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| Publié le : 29 octobre 2003
1. Typologies : le Taureau à rebours
Les traits caractéristiques dominants du Taureau sont empiriquement assimilés à diverses typologies, définissant des comportements dont les constantes s’expliquent par les propriétés physiques, psychologiques ou autres, Ces typologies, appliquées au Taureau, ne cernent pas sa complexité. Elles ne compren-nent pas le Signe, elles en donnent des fragments. D’où la nécessité d’en utiliser plusieurs et de les juxtaposer, sans qu’il y ait pour autant unité et cohésion entre les références.
A l’inverse, la référence à l’activité nerveuse et ses variations unifie les divers points de vue d’étude du caractère. Synthèse inévitable : le psychique étant le fruit d’un terrain sur lequel peuvent croître diverses espèces nourries du même support. Les formules neurologiques facilitent la compréhension des fragments typologiques. Typologies de Le Senne-HeymansCes auteurs font appel à trois propriétés principales : l’Emotivité, l’Activité, le Retentissement. L’Emotivité produit dans notre vie psychique un "ébranlement" plus ou moins fort. L’Activité encourage à vaincre un obstacle. Ce n’est pas une agitation, une réaction simple à l’émotion. Elle implique une conduite ordonnée, une direction de l’effort. Le Retentissement connaît deux variantes. L’immédiate est "primaire" : on vide son sac dans le présent ; on est ce présent, avec lui, dans l’instant. Le Retentissement différé est "secondaire" : autre façon de gérer le temps, on passe au futur ou l’on traîne son passé. La combinaison des trois propriétés donne Huit types de base.
Statistiquement, la paresse et l’émotion étant universelles, l’humanité ne se divise pas en régions égales. Les Nerveux et les Sentimentaux sont plus fréquents. Il ne faut pas oublier, en outre, que les termes sont relatifs. En réalité un Non-Emotif est Sous-Emotif par rapport à l’activité ou à la Primarité qui domine. Ceci pour les subtilités. L’astro-psychologie s’est fortement intéressée à cette typologie, en raison de son aspect séduisant pour les contenus structuraux de l’astrologie. Mais le bilan est mince : les structures ne concordent pas. Fondamentalement, l’astrologie n’est pas une psychologie, encore moins une typologie. Tous les essais, purement psychologiques, et non neurophysiologiques,sont voués à des succès imparfaits, parfois à des échecs complets. Il reste, avec les réserves ci-dessus, que pour les propriétés fondamentales : Secondarité Elle est fréquente chez le Taurien. Il ressasse, il fait des plans, et si vous le prenez au dé-botté il sort des nues, il ne saura pas vous répondre. Son adaptation au présent est médiocre. Les rancunes, les griefs qu’il porte attendent l’heure du déclenchement. Il prolonge, en son for intérieur, de douces impressions ou de lourdes peines. Il construit ses haines et ses passions, pierre après pierre. Emotions et intérêts persistent. Ses jours sont les maillons d’une longue chaîne. Les programmes, les perspectives lointaines le sécurisent et l’installent dans une sûre éternité. Il n’y a de vrai que la durée, et tout vient à point à qui sait attendre. En contrepartie, ii a horreur des virevoltes, des changeants et des opportunistes. Il grossit leurs défauts et juge leurs pirouettes - qui peuvent être pourtant une riche faculté d’adaptation - comme un témoignage d’inconséquence impardonnable. A l’évidence, la secondarité est en rapport avec la rétention, le contrôle de la force d’inhibition. Elle n’est qu’une approche de la formule Taurienne qui, avec la vitesse d’excitation de la première quarte, relève également de la Primarité. Primarité Hélas pour la typologie Le Senne-Heymans, le Taureau est aussi "primaire" parce que V+. Quelles que soient ses continuités et lignes de force, il peut virer de bord, brutalement, si l’herbe tendre est trop tendre pour ne pas faire le larron. Tandis qu’il suit d’un œil l’évolution de ses projets, le développement ou le maintien de ses acquis, il garde un œil vigilant sur le marché de l’offre et la demande. Sa secondarité se marchande. Sous l’angle de la typologie Le Senne-Heymans on peut se demander en quelle proportion le Taurien est à la fois Secondaire-Primaire ? Faux problème, créé par une typologie inadéquate à la réalité du Signe ! Le Taurien paraît Secondaire par F- et Primaire par V+. (Sa réalité, donnée par la formule neurologique, est qu’il contrôle sa primarité jusqu’à ce que celle-ci, du fait d’un déclencheur occasionnel ou par une pression accumulée, explose et révèle ses impétuosités). Alors, notre Taurien part en goguette. Il avait mis les occasions manquées au frigidaire... autant les rattraper une fois le dégel venu. Emotivité On classe plutôt le Taurien parmi les émotifs contenus. C’est dire que les événements les affectent, petits ou grands ; ils en sont touchés, ébranlés, émus. Mais nous retrouvons ici la signature F- V+. L’inhibition contrôle la manifestation émotive, quand elle ne la supprime pas entièrement. Par l’induction, l’objet dominant que le Taurien se donne l’amène à se conduire en non-émotif envers ce qui ne touche pas son programme. Il est froid pour tout ce qui contreverse son but ou qui est simplement étranger à ce qu’il connaît. Si l’on est Général en chef, on peut vibrer le soir en écoutant Mozart et, au petit matin, donner l’ordre d’une fusillade. Distorsion donc entre indifférence-sensibilité, sensibilité ne réagissant qu’à certaines classes d’événements privilégiés, les autres appelant au contraire une froideur inhumaine. Beaucoup de Taureau portent cette enseigne. Et, comme elle est décrite ainsi chez les Sentimentaux, on attribue aussi la marque Sentimentale (Le Senne-Heymans) à ce Signe. Ce qui est, encore une fois, un tir manqué... un diagnostic à côté... L’induction suffit à expliquer le paradoxe. La formule inadaptée du Signe (faiblesse d’excitation-inertie d’inhibition) peut fournir la famille des inémotifs-secondaires ou apathiques. Ils sont peu sociables. Ce sont des gens d’habitudes, polis et réguliers, économes et grands rancuniers. Evidemment, il n’y a là qu’un aspect des effets possibles de la formule faible. En résumé :
L’inadaptation aux grandes dissonances affectant les planètes "sous-actives" (Vénus, Lune notamment) conduit à la faiblesse d’excitation, en relation avec l’apathie. Pour différencier davantage les caractères, les trois propriétés fondamentales se sont enrichies de facteurs secondaires portant sur la combativité, la sociabilité, l’ouverture du champ de conscience. On est combatif ou conciliant, secret ou sociable, concentré ou dispersé. En pratique, il n’y a que l’ensemble du ciel natal, la résultante que l’on en déduit - lorsqu’elle est possible - qui aide à sonder l’importance de facteurs. Le portrait-robot du Signe passe pour : a) plus conciliant que combatif b) plus secret que sociable c) plus concentré que dispersé d) de conscience plus étroite que large. Ces relations sont des schématisations partielles des éléments de la formule du Signe. Manifestement, le secret, la concentration, l’étroitesse du champ de conscience se rapportent au Taureau en induction négative. Il s’excite sur un objet de prédilection, le reste est néant, vanité, inexistence. La concentration est ici synonyme d’induction négative. Concentration d’esprit : le Taurien, attentif, est à l’écoute des êtres et des choses qui lui apportent les données à assimiler ou rejeter pour son œuvre, sa tâche, sa prospérité, son devenir et son présent. Concentration de cœur : affections fortes, lourdes passions. Concentration de corps : aspect râblé, ramassé, paquet de muscles, de chairs ou de nerfs ; quelque chose de compact. En induction négative, on est forcément secret : trop absorbé par son intérêt, sa rumination, pour s’ouvrir, parler, être disponible. Une induction trop forte produit l’obsession, travers du Signe. Il faut un "désinhibant" pour sortir le Taureau d’une obsession qui le rend maniaque, anxieux, phobique, neurasthénique. Il s’aigrit dans son jus de monomane. Vous pouvez dresser la liste des "désinducteurs", elle rejoint les plaisirs et loisirs de Vénus : les jolies femmes, le bon vin, la bonne chère, les bacchanales. Ces désinducteurs ont l’avantage de restituer la force d’excitabilité brimée par les œillères du devoir, du travail, de l’attachement exclusif. C’est pourquoi le Taureau en fête "s’éclate" sans mesure. Une autre gestion du rapport de l’inhibition (F-) avec l’excitabilité (V+) consiste à partager sa vie entre l’amour et le travail, la fête et le devoir. Les proportions témoigneront de la force de composition du Signe, de son aptitude à marier les contraires. Lorsque le mariage est mauvais, l’inhibition trop forte, il faut une marée exceptionnelle pour dégager le Signe de ses ruminations. De ce fait, les gens sérieux du Taureau sont exposés aux engouements inattendus, aux antipodes d’eux-mêmes : futilités, toquades ridicules ou dévastatrices. N’oubliez pas le besoin d’excitation du Taureau si vous voulez comprendre pourquoi les rigoureux ont de stupides dadas. N’oubliez pas davantage sa part d’inhibition si vous voulez comprendre pourquoi les libertins du Signe ont leur coin de sagesse. Si vous avez de la dialectique, vous devez déjà avoir imaginé un destin inverse de celui dont la rigueur engendre le péché. Il commence par V+, la fête, le stupre, la kermesse. Il faut un événement exceptionnellement futile aux yeux d’autrui pour changer sa vie. Une âme de cette espèce prépare dans la licence son entrée en religion. La faiblesse d’excitation et la force de composition peuvent rendre le Taureau conciliant pour des raisons différentes. Dans le premier cas, il est débonnaire par passivité. Dans le deuxième, il l’est par politique, et l’on a taxé cette conduite de roublardise, machiavélisme, malice et malignité de terrien, de possédant ou d’ambitieux tortueux. Il faut dire que cette "force composante" (sens des combinaisons) peut être chez certains Tauriens la politique de la main tendue pour un guet-apens. Typologie d’HippocrateCette typologie est très pratiquée chez les astrologues bien de chez nous, en raison de ses correspondances avec les principes élémentaires de Froid, Chaud, Sec, Humide.
Appartenant à la fois au Printemps et à la trilogie de Terre, le Taureau type serait Sanguin-Nerveux ou Nerveux-Sanguin. Je dois dire que cette façon d’obtenir la formule Hippocratique du Signe, est insuffisante pour cet exemple et pour bien d’autres Signes. Beaucoup préfèrent corriger par le ou les tempéraments qu’indiquent les planètes gouvernant le Signe. Ce qui serait parfait si chaque Signe recevait le même nombre de planètes ou si le nombre de planètes correspondait à un multiple entier du nombre de Signes. Avec sa maîtrise planétaire (Vénus en priorité) le Taureau peut être également Sanguin-lymphatique. Du moins si l’on applique la règle :
Le Sanguin domine. Jean des Vignes Rouges (1), une plume remarquable oubliée par les gribouillis contemporains, en fait le portrait, physique et moral, que l’on prête souvent au Taureau : "Aspect physique : Corps bien nourri, épanoui en largeur. Type trapu, au teint rose et fleuri. Joues couvertes de varicosité. Le cou est court et gros. La face ronde ou carrée. Sourcils épais, en broussailles, légèrement relevés aux deux extrémités extrêmes. Yeux rieurs, bienveillants, ouverts, à tendance globuleuse. Nez fort et de bonne base. Narines ouvertes. Lèvres sensuelles, grande bouche charnue. L’étage médian du visage est le plus large. Exprime : la santé, la joie de vivre, le besoin de communiquer, de respirer, de se dépenser, d’envahir. Aspects psychologiques : Activité et débrouillardise. Type expansif adapté, doté d’un bon sens pratique. Il a le don d’observation. Il est gai, changeant, oublieux, bavard, vif. C’est un jouisseur, généralement bienveillant, altruiste mais d’une façon superficielle. Il oublie facilement ses promesses, heureusement pour sa vitalité et son porte-monnaie car il promet beaucoup, à tous et à toutes, châteaux et monts et merveilles d’Espagne ou de la Lune. Il dispose d’une sentimentalité attendrissante, puérile, tour à tour pleurnicharde et éxubérante. Il ne connaît pas le repentir, ou si peu, tant de choses l’appellent. Les regrets, les remords, voire les scrupules se fixent mal en sa mémoire. Il se remet rapidement d’aplomb, sauf s’il est sérieusement atteint dans son amour de la vie par une santé réclamant des restrictions amères. Sensuel et sexuel, y compris le dimanche. Généreux pour la galerie, égoïste pour ses appétits énormes, naïvement toujours. Convictions religieuses flottantes, mais du goût pour la cérémonie avec le rouge, l’orgue, les drapeaux, les clairons et les crucifix. Ne supporte aucune souffrance personnelle, ne peut ou ne veut pas voir celle des autres. Libéral pour avoir les coudées franches. Coléreux et soupe-au-lait. Un torrent, brouillon et bouillonnant". La base Taurienne se reconnait à la "joie de vivre", à la survitalité et son effervescence. On compose un Sanguin-Nerveux en ajoutant de la retenue, de l’inquiétude, de l’irritabilité, de la cérébralité, de grands chocs déprimants. On compose un Sanguin-Lymphatique, en ajoutant au Sanguin plus de calme, de lourdeur, de traditionnalisme, de constance. En réalité, nous retrouvons, toujours fragmentée, la formule F-V+. Sanguin-Nerveux V+ domine F- Sanguin-Lymphatique F- controle V+ Le Docteur Paul Carton figure parmi les meilleurs spécialistes de cette typologie et de ses applications à la diététique. L’on se reportera à ses ouvrages pour le détail des formules complexes. Typologie du R.P. Maurice VerdunLe R.P. Verdun (2) est l’auteur d’une typologie fort ordonnée utile à la compréhension des caractères et à leur classement. Elle distingue huit fonctions de la vie mentale :
Après ce dénombrement qui fait le tour du sujet, dans tous les sens du terme, chaque classe est de nouveau, subdivisée. Dans la fonction tendancielle-instinctive, M. Verdun distingue 4 grandes tendances instinctives fondamentales :
Les analogistes à tout crin associeront la construction à la Terre, l’expansion à l’Air, la prédation au Feu, l’évasion à l’Eau. Toujours est-il que la construction-fixatrice s’accorde au Taureau : "Tendance essentiellement égocentrique. Par où l’individu tend à s’assimiler et à s’approprier tout ce qui lui convient. Par où s’édifient, après son organisme, sa maison, sa fortune, ses œuvres... Tendance qui postule et entraîne stabilité et sédentarité. Car construire, c’est se fixer. Tendance par où tout commence, dure, persévère, se conserve... Son aiguillon ? L’attrait du bien-être, de la prospérité... avec son besoin d’abondance et de sasiété, en qui goûter enfin le repos...". Mais la tendance expansive, bien qu’antagoniste de la précédente, n’est pas étrangère au Taureau : "Par où l’individu s’épanche hors de lui-même et du nid familial, vers ce qui lui plaît et où il lui plaît. Par où il essaime non point seulement son sang mais ses sentiments, ses œuvres, ses traditions. Tendance générale dont l’instinct charnel de reproduction n’est qu’une des expressions. Et qui postule et entraîne la tendance à se mouvoir et à se déplacer, dont l’instinct de migration n’est que le corollaire. Car semer, c’est parcourir la terre. Tendance par où tout se répand, se renouvelle et se multiplie. Son aiguillon ? L’attrait du plaisir, de la volupté de donner et de se donner, avec son besoin d’espace et de société, en qui goûter précisément la jouissance de se mouvoir, de s’exprimer, de s’épancher et de se reproduire". L’arbre de M. Verdun porte de bons fruits. Ses racines permettent de cerner l’univers du Taureau, en le présentant comme un duo-duel de construction-migration, fixation-reproduction. Aller quérir le plaisir où il se trouve, s’y installer. Partir lorsque le plaisir n’est plus là. Construire et semer. Avec çà, vous avez les éléments suffisants pour concevoir diverses destinées avec l’alternance construction-migration, la coexistence pacifique ou la guerre chaude entre les deux tendances, le migrateur renversant le bâtisseur ou inversement. Nous savons que la formule du Signe impliquait cette dualité, F- concernant le constructeur, V+ le migrateur. Le plan de référence du portrait de M. Verdun introduit la qualité de l’inhibition : inhibition naturelle opérant électivement au niveau des comportements primordiaux : manger, boire, dormir, se reproduire, s’envoyer en l’air pour garder bon pied bon œil sur terre. Les notes de M. Verdun sur les deux tendances sont autant de remarques valables pour F-, pour V+, et les observations classiques sur le Signe. La tendance constructive conduit finalement le Taureau au Boeuf civilisateur et la symbolique retombe sur ses quatre sabots : "Elle est à l’œuvre chez le garçonnet qui assemble des cubes. Chez le primitif qui construit sa paillotte. Le paysan qui amasse le grain, le banquier qui emplit ses coffres. Chez l’architecte, l’ingénieur, le législateur, l’écrivain, l’artiste. Comme la calomnie, elle va croissant au prix du labeur qui laissera peut-être dans le marbre des monuments, la mémoire d’une œuvre". C’est par le labeur, nous dit M. Verdun, que l’on peut même édifier quelque chef-d’œuvre qui restera pour la postérité. "C’est lui qui fait les peuples prospères, ceux qui produisent plus qu’ils ne consomment... C’est lui qui fait les peuples sédentaires, ceux qui cultivent la terre et vivent de ses fruits... C’est lui par où s’expriment les peuples de haute culture, capables de s’imposer des travaux de luxe, ceux qui construisent des palais et des temples, des bibliothèques, des musées, des laboratoires... C’est lui qu’on trouve à l’apogée comme à l’origine de toutes les grandes civilisations". Précisément, j’allais en parler... Nous avons posé longuement, laborieusement, un zodiaque des causes, un zodiaque des effets. Puis, formules en mains, des couples en rapport d’inversion sont apparus. Le Verseau est l’inverse du Taureau. Ceux qui exaltent l’approche de l’ère du Verseau disent par contrecoup que ces temps pour les Taureau sont difficiles... Quant aux vertus civilisatrices... elles semblent bien souffrantes depuis que l’ère anti-Taureau commence : Où sont le labeur et le plaisir ? Mais comme chaque Signe porte son inverse, nous aurons droit un jour aux fleurs en béton. La tendance migratrice inclut la sexualité. Heureusement, sinon on se serait demandé ce que Freud pouvait dans ce Signe. M. Verdun associe à elle divers degrés d’amour et de haine ; tous les aspects, frustes ou sublimes du besoin d’épanchement, d’attachement, de présence. Amour : maternel, filial, fraternel. Avec ses dérivations et vicissitudes. C’est elle qui "nous rend affectueux et compatissants, sociables, bienveillants, bienfaisants, généreux et dévoués, mais aussi voluptueux et jaloux de garder pour nous seuls les affections conquises, remuants, agités, versatiles, prodigues de nos ressources comme de nous-mêmes, dépensiers, gaspilleurs". C’est une force attractive et agrégative. Tous les Taureau ne sont pas "constructeur-migrateur", mais le portrait-robot l’est souvent. Typologie psychanalytiqueSelon la théorie psychanalytique, tendance freudienne, l’appareil psychique se représente par trois instances : le Ça, le Moi, le Surmoi. Il s’agit beaucoup plus de fonctions que de personnages mythiques et c’est une erreur grossière que d’assigner des zones et des limites à ces fonctions. Au vrai, une théorie psychanalytique orthodoxe, essentiellement dynamique, ne saurait se corseter dans une typologie qui n’est guère compatible avec la méthode thérapeutique. On ne guérit pas un "type", et le guérir de quoi ? de son type ? S’il n’y avait pas de distorsion entre la psychanalyse, méthode thérapeutique, et la psychanalyse, support d’un sous-produit typologique, le type "complexe anal relâché", ne demanderait, somme toute, que quelques soins localisés. Le diagnostic astrologique d’un type issu de la terminologie freudienne de Freud ou de ses disciples, permet de situer des comportements, de les décrire par les analogies. C’est un diagnostic qui, à l’inverse du meilleur des applications de la psychanalyse, ne sert foncièrement à rien et renvoie à la logique du médecin de Molière : voilà pourquoi votre fille est muette. Taureau, votre signe gouverne le cou, la gorge, la bouche, puisqu’il succède au Bélier qui commence par la tête : crâne, front, yeux et nez. Pareille gouverne vous sensibilise au "stade oral" de l’évolution psychique. Vous fumez, vous buvez, vous mâchonnez, vous parlez trop, vous avez toujours la bouche pleine et vous sortez la langue pour lécher les babines lorsque la convoitise vous anime. Comme dirait Vermot, en amour, ce fût un Taureau qui, le premier, le mimi osa. Sur le plan psychologique, "l’oral satisfait" est confiant, optimiste, bon vivant, goulu, avide mais il se saoûle souvent de paroles et de belles chansons. Nos grandes vedettes : Charles Trenet, Bing Crosby, Line Renaud et Tino Rossi ne seraient-elles que de grands oraux ? L’oral négatif, celui qui n’est pas resté satisfait de son expérience buccale, râle constamment, suce son pouce, boit comme un trou. C’est un mal sevré. Ses comportements s’expliquent par la perte du sein maternel ou une fâcheuse souvenance cachée de la première nourriture, premier biberon ou premier téton. Il lui manque toujours un franc pour faire cent sous. Insatiable, mécontent, il ne donne rien et rejette le reste. Refus, fermeture et quête désespérée de la manne qui ne vient pas. Son âme est triste comme une mamelle sèche. Il peut, maigre consolation, devenir pourtant un philosophe au moins égal à Schopenhauer. Ainsi la vie, pour l’oral satisfait, est pétillante, croustillante, bien salée et pimentée, généreuse comme du bon pain, douce comme le miel, facile comme du petit lait. Alors que, pour l’oral insatisfait, elle est amère, fade, insipide à vomir, aussi mauvaise qu’une purge, compliquée comme un plat de lentilles (non triées), monotone comme un steak-frites, dure, indigeste ou pleines d’arêtes. Les astrologues férus de cette typologie précisent que l’oral satisfait doit ajouter à la part du Taureau une portion de Jupiter, Lune, Vénus, ensemble, séparément ou en combinaisons. L’oral insatisfait peut être Taurien, mais avec du Saturne pour affliger son palais. Uranus ne serait pas, non plus, étranger à l’affaire, ainsi que Pluton, éternel dégoûté. Dans le "Who’s who" psychanalytique, le Ça habite l’inconscient. C’est une sorte de monstre innocent, le roi des rats de nos pulsions biologiques fondamentales, avide de plaisirs amoraux, animal fougueux et ancestral, souvent en rut. Est-ce la somme de nos instincts ? Le mot se conteste, comme tout d’ailleurs. On préfère l’appeler "libido", mais les écoles ne s’entendent pas sur les limites de sa puissance. Chacun a son Ça pour soi. La ressemblance de chacun avec chacun, fait qu’il a des manies universelles. C’est "lui" qui voudrait occire le gendarme auquel on demande poliment la route, et c’est pour çà que les gendarmes n’aiment pas les gens polis. Lui, qui nous met des galipettes en tête au moment pathétique d’une messe des morts. Déjà gros de toutes les nuits originelles dont nous sommes l’Eve et l’Adam, il reçoit nos refoulements, nos hontes, nos désirs avortés. Avec çà, il y a de quoi faire des cauchemars. Le "surmoi" lui fait réplique. A la fois conscient et inconscient, dans une proportion que l’on ignore, il est constitué des forces intérieures de régulation, maîtrise, discipline, interdiction. Des forces qui doivent beaucoup à l’éducation, la culture, la vie sociale et ses magistères représentatifs : le "Père" en priorité, à ce qu’il paraît. La mode unisexe changera ce privilège. Le surmoi est moral, il est notre morale. Laborieusement acquise par l’accumulation des inhibitions, elle ne se manifeste vraiment qu’à l’âge de raison après la crise œdipienne. Le "moi" conscient navigue comme il peut entre le désir et l’interdiction, négociant de ci et de çà pour s’adapter à la réalité, sans faire trop de casse côté cour et côté jardin. Fonction d’équilibre et fonction médiatrice, si elle est faible ou inexistante, nos deux illustres pensionnaires (diable et Dieu) se donnent la main pour nous envoyer à l’asile ou en prison, les excès de morale personnelle (vérité du Ça) rejoignant ceux de morale sociale (vérité du Surmoi). Telles sont les bases sommaires d’une typologie où le Ça est érotique (il a besoin des autres), le Moi narcissique (il s’aime) et le Surmoi obsessionnel. Trois types simples auxquels s’ajoutent trois couplés : l’érotique-narcissique, le narcissique-obsessionnel, l’érotique-obsessionnel. Vous connaissez la formule... Appliquez-la à cette typologie, vous devez trouver un "érotique-obsessionnel" pour le Taureau. En érotique, il a besoin d’aimer et d’être aimé, d’œuvrer pour son clan, son couple, ses enfants. Il a des besoins instinctifs pressants, une libido turbulente et il dépend de ses attachements affectifs-sexuels. En obsessionnel, il se fait un sang d’encre pour un oui ou un non qui fait tache sur sa table des valeurs. Il est tendu, exigeant, dur dans le respect des modèles qu’il s’est donné. Il préfère mourir pour une grande idée fausse que pour pas d’idée du tout. Lorsqu’il ne fait pas l’amour ou un méchoui il fait ses comptes devant l’Eternel en lui demandant conseil pour rouler le fisc. Comme pour le reste, le duo-duel F- V+ entraîne des variantes, des avatars et des retour-nements dans la lutte des tendances. La domination du Surmoi sur le Ça, maintenue dans la crispation, aboutit à un type tau-rien assez souvent rencontré : le "forçat du vouloir", l’une des créations de Juliette Boutonnier qui, à partir des dérèglements du Surmoi, a conçu diverses façons de défaillir. Le critère très pertinent du vouloir engendre, selon notre auteur, des dépendants, des inhibés, des déréglés. Cinq types relèvent de la dépendance :
Six relèvent de l’inhibition :
Quatre du dérèglement :
De ce tableau, le Taureau est gagnant avec le n° 5, catégorie dépendance. Autre chiffre favorable, le n° 4, catégorie dérèglement. Vous êtes un "forçat du vouloir" si la liberté vous ennuie, parce qu’il vous faut des embarras, des créanciers, des urgences folles pour vous mettre l’épée dans les reins et vous contraindre à produire. Il n’est pas question de vous dicter une conduite. Il faut que les circonstances vous obligent de vouloir et d’agir. Sinon, votre volonté a pavillon bas. Elle claque au vent dans la tempête et, dans ces moments tumultueux, vos ressources de capitaine-timonier sortent de leur torpeur. Les artistes, les hommes d’affaires sont souvent des "forçats du vouloir". Ils ne se révèlent eux-mêmes, avec toutes leurs dispositions, bonnes ou mauvaises, que le dos au mur, obligés à la riposte. C’est quand même une façon d’aller au fond des choses. Balzac était ainsi. Ce n’est pas une excuse... Si vous êtes un Taureau incorruptible, votre Surmoi vous impose des principes rigides, des décisions inflexibles. Vous êtes ainsi assuré contre la tentation de revenir en arrière, le moindre pas dans le doute ou la tergiversation dégénérant en effondrement total de votre appareil psychique (c’est ainsi qu’ on le nomme). Le radicalisme, l’aveuglement que vous mettez à exécuter vos plans une fois arrêtés, peut apparemment se justifier de raisons pratiques : gain de temps ou d’argent, efficience, nécessité de toute ambition logique, etc. Mais la psychanalyse ne s’en laisse pas conter. En réalité, votre Surmoi est un censeur, d’autant plus redoutable qu’il doit réprimer chez vous des énergies volcaniques. Votre mur de rigueur estd’autant plus épais que des torrents de caprices, de faiblesses et d’arbitraires, le pressent de céder. Cecidit, vous vous sentezparfaitement équanime, en règle avec vous-même et l’universentier lorsque, envers et contre tout, bravant les moussons, éreintant les fâcheux, jouant du poing, du sabre et du goupillon, vous êtes arrivé à votre fin. Non point pour vaincre mais pour montrer qu’une volonté, même déréglée, existe de temps à autre. L’important, c’est ce qu’on y met dedans. Robespierre, Taureau, y mettait la guillotine, Don Bosco, sa divine passion. L’avez-vous remarqué ? Avec la typologie psychanalytique, on est difficilement beau et gentil. Les grandes vertus masquent de grands vices. Rien n’est moins fiable que les sentiments supérieurs. Pavlov, de ses travaux sur l’activité nerveuse de l’espèce canine, a déduit une typologie composée de formules impersonnelles : excitation, inhibition, équilibre, rapidité, lenteur ! Je vous demande un peu à quoi ça ressemble... C’est bon pour les chiens. Une activité psychique plus élaborée implique les passions que l’on sait pour sa famille et ses voisins. Ironie à part, il est navrant de voir à quel point l’on a, en occident, tronqué et déformé la pensée d’un savant qui se prête moins qu’une autre à se toucher le monstre. SUITE Cet
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Jean-Pierre Nicola
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