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en Astrologie Naturelle

Notion et concept d’Aspect planétaire
Histoire des Aspects

Pendant plus de 2500 ans les astrologues n’ont eu qu’une notion intuitive et empirique de ce qu’est la réalité objective d’un Aspect. Ils se bornaient à en constater empiriquement certains effets réels et à en imaginer d’irréels. Très rares et très embryonnaires ont été les tentatives de conceptualisation et donc de théorisation, comme celle exposée par Ptolémée au IIe siècle et celle proposée par Kepler au XVIIe. Toutes deux ont débouché sur des explicatives erronées et des échecs. Ce n’est qu’au XXe siècle que le concept d’Aspect a commencé à être véritablement élaboré, permettant de distinguer le vrai du faux dans les antiques et traditionnelles notions et de formuler une théorie explicative rationnelle à travers une conception d’ensemble de l’astrologie. La conception et la représentation graphique contemporaines des Aspects sont le produit d’une longue histoire, et l’idée même d’Aspect a évolué au cours des millénaires.

Introduction

Les planètes sont le premier effecteur astrologique. L’Aspect est donc une entité astrologique essentielle, puisqu’il définit à la fois les fréquences-clés d’un cycle (Aspects d’une planète à elle-même au cours de sa période géocentrique) ou d’un intercycle (rapport privilégié qui s’établit périodiquement entre deux ou plusieurs planètes).

Dans les cartes du ciel contemporaines, les Aspects figurent en position centrale au milieu du cercle zodiacal, et se présentent sous la forme d’écarts angulaires entre les planètes, écarts qui sont mesurés en longitudes écliptiques. L’ensemble des Aspects dessine ainsi une figure géométrique simple ou complexe, constituée de segments de droite dont l’association produit des polygones plus ou moins réguliers.

Pour l’astrologue, l’un des enjeux majeurs de l’interprétation d’un Thème est de décrypter la signification de ces interactions planétaires. Il doit pour cela comprendre l’organisation des systèmes d’Aspects, les dénombrer, les classer, les hiérarchiser, en identifier les points de jonctions ou de disjonctions. Au terme de ces opérations qu’il fait dans l’ordre ou le désordre, intuitivement ou rationnellement, il est censé être en capacité de décrire les influences réciproques entre différents “pôles astro-psychologiques” ou entités fonctionnelles dont les planètes sont les agents, et même de prévoir ou prédire comment et quand ces agencements sont susceptibles d’évoluer.

Tout cela semble évident et exister depuis la naissance de l’astrologie. Ce n’est pourtant pas le cas. La conception et la représentation graphique contemporaines des Aspects sont le produit d’une longue histoire, et l’idée même d’Aspect a évolué au cours des millénaires. Il convient donc ici de bien différencier l’Aspect en tant que notion et en tant que concept.

La notion est une connaissance élémentaire floue et vague tirée d’impressions, d’intuitions, d’observations empiriques et/ou d’idées transmises qui en font état. Elle ne retient que les caractéristiques les plus évidentes et sommaires d’un objet ou d’un phénomène. Elle se passe de théorie logique explicative, à laquelle est substituée celle des analogies et correspondances.

Le concept tire son origine de la notion, mais c’est une connaissance plus élaborée et plus abstraite. Il n’a de sens que s’il est relié à un ensemble d’autres concepts avec lesquels il forme une théorie construite dont le but est de fournir une explication causale, logique et plausible des propriétés d’un objet ou phénomène. Sa nature est d’être aussi clair et précis que possible, et sa vocation de faire un tri parmi les notions pour ne conserver que celles pouvant être considérées comme vraies, c’est-à-dire correspondant à une réalité.

Le cheminement naturel de la connaissance allant de la notion au concept, pendant plus de 2500 ans les astrologues n’ont eu qu’une notion intuitive et empirique de ce qu’est la réalité objective d’un Aspect. Ils se bornaient à en constater empiriquement certains effets réels et à en imaginer d’irréels. Très rares et très embryonnaires ont été les tentatives de conceptualisation et donc de théorisation, comme celle exposée par Claude Ptolémée au IIe siècle et celle proposée par Johannes Kepler au XVIIe. Toutes deux ont débouché sur des explicatives erronées et des échecs. Ce n’est qu’au XXe siècle que le concept d’Aspect a commencé à être véritablement élaboré, permettant de distinguer le vrai du faux dans les antiques et traditionnelles notions et de formuler une théorie explicative rationnelle à travers une conception d’ensemble de l’astrologie.

On remarquera que cette très longue persistance des empiriques notions et l’apparition tardive des théories explicatives constituées de concepts liés et articulés n’est pas propre à l’astrologie : tous les savoirs et sciences ont procédé de même. N’oublions pas que la science dans sa définition actuelle, rationaliste et expérimentale, n’a émergé qu’au XVIIe siècle. Elle s’est ensuite constamment développée en accumulant les progrès dans la connaissance des lois physiques. Ce n’est pas le cas de l’astrologie, qui est restée jusqu’au XXe siècle un savoir stagnant fondé sur des notions et doctrines pour la plupart obsolètes, pour des raisons et déraisons qu’il n’y a pas lieu de mentionner ici.

Ce texte est accompagné de l’animation vidéo ci-dessous. Elle en est l’indispensable complément, puisqu’à la fois elle le résume et l’illustre abondamment. Nombre d’explications à propos des notions et concepts qui sont développés textuellement sont en effet mieux compréhensibles sous la forme de ces images animées. Il vous est donc conseillé de consulter les chapitres de la vidéo, qui sont minutés en son début, à chaque fois que la lecture du texte vous semblera le nécessiter. Cette vidéo a également été partitionnée en plusieurs vidéos thématiques plus courtes qu’on retrouvera dans les différents chapitres.

Qu’est-ce qu’un Aspect ?

Il n’existe que deux définitions possibles de ce qu’est un Aspect : la première est d’ordre spatial et la seconde d’ordre temporel. Dans le premier cas, c’est un arc formé par deux demi-droites interceptant deux positions planétaires situées sur la circonférence du plan écliptique. Selon cette définition, un Aspect est donc un angle, qui peut aussi, dans le cas des carrés, trigones et sextiles, être l’un des segments consécutifs d’un polygone régulier. Il se mesure alors en degrés de longitude écliptique.

Dans le second cas, un Aspect est une phase caractéristique d’une unité de temps, le cycle. Cette phase se mesure alors en heures, jours, années en fonction de la durée d’un cycle (Aspects d’une planète à elle-même) ou d’un intercycle (Aspects entre deux planètes). Et le problème de définition de ce qu’est un Aspect vient du fait que cette phase temporelle peut se transposer dans un référentiel spatial, en la représentant géométriquement par le même angle dans un graphe de cycle. Autrement dit, les heures, jours, années qui sont les unités de mesure de la durée d’un cycle peuvent être transposés en degrés, minutes et secondes d’arc sur un cercle.

Comment alors distinguer, dans cet espace-temps des Aspects, ce qui relève de l’espace et ce qui relève du temps ? Et lequel de ces deux paramètres essentiels faut-il privilégier ? L’astrologie étant un savoir fondé sur les durées cycliques des mouvements planétaires et donc sur la prévisibilité, la réponse est dans la question. Mais il n’est pas inutile, pour s’en persuader, de se demander ce que les premiers astronomes-astrologues pouvaient bien en penser. Après quoi nous pourrons appréhender en toute connaissance de cause la rupture épistémologique qui s’est produite dans la conception des Aspects au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

Les pionniers mésopotamiens de l’astronomie et de l’astrologie n’étaient pas les géométriciens d’un espace abstrait traversé d’angles. Leur religion les incitait à penser les mouvements célestes comme l’expression de la volonté de leurs dieux et s’ils auscultaient le ciel, c’était certes par curiosité, mais celle-ci était orientée par une optique utilitaire. Cette optique exigeait d’eux qu’ils soient capables de prévoir les événements susceptibles de se produire lors de telle ou telle conjonction planétaire. Ils étaient aussi des prêtres au service de leur gouvernants, et gouverner, c’est prévoir. Leur rapport aux Aspects n’était donc pas d’ordre géométrique-abstrait, mais temporel-concret. Ils ne considéraient pas les Aspects comme des angles dans l’espace, mais comme les phases caractéristiques de cycles ou d’intercycles.

Un cycle et ses phases caractéristiques les plus importantes peuvent certes se représenter par des angles mesurés sur la circonférence d’un cercle, et les astrologues-astronomes mésopotamiens connaissaient cette figure géométrique. Mais ils préféraient présenter les événements astronomico-astrologiques en général et les Aspects en particulier sous la forme de listes indiquant leur succession chronologique. Ce n’est que quand la culture hellénistique assimilera leurs savoirs vers les Ve-IVe siècles AEC que le cercle pourra commencer à être de plus en plus utilisé comme représentation spatiale de phénomènes temporels. La culture grecque était en effet très friande de géométrie, à tel point que ceux qui maîtrisaient cette science jouissaient de la plus haute considération.

C’est donc du fait de la fusion entre l’astrologie babylonienne et les savoirs hellénistiques que les cycles ont pu se métamorphoser en cercles, et leurs phases en angles. Avant cette rencontre, l’astronomie d’observation grecque archaïque était très peu développée et toute préoccupation astrologique en était absente. En intégrant à la fois l’astronomie et l’astrologie mésopotamienne, la culture hellénistique lui imposa sa marque de fabrique géométrique. Et c’est alors, et alors seulement que les Aspects, phases de cycles ou d’intercycles pour les Mésopotamiens, se transformèrent en angles de cercles et donc que le temps sembla devenir un pur espace. Il faut avoir à l’esprit ce cheminement qui a mené du cycle au cercle puis du cercle au cycle avant de répondre à la question “Qu’est-ce qu’un Aspect ?“

Un Aspect n’est pas un angle figé dans un espace géométrique circulaire, contrairement à ce que croient et pensent la plupart des astrologues depuis au moins Ptolémée. Mais notons que même ceux-ci considèrent l’Aspect sous son angle dynamique, donc cyclique, lorsqu’ils l’utilisent dans la pratique prévisionnelle des Transits. Un Aspect est la phase caractéristique d’un cycle ou intercycle, laquelle peut se représenter sous la forme d’un angle interceptant deux points de la circonférence d’un cercle : il y a là, non pas une nuance, mais une différence fondamentale entre ces deux conceptions de ce qu’est un Aspect.

Cet article vous a été proposé par Richard Pellard

Voir aussi :

▶ Théorie et pratique des aspects
▶ Les aspects, phases d’un cycle
▶ Aspects : Existe-t-il un modèle traditionnel ?
▶ Aspects : Théorie et Bilan Conditionaliste
▶ Introduction à l’interprétation des aspects
▶ Les Aspects planétaires et leurs orbes
▶ Les Aspects kepleriens
▶ Les « aspects » aux Angles
▶ Chronologie des Aspects et Transits
▶ Les Aspects planétaires


Les significations planétaires

par Richard Pellard

620 pages. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang.

La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités.

La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante

par Richard Pellard

117 pages. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite.

Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ?

Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie !

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