AstroAriana AstroAriana
Association pour la Recherche et l’Information
en Astrologie Naturelle

La Condition solaire, le retour !
Réédition 2022

Le livre fondateur de l’astrologie conditionaliste, La Condition solaire, a été réédité dans sa version originale mais avec une nouvelle couverture en 2022 aux éditions du Cosmogone. Son auteur Jean-Pierre Nicola vous raconte l’histoire mouvementée de sa rédaction et de sa première publication entre 1956 et 1964.

Dans le désert

Voici la petite histoire de La Condition solaire. J’ai commencé la rédaction de ce livre en octobre 1956, dans le Hoggar, en dehors des tâches professionnelles justifiées par une mission de 6 mois au titre d’agent technique dans une société de recherches minières. Au printemps 57, j’ai poursuivi ma rédaction sous les toits de Paris dans une chambre de bonne. En 1959, grâce aux relations parentales d’un ingénieur de la société où je travaillais, j’ai pu déménager, louer et habiter un deux pièces-cuisine dans la proche banlieue de Paris, à Levallois-Perret exactement. Mon manuscrit étant terminé en 1960, la même année j’ai commencé à écrire et faire connaître un cours par correspondance en débitant La Condition solaire en une douzaine de leçons incorporant le zodiaque réflexologique (devenu noologique), la théorie des âges, le R.E.T., à l’astrologie traditionnelle et à l’astro-psychologie pour montrer la continuité de ma démarche.

Incendie dans l’imprimerie

En même temps, j’ai contacté les grands puis les moyens éditeurs dans l’espoir chimérique d’être publié. Après deux années de refus assortis de compliments, en 1962, André Barbault - qui avait pourtant jugé mon manuscrit une vue de l’esprit - m’a recommandé un sien ami, Pierre R., imprimeur ambitieux de se lancer dans l’édition fort de son achat d’une machine à amortir, une offset révolutionnaire à l’époque pour les publications à compte d’auteur. Malgré le précédent, j’ai marché et allongé une avance financière modique. Au bout de 8 mois de relance, ne voyant rien venir, je me suis déplacé pour constater une installation défectueuse et des premières épreuves effectivement très éprouvantes à voir.

Une mauvaise impression qui m’a décidé à rompre mon accord et réclamer mon manuscrit. Ma décision a mis Barbault en fureur contre son ami. Je l’entends encore au téléphone vociférer : “- Il doit faire ce travail, il le fera”. Et moi de répondre : “- Ce n’est pas qu’il ne veut pas, c’est qu’il ne peut pas, il n’a pas les moyens de le faire, son imprimerie finira par prendre feu”. Tandis que A. Barbault persévérait dans son rapport de force avec Pierre R., j’ai consulté un avocat (800 francs 1963, salaire mensuel moyen de ce temps-là) pour dénoncer le contrat et, après sommation d’huissier, récupérer à la Noël 63 ce qui pouvait rester de mon livre. Conformément à ma prémonition, l’imprimerie avait pris feu. A. Barbault en fut baba.

Villain et Belhomme

Lorsque j’ai trouvé dans un coin d’une cave humide un manuscrit en lambeaux, gorgé d’eau, des épreuves aux feuillets collés, noircis par les flammes et l’encre dégoulinante, le temps s’est arrêté, un message est passé : j’ai compris que ce livre n’était pas ordinaire ; il fallait que je m’occupe seul de sa publication, coûte que coûte. Le cours des événements allait changer. Au début de l’année 64, en quête d’un éditeur modeste, j’apprenais que suite à un décès, les Éditions Chacornac spécialisées dans les publications astrologiques avaient un nouveau gérant et s’appelaient désormais Éditions Traditionnelles – Villain et Belhomme (sic). Avec Chacornac je n’aurais eu aucune chance, là c’était à tenter. Il me restait heureusement un manuscrit de sauvegarde, sinon j‘aurais eu à tout réécrire ou renoncer.

J’ai donc contacté et rencontré le nouveau gérant M. Villain. N’ayant aucune connaissance en astrologie il ne s’est pas aperçu que le zodiaque expliqué par le jour et la nuit était “une vue de l’esprit” et, en toute innocence, il a accepté de m’éditer avec mon financement de 4000 francs, remboursable par le “versement de 40 % du prix fort de chaque exemplaire vendu, jusqu’à complet remboursement de la dite somme”. J’ai emprunté cette somme contre une douzaine de traites à la BNCI de Levallois-Perret, sans cacher les raisons de cet emprunt au directeur de la banque, compatissant et amusé. Le contrat avec les Éditions Traditionnelles a été signé en juin avec remise du chèque et La Condition solaire est venue au monde des parutions indésirables fin décembre 64, officiellement en janvier 1965.

Épilogue : ce qui était en germe dans le message de décembre 63 est arrivé. L’imprimeur-éditeur flambé m’a dédommagé des frais d’avocat en me reversant 800 francs de ramettes de papier pour ma Gestetner (marque de la machine à reproduire des textes écrits sur stencils).

Père fouettard

J’ai fait connaître les Éditions Traditionnelles et son nouveau gérant à A. Barbault et à l’association d’astrologues Centre International d’Astrologie (CIA) dont il était vice-président. Une prise de contact qui n’a pas été oubliée lorsque le CIA, en 1967, a décidé de créer une revue d’astrologie en me proposant de m’en occuper à la place d’A. Barbault pressenti avant moi, non intéressé. J’ai décliné l’offre en persuadant A. Barbault de revenir sur sa décision, soulignant les avantages d’un poste de rédacteur en chef pour faire connaître ses propres idées et mener l’orchestre. Il a compris et accepté en m’engageant à lui fournir des articles. C’est ainsi qu’il m’a demandé d’inaugurer dans le n° 1 de L’astrologue (1er trimestre 1968) la "page du novateur" exposant le système R.E.T. en relation avec la théorie des âges.

Tout allait bien entre nous jusqu’au jour où de jeunes astrologues dans la mouvance de Mai 68 lui ont reproché, de façon déplaisante, sa tiédeur à l’égard du conditionalisme. Plutôt rageur et Père Fouettard excitable, il s’est retourné contre moi, exigeant qu’en tant que “patron” je donne la fessée aux jeunots mal éduqués qui le contrariaient. Par la suite, il a combattu le conditionalisme bec et ongles, ne reculant devant aucune énormité à la limite de l’insulte et diverses absurdités mensongères, telle la publication de La Condition solaire grâce à son appui, parmi celles diffusées, sous le manteau, dans un communiqué à ses collègues (aucun de ceux disposant d’une revue interne ne m’ont proposé de répondre). Ces dernières années, devant l’échec de ses excommunications, il a tenté de récupérer le conditionalisme qui, selon sa réponse à un interviewer, serait né en 1968, dans sa revue L’astrologue… 4 ans après La Condition solaire ! Il s’agirait plutôt d’un enlèvement d’enfant.

"Vente trop lente"

Après le décès de M. Villain, l’époux de la nièce héritière est devenu un grand ami admiratif d’A. Barbault au point d’en épouser également les idées et les attaques anti-conditionalistes dans L’astrologue (…). En janvier 1997, lors de ma visite aux Éditions Traditionnelles, j’avais constaté que La condition solaire avait disparu de la vitrine et j’étais sans nouvelles de mes droits depuis 1991. J’ai demandé par lettre recommandée le règlement de mes droits d’auteur inobservé depuis cette date. J’ai informé la gérante que pour ce motif et d’autres raisons de “déontologie personnelle”, je reprenais ma liberté sur cet ouvrage. N’ayant reçu aucune réponse, en juillet 1997 j’ai chargé un avocat compétent d’intervenir (...). Cette fois, la réponse n’a pas traîné, j’ai reçu un chèque de 1660 francs en règlement des droits des années 1992 à 1997, et confirmation de la reprise de mes droits. La gérante et son époux associé ont ajouté, sans humour : “De notre côté, nous avions l’intention de vous faire part de notre décision de ne pas rééditer votre livre ‘La condition solaire’ édition 1984 - VENTE TROP LENTE”. C.Q.F.D. Autant vendre Les Gaîtés de l’escadron à la sortie d’un crématorium ou les Pensées de Pascal à l’entrée d’un lupanar. Voilà pourquoi La Condition solaire est libre de droits.

En conclusion

Si un jour dans un cave froide, le temps paraît s’arrêter pour vous transmettre un message qui vous engagerait à une grande décision, par exemple la traduction de La Condition solaire ou autre ouvrage indésirable, attendez-vous à des réactions étranges, à des changements renversants dans vos relations sociales. Les œuvres indésirables auraient-elles des pouvoirs inconnus selon la façon dont elles ont été conçues et écrites ? J’ai conçu La Condition solaire dans un taudis misérable de la banlieue parisienne, commencé le manuscrit dans le désert, poursuivi et terminé dans l’enfermement d’une chambre de 2 mètres sur 3, avec une seule fenêtre donnant sur le toit, une ouverture plein sud, face au Soleil (Jean-Pierre Nicola).


Présentation du livre

En 1964 paraissait La Condition solaire, redonnant à l’astrologie sa place au carrefour des sciences humaines et des sciences fondamentales. Jean-Pierre Nicola revenait en effet à ses fondements historiques et astronomiques, tout en démontrant les liens unissant système solaire, activité nerveuse et chronobiologie. Ce livre fondateur est à l’origine d’une nouvelle approche : l’astrologie moderne. Il a ainsi ouvert différentes voies d’études et de savoir-faire auxquels des chercheurs et praticiens en astrologie ont apporté leurs contributions et permis de nombreuses publications.

La Condition solaire présente des outils théoriques et concrets qui ont marqué toute la pertinence de cette approche : théorie des âges, zodiaque photopériodique, système R.E.T., rythmes planétaires, etc. Autant de clés ouvrant sur une pratique plus globale de la consultation, et une meilleure compréhension des relations et de la condition humaine. Le ciel de naissance est un élément constitutif de la personnalité, au même titre que l’environnement familial, sociétal, héréditaire, etc., avec lesquels il se combine. Il offre par ailleurs des développements philosophiques, mathématiques et humanistes qui dépassent largement le cadre astrologique et auxquels les autres branches du savoir gagneraient à s’intéresser.

L’auteur : Jean-Pierre Nicola, né en 1929, écrivain, journaliste, astrologue, philosophe et Ph.D de l’université d’Honolulu, est le fondateur de l’astrologie conditionaliste. Il a publié de nombreux articles et ouvrages comme La Condition solaire, Pour une astrologie moderne, Le grand livre de l’astrologue, Éléments de cosmogonie astrologique... Approche jungienne de l’astrologie est sa parution la plus récente. Chercheur pluridisciplinaire, il est celui qui a le plus profondément fait progresser les connaissances astrologiques du XXe siècle grâce à son incontournable travail de reconstruction de l’astrologie sur des bases astronomiques, neurophysiologiques et non-déterministes (l’éditeur).


La Condition solaire n’avait pas été réédité depuis 1984. Il l’a été en 2022 avec son texte original et une nouvelle et belle couverture. On remercie Évelyne Pénisson, qui dirige les éditions du Cosmogone, pour son excellent travail (Richard Pellard).

Vous pouvez le commander ici :

La Condition solaire, Jean-Pierre Nicola, Éditions du Cosmogone 2022.


Voir aussi :

▶ Astrologie moderne, naturelle ou conditionaliste ?
▶ Les Signes du zodiaque de La Condition solaire.

Cet article vous a été proposé par Richard Pellard
Suivez nos actualités astronomiques, astrologiques, pédagogiques et humoristiques sur Facebook, Twitter et YouTube

Vous pouvez également nous soutenir en effectuant un don qui nous permettra de continuer à faire vivre ce site :
Merci pour votre contribution.


Tous droits réservés. © 2003–2022 Richard Pellard. Reproduction interdite.
Webmestre : Julien Rouger
AstroAriana — Site réalisé avec SPIP