AstroAriana Association pour la Recherche et l'Information
en Astrologie NAturelle
AstroAriana
Présentation Qui sommes nous ? Nous écrire Plan du site Annuaire de liens Astrosoft Calculez votre thème Thème du jour Boutique
Pour que ce site continue à exister sans publicité
Téléchargements de livres au format PDF Élections présidentielles 2017 : des candidats et des astres
Articles aléatoires  Mars-Jupiter  Le ballet des coïncidences, Opéra conditionaliste  Jupiter-Pluton  Le S.O.R.I. : L’Objet  Géométrie des Maisons et méthodes prévisionnelles  Voyage au cœur de la Pataphysique ou les avatars de la Transcendance  Conclusion : L’échelle humaine  Steven Spielberg ou les duels du Sagittaire universel
Vous êtes ici : Accueil ►Astro-documentsL’anti-astrologisme


Les « pour » et les « contre » l’astrologie

Lorsque l’Histoire est écrite par un anti-astrologique, sa stratégie consiste à lier le ciel des astrologues et la nature même de l’astrologie — son essence —, aux préoccupations religieuses, à celles du commerce, et aux méthodes d’abrutissement des masses. Ce texte est extrait de « Pour une astrologie moderne », paru en 1977. Il est malheureusement toujours d’actualité…

La stratégie des contre

Lorsque l’Histoire est écrite par un anti-astrologique, sa stratégie consiste à lier le ciel des astrologues et la nature même de l’astrologie — son essence —, aux préoccupations religieuses, à celles du commerce, et aux méthodes d’abrutissement des masses.

En gros, l’astrologie devient : une respectueuse en carte, bigote dévouée à un politicard de droite, voire au fascisme. La justification théorique d’un portrait outré impose des entorses et des malfaçons qui choquent ordinairement l’homme de bon sens mais font le bonheur des fanatiques.

L’important est d’abord d’ôter à l’astrologie toute espèce de fécondité dans les démarches de la connaissance objective, dans les processus qualifiés de rationnels et dont on voudrait assurer le monopole à la science en les attribuant unilatéralement à tous ses créateurs, innovateurs et découvreurs. En réalité, il devient notoire que la plupart d’entre eux, et les plus grands, ont suivi les détours étranges de l’irrationnel, parfois des voies absurdes.

Le présent texte n’étant pas dévolu au récit circonstancié des grandes découvertes, nous ne donnerons que quelques aperçus sur le rôle de l’irrationnel et la mystification de ceux qui l’éclipsent.

Nous avons déjà évoqué Jean Kepler et Isaac Newton, deux piliers de l’astronomie moderne par suite d’engouement astrologique virulent. Revenons à J. Kepler par un texte judicieux de Pierre Thuillier, agrégé de philosophie et agrégé des lettres, enseignant l’histoire des sciences, rédacteur critique dans la revue La Recherche. Pierre Thuillier n’a pas, lui, le goût de l’escamotage.

« …Kepler pratiquait l’astrologie et avait l’habitude de faire son horoscope à chacun de ses anniversaires. La postérité a oublié l’astrologue (malgré ses notables succès !) et célébré l’astronome : Kepler est avant tout le découvreur des lois qui portent son nom et qui sont enseignées des le lycée… Le paradoxe de Kepler réside dans une union parfois incroyable entre l’imagination (théorique et mystique) et le souci de la stricte précision. La structure du monde, par exemple, est comparée à celle de la Sainte Trinité… Il ne faut pas sourire trop vite de ces conceptions : c’est à travers elles que Kepler a pu penser l’héliocentrisme et donner au Soleil le rôle d’un moteur physique… ».

En physique, le savant Johann Jakob Balmer (1825–1898) s’est illustré par une découverte extraordinairement simple et féconde pour la connaissance de la structure intime de la matière. J. Balmer eut l’idée de chercher des harmonies numériques ou d’autres ne pensèrent à rien, comme souvent… Sa formule, généralisée plus tard, par celle des « termes spectraux » repose sur des rapports et des opérations élémentaires où les nombres entiers (1, 2, 3, 4, 5, …) sont maîtres. Elle se trouve dans bon nombre d’ouvrages de vulgarisation scientifique.

Ce que l’on est sûr de ne pas trouver dans l’enseignement officiel et les louanges à J. Balmer, c’est la source de son inspiration. « Balmer était un pythagoricien clandestin qui cherchait partout dans la nature et le monde de l’esprit des rapports numériques simples et des proportions harmonieuses. Son mémoire de diplôme sur la géométrie descriptive portait déjà cet étrange titre : « Représentation d’ensemble et explication architectonique de la vision du Temple du prophète Ezechiel ».

Lorsque le penchant astrologique est d’une évidence trop criante pour être étouffée, il reste l’appel aux motivations alimentaires, « non scientifiques » par définition.

M. Paul Couderc, ex-astronome titulaire de l’Observatoire de Paris, ne manque jamais, à cet égard d’étaler sa fine stratégie : « L’astrologie avait conservé tant de faveur que les astronomes furent souvent forces de gagner leur vie en tirant des horoscopes : l’astrologie nourrissait sa mère, l’astronomie ; Kepler nous le dit en termes admirables ».

Si l’argument était fondé, il devrait suffire, car on mange à tout âge. Mais, pour plus de sûreté, après avoir noyé son chien, on l’égorge. Paul Couderc se rabat sur les vieux jours de ceux dont il ne souffre pas les certitudes : « Un texte décisif nous renseigne à la fois sur les opinions de Tycho-Brahé et sur celles de Kepler à la fin de leur vie ». Notre astronome anti-astrologique finira peut-être, sur ses vieux jours, par évoquer les tables tournantes pour transmettre à ses lecteurs les opinions définitives de ses brillants aînés.

Une variante anti-astrologique consiste à rejeter loin en arrière, au temps où l’astronomie était que pré-scientifique, les opinions indéniables des astronomes en état de péché dans l’au-delà. C’est ainsi que, toujours selon le même auteur : « Le dernier astronome grec (Claude Ptolémée) fut aussi le seul, apparemment, à avoir lié son nom à l’astrologie ».

Si, contre toute attente, il se trouve encore quelque astrologue parmi les hommes de science des époques suivantes, il suffit de montrer qu’il est sain du côté gauche de son cerveau, et malade du côté droit. Plus exactement, il suffit de le dire. On le pardonnera s’il ne peut plus recommencer et s’il a été sincère… Circonstance atténuante appréciable lorsqu’on s’appelle Jérôme Cardan (1501–1576) et que l’on est, de son temps, mathématicien et philosophe productif en inventions, quoique fâcheusement astrologue convaincu. Vous trouverez le nom de Cardan dans le dictionnaire, avec ses titres, hormis celui d’astrologue dont il était pourtant fier. Prenez garde à la postérité revue et corrigée par les anti-astrologiques.

Il va de soi que les méthodes de M. Paul Couderc jettent sur leurs conclusions de légitimes soupçons. Inutile de parler de chirurgie esthétique à un militaire, ou des plaisirs de la chasse à un membre de la Société Protectrice des Animaux. Populairement, l’on dit que les longueurs d’onde sont différentes.

Tout en dénonçant l’intolérance savante à l’égard des contributions de l’irrationnel, nous nous garderons de dire qu’il n’y a pas d’autre voie possible, pour créer et découvrir, que de commencer par être astrologue ou pythagoricien. Nous pensons seulement, et d’une manière non absolue, que les méthodes rationnelles conduisent à d’autres découvertes que celles à l’actif des irrationnelles. Il semble que ces dernières permettraient surtout de poser les problèmes autrement, et de résoudre ceux où le cerveau doit mobiliser toutes ses ressources (les deux hémisphères pour sauter une impasse, franchir un obstacle particulièrement difficile). Ceci dit, la mobilisation des deux systèmes de signalisation peut être remplacée par un travail de groupe ou par l’adjonction d’ordinateurs. En matière des mécanismes de création et d’invention, nous n’en sommes qu’à des préliminaires.

Pour en revenir à la stratégie des contre : l’élimination des apports de l’astrologie à l’histoire de la connaissance se complète par le refus d’utilisation astrologique des acquisitions de cette connaissance, et notamment de son vocabulaire.

En un premier temps l’on conteste que les astrologues aient apporté quelque chose au savoir. En un deuxième — et le procédé s’harmonise au premier — l’on refuse aux astrologues toute référence à ce savoir.

Tout astrologue évoquant, dans un essai d’explicative, les ondes électromoagnétiques, les rythmes cosmiques, les interactions universelles, les champs de gravitation, se trouve, a priori, traité de charlatanisme. Il n’a pas droit d’accès à l’hémisphere gauche, celui des mots.

II ne s’agit pas de traiter des erreurs ou du bien-fondé des essais astrologiques sur des terrains scientifiques. Ces essais, en général, sont de pittoresques gymnastiques mentales, mais nombre de savants, sur leur propre terrain, ont laissé égaleront trace de constructions burlesques. Il s’agit de savoir si un vocabulaire scientifique doit être ou non la propriété d’une caste. Les « sociologues » du Nouvel Observateur n’ont pas soulevé ce problème, à notre avis passionnant.

L’interdiction aux astrologues d’user de biens culturels publics est une forme savante de charlatanisme. Elle conduit ceux qui la pratiquent à des contradictions comiques. La même hypothèse peut être rejetée avec mépris si elle est exprimée par un astrologue, examinée avec critique mais attention si elle provient d’autre source.

Un Rastignac de l’anti-astrologie s’est illustré dans cette stratégie, la nécessité de ses ambitions l’entraînant à déposséder les astrologues de leurs idées intéressantes pour les reprendre à son compte en les soutenant de statistiques et de langage scientiste. Les réflexes anti-astrologiques sont à ce point vivaces chez les vétérans que notre homme, après des années de campagne anti-astrologique et de bruyantes affirmations sur la science nouvelle qu’il n’entendait devoir qu’à ses travaux, a fini par passer lui-même pour astrologue auprès des savants dont il quémandait les soutiens. À bout de souffle, il use maintenant de méthodes astrologiques et se laisse porter en étendard par les astrologues qu’il traite de charlatans et de malades mentaux dans ses multiples ouvrages. C’est, par ailleurs, à l’occasion de congrès organisés par ceux qu’il voue à la prison ou à la Santé, qu’il fait connaître ses publications, à titre de congressiste actif ! En fait de contradiction cocasse, il est difficile de faire mieux.

Apres avoir censuré l’astrologie dans l’histoire de la connaissance, après l’interdiction d’user d’un vocabulaire pourtant largement vulgarisé, on pourrait croire que l’escalade est impossible. Non point. Les preuves dites scientifiques sont également à éliminer si elles ont le mauvais goût de pencher en faveur des astres : « Si les statistiques se mettent à prouver l’astrologie, alors il ne faut plus croire à la statistique ». Nous devons cette perle à Jean Rostand dont l’image de marque serait la tolérance.

La stratégie des contre se résume donc à la suppression pure et simple de toute once de raison et de science dans la pensée astrologique et dans l’hypothèse de relations naturelles entre les hommes et les rythmes de son environnement géo-solaire. Elle a pour corollaire le rejet de l’astrologie dans les religions, les superstitions, les magies primitives.

Indépendamment du crédit que l’on accorde ou refuse à l’hypothèse astrologique, l’on notera qu’elle peut jouer le rôle d’un test révélateur des contenus d’une mentalité dite rationaliste. La volonté de puissance y montre des crocs bien rangés : seule la science a moyen d’accès aux vérités supérieures et le vocabulaire d’un savoir gagné par tous doit être réservé à une caste de nouveaux prêtres sortis de ziggourats universitaires.

En mêlant astrologie, religion, superstition et magie, cette mentalité montre incidemment dans quelle sorte d’estime elle tient les grandes croyances et les civilisations non rationalistes. C’est son droit, mais pourquoi maquiller de science une affaire de goût ?

À moyen comme à long terme, la stérilité de la stratégie des contre parait évidente. Ce n’est pas en accumulant des mensonges et des interdits sur l’astrologie que l’on en dégoûtera le monde. Les proscriptions viendront toujours à point relancer l’argumentation pro-astrologique. Elles sont à même de susciter dans les rangs des générations scientifiques suivantes, des vocations de fils prodigues qui compenseront les fausses rigueurs de leurs pères.

On ne saurait demander à un esprit qui se veut scientifique d’avoir toujours la raison, la distance et la lucidité que la formation dans sa discipline laisse entrevoir. Mais, en référence à cette discipline, on peut au moins supposer que ceux qui la pratiquent à contresens sont au moins de mauvais scientifiques. C’est ce que tend à prouver une stratégie inopérante ou fonctionnant à rebours. En fait, à l’égard du problème astrologique, on a surtout affaire à des tempéraments qui subordonnent à la culture à un dada intime. Nous les dénombrerons provisoirement en :

- Matérialistes militants. Pour eux, l’astrologie est une idéologie fumeuse détournant les classes laborieuses de leur libération et de l’édification d’une société juste, bonne, sans astrologie. Sceptiques endurcis et professionnels, ces tempéraments perçoivent dans la doctrine astrologique des éléments religieux une idée d’ordre et de grandeur de l’homme qui indispose leur système de pensée orienté vers le pessimisme et l’angoisse. Des écrivains, essayistes et gens de plume ayant fait leur renom par le culte du désespoir, de la solitude ou du négativisme, ne peuvent évidemment pas souscrire à une connaissance traitant, bien ou mal, de l’ordonnance des êtres et des choses.

- Gorilles scientistes. Ils combattent l’astrologie par dévouement inconditionnel à l’autorité de la chose écrite avec l’estampille officielle.

- Cartésiens verbalisants. Chez eux, l’astrologie se réfute en quelques mots bien sentis.

- Chasseurs de sorciers. Leur anti-astrologisme est un moyen de vivre à bon compte un peu de névrose obsessionnelle.

Cette nomenclature n’a pour autre but que de situer des personnages dont nous reparlerons. Elle indique aussi que l’anti-astrologisme peut venir d’aspirations fort lointaines de celles de l’esprit scientifique. À moins que l’esprit scientifique ne soit l’un de ces multiples vernis dont l’homme aime à maquiller ses passions.

Stratégie des pour

En raison de leur formation scientifique et d’une référence à une culture identique, les contre, en dépit de tempéraments différents, n’ont qu’une stratégie : expulser l’astrologie de leur territoire, le défendre contre toute contamination interne et externe. Stratégie claire mais vaine.

Il sera plus difficile de dégager la stratégie dominante des pour. Il nous faut d’abord examiner les conditions créées par la stratégie des contre.

La plus fatale est qu’aucun diplôme ne sanctionne une formation d’astrologue. N’importe qui peut se dire expert en astrologie et se couvrir de titres. Aucun organisme officiel ou privé ne viendra le contredire. S’il publie ou prononce des énormités, elles feront la joie des anti-astrologiques qui ont fortement besoin de la faune des incompétents arrivistes pour justifier leur chasse aux sorciers et ridiculiser toutes les idées astrologiques en les opposant à des farces grossières.

Un fait très récent de ce genre concerne le zodiaque. Pour se distinguer de ses concurrents un faiseur d’horoscopes, soutenu par la presse à sensation, à lancé un treizième Signe, qui n’est, en réalité, qu’une constellation, c’est-à-dire un groupe d’étoiles d’étendue variable et que l’on peut baptiser à son gré, à la manière des Sumériens ou de l’astronome Lalande. Par définition, un Signe doit occuper une étendue d’écliptique de 30° à partir de l’équinoxe de printemps (point gamma, plus exactement). Un cercle de 360° ne pouvant contenir que douze fois 30°, le zodiaque, à moins de changer la définition du Signe, n’admet que douze Signes. Parler de treizième Signe revient à dire qu’il existe une troisième face de la Lune, un cinquième joueur de belote et que l’octogone régulier est une figure à neuf côtés !

Malgré l’évidence du fait, les anti-astrologiques, astronomes ou essayistes, opposent la doctrine des treize Signes à celle des douze, comme si les tenants d’un carré à trois côtés représentaient une doctrine. Et, pour jouer un peu, un adversaire du type cartésien verbalisant a publié le « Zodiaque à vingt-quatre Signes » !

Rejetée dans le commercial, l’astrologie populaire est aux mains de petits affairistes, escrocs artisanaux qui, ayant généralement échoué dans leur première carrière, entendent bien prendre leur revanche sur les pigeons du genre humain. Les astrologues qui, dans ce contexte, s’emploient à édifier et faire reconnaître une discipline propre, se heurtent au mur anti-astrologique qui se refuse à établir la moindre distinction.

Là, encore, nous disposons d’un exemple précis : en 1970, une association a été créée pour former des astrologues compétents à partir d’un enseignement où figurent la psychologie, la cosmographie, en outre, des règles excluant les interprétations magistes et fatalistes. Une fois les enseignants dédommagés de vacations qui demandent une longue préparation, l’association consacre ses revenus aux acquisitions pédagogiques, au financement d’une revue technique et d’ouvrages irrecevables, parce que non commerciaux, dans les maisons spécialisées. Cette association, dont les entrées annuelles ne dépassent pas trois à quatre millions d’anciens francs dans les meilleurs cas, a fait l’objet de tracasseries administratives visant à lui ôter les moyens matériels de concrétiser ses buts de démythification de l’astrologie.

Les marchands d’horoscope sont loin de connaître ces tracas. Des facilités peuvent leur être accordées s’ils démontrent que l’horoscopie relève du music-hall ou des distractions foraines.

Quelles que soient les explications et les excuses que l’on peut donner à ces faits, à l’état brut ceux-ci montrent qu’une administration encourage l’astrologie à rester dans le ruisseau du bas commerce, et qu’une autre sanctionne ses efforts pour en sortir. Ce n’est ni un complot, ni un hasard, mais le résultat convergent d’une même mentalité chronique.

Peu de lecteurs imaginent que les astrologues qui ont vraiment quelque chose à dire ne peuvent pas exprimer ce qu’ils pensent et qu’il leur est demande de faire du sensationnel pour vendre. Une revue astrologique de grande diffusion a demandé à l’équipe rédactionnelle d’éliminer les articles de fond trop sérieux et d’en rester aux fesses et aux sous, impérissables rubriques ! Par réaction, une autre revue s’est créée, mais comme le dit Vez, l’auteur de la bande dessinée d’Astrologique n° 1, « Sale temps pour venir au monde ! ».

L’on n’aura encore qu’une vague idée des contraintes dans lesquelles se trouvent certains astrologues lorsqu’on saura que ceux qui donnent les chiffres et les couleurs fétiches sont les derniers à y croire, et que tout en ayant informé les directeurs de publication de l’inanité de ce qu’on leur demande, ils doivent obtempérer sous peine de perdre un minimum de sécurité.

Si l’anti-astrologisme est révélateur des contenus d’une certaine mentalité, l’astrologie mercantile est l’un des phénomènes exemplaires de l’emprise du commerce sur l’information.

Constatation banale pour un sociologue mais qui ne lui vient nullement à l’esprit lorsqu’il traite d’astrologie. Dans le Retour des astrologues, Ph. Defrance observe : « Ce sont souvent les mêmes astrologues qui, empruntant ou non un pseudonyme, alimentent les journaux en horoscopes et publient leurs recherches dans des collections destinées à un public plus restreint. J.-P. Nicola est l’auteur d’un essai difficile, « Nombres et Formes du cosmos », mais il dresse dans « Détective » du 19 décembre 1968 l’horoscope de la chance pour l’année 1969, Signe par Signe ».

L’auteur d’un essai difficile doit le payer de ses deniers, et comme dirait Paul Couderc, après avoir nourri sa fille l’astronomie, l’astrologie est condamnée à se nourrir elle-même, sa fine ingrate ne lui reversant aucune pension alimentaire !

Pour les anti-astrologistes, c’est une bonne aubaine d’avoir sous la dent un chercheur astrologue contraint par ailleurs à des tâches alimentaires. Il faut croire que le sens critique s’émousse avec l’astrologie, même lorsqu’il s’agit de la dénigrer, puisque nos anti-astrologiques ne sauraient pas distinguer, paraît-il, un ouvrage de fond d’un article de presse. En tout bien tout honneur, le plus astucieux est d’escamoter le chercheur, d’en prendre la substance et de mettre en vedette le tâcheron pour induire l’idée qu’il ne peut pas avoir de substance. Un monsieur G. élimine dans ses ouvrages les recherches d’astrologues qui jetteraient le doute sur l’originalité des siennes et l’honnêteté de ses méthodes. En revanche, il déambule dans les congrès avec « l’horoscope de la chance » dans l’espoir de discréditer l’adversaire et de rassurer sa conscience. Les contraintes anti-astrologiques et commerciales sont convergentes. Elles pèsent aussi sur ceux qui, avec des statistiques favorables à l’astrologie et une conscience anti-astrologique, ne savent plus dans quel camp danser, mais doivent de toute façon gagner leur vie.

L’aliénation commerciale à des incidences différentes selon le tempérament de l’astrologue qui la subit. À côté de ceux qui tentent de la briser, il y a la majorité de ceux qui en jouissent en toute plénitude d’âme et quiétude du porte-monnaie. Leur stratégie se résume à une technique de vente à base de publicité mensongère où chaque « astrologue » se présente comme étant le véritable dépositaire des secrets disparus, le meilleur previsionniste, le plus grand, le plus beau et le plus fort que les riches et les puissants de la Terre consultent en catimini.

Qui dit commerce dit concurrence. Pour la majorité adaptée à l’astrologie commerciale, il faut à la fois se survaloriser et dévaloriser le concurrent. En revanche, le client est roi. Et comme le client se moque généralement des fondements scientifiques, pour ce genre d’astrologue la science est schizophrénique, entendez hors de la vie et non rentable. Face aux efforts d’explicative rigoureuse de l’astrologie, il oppose « sa pratique », des conceptions confuses picorées de-ci, de-là, et, en dernier ressort sa réussite sociale ou financière.

Pour les tempéraments affairistes, il ne peut y avoir d’histoire de l’astrologie bien vue et bien comprise qu’en l’épurant de tout ce qui casserait le marche de l’horoscope. Aussi, parce que la « tradition » ne veut rien dire de bien précis, sinon qu’elle se pose au-dessus de l’histoire de la connaissance, sont-ils généralement traditionalistes. Au vrai, un affairiste intégral ne connaît ni la tradition, ni l’histoire, ni l’astrologie, mais il sait gagner de l’argent avec son ignorance.

D’autres tempéraments, pour des raisons cette fois désintéressées matériellement, montent en épingle l’héritage traditionnel et jugent la science comme un produit de l’esprit tâtonnant, cherchant d’une pauvre manière à toucher ces vérités que l’intuition saisit en un éclair indicible.

Plus rigides et moins intuitionnistes, les fatalistes s’acharnent à voir dans l’horoscope un ordre implacable contenant l’être avec ses réincarnations, ses ascendants et descendants, ses rires et ses pleurs, ses mimes et ses manies, et les ans, jours, minutes, secondes que le ciel lui a comptés.

Lorsque ces gens écrivent l’histoire de l’astrologie, ils suggèrent qu’elle ne saurait être assimilée à n’importe quelle histoire, qu’il s’agit d’une sorte d’épopée spirituelle parallèle et étrangère à l’évolution des hommes. Au terme de cette logique, l’astrologue est un initié, et l’origine de son savoir est dans les traces laissées par les guides dont la bonté a fini d’agir.

Les astrologues qui échappent au fatalisme, à l’affairisme, au spiritualisme formel et à sa dégradation symbolico-magiste, se placent soit dans une classe d’opportunistes mêlant toutes les tendances au gré de la mode et selon leur bonheur de l’instant, soit dans celle des scientifiques marginaux qui tentent de réinsérer l’astrologie dans la culture universelle en démontrant qu’elle est, elle-même, une science à trouver, à restaurer, ou à sauver des astrologues.

Plus critique à l’égard de la science contemporaine, l’école conditionaliste considère que ce n’est pas à l’astrologie de rentrer dans le rang, mais aux scientifiques en crise de remettre en cause leurs méthodes pour s’enrichir du mode de pensée unitaire propre à l’astrologie. Celle-ci, de son côté, doit sortir de son ghetto sans poser aux favorites, pour se confronter aux grandes acquisitions de la pensée scientifique. La proposition, en somme, revient à faire fonctionner les deux hémisphères dans une même perspective.

Les conditionalistes ne sollicitent pas une collaboration vichyssoise, loin de là. Ils souhaitent fermement rester eux-mêmes des astrologues. Ils s’intéressent aux différentes disciplines scientifiques au même titre qu’à l’astrologie, et ils tentent, à partir des modèles synthétiques que donne l’astrologie, de devancer la science sur le plan d’une compréhension globale de l’homme et du milieu environnant.

Pour eux, l’histoire de l’astrologie est à écrire en montrant sa place dans un ensemble économique et politique. Pour eux, il n’y a qu’une seule histoire : celle du développement de la connaissance, et, que cela plaise ou non aux anti-astrologiques scientistes et aux traditionalistes astrologiques, l’astrologie fait partie d’une seule aventure : celle de l’homme. Avis aux cartésiens verbalisants et aux extra-terrestres !

Les différentes stratégies astrologiques sont en relation avec les tempéraments suivants :

- Affairistes. Le client est roi. Stratégie : ne pas contrarier la poule aux œufs d’or par des doctrines rebelles à son entendement et à ses inclinations. Lui servir de la tradition mystérieuse, de l’humanisme réconfortant. Poser au guide et au consolateur. Orienter les illusions du consultant vers son compte bancaire.

- Fatalistes. L’astrologie est reine. Stratégie : démontrer après coup que l’astrologie peut tout dire, tout prévoir, tout deviner, et que la science rampe comme une créature du diable dans le doute et la contradiction.

- Spiritualistes. L’astrologie est le reflet d’un ordre invisible plus grand que l’astrologie. Stratégie : démobilisatrice et pacifiste. Tout le monde est beau et gentil. Les scientistes suivent une voie mineure en rapport avec leur manque d’évolution. Les astrologues qui reçoivent des coups n’ont qu’a dire « merci mon dieu, je me sens mieux ». La tradition astrologique, c’est bien, mais l’ésotérisme c’est encore meilleur.

- Symbolistes. L’astrologie reflète par ses symboles l’ensemble clair-obscur du terrestre-divin, du signifiant-signifié, du minéral-végétal-humain. Elle est une psychologie et une poétique (?). Stratégie : variante subtile combinant dans un charabia incroyable les tendances spiritualistes et fatalistes, cette école préconise également la démobilisation avec des exceptions mineures. Cultiver la tradition astrologique sans l’opposer nécessairement à la science, et ne retenir de celle-ci que ce qui contribue au maintien de la pensée magico-symboliste.

- Scientistes marginaux. L’astrologie est une science naturelle égarée dans le camp des occultistes. Stratégie : démontrer par les statistiques et la logique que l’hypothèse astrologique est correcte, justifiée par les faits et par la raison. Il existe une stratégie de scientistes honnêtes qui, tout en poursuivant leur idée, ne tentent pas de déposséder les astrologues de leurs apports au savoir. Une stratégie moins honnête consiste à exploiter les idées astrologiques pour poser en auteur d’une science nouvelle.

- Opportunistes. L’astrologie est une mode dont il suffit de suivre les variations pour être intéressant dans un salon en prenant le vent des pour et des contre. Stratégie : n’importe laquelle, mais toujours celle, plus générale, de l’opportuniste.

- Conditionalistes. L’astrologie témoigne d’une réalité qu’il reste à expliquer et expliciter en s’intéressant aux témoignages des autres disciplines. Elle ne se suffit pas et, à l’inverse des écoles précédentes, l’astrologie conditionaliste est en quête de synthèse originale. Stratégie ; faire la critique de la science et de l’astrologie pour mobiliser tous ceux, astrologues ou scientistes, qui se préoccupent des progrès de la connaissance et non du maintien de leurs préjugés.

De ces tempéraments l’on tire quatre sortes de stratégies :
- Les affairistes, fatalistes, spiritualistes, symbolistes, dressent, en gros, la tradition contre la science.
- Les scientistes marginaux tentent de reconvertir la tradition à la science.
- Les opportunistes se moquent autant de la science que de la tradition.
- Les conditionalistes cherchent à comprendre science et tradition sans les confondre et pour en dégager une matrice commune.

Ce classement ne constitue pas un carcan. Il vise simplement à démêler l’écheveau créé par les anti-astrologiques. L’on constatera que s’il y a diversité et multiplicité, elles sont réductibles à des orientations majeures.

Divorces et mariages stratégiques

Selon les orientations dont nous avons fait état, il est aisé de composer le tableau des bons et des mauvais mariages.
- L’affairiste, de mariage facile, épouse de préférence le symboliste dont l’enseignement simpliste présente beaucoup d’avantages.
- Le mariage symboliste-spiritualiste convient aux rêveurs désintéressés qui font souvent de l’astrologie un havre contre le réel, une culture à côté de leur emploi. Celui de spiritualiste-fataliste peut donner des doctrinaires comparables aux gorilles scientistes.
- Les conditionalistes-opportunistes font des girouettes qui feignent d’arbitrer les différents des autres ménages.
- A quelques exceptions près, les conditionalistes et les scientistes se marient mal aux autres qui voient en eux des mécréants. En cas d’alliance, les divorces suivent. Aux dernières nouvelles, les tribus astrologiques réunies ont condamné les conditionalistes à ne pas être des astrologues, mais des espions scientistes.

Il est évidemment contraire aux stratégies traditionalistes de s’intéresser aux rigueurs scientifiques et aux lois du réel. Les planètes doivent demeurer des symboles psychiques, et l’essence prendre le ton sur le manifeste. Toute autre attitude est mise à l’index. Les conservateurs ont usé, à l’égard des chercheurs conditionalistes, de méthodes qui valent largement celles des anti-astrologiques et qui se sont révélées également stériles.

Anti-astrologiques et traditionalistes se rejoignent dans la volonté commune de maintenir le mur de l’incommunicable entre rationnel et irrationnel, afin que chaque camp, irréductible, ait sa connaissance, supérieure à « la » connaissance.

Leur politique de ségrégation bénéficie de l’indifférence des scientifiques non concernés, des bénédictions des spiritualistes passifistes et pacifiques, des complicités entre affairistes et anti-astrologiques. L’on conçoit que les premiers se moquent de la connaissance, et que les seconds justifient, grâce à eux, leur mépris de l’astrologie.

Contrairement à ce qui s’écrit dans la presse sur la confusion des doctrines, la situation est parfaitement lisible : ceux qui veulent jeter un pont entre deux cultures font l’unanimité contre eux. Le lecteur sagace en déduira certainement que cette unanimité hostile témoigne de la bonne santé de la tendance et augure bien de son avenir.

N’ayant qu’une seule stratégie, les anti-astrologiques se marient entre eux sans risque de divorce. Les épousailles sont plus difficiles avec les scientifiques de tempéraments ouverts ou prudents. Les générations montantes commencent à trouver louche l’application d’une minorité à engager toute la science dans une obsession démodée.

II existe donc virtuellement des possibilités de rencontre entre les scientifiques non anti-astrologiques et les conditionalistes et scientistes de l’astrologie.

La suite de l’histoire sera celle de cette rencontre et de ce qui s’en dégagera.

Le bilan de la situation actuelle est simple : il y a ceux qui veulent empêcher cette rencontre, il y a ceux qui la préparent.

Cet article vous a été proposé par : Jean-Pierre Nicola

Voir aussi :

- L’anti-astrologisme


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





Pour que ce site continue à exister sans publicité :


Tous droits réservés. © 2003–2017 Richard Pellard reproduction interdite.
Webmestre : Julien Rouger
AstroAriana — Site réalisé avec SPIP | Espace privé