bien rendre compte, mieux que tout autre référentiel (Sujet ou Objet) de l’univers de la Relation puisqu’il est lui-même une image de la relation Terre-Homme-Ciel.

En résumé, que ce soit pour le Zodiaque, les Planètes, leurs aspects ou les Maisons, l’Homme du dedans est partout présent dans l’astrologie conditionaliste. Il est présent en tant qu’intégrateur de l’externe… mais sans doute nous reproche-t-on un peu trop d’externe et de conditionnement. Pour l’externe astrométrique, comme nous l’a rappelé Richard Pellard, les premiers astrologues en commençant par les sumériens étaient prêtres, astronomes et astrologues tout à la fois.

« On n’est pas des chiens »

Gérard Simon a lui-même parlé de conditionnement astral et d’astrologie naturelle pour définir les conceptions astrologiques de Kepler astronome, astrologue et métaphysicien mystique. Pour le reste… Pavlov n’est pas mon maître à penser. Je n’ai retenu de son œuvre que les règles de construction d’une typologie qui, selon lui, rejoint le quatuor d’Hippocrate : le Colérique, le Sanguin, le Flegmatique et le Mélancolique, encore en usage dans certaines écoles astrologiques. Les processus combinés dans les formules réflexologiques ont été découverts par l’observation des réponses. Quand il s’agit de dressage, le Colérique est maltraité ou conditionné en conséquence pour devenir Flegmatique, le Sanguin Mélancolique, le Flegmatique Sanguin selon la demande des éducateurs ou des dresseurs. Chaque tempérament s’auto-conditionne spontanément suivant ses forces et ses faiblesses. Le conditionnement par dressage, en allant à l’encontre du tempérament ou en exigeant une surenchère, impose la répétition systématique et l’appel à des stimulations (récompenses, punitions).

La critique la plus fréquente adressée à Pavlov et ses héritiers est tout entière dans la formule « On n’est pas des chiens ». À ce compte-là, on devrait trouver dévalorisant d’être du Taureau, des Poissons, du Bélier, du Crabe ou de la Chèvre.

À propos de cette critique animale, Jean-François Le Ny écrit : « Il faut rappeler en premier lieu que ni Pavlov ni la psychologie du conditionnement n’ont jamais songé à sous-estimer la différence considérable qui existe entre les conditionnements simples et les activités supérieures humaines. Ce qu’ils tiennent à mettre en avant c’est que le conditionnement élémentaire, et la possibilité d’empêcher, de perturber, d’inhiber celui-ci appartiennent au même titre à l’homme, et qu’il existe des interactions entre l’un et l’autre. Ce sont ces interactions qu’il faut étudier. Chez l’homme conscient, les lois du conditionnement classique ne disparaissent pas ; elles prennent leur place dans des activités plus complexes, généralement en se subordonnant à des processus supérieurs. La façon dont ces derniers masquent ou modifient le jeu des lois élémentaires est par elle-même extrêmement révélatrice ».

Dans la corrélation des phases et du rapport des durées ou des présences nocturne/ diurne, avec le Sens des contraires (Signes équinoxiaux), le Sens des combinaisons (Signes médians), le Sens des ensembles (Signes solsticiaux), le complexe intègre le simple… Tout comme l’interne intègre l’externe, le S.O.R.I. est plus complexe que le R.E.T. qu’il intègre, et le R.E.T. plus complexe que le Zodiaque. L’adage « Le sage domine les astres » recommande à un complexe d’activités supérieures (le sage) de gouverner un réseau plus simple d’activités inférieures (les astres). C’est pourquoi, comme je l’ai dit plus haut, la réduction du thème au Sujet n’est pas spirituelle… elle exclut — puisqu’il y a identité — le dedans intégrant le dehors, le complexe intégrant le simple.

Quand on n’intègre pas le simple on est sûr de se casser la figure dans le complexe. Je peux dire à ceux qui ont besoin de résultats concrets pour être convaincus, que le zodiaque des forces F+, F−, f+, f-, est plus facile à pratiquer dans une consultation que les Qualités Élémentaires, et que dans une comparaison de thèmes, les forces et les phases peuvent être plus explicites que les aspects Soleil-Lune ou Mars-Vénus, de toutes façons, insuffisants en soi.

Note : A ceux qui éprouvent beaucoup d’aversion à déduire des comportements humains de la physiopsychologie animale… et qui tiennent les travaux de Pavlov pour le fruit d’un matérialisme borné, je suis heureux de signaler qu’ils trouveront dans l’œuvre d’un psychologue français, Frédéric Paulhan (21 avril 1856 — 14 mars 1931), une typologie plus riche que celle de Pavlov, également fondée sur les processus d’excitation et inhibition… considérés, non plus comme des processus neurovégétatifs, mais comme des Éléments de l’Esprit. Dès son premier ouvrage, L’Activité mentale et les éléments de l’esprit (1889), antérieur aux Réflexes conditionnés de I.P. Pavlov (1903) F. Paulhan analyse les manifestations de l’excitation associative et de l’inhibition extinctive sur l’activité, les perceptions sensorielles, la pensée. En termes différents du conditionalisme (tous ne sont pas pavloviens), il traite de l’induction, des phases égalitaire, paradoxale, ultra-paradoxale, et, par ce qu’il en déduit sur les lois de l’Esprit, il conçoit une synthèse (généralisation d’un Ascendant Gémeaux, Saturne au lever) d’un niveau supérieur en spiritualité aux réductions peu cosmiques de l’astro-freudisme. Dépassement possible, à condition de sortir d’un référentiel « Sujet » qui n’intègre pas l’externe mais le nie.

« L’homme est une sorte de foyer où l’univers se rencontre pour s’organiser »

Le langage de Paulhan, de Pavlov, du conditionalisme, n’est pas suffisamment « Sujet » pour séduire les modèles individualistes mais sans sa part d’objectivité, il ne pourrait pas s’aventurer dans les voies de la Relation et de l’Intégration. Dans ce colloque de débats et de recherche de synthèse, celle de Paulhan n’aurait pas démérité de l’esprit astrologique :

« L’homme est une sorte de foyer où l’univers se rencontre pour s’organiser. Les choses les plus éloignées, celles qui dans la nature n’ont entre elles aucun rapport appréciables, sont ainsi rapprochées, mises en relation et convergent enfin vers une même fin… Tous nos actes impliquent ainsi la convergence et la réunion d’un nombre plus ou moins considérable de phénomènes physiques qui, sans l’homme, restaient, non pas peut-être sans action réciproque, mais sans action appréciable. Ici les « relations externes » dépendent des « relations internes » et se modèlent sur celles-ci » (Les Éléments de l’Esprit. 1889).

Voilà qui, j’espère, soulagera les consciences qui n’aiment pas les chiens de Pavlov. Mais, pour plus spirituelle qu’elle soit, la référence à Paulhan ne changera rien aux définitions du zodiaque réflexologique.

D’autres philosophes, psychologues, neurologues, physiologistes, ont traité de l’excitation et l’inhibition avant ou après Paulhan et Pavlov. L’originalité de Pavlov est d’avoir établi la réalité de ces processus par des méthodes scientifiques (qu’on les approuve ou non). Celle de Paulhan est de les avoir généralisé dans un système philosophique large et structuré.

Pour parler ou communiquer ses impressions sur des réalités en principe contradictoires comme l’interne et l’externe, le complexe et le simple, et dire que ces couples de contraires ne font qu’Un… il faut un minimum de langage subtil. Le mieux serait même de se taire et de sourire (avec ou sans condescendance) aux ignorants… mais l’on peut aussi, cela se constate, enseigner la subtilité et le raffinement par un maximum de vulgarité. Mieux le message est caché, plus il a de chance d’attirer le subtil. Quelle que soit la méthode, pour un conditionaliste, elle est généralement paradoxale et identifiée, à ce titre, à la famille des Signes au centre (notez-le) des quartes zodiacales.

Mais imaginons un ésotériste soucieux de communication. Comme un voyageur itinérant par la crête d’une chaîne de montagnes, il voit en même temps les deux versants opposés : Sud et Nord, Chaud et Froid, fertile et stérile, verdoyant et rocheux, de pente douce d’un côté, de précipices de l’autre. Pour expliquer aux habitants des vallées des deux versants qu’il n’y a qu’une montagne, qu’une réalité, l’homme des crêtes dispose de plusieurs langages : l’allégorie, les Figures, les Nombres et les Symboles auxquels on reconnaît la vertu exceptionnelle d’exprimer des vérités contradictoires.

Permettez-moi, ici, de donner mon opinion sur les prodiges que l’on prête au langage symbolique. On peut mentir, se tromper, rêver, défendre des idées fausses ou partiales, autant avec des mots qu’avec des symboles. Croire à une supériorité infaillible d’une langue sur l’autre, revient à dire que l’on fait de bonnes affaires en parlant anglais, de la philosophie exemplaire en allemand, du bon Molière en français. Il y a la langue, claire ou à double-sens, et il y a ceux qui savent ou ne savent pas se servir de la clarté ou de l’ambiguïté.

C’est d’ailleurs parce qu’il y a des utilisateurs de tempéraments diversifiés que les Symboles, en dépit de certaines constantes, ont des significations différentes, voire incompatibles… n’était-ce l’affirmation révélée, commode à défendre qu’un symbole ne peut pas être gêné par l’incohérence. Toutes les Traditions ne font pas une Tradition simple et uniforme, elles ont aussi leur Tour de Babel, leurs écoles et leurs conflits. L’Histoire des Religions ne donne pas une illustration édifiante de l’amour universel.

Puisque les Traditions connaissent, dans leur logique interne, des changements historiques sans perdre le fil, on peut supposer qu’elles sont évolutives et qu’on peut, sans trahir l’originel lui apporter du nouveau, dans la forme ou l’entendement. Luc Benoist, quoiqu’avec des réserves (l’adaptation à une voie nouvelle n’est pas plus facile, dit-il, que l’acceptation consciente, l’approfondissement de l’ancienne) prend finalement le risque :

« Quand une voie traditionnelle, sans perdre l’efficacité de ses rites, n’offre plus de méthodes connues de réalisation, il est légitime que ceux qu’anime une vocation suivent une voie différente, puisque, au regard de l’ésotérisme, il n’y a pas de « conversion », mais la reconnaissance, sous une forme actuellement plus accessible, d’une éternelle et unique vérité ».

Dans ce qui suit, que l’on peut considérer comme la partie illustrée de cette communication, je ne vais pas faire le tour de tous les symboles, emblèmes, nombres, allégories de toutes les Traditions, mais seulement celui des symboles fondamentaux réactualisés par les méthodes et les représentations de l’astrologie conditionaliste.

Globalité

Le premier des symboles est celui de la globalité, non pas de l’Un simple, mais de l’Un en tant que totalité. Elle se représente par un cercle ou des cercles concentriques. Le zodiaque « cercle de vie » et des Quatre Éléments est l’Image la plus indiquée, en astrologie traditionnelle, du Monde Unique dans la multiplicité du monde créé.

La figure 2 se compose de trois zodiaques. On reconnaît, en partant du centre, d’abord celui des 12 Signes avec les idéogrammes propres à l’astrologie occidentale et contemporaine. Ensuite, le photo-périodique d’une latitude Nord moyenne. À l’extérieur de celui-ci, les formules réflexologiques adaptées ou dominantes ; à l’intérieur, les formules inadaptées. Adaptées ou inadaptées, les formules ne font qu’un seul zodiaque.

Le zodiaque des idéogrammes change selon les cultures et les époques. Le zodiaque photopériodique varie suivant la latitude et l’hémisphère. Il disparaît aux latitudes extrêmes Nord ou Sud, et si l’on changeait de planète, l’inclinaison de l’axe de rotation de l’astre introduirait des représentations différentes pour les mêmes latitudes terrestres, sans altérer toutefois une structure commune.

Le zodiaque réflexologique est le moins changeant. Il peut se passer des deux autres ou leur trouver des substituts. Si ce rappel de la primauté de l’Homme n’est pas de l’ésotérisme… qu’est-ce qui peut l’être ?!

Le zodiaque photopériodique n’a pas l’universalité du zodiaque des déclinaisons mais il en a davantage que le saisonnier, fréquemment évoqué pour justifier le zodiaque classique. En effet, les cercles blancs représentent le jour, les noirs la nuit… exclusivement s’il s’agit du Soleil. S’il s’agit de la Lune et des Planètes, les blancs représentent leurs durées de présence au-dessus du ciel (arcs diurnes) qu’il fasse jour ou nuit, c’est-à-dire que le Soleil soit ou non présent dans l’hémisphère visible de la sphère locale. De même, pour la Lune et les planètes, les cercles noirs représentent leurs durées de passage sous le plan de l’horizon local et, par conséquent, leurs durées d’absence au-dessus de ce plan. Pendant ce temps, le Soleil avec ses propres arcs de présence et d’absence, fait le jour et la nuit dans la sphère visible… ce que les autres astres ne font pas.

Le sorcier Don Juan de Castaneda (qu’il ait ou non existé) enseignait à son adepte l’art de voir le Monde réel (pas celui des apparences) en clignant rapidement des yeux. Dans la figure du zodiaque photopériodique, il y a un œil (blanc) pour le visible, un œil noir pour l’invisible, et ils sont alternativement ouvert et fermé. Par rapport à l’enseignement de Don Juan, un sorcier conditionaliste (il y en a, non-homologués) ajouterait qu’il faut, en outre, savoir dilater et rétracter la pupille — ou balancer la tête d’avant en arrière en regardant fixement le même objet. Essayez et vous aurez enregistré, dans votre œil, qui n’est jamais qu’une copie de l’œuf cosmique, le serpent du zodiaque réflexologique, et le regard photopériodique des planètes et du Soleil.

La figure n° 3, concerne une globalité plus intégrante que la précédente. Elle donne une bonne représentation du zodiaque universel fondé sur l’oscillation du terminateur qui sépare l’absence et la présence de l’astre ou du Soleil en fonction de sa déclinaison.

Toutes ces figures sont des Mandalas ou des Yantras, comme l’attestent les définitions de Pierre Grison (écrivain, critique d’art, spécialiste des civilisations d’Extrême-Orient) dans le dictionnaire des Symboles (éditions Robert Laffont).

« Le mandala est littéralement un cercle, bien que son dessin soit complexe et souvent contenu dans une enceinte carrée. Comme le yantra (moyen emblématique), mais de façon moins schématique, le mandala est à la fois un résumé de la manifestation spatiale, une image du monde, en même temps que la représentation et l’actualisation de puissances divines ; c’est aussi une image psychagogique, propre à conduire celui qui la contemple à l’illumination.

Le mandala traditionnel hindou est la détermination, par le rite de l’espace sacré central, que sont l’autel et le temple. C’est le symbole spatial de Purusha (Vâstu-Purusha mandala), de la Présence divine au centre du monde. Il se présente comme un carré subdivisé en carrés plus petits ; les plus simples sont à quatre ou neuf cases (dédiés à Civa et à Prithivî) ; les plus usités à soixante-quatre et quatre-vingt-une cases… ».

Pour que la Totalité reste Unique, le même doit engendrer le même et le différent… Une Structure identique se multiplie et se manifeste à des plans et des échelles diverses qui deviennent autant de singularités. On change celle du R.E.T. sans modifier sa structure binaire-ternaire en poursuivant la progression 1,2,4 de la matrice-mère. On peut passer ainsi de 4 à 8, de 8 à 16, 16 à 32 … et tracer une suite infinie de cercles. La figure 11 illustre le premier des invariants ésotéristes : la loi d’analogie (en géométrie, homothétie). Ce qui est en Haut est en Bas, et les deux réunis forment une nouvelle sphère supérieure ou inférieure qui appelle à son tour son reflet.

Mais à cette représentation du « Tout est dans Tout », vous pouvez préférer celle (figure 12) du philosophe-cardinal-ésotériste Nicolas Krebs dit Nicolas de Cues, du nom de sa ville de naissance, sur les bords de la Moselle, en Allemagne. Il est né en 1401, mort en 1464. Son image de l’Univers conjectural revient à dire que tout est relatif, et puisque chaque cercle, du plus petit jusqu’au plus grand, contient un niveau supérieur, médian et inférieur, il s’ensuit que le centre est partout et nulle part.

Y a-t-il, de tout ceci, des applications pratiques ? En montrant la figure 11 à vos consultants, vous vous adressez directement aux aptitudes de son cerveau droit (celui des images, mal en point dans notre culture) pour lui faire comprendre, sans discours, qu’en cas de déstabilisation, il peut retrouver son centre en cherchant à quelle échelle de grandeur, dans quel référentiel, il vaut mieux qu’il vive son ciel… Cette figure illustre graphiquement l’attribution des changements radicaux aux fonctions extrêmes : Soleil et Pluton. Dans une échelle relative, Pluton est le Soleil (niveau simple) d’un référentiel complexe, le Soleil est le Pluton (niveau complexe) d’un référentiel simple.

La figure 13 souligne la génération du même par le même. On ne voit pas si elle peut avoir une fin. Le premier carré est un R.E.T. concentré, intégré dans la fonction Lunaire, globale. Le deuxième carré, à neuf cases, est un R.E.T. réfracté comme un rayon de lumière qui, traversant un prisme, se décomposerait en neuf rayons différents (simple analogie). Le troisième diagramme, le plus grand, est un macro-R.E.T. qui transforme l’ensemble des neuf rayons précédents en un simple élément… ou une cellule Lunaire d’un système plus vaste… qui serait l’Homme, peut être ? Cette représentation respecte l’intégration du simple par le complexe… et montre qu’on ne peut pas être complexe si l’on ne comprend pas le simple !

La figure 14 est une application de la 13. En haut de page, nous avons le rappel de la hiérarchie universelle du R.E.T. et du diagramme qui en résulte avec la Lune et les planètes principales à leur place. Dans le triple diagramme, les planètes sont disposées au centre à partir de leur hiérarchie calculée par une méthode ordinale. Ici, Saturne 1er au classement des puissances planétaires à la naissance, occupe la place du Soleil, Neptune deuxième, celle de Vénus, et l’on poursuit jusqu’à la dernière qui — la case lunaire n’étant pas occupée — sort du groupe pour entrer dans un plus grand comme simple élément.

Quel est le sens de cette figure ? En supposant que l’on ait dépassé, dans les stades de l’enfance, l’univers du premier mois (lunaire par sa dominante autistique), le classement de la hiérarchie planétaire, renvoie la dernière planète (dite « aveugle-aveuglante ») dans le macro-R.E.T. Elle devient la fonction clef d’une transformation de personnalité. Sa fonction est Lunaire parce qu’elle résume à elle seule le deuxième diagramme, et elle est solaire, parce qu’elle occupe la première place du troisième diagramme. Pour que cette fonction « aveugle » soit révélatrice… le schéma montre qu’il faut avoir décroché de la Lune… ce qui n’est pas facile et qui explique pourquoi la planète aveugle est vécue le plus souvent en rejet.

Là, encore, en consultation, pour vous faire comprendre d’un consultant étranger à la culture psychologique, quelques explications suppléeront aux causeries sur les complexes et les typologies.

La figure 8 se prête également à une démultiplication vers l’infiniment grand et l’infiniment petit. Pour l’infiniment petit, on reproduit la figure dans le carré intérieur, pour l’infiniment grand, on l’encadre d’un carré extérieur (homothétique à l’originel) qui devient le support d’une plus grande pyramide de cercles et triangles.

Globalité-dualité

La première forme de multiplication de la globalité est sa duplication : 1 devient 2 avant de devenir 3. La Totalilté s’exprime alors par couples sexués dont l’union intime accomplie, prend le sens de reconstitution du centre. Ces couples réunissent le Roi et la Reine, la Terre et le Ciel, le Masculin et le Féminin, le jour et la nuit, la présence et l’absence, l’impair et le pair, etc.

Dans la pensée Chinoise, il y a aussi le centre (le ciel et le cercle) et la symétrie (la Terre et carré). D’où l’on tire les symboles connus de l’équerre et du compas qui mesurent le monde du manifeste et du subtil.

Les conditionalistes utilisent à des fins différentes les R.E.T. circulaire et orthogonal (ou médaillon). Le circulaire donne l’image des transitions entre niveaux R, E, T. L’orthogonal donne l’image de sa position hiérarchique. Une planète a sa place est comparable en dignité et efficacité (mais ce n’est qu’un indice) à sa position en domicile en astrologie traditionnelle. Les conditionalistes dont donc leur « système de maîtrises ».

Circulaire ou en médaillon, le R.E.T. se laisse diviser en deux et davantage, de plusieurs façons. La division en deux groupes de la figure 15 distingue le grand cercle périphérique des deux cercles qu’il contient ou, par le diagramme, les 4 coins et la croix centrale. Le groupe des planètes aux angles (Soleil, Pluton, Uranus, Mercure) forme la famille « discours » du Logos, du Mythe ou des idéologies. Le groupe central (Jupiter, Mars, Saturne, Neptune, Vénus) relève des valeurs qui ne sont pas dans le discours mais dans l’existence. Les deux groupes sont liés. On ne saurait vivre sans discours, et il n’y a pas de discours (idéologique ou mythique) possible sans existence. En symbolique, ils sont opposés-complémentaires comme le cercle et la croix, éléments fondamentaux des ideogrammes planétaires. Au plan du Sacré, on peut faire une relation analogue entre spiritualité et religion. Certaines formes de spiritualité, intellectuelles, ascétiques et abstraites, s’affirment contre l’expérience des sens, du cœur et des faiblesses humaines.

Le cercle est biblique, la croix est christique. Plus spirituel que religieux, le groupe discours (Logos), étranger à l’humain, est proche des dieux (mythes, concepts et idées), assez peu enclins à se lier entre eux, du fait de prérogatives distinctes. Plus religieux que spirituel, le groupe Existence, moins que les idées, répond de la communauté des hommes. En ésotérisme chrétien, le mystère de la communion est celui de la réunion du cercle et de la croix, de l’Ancien et du Nouveau Testament, de la couronne d’épines et du crucifix. Lorsqu’il témoignait du juste, le message réunissait le Père-discours au Fils-existence dans la langue du Saint-Esprit.

L’ensemble des 10 planètes donne 5 couples. En astrologie traditionnelle les modèles de dualité sont uniformes ; il n’y a qu’une ou deux façons de former une relation duo-duelle du type chaud/froid ou sec/humide. Dans le modèle R.E.T., les couples Soleil-Pluton, Jupiter-Saturne, Uranus-Mercure, Vénus-Neptune, Lune-Mars, ont chacun leur famille de dialectiques, par exemple : l’externe et l’interne (extraversion-introversion) pour Jupiter-Saturne ; le haut et le bas, la cîme et l’abîme, le haut et le profond, l’unique et le multiple, pour Soleil-Pluton.

Un bon ésotériste doit savoir parler à l’endroit et à l’envers. Dire une chose par son inverse, raisonner sur le positif par le négatif. Sous cette exigence le conditionalisme a des possibilités d’expression intéressantes. Comme le montre la figure 16, chaque formule a son endroit et son envers, sa lumière et sa nuit. Dans la recherche du plan d’interprétation d’un thème, il est tenu compte du visible comme de l’invisible. Du positif pour définir le Héros, du négatif pour son Ombre ou ses faiblesses.

La figure 17 illustre par le clair et l’obscur la complémentarité des couples et leur symétrie par rapport à Mars. Dans la division de la globalité en deux, le clair (le connu, l’apparent, le réel sensible) domine les fonctions planétaires de Jupiter au Soleil, l’obscur (le moins connu, moins évident, moins apparent… réalité non-sensible) les fonctions de Saturne à Pluton. La division en trois introduit une zone médiane-moyenne dont Mars est le centre. On réalise ainsi une troisième identité qui n’est ni neutre, ni quelconque, mais qui a son propre sens.

En numérotant les positions ordinales des planètes à partir de 1 pour le Soleil, la somme des couples donne évidemment le double de Mars, deux fois 5.

Il vient que pour former un ensemble homogène, il faut attribuer le 10 et le 0 à la Lune.

Les données L/g converties en périodes par la formule du pendule simple, puis en distances et vitesses d’un système solaire supposé originel… restituent ces couples et placent Mars au centre.

S’il existe bien une progression de raison 2, la progression des rangs ou des positions n’est pas aussi simple que celle des premiers nombres entiers.

Côté Zodiaque, la figure 18 nous rappelle la variation Présence/Absence du visible et l’invisible… similaire à la variation Nord/Sud des déclinaisons.

Avec l’équivalence :

− + = Nord ou Croissance.
- — = Sud ou Décroissance.

… le binaire devient quaternité : il y a du plus dans le moins, du moins dans le plus… comme l’enseignait Jean Carteret… La quaternité renvoie aux 4 figures fondamentales du Yi-King, de structure identique aux zodiaques photopériodiques et universel.

Le centre

Je n’ai pas entendu de grandes protestations, mais je suis persuadé que la position centrale de Mars a choqué plus d’un d’entre vous.

En astropsychologie, Mars est un Colérique. Primaire, émotif, actif… il est turbulent, impulsif, irritable. Certes… mais, il travaille… il fait changer les choses en remuant n’importe quoi, n’importe comment. Il fait bouger la vie.

En astro-freudisme, Mars est oral-anal. On a donc l’image d’un anus denté (avec ou sans dents de sagesse) ou d’une bouche édentée (avec ou sans hémorroïdes de sagesse). Je n’insisterai pas… l’astro-freudisme s’est taillé une large place dans les paradigmes de notre temps… mais il est à l’opposé — autant qu’un Sujet peut l’être à l’Intégration — de l’astrologie que nous nous efforçons de comprendre.

Ce Mars négatif du consensus des astrologues est le non-R, non-T, de la formule du R.E.T. En positif, dans ce même R.E.T., il est « existence d’Existence », le réel le plus concret. Pourquoi le trouve-t-on au centre ? Parce que le centre, entre le ciel et l’enfer est occupé par l’Homme… qui est un être plus concret que les anges du haut ou les démons du bas.

Mircea Eliade identifie le centre au concret, au réel sacré en tant qu’intersection du ciel et de la Terre. Il écrit, dans Le Sacré et le Profane (Folio/essais. Gallimard) : « Un Univers prend naissance de son Centre, il s’étend de son point central qui en est comme le « nombril »… La tradition juive est encore plus explicite : « Le Très Saint a créé le monde comme un embryon. Tout comme l’embryon croît, à partir du nombril, de même Dieu a commencé à créer le monde par le nombril et de là il s’est répandu dans toutes les directions. »… parce que la création de l’homme est une réplique de la cosmogonie, le premier homme a été façonné au « nombril de la Terre » (tradition mésopotamienne), au Centre du Monde (tradition iranienne), au Paradis situé « au nombril de la Terre » ou à Jérusalem (traditions judéo-chrétiennes). Il ne pouvait en être autrement, puisque le Centre est justement la place où s’effectue une rupture de niveau, où l’espace devient sacré, réel par excellence. Une création implique surabondance de réalité, autrement dit irruption du sacré dans le monde.

Il s’ensuit que toute construction ou fabrication a comme modèle exemplaire la cosmologie. La Création du Monde devient l’Archétype de tout geste créateur humain, quel qu’en soit le plan de référence.



Thème de K.G. Dürckheim. 24 octobre 1896 à 12 h. Munich. Les centres Mars-Soleil sont en tête dans la hiérarchie des valorisations natales.

Le Mars profane-profanateur, turbulent, agressif, de l’astro-psychologie, n’est qu’un aspect de la fonction marsienne. Ce n’est pas le meilleur et il reste à savoir s’il est aussi fréquent qu’on l’affirme. En tous cas, il est angulaire (Maison VII) avec Mercure dans le ciel de René Guenon. Conjoint à Pluton et en Maison VII, dans celui de Rudolf Steiner. Conjoint à Uranus et en Maison VII dans le ciel du Curé d’Ars. Ascendant en Capricorne et conjoint à Neptune, chez Henri Dunant (fondateur de la Croix Rouge). Ascendant, conjoint Neptune, chez le thaumaturge Philippe de Lyon. Au Fond du ciel, en Bélier, chez Pierre Chaillet, fondateur de Témoignage Chrétien. En Gémeaux, Maison VII et conjoint à Mercure, chez l’occultiste Raymond Bernard. Angulaire en Maison VII chez Charles Péguy. En Maison IV, conjoint Jupiter-Saturne, dans le ciel de [Nostradamus.

Bien sûr, une interprétation doit être globale, à plus forte raison chez les conditionalistes qui interprètent par familles de 3 le groupe des 5 premières planètes dans la hiérarchie. Je ne généraliserai pas… mais je me méfierai des planètes qui servent comme Saturne, Neptune, Pluton, (tout le groupe des non-R, avec Mars) de boucs émissaires à beaucoup d’astrologues.

Comme autre illustration d’un Mars méconnu, je vous propose, figure 19, le thème d’un Maître : Karlfried Graf Dürckheim, auteur entre autres ouvrages sur le Zen et la spiritualité : de Hara, centre vital de l’Homme.

« L’Homme qui possède le Hara, dit-il, a retrouvé le chemin de son centre originel et est capable d’en témoigner. Cela correspond à un état particulier qui concerne la personne tout entière, état dans lequel l’opposition corps-âme n’existe plus. Et c’est précisément parce que l’homme est une unité en soi dans laquelle le corps et l’âme se fondent et que — pour citer Ludwig Klages — le corps est la forme extérieure de l’âme et l’âme l’esprit du corps, c’est pour cette raison, donc, que la structure intérieure se manifeste inévitablement à travers son corps et son attitude.

Il n’y a pas d’ordre spirituel ni de tension psychique qui ne se reflètent dans le corps. C’est pourquoi il est impossible de trouver son centre intérieur sans avoir trouvé le centre de son corps. Mais où celui-ci se situe-t-il exactement ? Dans la région ombilicale ou, plus précisément, légèrement au-dessous du nombril.

Nous ne nous étonnerons donc pas d’apprendre que Hara, le concept du centre vital de l’homme, signifie littéralement ventre. Voilà pour les Européens une surprenante découverte : chez l’homme qui a trouvé son centre, le centre de gravité du corps se situe dans le « ventre ». Comment le ventre affermi peut-il devenir le symbole du centre originel retrouvé ? C’est ce que nous nous proposons d’illustrer par des exemples pris dans la vie quotidienne des japonais » (Hara, centre vital de l’Homme. Courrier du Livre. Paris, 1974).

La suite de l’ouvrage démontre qu’il s’agit bien de Mars « existence d’Existence », centre du R.E.T. composé de moitié présence, moitié absence.

« Le Hara a toujours deux aspects. D’une part, il confère à celui qui le possède une force particulière lui permettant de maîtriser la vie en ce monde. Et d’autre part, la présence de cette force témoigne que l’homme a établi le contact avec les forces surnaturelles de son être essentiel ».

Graf Dürckheim est né au coucher de Mars (je ne connaissais pas son thème lorsque je l’ai cité aux journées de l’ARCC) mais aussi à la culmination du Soleil… autre centre, plus connu.

La solution est là : il y a plusieurs centres, et superposés, ils forment la verticale du diagramme du R.E.T. : la famille des pouvoirs que nous pouvons appeller l’Arbre des centres.

Un point qui se déplace sans changer de direction trace un axe dans l’espace-temps… et un axe crée une symétrie en miroir différente de la symétrie d’un point fixe et central. Les astrologues ne semblent connaître que la symétrie du point qui place les Signes en vis-à-vis et détermine, dans les quartes du zodiaque, une distribution des Éléments Air, Feu, Terre, Eau… dans un ordre curieusement différent de celui des Signes… Feu, Terre, Air, Eau. Or, et sur ces évidences, on préfère se taire, tous les cycles sont révélateurs, non pas d’un point, mais d’un axe de symétrie. C’est ce qui apparaît, dans la figure 20, des phases du cycle de la Lunaison, de celles du zodiaque photopériodique, du mouvement de la Lune autour de la Terre, entre autres exemples.

La figure 21 confirme la symétrie axiale (symétrie en miroir) dans le mouvement d’un astre sur une orbite elliptique autour de son foyer et dans la succession des aspects. Après l’opposition, l’ordre se répète à l’envers… ce qui revient à prendre l’axe conjonction-opposition comme un plan de symétrie.

Quant au zodiaque de la figure 22, ce sont les symétries formées par l’axe des solstices et l’axe des équinoxes qui conduisent aux trois groupes de quatre Signes définis par sens des définitions (équinoxiaux), des proportions (centraux), des ensembles ou de généralisation (solsticiaux). En astrologie traditionnelle, ces Signes sont dits en antisces et contre-antisces. Les Anciens tenaient compte des réalités astrométriques élémentaires.

Puisque les axes sont des arbres… on devrait les fêter au moins 4 fois par An aux passages du Soleil aux axes d’écliptique. Mais comme les Signes Fixes sont au centre des Quartes, pour d’autres raisons nous avons 4 autres fêtes possibles. On peut fêter aussi le même arbre sous des angles différents : tronc, racine, feuillage, fruit.

L’Arbre est dans l’Espace un prolongement du centre vers le Haut et le Bas, comme il est dans le Temps, un prolongement vers le fruit et le germe : la Lune et Pluton si l’on consulte l’arbre des pouvoirs.

« La variante la plus répandue du centre axial, écrit Luc Benoist, est l’arbre à qui les civilisations préhelléniques ont rendu un culte. C’est le chêne en Gaule, le tilleul en Germanie, le frêne en Scandinavie, le bouleau en Sibérie, l’olivier en terre d’Islam, le figuier-banian en Inde, le bambou au Japon. Sans oublier, dans des acceptions plus restreintes, l’acacia maçonnique, l’amandier hébreu, le saule chinois, le laurier d’Apollon et le gui des druides.

Planté au milieu de l’univers ou dans un centre qui en tient lieu, l’arbre cosmique, comme le poteau sacrificiel de l’Inde fait communiquer la terre avec le ciel. La verticalité de l’arbre, sa verdure permanente ou renouvelée aux trois niveaux des racines, du tronc et du feuillage mettent en relation les mondes célestes, aérien et ouranien. Sa sève est une sorte de rosée d’en bas et ses fruits, pomme des Espérides ou du jardin d’Eden, sont des aliments d’immortalité. Comme le dit Dante « l’arbre vit de sa cime. » Ce que traduit l’image ésotérique de l’arbre inversé dont les racines sont le feuillage et le feuillage les racines et qui peut ainsi se nourrir de la rosée du ciel ».

Selon Mircea Eliade (Le Sacré et le Profane) : « …il existe plusieurs manières d’homologuer la demeure au Cosmos, justement parce qu’il existe plusieurs types de cosmogonies… » mais : « toute demeure se situe près de l’Axis mundi (axe du monde), car l’homme religieux désire vivre au « Centre du Monde », autrement dit dans le réel ».

Hiérarchisation

Un bon moyen de construire sa demeure cosmique, de situer son centre près de l’axe du monde, consiste à chercher de soi-même sa hiérarchie planétaire. Un astrologue peut vous aider avec ses grilles et ses critères, mais il ne peut pas, il ne doit pas se substituer à vous. C’est en réfléchissant à la place de chaque planète, à la signification de son rang, à ses interférences avec les autres, que chacun trouve son arbre. Comme le chemin de l’adepte, la voie est encombrée d’écueils, d’obstacles, d’illusions et de grilles autoritaires… mais elle peut déboucher sur une plus grande vérité intérieure que celle d’une interprétation par clichés sur les configurations sans relation entre elles. Enfin, et c’est le plus important… on a des chances de trouver sous la hiérarchie personnelle, la structure universelle qu’elle épouse dans la même demeure analogique. Cela peut demander beaucoup de travail, de temps, de patience, de sens critique.

Pour terminer, je vous souhaite de trouver votre centre et de planter un arbre en souvenir… mais il peut être prudent de planter l’arbre d’abord, et peut-être même, par prévoyance, toute une forêt.

Article paru dans les Actes du colloque Astrologie et spiritualité (octobre 1992).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola

Voir aussi :

- Réflexions conditionalistes


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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