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1. Critique de la théorie des quatre Eléments de l’astrologie traditionnelle Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Bilans comparés des formes d’astrologie occidentale
Publié le : 23 août 2005
1. Critique de la théorie des quatre Eléments de l’astrologie traditionnelle
L’astrologie est née en Chaldée, au bord du Tigre et de l’Euphrate, il y a environ 5000 ans. Or l’astrologie babylonienne ignorait totalement la doctrine des 4 Eléments. Ces derniers n’ont en quelque sorte été "greffés" sur le corpus du savoir mésopotamien qu’aux environs du IIIe siècle avant J.C., lorsque s’est produite la rencontre entre la vision du monde grecque et le savoir babylonien.

Histoire et géographie Elémentales

En ce sens, la doctrine Elémentale n’est absolument pas consubstantielle de la pensée astrologique originelle.

Ce fait historique n’est pas, en soi, je vous l’accorde bien volontiers, un argument pour s’en méfier, la réformer ou la rejeter. Après tout, les éléments de psychanalyse freudienne que l’astrologue A. Barbault a lui-même greffés sur les théories astrologiques traditionnelles (1) étaient inconnus et inimaginables pour les Grecs comme pour les Babyloniens. Il en est de même pour Dane Rudhyar et l’astrologie humaniste, qui a tenté de faire la synthèse des doctrines astrologiques anciennes et des concepts de Carl-Gustav Jung (2). Et c’est encore plus vrai en ce qui concerne l’astrologie conditionaliste développée par J.P. Nicola : la reformulation radicalement moderne et originale qu’il a entreprise à travers le R.E.T., la Théorie des Ages et les zodiaques réflexologique et photopériodique était impensable pour nos ancêtres Chaldéens.

Tout savoir est amené à s’enrichir et se complexifier avec le temps qui passe et les progrès des connaissances. L’astrologie n’échappe pas à cette loi de l’évolution, n’en déplaise à ceux qui croient qu’elle est apparue d’un seul coup, parfaite et complète pour l’éternité.

Ceci dit, chaque époque, chaque culture produit ses paradigmes, ses grilles de lecture du réel. Traduction : on a les connaissances qu’on peut selon l’endroit et l’époque où l’on vit. Pour un médecin, un astrologue ou un philosophe grec de la grande époque hellénistique, la doctrine des quatre Eléments et son organisation interne à base de Froid-Chaud-Sec-Humide, offrait à l’intelligence et à l’observation un cadre conceptuel concret et structuré pour décrire et penser les réalités sensibles, le monde phénoménal.

C’est probablement Empédocle (- 490/- 420) qui le premier a imaginé la doctrine des 4 Eléments. Laquelle a permis à Hippocrate (- 460/- 377) de définir ses 4 "Tempéraments saisonniers" (Bilieux-Nerveux-Sanguin-Lymphatique). Plus tard et à sa suite, Aristote (- 384/- 322) a enfin théorisé la nature des Eléments en combinant les concepts de chaud, froid, sec et humide. Un peu avant ou sensiblement en même temps, Bérose (vers - 320 selon les connaissances historiques actuelles) introduisait l’astrologie babylonienne dans le corpus du savoir grec classique.

A partir du milieu du IIe siècle avant J.C., astronomes, médecins, physiciens et philosophes grecs pensent pour la plupart le monde à travers ces catégories Elémentales. Et c’est probablement à cette époque que s’opère la fusion entre, d’une part, le zodiaque babylonien primitif et la doctrine Elémentale, et d’autre part, l’identification des dieux-planètes chaldéens aux dieux du panthéon grec.

Si l’on s’en tient à la vision du monde physique, encore relativement simple et peu élaborée, qui régnait à cette époque, la doctrine des 4 Eléments paraît alors pleine de sens et de bon sens : il nous faut effectivement du Feu pour nous réchauffer, de l’Air à respirer, de la Terre pour nous nourrir et de l’Eau pour nous faire naître et nous abreuver. Hors de ces 4 Eléments physiques donc, point de salut ?

Ce n’est pas ce que pensent les Chinois. Depuis très longtemps, avant même les Grecs, ils ont développé une autre doctrine Elémentale composée de 5 "agents" : le Feu, la Terre, le Métal, le Bois et l’Eau. Les Chinois n’ont donc pas jugé utile d’adjoindre l’Elément Air, pourtant physiquement indispensable à la survie. En manquaient-ils jusqu’à étouffer ? Respiraient-ils, en ces lointaines contrées peuplées d’"étranges étrangers", du Métal ou du Bois ?

Ainsi, au moins deux doctrines Elémentales, conçues et imaginées par deux des plus grandes civilisations, sont-elles en compétition pour décrire le réel. A priori, rien ne permet d’affirmer qu’une des deux théories est "plus vraie" ou "meilleure" que l’autre. Pourtant, chacune peut légitimement prétendre à l’universalité, du point de vue de la logique interne de sa vision du monde.

Pour éventuellement les départager, seule la confrontation de cette logique interne de la théorie avec la logique en soi des phénomènes observés est adéquate. Autrement dit : c’est l’expérimentation qui permet de déterminer quelle est la théorie qui décrit et prédit le plus fidèlement les réalités objectives.

Que serait-il arrivé à la doctrine Elémentale appliquée à l’astrologie, et plus spécifiquement au zodiaque, si les Grecs avaient adopté le système chinois ? Il n’y aurait à coup sûr pas de triplicité d’Air. Mais alors, que deviennent Gémeaux, Balance et Verseau ? Sont-ils de Bois ou de Métal ? Enfin, sachant que les 12 Signes Elémentaux grecs s’obtiennent en multipliant par 3 les 4 Eléments, combien aurions-nous de Signes avec 5 Eléments ? 10 ? 15 ?

De la pertinence des Eléments

Cela fait déjà quelques siècles que plus aucun médecin, astronome, philosophe ou physicien sérieux ne se réfère à la doctrine des 4 Eléments pour décrire et penser le réel.

Sur le plan de la physique pure, la conception atomiste et même sub-atomiste s’est imposée et a démontré son efficacité pour comprendre la matière animée et inanimée. Sur le plan de la biologie, ces mêmes atomes s’organisent en molécules. Et les progrès inouïs qu’a connu en quelques années la médecine grâce à la biologie moléculaire démontrent très bien à quel point cette vision du monde est légitime et justifiée par l’expérimentation. Dans ce domaine, seuls des masochistes ou des candidats au suicide accepteraient aujourd’hui de se faire soigner par Galien (130/200 après J.C.), apôtre de la médecine "Tempéramentale" et "Elémentale" hippocratique, dont les méthodes ont sévi jusqu’à la fin du Moyen-Age, avec les désastreux résultats que l’on sait.

Bref, tout être informé des connaissances actuelles sait que le réel n’est pas fait de 4 Eléments, mais d’une multitude de particules sub-atomiques qui s’organisent en atomes, lesquels en s’inter-organisant donnent naissance à des molécules, etc., chacun de ces différents niveaux de réalité ayant ses propres structures.

De même, les travaux et découvertes de la psychologie des profondeurs, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, ont modifié en profondeur notre conception de l’Homme et de son fonctionnement. Les "Tempéraments" hippocratiques ne permettent de le décrire que d’une manière simpliste et caricaturale. C.G. Jung l’a bien compris lui qui, le premier depuis très longtemps, a entrepris de reformuler une typologie psychologique à base de quaternaires (Sensation-Sentiment-Pensée-Intuition) plus subtils, plus dialectiques et, en un mot, plus complexes que ceux d’Hippocrate.

Les Taureau ne sont pas en Terre

Chacun sait aujourd’hui que l’Homme n’est pas fait de Feu, de Terre, d’Air ou d’Eau, et que sa constitution psycho-physiologique ne saurait être exhaustivement décrite en termes de chaud-froid-sec-humide. Et il n’est nullement besoin d’être un astronome fanatique d’anti-astrologie pour pointer son télescope dans la direction du Signe du Taureau, et découvrir que les 30° d’écliptique qui le définissent ne sont pas faits de Terre. Johannes Kepler, astronome-astrologue (1572-1630) a d’ailleurs été le premier à rejeter catégoriquement la doctrine des Eléments appliquée au zodiaque : "Pour moi, voilà dix ans que je rejette complètement la division en douze signes égaux, les maisons, les dominations, les triplicités", écrit-il dans son Harmonia Mundi.

A la suite de Kepler, nombreux sont désormais les astrologues qui pensent que la doctrine des 4 Eléments, qui pendant des siècles a été le fondement de l’astrologie, est désormais dépassée. Les physiciens, les astronomes, les philosophes et les médecins l’ont abandonnée depuis la Renaissance, en constatant objectivement son faible pouvoir descriptif et prédictif. Pourquoi les astrologues devraient-il être les seuls à la maintenir ?

Un seul argument peut justifier cette position. Celui selon lequel "l’étude scientifique de la connexité observable entre les phénomènes célestes et les changements plus ou moins caractérisés dans la vie de groupes ou d’individus" (2) n’est pas du ressort de l’astrologie, laquelle "devrait être considérée comme un grand mythe capable d’inspirer et de favoriser de grandes réalisations psycho-spirituelles" (2).

Effectivement, si l’astrologie n’est jamais qu’un mythe, comme le Père Noël, pourquoi pas le décorer avec les antiques 4 Eléments ? Cela lui fait une belle barbe blanche et une hotte remplie de cadeaux symboliques... Mais c’est mépriser, et l’astrologie, et des générations d’astrologues-chercheurs, que de réduire l’astrologie à un conte de fées. L’astrologie n’est pas un mythe, c’est une science ignorée qui décrit les relations entre l’Homme et le système solaire auquel il appartient.

Hippocrate et les statistiques

La grande majorité des astrologues continue donc de pratiquer une astrologie... élémentaire. L’un des plus fameux d’entre eux, André Barbault (3), justifie ainsi cette adhésion à la doctrine des éléments : "Je crois d’autant plus... à la catégorie des éléments que ce sont justement les valeurs des quatre Tempéraments hippocratiques dont rendent compte — avant tout ! — les bilans statistiques de Gauquelin. Il y a là une vérité têtue qui agit. Tel est mon réalisme".

Rappelons que Michel Gauquelin, psychologue de formation, avait entrepris, au cours des années 50, de démontrer à l’aide des statistiques que l’astrologie n’était qu’un discours sans réalité (4). Sans y parvenir : en fait, à sa grande surprise, ses statistiques ont mis en évidence les effets sur l’être humain de cinq astres : Lune, Mars, Jupiter, Saturne et peut-être, selon lui, Vénus. Bref, selon Gauquelin, seules quatre planètes sur les dix utilisées par les astrologues auraient une véritable influence ; par ailleurs, ses études statistiques n’ont permis de mettre en relief aucun effet zodiacal.

Mais passons...Lorsque A. Barbault fait référence au bilan statistique de Gauquelin, c’est pour une simple raison : seuls quatre astres du système solaire semblent avoir une influence certaine sur l’individu... et justement, il y a quatre Eléments et Tempéraments. Or l’astrologie traditionnelle affecte une qualité Elémentale à chaque planète (5)... n’y aurait-il pas anguille analogique sous roche ?

Si l’on n’est pas trop exigeant et rigoureux au plan des définitions, on peut en effet considérer que le "type" lunaire est analogue au "Lymphatique", le marsien au "Bilieux", le jupitérien au "Sanguin" et le saturnien au "Nerveux". Mais les recherches de Gauquelin ayant quand même mis en valeur l’existence statistique probable d’un "type" vénusien, dans quelle catégorie faut-il ranger ce dernier ? Selon A. Barbault, ce serait un type mixte, "Sanguin-Lymphatique". Et dire qu’avec les cinq Eléments chinois, tout serait tellement plus simple : cinq planètes statistiques, cinq Eléments...

Les planètes dans leurs Eléments

Si l’on accepte qu’il y a analogie entre les Tempéraments hippocratiques (et par extension avec les Eléments) et les fonctions planétaires, il est indispensable de faire preuve de la même rigueur qu’Hippocrate et Aristote pour traiter de ce phénomène. En cela, à chaque type "pur" et à chaque type "mixte" devrait correspondre une fonction planétaire.

Voici les analogies astro-hippocratiques que propose André Barbault, grand spécialiste de l’astrologie Elémentale :

Le Bilieux et le Nerveux sont chacun représentés par deux planètes. Pourquoi le Sanguin et le Lymphatique n’auraient-ils pas droit au même nombre ? Dans l’ana-logique interne de ce système, c’est bien le moins qu’on puisse exiger. Mais alors, où classer les deux dernières planètes ?

En effet, en toute rigueur Tempéramentalo-Elémentale, les fonctions planétaires ne relevant pas d’un "Tempérament" pur devraient se distribuer à l’intérieur des 6 "types" mixtes suivants :

Si Soleil et Mercure (auxquels Gauquelin ne reconnaît aucune influence astrologique) sont selon Barbault des "types" purs, il reste cinq types mixtes à répartir entre trois planètes (Uranus-Neptune-Pluton). En admettant qu’une analyse plus fine permette de conclure à l’appartenance de Soleil et Mercure à ces types mixtes, aux dix planètes correspondraient 4 Tempéraments purs et 6 Tempéraments mixtes. Tout serait alors pour le mieux dans le meilleur des mondes hippocratiques... à ceci près que classer chaque planète dans la case Tempéramentalo-Elémentale n’a rien d’une partie de plaisir. C’est sans doute pour cette raison qu’A. Barbault abandonne, dans son Traité pratique d’astrologie, la typologie hippocratique au profit des catégories de Le Senne lorsqu’il s’agit de définir le profil caractérologique des trois plus lointaines planètes. Ainsi Uranus serait-il un "Passionné (Emotif-Actif-Secondaire)", Neptune un "Emotif sous-Actif", tandis que Pluton n’a droit à aucune rubrique "caractérologie", ce qui est pour le moins étrange... Serait-ce la preuve inavouée et inavouable que le système des Eléments et des Tempéraments ne s’applique pas vraiment aux fonctions planétaires ?

Les traîtrises des Maîtrises

L’affaire se complique encore si l’on prend en compte les Maîtrises qu’exerceraient les planètes sur les Signes :

- Le Soleil (Feu) maîtrise le Lion et le Bélier (Feu).
- La Lune (Eau) maîtrise le Cancer (Eau) et le Taureau (Terre).
- Mercure (Nerveux selon Barbault, donc Terre) maîtrise le Gémeaux (Air) et la Vierge (Terre).
- Vénus (Air-Eau, puisque Sanguine-Lymphatique selon Barbault) maîtrise le Taureau (Terre) et la Balance (Air).
- Mars (Feu) maîtrise le Bélier (Feu) et le Scorpion (Eau).
- Jupiter (Air, puisque Sanguin) maîtrise le Sagittaire (Feu) et le Poissons (Eau).
- Saturne (Terre) maîtrise le Capricorne (Terre), la Balance et le Verseau (Air).
- Uranus (Feu ?) maîtrise le Verseau (Air) ; Neptune (Eau ?) maîtrise le Poissons (Eau) et Pluton ( ???) maîtrise le Scorpion (Eau) et le Bélier (Feu).

Ça ne colle que pour le Soleil et à la rigueur pour Neptune. Toutes les autres maîtrises produisent, à des degrés divers, des résultats logiques aberrants. Recordman absolu : Jupiter. Cette planète "Air-Sanguin" ne maîtrise aucun Signe d’Air, ce qui est quand même un comble ! Par ailleurs, il serait logique d’avancer que les planètes qui gouvernent deux Signes, donc deux Eléments-Tempéraments, devraient être des "types" Elémentaux mixtes. Ce n’est pas le cas pour la plupart d’entre elles.

Les Eléments et le Zodiaque

Ces quelques réflexions sur les Maîtrises nous conduisent tout naturellement à nous pencher sur l’application des Eléments aux Signes du zodiaque. En astrologie traditionnelle, chaque saison a une qualité Elémentale :

- Le Printemps, humide et chaud, appartient à l’Elément Air (Tempérament Sanguin).
- L’Eté, chaud et sec, appartient à l’Elément Feu (Tempérament Bilieux).
- L’Automne, froid et sec, appartient à l’Elément Terre (Tempérament Nerveux).
- L’Hiver, froid et humide, appartient à l’Elément Eau (Tempérament Lymphatique).

On remarquera tout d’abord que l’automne, saison de "Terre-Nerveuse", ne comporte strictement aucun Signe de Terre. De quoi rendre un brin... "Nerveux" les esprits logiques ! Ainsi, selon A. Barbault, la Balance serait "construite sur l’équilibre de deux tempéraments opposés : un Nerveux (Saturne)... et un Sanguin (Vénus)". Notons en passant que Vénus a perdu dans l’histoire sa moitié de Tempérament Lymphatique. Par contre, le Maître de ce Signe d’Air, donc Sanguin, est une planète Sanguine. C’est toujours ça.

Ça se gâte avec le Scorpion. Ce Signe d’Eau devrait en toute logique hippocratique être un Lymphatique. Mais selon A. Barbault, il aurait un "tempérament Bilieux". Donc une nature de Feu, sans aucun rapport avec la Saison à laquelle il appartient. Ce doit être la faute à son Maître Mars, planète de "Feu-Bilieux". Bilan Elémentalo-Scorpionnesque : le Feu Bilieux gouverne donc l’Eau Lymphatique dans une Saison de Terre Nerveuse.

Quant au Sagittaire, c’est un Signe de Feu, donc Bilieux. Mais il est gouverné par une planète d’Air, Jupiter, ce qui le rend pour le moins Sanguin, tandis que la seconde Maîtrise de Neptune ajoute une touche de Lymphatisme. C’est beaucoup pour un seul Signe !

Il est décidément bien difficile de comprendre la mystérieuse logique interne du zodiaque des Eléments avec ses Maîtrises. C’est du bric-à-brac. Comme le disait Kepler quelques siècles plus tôt : "Il n’y a rien de plus honteux que le souci pratiquement unique de certains astrologues de distribuer douze domiciles entre les sept planètes par une sorte de crédulité puérile faisant fi de toute réflexion solide et philosophique... C’est là l’origine de toute superstition magique et astrologique". Et ce n’est pas tout !

Les Eléments et la sphère locale

L’astrologie traditionnelle a également attribué des qualités Elémentales aux quatre quadrants de la sphère locale (AS/MC, MC/DS, DS/FC, FC/AS).

On sait que la pensée purement symboliste fonctionne selon le principe de la loi d’analogie. Ainsi existe-t-il une analogie entre le zodiaque (cycle annuel des astres dans le plan écliptique ou l’avoisinant) et la sphère locale (parcours des astres autour de l’horizon au cours du mouvement diurne-nocturne de 24 h). Cette analogie est patente lorsqu’on aborde les significations traditionnelles des Maisons : la I a des valeurs Bélier, la II des valeurs Taureau, etc.

Nos ancêtres astrologues, toujours aussi friands de la doctrine des 4 Eléments, les ont ainsi distribués dans les quatre quadrants déterminés par les deux axes de la sphère locale :

- L’axe horizontal détermine la polarité Humide (AS) et Sec (DS).
- L’axe vertical détermine la polarité Chaud (MC) et Froid (FC).

D’où il ressort que :

- Le quadrant n° 1 (Maisons I à III) est Humide et Froid, (Elément Eau, Tempérament Lymphatique).
- Le quadrant n° 2 (Maisons IV à VI) est Froid et Sec (Elément Terre, Tempérament Nerveux).
- Le quadrant n° 3 (Maisons VII à IX) est Sec et Chaud (Elément Feu, Tempérament Bilieux).
- Le quadrant n° 4 (Maisons X à XII) est Chaud et Humide (Elément Air, Tempérament Sanguin).

Quand le Chaud est Froid, le Sec est Humide

On pourrait déjà se questionner sur le pourquoi de ces attributions arbitraires. Pourquoi l’AS serait-il Humide ? "A cause de la rosée du matin", répondront les analogistes. Pourquoi pas. Mais pourquoi avoir attribué le Sec au DS ? "Parce qu’il n’y a pas de rosée au crépuscule", soutiendront les mêmes. Et s’il tombe une bonne averse au coucher du Soleil ou d’une quelconque planète ? Attribuer le Chaud au MC et le Froid au FC semble apparemment logique. C’est en effet lorsque le Soleil passe au MC, à midi, qu’il fait le plus chaud (en fait environ une heure après), tandis que les températures les plus froides apparaissent... non pas vers minuit, lorsque l’astre du jour est au FC, mais une ou deux heures avant le lever du Soleil. Oui, mais lorsque c’est Pluton qui, en plein hiver, est au MC, alors que le Soleil est au FC, Pluton envoie-t-il de la Chaleur ? Non, bien entendu...

Dans le registre des analogies primaires, on constate également que la Maison X, au plus haut de l’hémisphère diurne (MC = Chaud) est analogue au Capricorne et donc au solstice d’hiver, alors que le Capricorne est "Froid et Sec" (Signe de Terre). Miracle symboliste : le Chaud est analogue au Froid ! Réaction "réaliste" devant un tel phénomène : quand le thermomètre dépasse + 40° à l’ombre, enfilez votre anorak.

Idem pour la Maison IV, analogue au Cancer, mais en un peu plus compliqué : le Cancer, Signe d’Eau, est Froid et Humide, tandis que sa proximité du solstice d’été en fait un Chaud, et que son appartenance à la quarte d’été le rend Chaud et Sec. Autrement dit, le Cancer est Froid, Humide, Chaud et Sec.

Un véritable tour de force, et un nouveau miracle de l’analogisme symboliste. Réaction "réaliste" conseillée si vous croyez encore aux Eléments, Maîtrises et Tempéraments appliqués à l’astrologie : vers 23 h entre le 21 juin et le 21 juillet, lorsque le Soleil se trouve en Cancer et en Maison IV, habillez-vous chaudement d’un slip de bain pour éviter un refroidissement, et mettez un imperméable pour vous protéger de la sécheresse.

Enfin, remarquez que le quadrant n° 1, dont les Maisons qu’il contient (I, II, III) sont analogues au Bélier, Taureau et Gémeaux (Printemps, Air-Sanguin), est lui-même analogue à l’Hiver (il est Humide et Froid comme lui). D’où l’équivalence symboliste : le Printemps, c’est l’Hiver et vice-versa. Suite :

Voir aussi :

- André Barbault et le conditionalisme
- Une critique inepte du conditionalisme par André Barbault
- Critique de la doctrine des Maîtrises planétaires
- Aspects : Existe-t-il un modèle traditionnel ?
- Astrologie "humaniste" et conditionalisme
- Astrologie et astrologies

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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