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Varuna et la bêtise astrologique

« Père, gardez-vous à droite ; père, gardez-vous à gauche », disait Philippe le Hardi à son père Jean Le Bon lors d’une furieuse bataille moyenâgeuse. Comme ce roi de France, l’astrologie doit elle aussi se garder des coups qu’elle reçoit d’un peu partout. Le dernier coup d’épée venait de gauche, en l’occurrence de l’astronome rationaliste André Brahic. Cette fois-ci, il vient de droite, c’est-à-dire de la revue Horoscope qui, dans son numéro d’août, consacrait un dossier à la découverte de « Varuna, la nouvelle planète qui bouleverse l’astrologie ».

Le mythe de la 10e planète

Voici ce qu’écrivait cette revue : « La nouvelle a été divulguée le 24 mai dernier… une nouvelle qui a mis la communauté scientifique en émoi : on apprenait qu’une équipe d’astronomes américains, dirigée par David Jewitt, avait découvert en novembre 2000 une nouvelle planète qui pourrait bien être la dixième du système solaire ». Cette « nouvelle planète » a été baptisée Varuna, du nom d’un dieu du panthéon hindou, Dieu des vagues qui détruit les démons dans les fonds sous-marins et se déplace sur un être hybride nommé Makara. Il vit dans les montagnes sous-marines dans un palais de pierres précieuses. Son char est tiré par des chevaux, qui sont faits de la force des vagues de l’océan. En ce sens, Varuna est très proche du Neptune romain ».

Tout d’abord, rétablissons la vérité des faits : contrairement à ce qu’affirme Horoscope, personne n’a découvert à ce jour (an 2000) une dixième planète dans notre système solaire. Un communiqué du département astronomique de l’université de Hawaï en fait foi : « Le mythe de la dixième planète a la vie dure. La nouvelle prétendante au titre s’appelle Varuna et fait le tour du Soleil en 285 ans. Avec un diamètre désormais estimé à 900 kilomètres, c’est le plus gros objet connu de cette région, juste après Pluton, la neuvième planète, et sa lune Charon ».

Si l’« astrologue » d’Horoscope avait pris la peine de consulter les documents scientifiques sur ce sujet, elle aurait donc appris que Varuna n’est rien de plus qu’un banal astéroïde, de loin plus petit (environ 500 km) que la plus petite des planètes, et qui n’a pour particularité que d’être le plus gros des 400 astéroïdes détectés jusqu’ici dans la ceinture de Kuiper, cette immense ceinture d’astéroïdes qui gravite au-delà de Pluton, à une distance équivalent à plus de 40 fois la distance Terre-Soleil. Mais quand les « astrologues » d’Horoscope s’intéresseront à la science, les gallinacés n’appartiendront plus à la classe des édentés…

« Un dieu sombre, violent, terrible »

Mais le pire est encore à venir. Horoscope dépeint le dieu Varuna comme « sombre, violent, terrible » et, citant d’anciens textes hindous, précise qu’il « punit ceux qui ont compromis l’équilibre de la nature par des fautes délibérées, des erreurs ou par ignorance ». Que penser de l’influence d’un astéroïde placé sous la tutelle d’un dieu « khmer vert », écolo intégriste ? Horoscope nous le dit : « Allons-nous subir les colères du dieu Varuna ? On peut le craindre. Comment ne pas s’inquiéter de cette troublante coïncidence ? Le dieu gardien de l’ordre du cosmos et de l’équilibre de la nature apparaît dans nos télescopes au moment précis où la pollution industrielle affecte l’équilibre de la nature ! ». Pour finir sur ce chapitre, l’« astrologue » d’Horoscope s’interroge gravement : Varuna « se montrera-t-elle aussi agressive que Pluton ? » Brrr !

Après avoir raconté des contre-vérités astronomiques à ses lecteurs, Horoscope cherche à les effrayer en leur faisant croire qu’un astricule baptisé d’un nom hindouiste va les agresser. Pour justifier cette terrible prophétie, l’« astrologue » qui a écrit ce consternant dossier invoque les événements qui se sont produits lors de la découverte d’Uranus, Neptune et Pluton, les trois planètes invisibles à l’œil nu. Qu’en est-il exactement ?

De la Révolution française au IIIe Reich nazi

Uranus, qui passe pour être la planète de l’indépendance et des changements soudains, a été observé pour la première fois en 1781. Selon Horoscope, « Il faut savoir qu’il existe un lien étrange entre le nom de baptême d’un individu ou d’une planète et sa personnalité… Ce n’est certainement pas un hasard si, huit ans après la découverte de la planète… éclatait la Révolution française qui allait balayer l’ancien monde ». Neptune, dont on dit qu’elle est la planète du collectivisme, a été découverte en 1846, deux ans avant que n’éclate « une révolution populaire en France » (il s’agit de l’avènement de la IIe République instaurant notamment le suffrage universel masculin, l’abolition de l’esclavage dans les colonies et la liberté de la presse et de réunion). Enfin, on a découvert Pluton, qualifiée par de nombreux astrologues comme « planète de la mort », en 1930 et justement, toujours selon Horoscope, « Trois ans après la découverte de Pluton, un certain Adolph Hitler devenait chancelier en Allemagne, avec les conséquences que l’on sait. Comment ne pas soupçonner Pluton d’avoir éveillé les forces de l’horreur ? ».

Comment ? Tout simplement en étant rationnel (un gros mot au sein de la rédaction d’Horoscope), ce qui ne veut pas dire rationaliste. Un, les astres, comme toutes les choses qui existent par elles-mêmes indépendamment des dictionnaires, n’attendent pas d’être vus et nommés par les humains pour exercer leur influence sur eux. Deux, si l’on veut quand même croire que la découverte d’un astre est nécessairement contemporaine d’événements exceptionnels dans l’histoire de l’humanité, il faut être logique : il s’est passé quantité d’événements importants exactement (et non pas à quelques années près) au moment de la découverte des planètes transsaturniennes.

Tungstène, nitroglycérine et matière interstellaire

En 1781 par exemple, année exacte de la découverte d’Uranus, a lieu la capitulation du général Comwallis devant l’armée franco-américaine à Yorktown. Ça ne vous dit rien ? C’est peut-être bien l’acte fondateur de la naissance future des États-Unis d’Amérique, rien que ça… La même année, on découvrait le tungstène, qui possède le point de fusion le plus élevé de tous les métaux, caractère qui, en plus de ses excellentes propriétés mécaniques, en fait un matériau de choix dans l’industrie, qui va dès lors connaître une extension fulgurante. Le tungstène serait-il uranien ?

En 1846, alors qu’on découvrait Neptune, le libéralisme économique triomphait en Angleterre avec l’abolition, par le gouvernement de R. Peel, des lois qui, en limitant les importations de blé, garantissaient le revenu des fermiers anglais, tandis que commençait la guerre américano-mexicaine qui devait permettre aux USA d’annexer le Texas, le Nouveau-Mexique et la Californie et qu’un certain A. Sobrero découvrait la nitroglycérine. La dynamite serait-elle neptunienne ?

Enfin, en 1930, tandis que la science homologuait l’existence de Pluton, on découvrait du pétrole en Arabie Saoudite, Gandhi lançait sa première campagne de désobéissance civile en Inde et J. Trumpler mettait en évidence et mesurait l’absorption de la lumière des astres par la matière interstellaire. L’absorbtion de la lumière serait-elle plutonienne ?

Pain, brioche et pollution industrielle

Pourquoi tous ces exemples ? Tout simplement pour démontrer qu’on peut établir toutes les corrélations analogiques qu’on veut entre phénomènes célestes et terrestres. Les choix opérés par l’« astrologue » d’Horoscope sont parfaitement arbitraires et tendancieux : la Révolution française a plus de chances de s’être produite à cause du mépris anti-populaire de la célèbre et mythique phrase de la reine Marie-Antoinette : « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche » que par la première observation télescopique d’Uranus huit ans auparavant, et l’analogie à propos de la découverte de Pluton = naissance du nazisme trois ans plus tard est insultante et même ignominieuse pour la mémoire de tous les « plutoniens » juifs, homosexuels, tsiganes ou démocrates morts dans les camps de concentration hitlériens.

À la limite, les corrélations que j’ai faites ci-dessus sont un peu moins arbitraires et tendancieuses (mais rassurez-vous, je n’en crois rien) parce que les années de découvertes planétaires et d’apparitions de certains événements terrestres sont rigoureusement identiques. Ce qui rend encore plus tristement risible la corrélation faite par l’« astrologue » d’Horoscope entre la découverte de Varuna et le « moment précis (c’est moi qui souligne) où la pollution industrielle affecte l’avenir de la planète ». Comme si ladite pollution avait attendu « précisément » novembre 2000 pour nous ronger les poumons et le reste !

Le baptême des astres

Pourquoi appelle-t-on une rose, « rose » ? Pourquoi a-t-on donné à la huitième planète en orbite autour du Soleil le nom de Neptune ? Éternel tango entre les mots et les choses, mystère et boules de métaux ou de gaz… Pour une fois, l’« astrologue » d’Horoscope ne se trompe pas lorsqu’elle note que les astronomes modernes, lorsqu’ils veulent baptiser un corps céleste nouvellement découvert, doivent se conformer à un processus précis supervisé par l’Union Astronomique Internationale (avant la naissance de cette bureaucratie, seule l’intuition et l’Olympe grec ou le Panthéon romain les guidaient).

Sachez-le : si vous voyez apparaître un objet céleste encore inobservé, vous n’avez pas le droit de le baptiser « Marcel » ou « Barreau de Chaise ». Il faut faire, soit dans le mythologique (noms de dieux de Panthéons ou Olympes divers), soit dans le rationnel (par ex., l’amas globulaire de la Lyre a hérité du doux nom de NGC 6779). Pour ce qui concerne le système solaire, jusqu’à la découverte de Pluton, le panthéon latin était la référence absolue. Depuis, des astronomes facétieux n’ont pas hésité, par exemple, d’appeler « Hidalgo » un astricule. Décidément, le XXe siècle n’a rien respecté…

L’« astrologue » d’Horoscope ne connaît rien à la science et à l’histoire. Elle n’en sait pas beaucoup plus en mythologie, puisqu’elle affirme, toujours à propos des noms attribués aux planètes du système solaire, que « Dans un premier temps, on a donné aux corps célestes les noms des dieux latins… Ce stock de noms épuisé, on a recouru aux noms des dieux et déesses des autres grandes religions ». C’est faux : alors que la dénomination des planètes n’en utilise que neuf, le panthéon romain comprenait des centaines de dieux (largement de quoi donner des noms aux plus gros des astres), et c’est la première fois qu’on donne à un astre du système solaire un nom de dieu hindou. Mais vu l’incommensurable nombre d’objets célestes découverts et à découvrir, il faut bien reconnaître que toutes les mythologies passées ne suffiront pas pour baptiser tout ce monde…

Les pires ennemis de l’astrologie sont les astrologues

Pourquoi toutes ces histoires d’astéroïdes hindous et de noms de choses ? Pour rappeler que la plupart du temps, les pires ennemis de l’astrologie sont les astrologues eux-mêmes. En racontant de telles bêtises, ils donnent aux anti-astrologues tous les arguments nécessaires pour se faire ridiculiser. Pour que l’astrologie soit enfin reconnue comme une science à part entière, il nous faut balayer devant notre porte, et, comme le roi Jean Le Bon, nous garder à droite et à gauche des coups que nous assènent d’un côté les rationalistes fanatiques et de l’autre les irrationalistes ignorants… lesquels marquent, comme l’« astrologue » d’Horoscope et probablement sans même s’en rendre compte, des points contre leur propre camp à force de manque de rigueur.

Texte paru dans Astrologos n° 7, octobre 2001.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Les astéroïdes
- Les astres transplutoniens
- La déplanétisation de Pluton


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quels sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffres et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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