Taureau R.E.T.

Vos qualités : tout en étant sociable et communicatif, vous restez circonspect et méfiant. Si vous vous ouvrez aux autres, si vous aimez être intéressé, charmé, séduit, amusé, vous ne voulez pas pour autant vous laisser envahir par eux. Vis-à-vis de ceux qui ne vous parlent pas d’emblée, de ceux qui ne vous inspirent pas une immédiate confiance, vous gardez une attitude de réserve qui peut confiner à l’épaisse indifférence, au mutisme réfractaire ; vous n’en êtes que plus joyeux, agréable, drôle et séduisant pour ceux que vous avez choisis et avec lesquels vous développez des liens à la fois décontractés et étroits. Vous savez judicieusement doser vos efforts pour vous faire admettre sans avoir à trop vous compromettre.
Vos défauts : d’une manière ou d’une autre, vous détestez être contrarié. Ne pas vous sentir immédiatement compris, accepté, reconnu par ceux que vous avez choisis et dont vous estimez qu’ils ne doivent jamais changer déclenche en vous des séismes de profond découragement. Vous voudriez en permanence être accepté exactement pour ce que vous êtes, sans faire d’efforts pour vous renouveler dans vos relations. Lorsque vous vous sentez incompris, vous avez tendance à faire d’un rien une montagne, à exagérer en étant persuadé que tout le monde vous en veut personnellement et que vous n’êtes le bienvenu nulle part. A cela s’ajoute une mauvaise foi qui vous incite à rejeter sur les autres vos propres problèmes de communication.

Vos qualités : patient, endurant, réalisateur, vous êtes du genre qui prend le... taureau par les cornes avec une belle ardeur doublée d’une sage prudence. vous voulez construire du solide, du stable, du durable, à l’abri des épreuves du temps et des caprices du hasard. Travailleur obstiné et pragmatique, vous savez vous fixer des objectifs pratiques et vous y tenir, tout en étant suffisamment réaliste pour profiter de la moindre opportunité qui ne vous éloigne pas trop de la ligne que vous vous êtes fixée. Votre bon sens sceptique mais actif vous incite à penser que rien n’est jamais acquis, qu’il faut toujours consolider soigneusement vos positions avant d’entreprendre de nouveaux projets, de nouvelles actions.
Vos défauts : vous êtes si terre-à-terre, si prosaïquement pragmatique que vous en êtes souvent "lourdingue". Prisonnier de votre sillon besogneux, laborieux, rabâcheur, ennemi de toute fantaisie, rien d’autre ne semble vous intéresser en dehors de ce que vous faites ou pourriez faire, de ce que vous pourriez gagner ou perdre matériellement. Seuls vos intérêts concrets paraissent compter pour vous : pour le reste, vous vous montrez borné, dur, impraticable, dépourvu de toute imagination et de toute ouverture franche sur le monde, que vous contemplez à travers des meurtrières méfiantes. Exister est pour vous un labeur épuisant auquel vous consacrez, sans rechigner mais sans véritable passion, toutes vos forces.

Vos qualités : vous êtes un réfractaire qui entend vivre selon vos propres règles et vos propres lois, au rythme de vos inspirations que vous ne puisez qu’au plus profond de vous-même. Vos silences compacts masquent de profondes aspirations intérieures que vous vous faites fort de poursuivre avec une invariable ténacité. Vous semblez indéboulonnable, rigoureusement à l’abri de toute influence, vissé à l’intérieur de vous-même par une force obscure qui vous incite à concentrer toute votre énergie sur la poursuite de vos projets bizarres. Au sortir de vos silences, vos prises de position ou réactions soudaines sont surprenantes, improbables, paradoxales, parfois incompréhensibles. Vous êtes habité par un ailleurs hermétique que vous exprimez à votre manière, sans vous soucier des autres.
Vos défauts : le risque pour vous êtes de vous retrouver figé à l’intérieur de vous-même, prisonnier de vos intuitions fantasques et invérifiables qui deviendront pour vous autant de certitudes aussi dogmatiques qu’indémontrables. Vous pouvez en arriver à croire que vous êtes l’otage d’un destin fatal contre lequel vous ne pouvez rien, tout en vous complaisant sournoisement dans vos énigmes, affichant votre différence par des comportements asociaux et fantasques qui vous isolent encore un peu plus de la vie sociale et des réalités tangibles. Votre imaginaire coupé du réel se met en frais pour les plus infimes détails qui peuvent devenir la matière première à vos délires d’interprétation.

Vos qualités : vous disposez d’une volonté compacte, massive, puissante, que rien ne peut distraire. Une fois que vous avez pris une décision, vous consacrez toute votre énergie, qui est grande, à l’atteinte patiente de vos objectifs. Vous êtes d’une fidélité absolue à vos idées, vos principes, vos valeurs et entendez régner en maître absolu dans le domaine que vous avez choisi. Indépendant et organisé, volontaire et prudent, si vous pouvez à l’occasion vous montrer accommodant, vous ne cédez en fait jamais rien sur le fond : vous ne faites des concessions qu’à la marge et entendez jouir pleinement de l’autorité que vous revendiquez. Si votre nature fougueuse vous rend parfois excitable, vous ne déviez jamais de votre droit chemin.
Vos défauts : intimement persuadé du bien-fondé de vos convictions sans nuances, sourd à toute critique, vous risquez de verser dans un autoritarisme crispé et tyrannique, réagissant massivement et injustement à tout manquement aux règles que vous avez vous-même définies. Vous serez alors prisonnier de vos idées fixes, de vos ruminations répétitives, ne tolérant aucune remise en question, aucune nouveauté, aucune modification dans votre univers figé et intolérant. Égocentrique forcené, vous ne concevez dans vos relations à autrui que les rapports de maître à esclave, à l’intérieur desquels vous seriez bien sûr le maître indiscuté et indiscutable ressassant des certitudes fossiles qu’il prend pour de la sagesse.

Vos qualités : vous bénéficiez d’une sensorialité très développée qui vous incite à jouir à loisir mais sans excès des plaisirs et désirs de la vie. De cet appétit de sentir, de ressentir, d’éprouver, de palper, de humer, vous n’entendez vous laisser déposséder par rien ni par personne : il est votre capital, votre bien le plus précieux, votre passion exclusive et dominatrice. Cette affectivité à fleur de peau, cette réactivité frémissante, vous vous efforcez de les contrôler sans les étouffer, comme pour mieux en profiter. Sous des apparences d’impassibilité que vous affichez, vos attachements affectifs sont absolus, aussi tendres que vigoureux : quand vous aimez, c’est à fond.
Vos défauts : vous risquez d’être trop souvent prisonnier de vos humeurs et désirs violents, capricieux, illogiques, qui exercent sur votre propre vie et sur celle des autres une dictature de tous les instants. Vous êtes incapable d’imaginer un autre monde que celui de vos réactions épidermiques exacerbées. Si vous vous sentez à tort ou à raison contrarié dans votre recherche de plaisirs, de sensations fortes, vous prenez facilement la mouche pour un rien. Les liens que vous tissez avec ceux que vous investissez de votre affection sont si étroits et obsessionnels qu’ils vous font perdre la tête : incapable de vous en détacher, vous devenez l’esclave soumis de vos amours et de vos haines, de vos sentiments irréfléchis.

Vos qualités : difficile de vous arracher une approbation, un acquiescement, un mouvement de franche acceptation face à ce qui vous est proposé : vous ne vous départissez jamais d’une circonspection sceptique, d’une méfiance réfléchie, d’une prudence critique. Quoi qu’il vous arrive, quoi qu’on vous dise, vous demandez à voir et observez le monde qui vous entoure avec une perspicacité sans indulgence. Vous ne voulez pas vous laisser duper par les vains discours, les fausses promesses, les illusions sécurisantes. Inquiet, inquisiteur, vous cherchez l’envers du décor et n’êtes jamais satisfait de rien ni de personne, ni de vous, ni des autres. Friand de paradoxes et de subtilités, vous avez le goût de l’approfondissement.
Vos défauts : les tendances réfractaires et “parano” du Taureau sont ici poussées à l’extrême. Vous coupez systématiquement les cheveux en quatre, soupçonnez tout le monde de mauvaises intentions voilées, de complots souterrains, de manœuvres inavouables. Vous ne semblez capable de concentrer votre attention que sur le mauvais côté des choses, compliquez tout à loisir, quitte parfois à vous perdre dans vos énigmes, à vous retrouver prisonnier de vos labyrinthes sans issue. Pessimiste, désabusé et sans espoir, inquiet, anxieux et perpétuellement insatisfait, vous ressassez à l’infini vos sempiternelles questions sans réponse et vos angoisses qui vous murent en vous-même et interdisent tout contact.

Vos qualités : vous déployez toute votre énergie pour maintenir en vous et si possible autour de vous un bien-être stable, une sérénité et une paix à l’abri des aléas du hasard et des caprices de l’imprévu. Vous prenez racine dans vos habitudes et vos routines, vous attachez tranquillement mais indéfectiblement à ce et ceux qui font partie de votre monde intime et familier. Votre devise pourrait être “on se calme !”. Vous savez faire les concessions nécessaires pour que personne ne vienne vous déranger dans votre “bulle”, résistez sans efforts aux emballements de votre environnement et ne voulez à aucun prix vous laisser déstabiliser par qui ou quoi que ce soit. Convivial et agréable à l’intérieur du cercle des fidèles que vous avez soigneusement choisis, vous restez indifférent et méfiant vis-à-vis du reste.
Vos défauts : apathique, vous avez trop tendance à vous immerger dans vos routines et sécurités acquises. Vous avez du mal à accepter de sortir du cercle ronronnant de vos familiers, de vos intimes. Seule votre tranquillité égoïste et autosatisfaite semble avoir une réelle valeur pour vous. Alors vous vous répétez, vous rabâchez avec indolence, incapable de reconsidérer le monde et les êtres qui vous entourent d’un œil neuf. Prisonnier de vos dépendances sécurisantes, de vos acquis établis, vous vous laissez vivoter au sein protecteur de vos habitudes confortables, végétez sans demander plus. Fatigué d’avance à l’idée de prendre une initiative, vous n’en restez pas moins inquiet à l’idée de perdre une miette de votre bonheur fermé.
Article paru dans le n° 9 du Fil d’ARIANA (avril 1998).