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L’astrologie karmique : une escroquerie intellectuelle et spirituelle

Jusqu’à la première moitié du XXe siècle, l’astrologie occidentale savante ne se préoccupait pas de la transmigration des âmes, contrairement à l’astrologie extrême-orientale qui a toujours mêlé astres et réincarnation. Depuis, portée par la fascination de l’occident pour les religions hindouiste et bouddhiste, est apparue une nouvelle forme d’astrologie : l’astrologie karmique, qui prétend pouvoir déceler dans la carte du ciel d’un individu des données remontant à ses vies antérieures. Ce salmigondis est une véritable escroquerie intellectuelle et spirituelle.

« On ne recule devant rien, devant aucune absurdité, pour échapper à son âme. On pratique le Yoga hindou de toutes les observances, on se soumet à des régimes alimentaires, on apprend la théosophie par cœur, on rabâche les textes mystiques de toute la littérature mondiale… tout cela parce que dans son for intérieur on ne s’en sort pas, et que toute croyance qu’il puisse provenir quelque chose d’utilisable dans sa propre âme fait défaut. Ainsi, petit à petit, l’âme est devenue ce Nazareth dont rien de bon ne peut provenir, et c’est pourquoi on recherche son bien aux quatre coins du monde : plus la provenance en est lointaine, plus cela est extravagant, mieux cela vaut ». (Carl-Gustav Jung).

Avant de faire la critique argumentée de cette sottise malheureusement très à la mode, je tiens tout d’abord à préciser que ma dénonciation de l’astrologie karmique ne procède d’aucun préjugé métaphysique : j’ignore si les âmes transmigrent ou non et je respecte ceux qui croient à la réincarnation, sans pour autant partager leur croyance — pas plus que toute autre croyance dans l’en-deçà et l’au-delà de l’existence. Pour moi, ce ne sont que des hypothèses qu’il est au mieux extrêmement difficile, au pire impossible de vérifier tant qu’on n’est pas passé de l’autre côté du miroir… si toutefois il existe un miroir ayant un autre côté.

La croyance en la réincarnation est loin de n’appartenir qu’à l’hindouisme ou au bouddhisme. Elle était également très répandue en Grèce, notamment grâce à l’école pythagoricienne (environ VIe siècle av. J.-C.). Étant donné que les astrologues « karmistes » prétendent que la croyance à la réincarnation est consubstantielle à l’astrologie et qu’à cette époque, l’astrologie était encore un savoir exclusivement mésopotamien (la rencontre entre astrologie chaldéenne et la philosophie et la science grecque ne s’étant produite qu’environ trois siècles plus tard), il est intéressant de connaître quelles étaient les croyances des chaldéens à propos de l’au-delà de la mort.

Métaphysique et astrologie mésopotamienne

Selon Jean Bottéro, auteur entre autre de La plus vieille religion — En Mésopotamie et spécialiste incontesté dans ce domaine, les chaldéens (découvreurs, je le rappelle, de l’astrologie) n’étaient pas du tout réincarnationnistes.

Je cite Bottéro :

« Comment voyaient-ils la mort en elle-même ? N’ayant pas, comme nous, ce vague fantasme d’un élément incorporel pour « animer » notre corps et le garder en vie par sa présence, puis provoquer son trépas par son retirement, ils tenaient l’homme pour voué, de par son propre Destin, a un double état successif. Tant qu’il avait du sang dans les veines, et, dans les narines, du souffle, alternativement inspiré et expiré, il était vivant, par lui-même […] Au moment où, vidé de son sang, ou alors, après l’avoir expiré une dernière fois, il cessait de voir revenir en lui le souffle, il changeait d’état, il passait a celui de « fantôme » : il était mort !

Pourtant, la mort, ce n’était pas le néant, notion bien trop inaccessible […], pour que l’on en put aisément faire état. On se trouvait seulement devant un cadavre, un « corps-et-rien-d’autre », figé et paraissant profondément endormi (« Endormi et mort, c’est tout un ! », et qu’une tradition immémoriale, dans le pays, vouait uniformément a la mise en terre, dans une tombe individuelle.

Mais, d’abord, ce défunt n’avait pas totalement disparu de l’existence des survivants : en souvenir, en rêve ou dans des obsessions et des hantises, il leur arrivait, non seulement de penser à lui, mais de le revoir, vaguement, et même de croire l’entendre parler, crier, gémir. Et comme, en ce temps-là, on ne séparait point carrément, à notre manière, les choses de la vie onirique de celles de la vie réelle, on s’était depuis toujours convaincu que cette vague silhouette, aérienne, brumeuse, évanescente et impalpable, c’était bel et bien tout ce qu’il subsistait du défunt lui-même, en son nouvel état, définitif, d’« ombre », de « spectre », de « fantôme » […].

Au moment du trépas, tandis que le corps, enfoui dans la terre, « s’en retournait à son argile », le fantôme, lui, introduit de la sorte sous le sol, était par là mis à même de gagner l’immense et noire caverne de l’En-bas : de l’Enfer, symétrique et antithétique du Ciel, ou il rejoignait la multitude sans nombre des autres spectres, là rassemblés depuis la nuit des temps et à jamais, dans leur séjour ultime, pour y mener, sans fin, une existence enténébrée et même, léthargique et engourdie : celle que laissaient imaginer son cadavre rigide et pensif, en même temps que la fabuleuse image d’un sous-sol de nuit noire, de lourd silence et d’un pesant sommeil sans fin. Cette suprême et définitive condition des hommes, inscrite des leur origine en leur nature et destin par leur créateur en personne, chaque homme, par la mort, y passait d’emblée, sans qu’intervint le moindre « jugement » véritable, pour lui attribuer un état plus ou moins supportable ou « heureux » : le dernier sommeil était le même pour tous ! ».

Ce texte est très clair : les prêtres-astrologues mésopotamiens ne croyaient pas à la réincarnation. Pour eux, il n’y avait qu’une vie et une mort, et il n’y avait pas de « jugement » métaphysique sur les bonnes et mauvaises actions du défunt. Quand les astro-karmistes prétendent que la croyance en la transmigration des âmes est consubstantielle à l’astrologie, ils mentent, délibérément ou par ignorance.

Les tribulations de la réincarnationnite en Occident

Par ailleurs, la croyance en la réincarnation était devenue minoritaire dans la Grèce antique lorsque s’est produite la rencontre entre l’astrologie mésopotamienne et les savoirs hellénistiques vers le IIe siècle avant J.-C. Au IIe siècle après J.-C., lorsque le « Prince des astrologues » Ptolémée publie sa somme astrologique, le Tetrabiblos, il n’y fait d’ailleurs aucune allusion.

La disparition progressive de cette croyance en Occident n’est donc pas dûe à l’apparition du christianisme. D’ailleurs, pendant les deux ou trois premiers siècles de cette religion, il existera des sectes chrétiennes qui croiront à la réincarnation, avant que l’Église Romaine n’impose ses dogmes anti-réincarnationnistes sauf pour le Christ. Et durant cette période, l’astrologie hellénistico-mésopotamienne continuait à se développer à se rationaliser, radicalement étrangère à la transmigration des âmes…

L’idée réincarnationniste réapparaît à la Renaissance grâce à la traduction des anciens philosophes grecs. Les écrits des philosophes et des astrologues de cette époque ne témoignent d’aucun intérêt pour cette croyance. Les efforts involontairement conjoints de l’Église catholique et du positivisme scientifique naissant la feront à nouveau disparaître, jusqu’à ce qu’elle réapparaisse avec la vague d’orientalisme qui a submergé l’intelligentsia européenne au XIXe siècle.

L’astro-karmisme moderne

Il est d’usage, dans l’orientalisme occidental, de confondre les notions de « karma » et de « samsara ». Rappelons donc tout d’abord que le premier mot signifie « loi de cause à effet » et le second « cycle des réincarnations ». En toute rigueur, l’astrologie « karmique » devrait s’appeler « samsarique »… ce qui ne serait pas très bon pour le commerce, puisque le second mot est inconnu du profane, alors que le premier est devenu très « tendance » et donc très « vendeur ».

Qu’est-ce que l’astrologie karmique ? Un vulgaire amalgame entre une astrologie occidentale traditionnelle non-respectée dans ses fondements et un orientalisme mal compris : « Le thème de naissance, écrit un auteur astro-karmiste, montre le bon usage créatif ou le mauvais usage de nos pouvoirs antérieurs… Rien ne nous interdit même d’avancer que le thème de naissance n’indique pas autre chose que le karma… On serait bien fondé de dire que l’astrologie est une « science du karma », c’est-à-dire un moyen de comprendre et d’accepter ses responsabilités d’une manière précise ».

En lisant la littérature astro-karmiste, on apprend aussi que les facteurs réincarnationnistes du Thème sont les Nœuds de la Lune, Saturne, « Seigneur du karma », les Aspects de carré et d’opposition, la Vierge, le Scorpion et les Poissons, qui « doivent supporter plus que leur part de fardeau » karmique. Bref, à en croire les astro-karmistes, si vous êtes fortement marqué(e) par l’un de ces trois Signes et que vous avez un Saturne dominant et dissonant, vous avez un karma pourri. Rassurez-vous : il n’en est rien.

En quoi, selon l’astrologie karmique, la configuration du système solaire au moment de la naissance d’un individu renseignerait-elle sur ses vies antérieures ? C’est tout bête (pour ne pas dire complètement con) : pour remonter dans les vies passées, il faut faire machine arrière. Or l’axe des Nœuds lunaires se déplace dans le sens inverse des planètes (donc en « machine arrière »), et ces dernières ont des périodes de rétrogradation pendant lesquelles elles font elles aussi « machine arrière ». Pour le neurone qui s’agite dans la calotte crânienne d’un astro-karmiste, tout est simple : les Nœuds lunaires et les rétrogradations planétaires nous renseignent sur nos vies « en arrière » !

« L’astrologie ’science du karma’ » : quelle crétinerie !

Pour la suite, je cite Jean-Pierre Nicola : « Si la planète rétrograde est bien aspectée, il y a de l’espoir : « ces traits ne sont pas profondément ancrés dans la personnalité. Le natif se voit offrir dans cette vie-ci une seconde chance de les éliminer ». Si la planète rétrograde est, de surcroît, mal aspectée… alors, là, c’est dur-dur, et ça remonte, attention, pas a une… mais plusieurs vies antérieures. Comment s’en débarrasser ? Par un effort considérable. C’est pourquoi, tout compte fait, il vaut peut-être mieux avoir plusieurs planètes rétrogrades dans son thème. On est alors incité à développer de « grandes possibilités »… pas comme les fainéants qui, n’ayant aucune planète rétrograde, se laissent aller. Toute l’astuce des interprétations consiste ensuite à reprendre les poncifs sur les planètes en Signes et Maisons, en insistant sur les défauts lies aux erreurs antérieures et sur les efforts à fournir dès la vie présente. C’est très moral et pédagogique. Étant donné que le « cœur » (maxima ou centre) de la rétrogradation correspond à l’aspect d’opposition pour les planètes extérieures à l’orbite terrestre, à la conjonction inférieure pour Vénus, Mercure… en inversant ces aspects majeurs au Soleil, il doit être possible d’envisager les futures réincarnations en insistant sur les efforts à fournir pour mériter les qualités que l’on aura. Né sous une conjonction Soleil-Jupiter, je ne serais vraiment Jupitérien que plus tard. En attendant je m’applique. Un beau livre à écrire et, entre nous, pas difficile ».

L’astrologie sérieuse ne nous dit rien sur nos vies antérieures et postérieures. Elle ne fait qu’apporter un éclairage profond et original sur la façon dont nous menons notre vie présente en relation avec les astres du système solaire. Combien de fois faudra-t-il redire que l’astrologie prétendument « karmique » est une escroquerie intellectuelle et spirituelle, et que sa pratique est de plus psychologiquement dangereuse et néfaste en raison de la déresponsabilisation individuelle et de la culpabilisation qu’elle peut induire ?

Voici ce qu’une astrologue karmiste ose écrire : « L’astrologie karmique, permet de réaliser que l’univers est très « moral » même si sa justice nous est parfois difficilement apparente dans la mesure où elle s’exerce d’une vie à l’autre. Ainsi, payons nous parfois pour une dette dont nous ne sommes plus conscient, ce qui est généralement la raison des malheurs qui nous paraissent injustes. Ils ne sont injustes que pour ceux qui ignorent les lois du karma. Mais de même que nous payons nos erreurs, nous recevons aussi le bénéfice de nos efforts. Ils ne sont jamais perdus et inutiles comme nous le pensons trop souvent. Chaque effort, chaque acte généreux, chaque difficulté intérieure ou extérieure surmontée nous vaudra une incarnation future meilleure. Il est important de comprendre que le présent de notre vie actuelle contient les germes de notre futur et de travailler à préparer cette vie prochaine. Cela se fait d’une part en réglant nos dettes en sachant qu’elles sont justes et en semant le bien pour le récolter plus tard ».

Oubliées, les interactions complexes entre l’individu et son environnement. Aucun malheur n’est injuste. Soyez cool dans cette vie-ci et votre prochaine incarnation sera meilleure. On n’est pas plus bêtement moraliste pour de stupides raisons. On n’est pas plus con.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Lune Noire et Nœuds lunaires
- A propos de l’astrologie anthropologique
- Astrologie canine, astrologie cynique ?
- Astrologie et astrologies
- Astrologie humaniste et conditionalisme
- Astrologie tibétaine
- Astrologie tragi-karmique
- L’astrologie chinoise
- L’astrologie karmique : une escroquerie intellectuelle et spirituelle
- L’astrologie sidéraliste, une astrologie sidérante
- L’unité des astrologies ou la Tour de Babel
- Manifeste conditionaliste
- Yves Ouatou et les Zastrologues
- Yves Ouatou et les Zécoles d’astro


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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