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Philippe Djian, « Gémeaux est un autre »

Rebelle, mythique, singulier, Philippe Djian intrigue, passionne autant les lecteurs que les journalistes. Auteur de 14 ouvrages, il écrit depuis une vingtaine d’années. Trois ouvrages lui ont été consacrés par des journalistes ou universitaires. C’est au travers de deux de ces livres-interview (Au plus près, entretiens avec Catherine Moreau, et Philippe Djian revisité, rencontre avec Catherine Flohic) et de la trilogie de Djian (Assassins, Criminels et Sainte Bob) que nous allons tenter d’apporter un peu de lumière sur le fonctionnement d’un écrivain pas comme les autres.



L’ours aux portes ouvertes

Gémeaux ascendant Balance, Philippe Djian est fortement marqué par son Signe solaire puisque quatre planètes occupent ce dernier. Cependant les deux planètes dominantes, au Milieu-du-Ciel et au Fond-du-Ciel s’opposent en Lion-Verseau, ce qui donne de l’importance aux Signes de mi-saison, d’autant que Mars en Taureau est en milieu de hiérarchie.

Ouvert et réceptif aux diverses sollicitations, Djian n’est pas l’ours que la presse nous décrit, il sait mieux que d’autres gérer la médiatisation de son image. Avec une nette prédominance de la Force d’excitation, il est même en manque d’inhibition et dit lui-même avoir du mal à fermer la porte de son bureau lorsqu’il écrit. L’intervention des autres dans ses temps d’écriture l’empêche de plonger, selon lui, dans l’univers d’un monde littéraire qu’il ne veut qu’effleurer et auquel il n’est pas prêt à tout sacrifier.

L’autre absence notable dans le domaine des Signes est le manque de planètes en Sens des Contraires : seules les trois dernières planètes de sa hiérarchie, Lune, Saturne et Neptune sont en Vierge et Balance, ce qui explique très bien les propos de l’écrivain lorsqu’il dit aimer ne prendre aucune décision, surtout quant à ses déménagements souvent provoqués par son épouse.

Désincarné mais normal

La vision très particulière de Djian sur l’écriture, ni académique, ni marginale, est bien entendu, et on le verra dans le détail avec les aspects, due à son opposition dominante Pluton-Jupiter, mais aussi à la prédominance des Signes en Sens des Ensembles et des Dosages. L’important est de doser savamment les règles connues de l’écriture et la nouveauté, l’originalité de chacune de ses pensées, le tout pour former un en-semble cohérent dans lequel un maximum de lecteurs pourront se reconnaître : « On peut vivre les deux choses, vivre dans un monde presque désincarné, tout en ayant une vie à peu près normale ».

Du fait de l’opposition dominante de Pluton au MC à Jupiter au FC, il éprouve de grandes difficultés à s’insérer dans une société réglementée et n’a de cesse de vouloir transgresser les règles, les limites. À la fois ambitieux et réfractaire aux normes sociales, il s’emploie souvent à trouver un équilibre entre son fatalisme et son besoin de reconnaissance sociale.

« L’intérêt est justement de recréer un ordre différent, de recréer l’univers à chaque fois ». Langage du Verseau qui dépense beaucoup d’énergie à renouveler la vie sous un angle différent, plus ouvert que celui du Capricorne qui le précède. Le Jupiter en Verseau de Djian s’investit donc dans la création de nouvelles règles sociales, dans la redéfinition de l’écriture. En effet, Djian est aussi et peut-être même surtout connu pour son style d’écriture si peu ressemblant à aucun autre. Entre Jupiter, « représentation de l’Existence », normalisation des faits, réglementation, codage du concret, et Pluton, « transcendance de la Transcendance », lucidité extrême du néant, du rien, le conflit porte sur tous les points et celui de l’écriture avec ses règles est un terrain de bataille comme les autres. Djian développe un style à la fois libertin et soucieux du respect des rythmes. Il aime d’ailleurs en parler et tenter de justifier ses écarts à la norme, attitude Ô combien jupitérienne que de vouloir expliquer ses actes : « C’est à dire qu’au départ, on n’a pas besoin d’expliquer, puis tout doucement oui… Mais je pense que c’est une faiblesse ».

D’ailleurs, les livres consacrés à Philippe Djian sont de longues explications sur ses écarts. Il répond aux questions qui lui permettent de réintégrer ses « libertinages » littéraires dans une norme sociale reconnue. Il va même jusqu’à se considérer comme un écrivain classique en réinventant une définition du classicisme. On le sent empressé de convaincre son interlocuteur de sa bonne foi vis à vis du respect des règles de l’écriture.

« Je » est tous les autres

« « Je » est tous les autres ! Et ce à partir du moment où je me rends compte que ma personnalité est multiple… » : les personnages principaux de Djian ont tous un problème d’identité ; quelque soit leur position sociale ou leur situation amoureuse, ils ne se sentent jamais complètement intégrés à leur milieu. Ils jouent leur rôle dans un contexte qu’ils scrutent lucidement comme étranger à eux-mêmes. Tous entourés d’amis, de voisins, de connaissances, ils portent sur ces autres personnages un regard analytique et s’imposent une distance entre ce monde qui les entoure et leur monde intérieur. Attitude semblable à celle de Djian, écrivain médiatisé par son mystère, peu représenté dans le monde littéraire et pourtant hyper-présent dans le paysage de la littérature française depuis une vingtaine d’années.

Une autre particularité de l’opposition Pluton-Jupiter est le rapport à l’argent. Djian est le premier écrivain français à s’être attaché les services d’un agent, et le seul à être mensualisé chez son éditeur. On voit là toute l’ambiguïté du personnage qui, bien que se défendant à voix haute des asservissements de la vie matérielle, n’en est pas moins soucieux de son existence terrestre. L’homme d’affaires est certes peu argenté, mais suffisamment pour satisfaire ses besoins de marginalité.

Objectivement, l’opposition dominante de Djian l’amène à prendre une distance par rapport au jeu social, mais subjectivement elle implique que pour lui le jeu est toujours plus ou moins faux, que l’envers du décor cache de sombres réalités manipulatrices ; ainsi déclare t-il, en parlant de l’écriture : « …parce que je trouvais que c’était une manière de remettre de l’ordre dans le monde, de calmer le jeu, d’enlever de cette confusion qui était dans mon esprit ».

Djian est sensible « aux activités occultes des grandes entreprises qui leur apporte leur puissance financière ». Il s’agit d’ailleurs d’un des sujets abordé dans son dernier livre « Vers chez les blancs ». Sous l’opposition Pluton-Jupiter, il réagit de deux manières différentes à cette sensibilisation de l’envers du décor : soit il se joue lui-même des manipulations possibles vis-à-vis des règles du jeu, soit il y est extrêmement attentif et peut même tomber dans la paranoïa du « tout est faux ». Il semble que l’écrivain vive son opposition plus sous la deuxième forme, c’est à dire qu’il soupçonne toujours, derrière les avantages sociaux, toutes les manipulations et manœuvres qui s’y cachent.

Honnête, Djian semble l’être plus que ses dominantes ne le laisseraient croire, et pourtant, en avançant dans l’étude de son Thème, on peut comprendre sa franchise vis-à-vis des ses convictions.

Trouver sa « voix »

« Je ne me sens pas en quête d’idéal, mais plutôt d’équilibre ». Sens des dosages pour les Signes de l’opposition dominante, mais aussi sextile du Soleil planète n° 3 à Pluton. Les deux planètes, Pluton-Soleil, ont en commun le fait de se maintenir chacune à leur niveau du R.E.T. (famille « Pouvoir extensif »), ce qui amène les sujets dont le thème présente un aspect entre ces deux fonctions à se poser un douloureux problème d’identité. Dans le cas des aspects dissonants on imagine le choix perpétuel des individus entre Soleil, convictions reconnues, simples, limpides et Pluton, marginalité, pensées intrinsèques, universalité des êtres. Même si dans les aspects consonants tel que le sextile du thème de Philippe Djian les questions sont moins oppressantes, la cohabitation des deux tendances amène souvent le sujet à un compromis plus ou moins satisfaisant sur le « Je » et l’« autre ».

Djian le dit donc lui-même, il semble se contenter d’un équilibre fragile entre les deux tendances : « Le problème de savoir qui on est, à la différence de qui l’on croit être, est au centre de mes romans ». Djian avoue là son principal souci d’identité, car avec Pluton dominant le Soleil, l’intérêt de l’homme est de trouver sa véritable personnalité sans se laisser éblouir par l’image solaire que les autres vous renvoient. Le défi consiste aussi à devenir son propre modèle. Ainsi, bien que Djian solaire soit très imprégné des écrivains américains et anglophones plus largement, il entend ne jamais les copier mais essayer avec son propre style d’inscrire son nom à leurs côtés. Il aime citer les récits et pensées des auteurs qu’il chérit, ce en quoi il est très solaire dans son besoin de modèles. Vue la présence de Mercure conjoint au Soleil et donc lui aussi sextile à Pluton, la multiplication des modèles de Djian est donc peu étonnante : « Je crois que mon regard n’est que la somme de tous les regards des écrivains que j’ai aimés, si cela est possible ».

En élargissant l’étude des premières planètes, on trouve la présence des familles ‘P’, ‘r’ et ‘t’ parmi les familles R.E.T.‚ ce qui implique que Djian aime le pouvoir intensif, celui qui s’impose aux autres, et ce avec perfectionnisme et lucidité. La distance qu’il donne à ses personnages par rapport à leur propre entourage traduit ce besoin chez lui de maîtriser ses relations pour mieux les amener sur la voie qu’il a choisie : « Trouver sa « voix » est une expérience très intime qui s’affine et s’enrichit sans cesse. C’est un travail « d’ajustement » dont la précision relève de la haute technologie et qui vise à effacer le décalage entre la sensation et son expression. Chacun doit façonner son propre outil en fonction de sa morphologie secrète ».

La « matérialité de l’écriture »

Cette déclaration résume toutes les dominantes de Djian, avec l’apport du ‘E’ par l’emploi de mot tel que « outil, travail ». En effet, Mars planète n° 5 de la hiérarchie est au trigone de Jupiter, et en conjonction large du Soleil et de Mercure. Avec ces aspects on aborde le coté réaliste des romans de Djian, ou plus précisément leur contexte concret. Bien que l’auteur ne situe jamais les lieux géographiques de ces histoires, il leur donne une ambiance solidement implantée dans la réalité. Avec Mars-Mercure, nous sommes plus axés sur la réalité des relations, des sentiments, des échanges, de la communication entre les êtres. Mars en Taureau permet à l’écrivain, grâce à l’induction négative de ce Signe, de rester concentré sur cet objectif, sur cette vision de l’existence concrète.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est que bien que se posant des questions d’ordre existentiels, les personnages de Djian sont ancrés dans la réalité par leur travail, leurs activités sportives ou culturelles, leur milieu familial. Tout en restant très vague dans les descriptions physiques et géographiques, Djian, par les explications de certaines relations, pensées, nous impose un contexte très précis dans ses livres. Il n’y a d’ailleurs rien de surprenant au fait que le cinéma ait par deux fois choisi de mettre en image les romans de Djian. Le manque de réalisme que lui reprochent les critiques, est en fait un manque de questions philosophiques existentielles : ‘E’ par la présence de Jupiter et Mars, Djian n’est nullement saturnien et ne cherche pas à développer la complexité de l’existence concrète dans ses livres. Catherine Moreau, dans son livre d’entretiens avec l’auteur, lui parle d’ailleurs de « matérialité de l’écriture ».

Quant à Djian, il dit lui-même : « L’écrivain est assis comme un imbécile. Physiquement, il ne se passe rien, la matière qu’il utilise n’est pas palpable. Lorsque je regarde ma femme avec ses pinceaux et ses palettes, j’éprouve une réelle frustration ». Mars se pose souvent en sauveur de la pensée chez Djian, il lui donne vie, la concrétise par le fait d’écrire, mais l’homme reste malgré tout frustré du manque de relation directe et concrète avec la matière. Les personnages ont d’ailleurs un contact très charnel avec la nature.

Il faut noter aussi l’importance des scènes de sexe dans les livres de Djian, une autre manière de vivre ce Mars et de rendre le récit des relations concret. D’autre part, un point commun relie les trois personnages principaux de la trilogie de Djian : il s’agit du fait qu’ils se sentent responsables d’un être plus faible moralement ou malade physiquement : Patrick (Assassins) qui soutient son ami Marc même dans ses actes les plus répréhensibles, Luc (Ste Bob) qui accueille Viviane sous son toit contre l’approbation générale, Francis (Criminels) qui s’occupe de son père handicapé et mentalement atteint. Les trois situations différentes dans leur forme ont toute le même fond, à savoir que chaque individu doit quelque part porter sa croix et se sentir concrètement responsable de son prochain. Mars-Taureau permet aux personnages de se concentrer sur cette tâche sans tenir compte de l’avis de l’entourage.

Se mordre un bon coup

« …Il n’explique pas ce qu’est l’amour, les relations avec l’autre, simplement il le sait, il ne revient pas là-dessus ». On aborde, là, la dernière partie du thème de Djian, les planètes sous-dominantes et faibles tel que Uranus, Vénus conjointes en Gémeaux et en conjonction large avec le Soleil et Mercure. Cet aspect est plutôt consonant puisqu’il ne reçoit qu’un sextile à Saturne. La relation privilégiée de Djian est donc cérébrale et maîtrisée. Son rapport aux désirs et envies vénusiens est d’ailleurs très bien décrit dans une scène d’Assassins, où le narrateur Patrick se mord violemment la main afin de ne pas se laisser entraîner dans la douleur de l’amour impossible : « Est-ce qu’en se mordant un bon coup, on ne met pas une limite à la douleur… C’est faire un peu la part du feu ».

Le sextile à Saturne renforce cette distance nécessaire pour vis-à-vis de ses désirs, de ses envies émotionnelles. Ce qui, rappelons-le, va dans le sens global du thème. En effet, lorsque les planètes sous-dominantes fonctionnent, cela ne peut être qu’au travers des dominantes. Ainsi Djian, aborde ses envies avec distance et lucidité.

Neptune trigone Soleil-Mercure et sextile à Pluton donne à Djian les sensations de l’invisible. On retrouve dans les livres de l’auteur des signes de cette présence neptunienne lorsque ses personnages se laissent entraîner par leurs états d’âmes nébuleux où les émotions les traversent sans qu’ils puissent les canaliser : « Je me suis aperçu que plus on s’enfonçait dans des interrogations personnelles, plus on prenait le risque de n’avoir plus que soi-même comme interlocuteur, et plus on tendait vers l’universel ».

Lune-Saturne ou le roman des faiblesses

Lune conjointe Saturne en Vierge : bien que cet aspect soit le plus faible chez Djian, il reste malgré tout présent dans son fonctionnement, surtout dans les phases d’écriture. Lune au carré du Soleil, Djian écrivain devient un autre sous l’impulsion de l’écriture pure, il s’impose des rythmes différents, et s’il reconnaît que l’écriture est nécessaire pour mettre de l’ordre dans ses pensées (Jupiter traduit pluton), la pensée du livre est douloureuse : « ce conflit entre le matériel de la vie et la pensée d’un livre me fait avancer ».

Philippe Djian n’est pas lunaire et pourtant avec la conjonction à Saturne et les aspects que reçoit cette conjonction, il semble que l’auteur plonge dans les profondeurs de son thème pour l’inspiration des romans. Ce qui explique que Djian a peur d’être aspiré par la littérature et lutte contre l’isolement de l’écrivain en laissant symboliquement les portes et fenêtres de son bureau ouvertes : « Oui, c’est évident, l’enfermement dans l’écriture est un risque énorme. Lorsque je suis en train d’écrire, j’ai un rapport avec moi-même d’une telle intensité qu’il me faut rester vigilant, … le plaisir existe aussi et l’appel est vertigineux ».

La transcription de cet aspect Lune-Saturne dans les livres de Djian passe par la douleur qu’éprouvent tous ses personnages principaux, un mal toujours plus ou moins psychosomatique et qui les tenaille sans cesse. La maladie a sa place dans le déroulement de ses histoires, elle révèle au lecteur le malaise du personnage, son angoisse.

En résumé et en conclusion de cet article, on peut dire que Philippe Djian le rebelle utilise à merveille les faiblesses de son thème pour réintégrer une société qui, bien que ne le reconnaissant jamais officiellement, lui rend hommage pour son style plus que pour son imagination. Finalement, cela ressemble fort à une bonne maîtrise d’une dissonance Pluton-Jupiter…

Article paru dans le n° 14 du Fil d’ARIANA (octobre 2000).

Cet article vous a été proposé par : Béatrice Martignon


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