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L’astrologie chinoise : une non-astrologie

Premier scoop : l’astrologie chinoise, ce n’est pas de l’astrologie ! Si, par astrologie, on entend « l’étude des relations et interactions entre l’homme sur Terre et le système solaire », impossible d’appeler ainsi le sujet de cet article. L’astrologie chinoise serait plutôt une sorte de numérologie saisonnière, ou, mieux, une chronomancie (divination par le temps), selon le néologisme de J.M. de Kermadec. Pas de cycles planétaires, de rythmes zodiacaux, ni Ascendant ni Maisons dans les horoscopes chinois. L’année, le mois, le jour et l’heure de naissance font l’objet d’une conversion numérologique qui, combinée aux cinq agents (l’équivalent, grosso modo, de nos « quatre Éléments »), aboutit à l’érection d’un « Thème » et à son interprétation.

Second scoop : les 12 animaux cycliques du zodiaque chinois sont tenus pour quantité négligeable par l’astrologie chinoise traditionnelle, qui se base sur de toutes autres notions. C’est presque du folklore, popularisé par les vietnamiens avec le succès que l’on connaît. On ne vous en parlera donc pas, d’une part parce que quantités d’ouvrages leur sont consacrés, d’autre part parce que ce que l’on nomme « astrologie chinoise », c’est autre chose.

L’homme chinois dans l’univers

Pour aborder « l’astrologie », pardon, la chronomancie chinoise, il est nécessaire de connaître un peu la vision du monde de cette culture. Les Chinois, traditionnellement, se méfient de la métaphysique et des démonstrations rationnelles, qu’ils considèrent comme de vaines spéculations. Leur philosophie se résume à la recherche d’une harmonie et d’un équilibre optimaux entre l’Homme sur Terre et dans la société, et l’univers qui l’environne et auquel il appartient intimement

L’homme Chinois ne se pose pas de questions inutiles : il vit en pleine osmose avec le monde physique, dans une optique pragmatique et réaliste, où l’étude des lois de la nature vise essentiellement a formuler des règles d’action efficaces, qui ont pour but de lui assurer une existence harmonieuse et fluide et de l’améliorer. Le Tao (la Voie), c’est cela : la mystérieuse loi de la nature universelle, que nous ne pourrons jamais connaître en soi, mais dont nous pouvons observer les manifestations sensibles pour en tirer des enseignements utiles aux conduites individuelles et collectives.

Le Tao est un principe inconnaissable, qui est à l’origine de toute chose. De lui tout vient, en lui tout est, vers lui tout retourne simultanément. C’est l’énergie cosmique qui engendre l’élan vital. Depuis la plus haute antiquité, les chinois cultivent la vision d’un univers infini et homogène, naturellement ordonne, où chaque chose est a sa place.

Le Tao est constitué de deux forces à la fois antagonistes et complémentaires : le Yin et le Yang. Le Yin est statique, féminin, conservateur, serein (néguentropie en physique actuelle), le Yang dynamique, masculin, transformateur, agité (entropie). Ces deux forces en interaction constante créent, de par leurs rapports de force, un déséquilibre apparent qui se résout en équilibre dynamique. Réalisme et bon sens chinois : on trouve plus facilement son équilibre en marchant (la marche est un déséquilibre qui ne se transforme en équilibre que par le mouvement) qu’en restant debout. Yin et Yang ne sont pas des entités statiques : l’un peut se transformer en l’autre dans les flux et reflux éternels du grand Tao énigmatique.

À la base de la vision du monde chinois donc, l’intuition de l’universelle et naturelle harmonie tissant ses liens entre êtres et objets, et un sens aigu et pragmatique de l’observation. L’Homme chinois se soucie peu de tirer de ses expériences et observations des théories. Sans doute est-ce pour cela qu’il a accouché du Yi-King, fabuleuse construction théorique complètement abstraite. L’astrologie chinoise est de la même veine : ni planètes, ni Signes, ni Maisons, ni aspects… mais, là encore, une construction théorique extrêmement subtile et complexe.

Un peu d’histoire

Des origines aux temps médiévaux, astronomie et astrologie ont toujours été étroitement connectées avec le gouvernement et la bureaucratie impériale. Vers le 2e siècle avant J.-C., le Chou-Li, livre des rites de la dynastie Han, fixe même les compétences de l’astronome et de l’astrologue. Au premier revient d’observer et noter le mouvement des corps célestes, de « les distinguer et les ordonner afin d’établir un plan général des cieux » ; l’astrologue, lui, avait pour mission, en sus de l’observation et de la notation des mouvements célestes « de repérer et prévoir la bonne et mauvaise fortune… il fait des pronostics, en fonction des 12 ans (cycle de Jupiter)… des couleurs des 5 nuages, il détermine la venue des inondations ou de la sécheresse, de l’abondance ou de la famine… des 12 vents il tire des conclusions sur l’état d’harmonie entre le Ciel et la Terre ».

Les charges d’astronome et d’astrologue étaient héréditaires ; pendant plus de deux millénaires, ils furent sous la tutelle d’un département spécial du gouvernement impérial, appelé Directorat Astronomique, où ils disposaient d’équipes imposantes et de moyens importants. Enfin, l’astrologie, pendant très long temps, resta strictement collective (diagnostics et pronostics sur l’État, les guerres, etc.) Seul l’Empereur et les princes avaient droit a l’horoscope individuel.

L’astronomie chinoise

L’astronomie occidentale, on le sait, a dès ses origines privilégié le plan écliptique (ou bande zodiacale, course apparente du Soleil et des planètes autour de la Terre) et le plan horizontal (observation des levers et couchers des astres). Dans nos éphémérides, toutes les coordonnées que nous trouvons sont écliptiques.

L’astronomie chinoise s’est, dès le début, fondée sur l’observation des corps célestes près du pôle et de l’équateur. Du point de vue de la cosmographie (ou astronomie de position), les deux systèmes, le chinois et l’occidental, se valent. Mais en délaissant l’écliptique, sans doute les astrologues chinois en sont-ils venus à se désintéresser singulièrement du zodiaque et des planètes du système solaire. Ce qui a eu une incidence importante sur le développement de « l’astrologie » chinoise. Pourquoi cela ? Peut-être pour des motifs d’ordre politico-culturel. Le pôle nord céleste, uniquement visible la nuit, point apparemment fixe autour duquel se mouvaient les astres circumpolaires, était à l’image de l’Empereur gouvernant solitairement ses vassaux et sa bureaucratie… circumpolaires !

L’horoscope chinois

Panorama rapide et exotique : il se compose des Quatre Colonnes du Destin, des binômes. des séries dénaires et duodénaires, des cinq Agents, du Yin et du Yang, des 28 Demeures ou constellations lunaires et des 12 animaux cycliques.

Premier problème : choisir son calendrier. Le lunaire, le solaire, l’officiel ou le soli-Iunaire ? Dilemme, d’autant plus que le choix de l’un ou de l’autre risque de transformer du tout au tout l’horoscope et qu’aucun critère objectif ne permet de trancher. Grandeur et surtout misère des numérologies…

De nos jours, le calendrier solaire fait figure de favori, modernité oblige. Mais le lunaire a aussi ses charmes. À chacun son calendrier, et les horoscopes seront bien gardés… de toute objectivité. Comme, en plus, les opérations numérologiques sont plutôt compliquées, nous avons dû renoncer à vous proposer une méthode pour calculer votre horoscope chinois : ce serait trop fastidieux.

Ce sont les quatre chiffres attribues à l’année, au mois, au jour et à l’heure de naissance, obtenus par des opérations numérologiques. Par exemple, pour obtenir la colonne de l’année pour une personne née en 1952, on proche comme suit : (1952 − 3)/60. Le reste de la division, 29 est le chiffre de l’année. De même, pour le mois, l’heure et le jour. Rien à voir avec nos éphémérides astronomico-astrologiques !

Les colonnes sont des binômes : elles naissent de l’interaction entre deux séries cycliques reliées aux saisons ; l’une est dénaire (série de 10, la plus ancienne), l’autre duodénaire (série de 12, plus récente).

a — Les signes dénaires

Les anciens chinois distinguaient cinq saisons, en relation avec les cinq Agents : le printemps (Bois), l’été (Feu), la canicule (Terre), l’automne (Métal) et l’hiver (Eau). Chaque saison se divisant en 2 « Signes », on arrive à un total de dix « Signes », alternativement Yang et Yin. Le premier Signe de printemps est donc « Bois Yang », le second « Bois Yin », etc. En connaissant les caractéristiques des cinq Agents, on en tire déjà une sorte de typologie rudimentaire (voir plus bas).

b — Les signes duodénaires

Coup de théâtre : on revient à nos chères quat’ saisons, et chacune d’entre elles est divisée en trois « Signes ». Même alternance rythmique du Yin et du Yang. Retomberait-on enfin sur notre cher zodiaque occidental ? Pas du tout. Pour commencer, le « Signe 1 » est au cœur de l’hiver, pas Bélier pour un sou. En fait, la division du temps saisonnier en douze sections égales n’a strictement rien à voir avec le zodiaque (les Signes du zodiaque, sont, rappelons-le, des divisions du plan écliptique). Les mêmes Agents sont dévolus aux mêmes saisons… à part la Canicule, disparue ! L’Agent Terre se retrouverait-il sans affectation ? Pas question, cela ferait désordre : les astrologues chinois lui ont fait quatre petites places : chaque signe terminant une saison duodénaire devient « Signe de Terre ». Et hop ! Le tour est joué.

c — Les binômes

Les effets des signes dénaires et duodénaires se superposent et s’interconnectent pour accoucher des binômes ou Colonnes du Destin. Les deux séries ayant, c’est un principe cosmique, le même point de départ, tout Signe Yang d’une série sera obligatoirement et exclusivement associé à un Signe Yang de l’autre série, et vice-versa. D’autre part, la série duodénaire ayant deux signes de plus que l’autre, tous les Signes Yin de la première rencontreront nécessairement tous les signes Yin de la seconde. On en arrive ainsi à 30 binômes Yin et 30 binômes Yang, soit en tout 60 binômes ou Signes composites ; chaque binôme reçoit en outre un Agent (Bois, Feu, etc.) et gère les Agents des Signes qui le constituent. Qui a dit que « l’astrologie occidentale, c’est compliqué » ? Enfin, deux binômes successifs appartenant à la même saison sont liés au même Agent, à l’exception des 3e Signes de chaque saison de la série duodénaire.

d — Affinités et antagonismes

Dans la série dénaire (10), les signes en opposition diamétrale sont en affinité. Le I (Bois Yang) fait donc ami-ami avec le VI (Terre Yin), etc. Les Signes dénaires sont plutôt cool et tolérants : ils ignorent la relation d’antagonisme.

Dans la série duodénaire (12), les affinités sont signalées par quatre grands « trigones » dont les sommets relient les Signes Eau-Yang (Signes 1, 5, 9), Métal-Yin (Signes 2, 6, 10), Feu-Yang (Signes 3,7, 11) et Bois-Yin (4, 8, 12). Et 1a Terre ? Elle existe, sous forme de quadrature (carré) entre les Signes 2, 5, 8 et 11 ; une telle configuration est réputée très faste.

Notez que si vous tenez absolument a plaquer les 12 animaux cycliques du « zodiaque chinois », vous allez au-devant de terribles problèmes : l’animal qui correspond au Signe duodénaire 1-Yang, est le Bœuf, bestiole Yin. Il faut savoir qu’il y a 5 animaux Yin, 6 Yang et, androgyne taoïste, le Singe (quelle réputation !), à 1a fois Yin et Yang.

Côté antagonismes, les Signes duodénaires sont gâtés. Contrairement à leurs collègues dénaires, ils entretiennent des relations de farouche inimitié, pour ne pas dire de franche agressivité, envers les Signes qui leur sont diamétralement opposés. Duodénairement parlant,. le 1 (Eau-Yang) est l’ennemi du 7 (Feu-Yang). Il est vrai que l’eau rugissante ne fait pas bon ménage avec l’incendie galopant…

e — Relations dénaire/duodénaire

Nous l’avons vu : les Signes dénaires n’ont pas d’ennemis. Mais les ennemis de leurs amis duodénaires deviennent, par contagion, leurs ennemis. Personne n’est parfait. D’autre part, chaque Signe dénaire a une relation d’amitié privilégiée avec un Signe duodénaire. Lorsqu’ils se retrouvent ensemble dans un binôme, la cohésion est forte et l’individu né sous ces auspices numérologiques a tous les atouts chronomantiques de son côté. Un binôme peut aussi associer deux signes résolument antagonistes : dans ce cas, bonjour les dégâts… à moins que l’individu nanti de ce « mauvais Signe », ne parvienne à transformer l’antagonisme en complémentarité. En combinant les Signes des deux séries selon leur degré d’affinité et la force de cohésion qu’elle implique, on aboutit a un variable « Top 60 » des binômes. En tête du hit-parade : les binômes 54, 5 ou 49. Lanternes rouges : les 21, 22 et 24 (le « thème pourri » par excellence).

Concrètement : étant donné qu’à chacune des 4 Colonnes du Destin (année, mois, jour, heure) est dévolue, après calculs numérologiques, un binôme spécifique constitué de deux Signes, vous pouvez tout de suite vous faire une idée de vos potentiels. Avec 4 binômes forts, ça baigne. Avec quatre faibles, à vous les conflits et les mésalliances a répétition ! Mais nous parlerons plus loin de l’interprétation. Faisons a présent connaissance avec les 5 Agents.

Les cinq Agents

L’astrologie traditionnelle occidentale a ses 4 éléments ; les Chinois, eux, disposent de 5 Agents. Nos quatre éléments sont des archétypes statiques ; les cinq agents sont au contraire des processus dynamiques. Le terme chinois qui les désigne signifie d’ailleurs « marcher, avancer ».

Le Bois engendre le Feu qui engendre la Terre qui engendre le Métal qui engendre l’Eau qui engendre le Bois, etc. L’agent qui engendre est le protecteur et le soutien de l’agent qu’il produit Premier type de relation entre agents. Deuxième couple Bois-Terre, Feu-Métal, Terre-Eau, Métal-Bois, Eau-Feu ; les analogies sont aisées à comprendre. Troisième type de relation : le « contrôle » : par exemple, le Bois détruit la Terre, mais le Métal vient au secours de la Terre qui l’a engendré pour attaquer ce Bois guerrier. Enfin, relation de « correction » : le Bois détruit la Terre, mais le feu, qui a engendré la Terre, vole à son secours en créant un incendie dans la pinède. Match nul. Bon. Peut-être vous demandez-vous quelles sont les caractéristiques des 5 Agents ?

L’agent Bois

Lié au matin et au printemps, le Bois est acide et gouverne le foie. Les gens « Bois » sont tempérés et aiment l’harmonie, la beauté, l’élégance. Un brin coléreux, ils restent cependant toujours dignes. Ils gagnent a être artistes, poètes… ou agriculteurs. Il va sans dire que les Bois Yang font les artistes extravertis, les Bois Yin les agriculteurs flegmatiques.

L’agent Feu

Lié au midi et à l’été, le feu est amer et gouverne le cœur. Les gens « Feu » sont (en principe !) prospères mais ont un grand pouvoir destructeur. Joyeux, fougueux, ardents, ils cultivent pourtant la lucidité et la clairvoyance et font d’excellents militaires et hommes d’action. Les Feu Yin préfèrent l’intimité de l’âtre, les Yang les feux de la Saint-Jean, c’est bien connu.

L’agent Terre

Lié à l’après-midi et a la canicule, la Terre est douce (ah bon !?) et gouverne la rate. Les gens « Terre » se laissent imbiber par tout, au risque de pourrir sur pied, mais ils sont patients et gèrent bien l’abondance. Penseurs, méditatifs, réalistes, travailleurs, laborieusement féconds, ce sont vraiment les « damnés de la Terre ». On leur conseille vivement de devenir hommes d’affaires ou financiers. Les Terre Yang font d’excellents « raiders » à Wall Street. Les Yin gèrent prudemment leur portefeuille d’actions.

L’agent Métal

Lié au soir et à l’automne, il est frais et gouverne le poumon. Les gens « Métal » ne sont pas obligatoirement des robots. Ils sont fermes, réalisateurs, solides et constants quoiqu’un brin destructeurs. Pleins de sollicitude, ils en deviennent souvent moroses. Volontaires, rigides, intègres et doués pour la parole, on ne peut que leur conseiller de devenir juristes, avocats ou tribuns ; les Métal Yang peuvent devenir de dangereux intégristes incorruptibles. Les Yin ont une main de fer dans on gant de velours : gare aux poignées de mains imprudentes !

L’agent Eau

Liée à la nuit et à l’hiver, l’« Eau » est salée et gouverne le rein. Les gens « Eau » sont froids, vertueux, sévères, rigoureux, mais aussi craintifs et timorés. Féconds et placides, ils savent écouter. Le profil idéal pour les commerçants et artisans, si l’on en croit la tradition chinoise. Les Eau Yang pratiquent souvent la fuite en avant (car ce sont des peureux actifs) ; les Yin, plus passifs, préfèrent la politique de l’autruche.

Par manque de place, nous ne parlerons pas des 28 demeures lunaires, ni des animaux cycliques. Les astrologues chinois ne les utilisent d’ailleurs qu’en sus de l’interprétation que permettent les agents et binômes. Et les planètes ? Pas grand chose à se mettre sous la dent. Les astronomes ont bien étudié leurs mouvements, calculé leurs cycles et périodes avec une remarquable précision… mais ça ne semble guère avoir inspiré les astrologues. Ils tiennent compte du cycle de Jupiter (environ 12 ans) pour leur calendrier, mais sans lui donner une importance autre que numérologique (12 × 5 = 60, on retrouve les 60 binômes en combinant la révolution sidérale de Jupiter avec les 5 Agents).

Il existe pourtant des traces d’une interprétation astrologique des planètes… mais rien n’en transpire dans la pratique horoscopique chinoise. Jupiter est acide, gouverne le foie ; détendu et bienveillant, son péché mignon est la colère ; il maîtrise les Signes dénaires I et 2, les duodénaires III et IV. Mars gouverne le cœur, est amer, éclairé, sage et joyeux (?!) ; Saturne gouverne la rate, est doux, prudent ; il a la foi mais souffre de ses désirs. Vénus gouverne les poumons, est âcre, énergique, pleine de rectitude et son état affectif est la tristesse (!). Mercure enfin gouverne les reins, est sale, calme, respectable et craintif (!!!).

Exemple d’interprétation

Les données de l’horoscope chinois variant très sensiblement en fonction du calendrier que l’on a choisi, et aucune méthode d’interprétation systématique n’existant à ma connaissance, l’interprétation relève beaucoup plus de l’intuition, de l’art — ou de la magouille infernale — que de la technique. Je vous livre donc une interprétation très personnelle, exprimant ce que je crois avoir compris de l’astrologie chinoise traditionnelle.

Il existe quand même quelques règles. Les voici :

▶ Les binômes de l’année et du mois concernent en priorité le « moi social », tandis que ceux du jour et de l’heure traduisent surtout le « moi intime ». Les binômes du mois et du jour semblent témoigner de la relation existant entre moi social et moi intime ;

▶ A chacune des Colonnes du Destin correspond une hiérarchie d’importance des Agents. Pour le binôme de l’année, l’ordre des Agents est : 1 : Agent du binôme ; 2 : Agent du Signe duodénaire ; 3 : Agent du Signe dénaire. Pour les binômes du mois et de l’heure l’ordre est : 1 : Agent duodénaire ; 2 : Agent dénaire ; 3 : Agent du binôme. Simple. non ? Et ne dites pas « chinoiseries », ça ferait raciste…

Interprétons. Soit une naissance le 01/12/1952 a 12 h 10 (le lieu importe peu). Après savants calculs chronomanciens, cela nous donne :

▶ Les binômes de l’année et du jour sont Yin, ceux du mois et de l’heure sont Yang. Globalement, il existe donc un bon équilibre entre ouverture et fermeture, dynamisme et statisme, activité et réceptivité. La personne en question étant un homme, on peut trouver, dans une optique chinoise, qu’il n’est pas assez Yang (masculin). Mais si son apparence est Yin (moi social), c’est-à-dire plutôt passive, son moi profond est Yang, ce que vient renforcer son animal cyclique (le Dragon, qui est Yang).

La relation entre les Signes de l’année et du mois est forte et cohérente : le moi social, le besoin de s’extérioriser, de paraître et de jouer son rôle est important, sinon prépondérant. Les Signes du jour et de l’heure ont une relation neutre : il ne parait pas y avoir de conflit majeur entre moi intime et moi social, mais cet individu court le risque de négliger sa vie intérieure.

Les quatre binômes sans être forts, sont d’une force satisfaisante (année, jour et heure) ou neutre (mois) : l’individu a de bonnes cartes dans son jeu.

Reste a étudier le rôle des Agents. L’Agent du binôme de l’année est l’Eau ; combiné a l’agent du binôme du jour, il donne les grands traits de la destinée. L’Agent du binôme est le Bois. Or l’Eau engendre le Bois : le destin s’avère des plus fluides. La réceptivité, la rigueur, la fécondité peut déboucher sur des créations artistiques… ou dans un travail en rapport avec l’agriculture. En négatif, les craintes que l’individu ressent pas rapport au rôle social qu’il entend jouer risquent de se transformer en colères contre lui-même. L’Agent du Signe duodénaire, 2e dans la hiérarchie annuelle, est la Terre : derrière un tempérament placide, réceptif, timoré se cache un besoin de méditer, de penser, mais aussi de réaliser patiemment quelque chose de concret à la sueur de son front.

Quatre Agents Terre, trois Eau, trois Métal, un Feu et un Bois : si cet individu se montre généralement réceptif, plastique, penseur et méditatif, alternant périodes d’activité et de passivité, il ne fait guère montre de sens artistique, encore moins d’ardeur et de passion. Plutôt placide et froid en dépit de son ouverture au monde, il lui est difficile dans sa vie sociale de trouver l’harmonie et d’être lucide et clairvoyant. Trop de volonté, trop de réalisme et de rumination nuisent à l’imagination et a l’ardeur.

Le Signe duodénaire de l’Heure, qui gouverne le moi intime, relève de l’Agent Terre : au fond, cet être n’aspire qu’à la méditation sereine, au travail fécond, même s’il ne parvient pas toujours à l’exprimer extérieurement. Etc.

Cette interprétation est évidemment très schématique et simplifiée. Mais elle peut donner une idée assez juste de ce que proposent les horoscopes chinois.

L’astrologie en Chine contemporaine

En Chine, la consultation astrologique est réservée aux grands moments rituels de la vie : naissance (on dresse l’horoscope de l’enfant, non pour connaître son caractère, mais pour évaluer comment il s’insérera dans l’ensemble familial) ; mariage (comparaison des horoscopes des époux) et mort (les funérailles doivent avoir lieu « au bon moment », un jour et une heure en harmonie avec l’horoscope natal du défunt). Il est rare qu’un Chinois consulte un astrologue (qui la plupart du temps est en même temps prêtre ou marieuse) pour s’enquérir de son propre cas et de son propre destin.

Vous pouvez penser ce que voulez de la chronomancie chinoise. Personnellement, je trouve que dans leur infinie sagesse, les « astrologues » Chinois et leurs consultants ont compris quelque chose d’essentiel : on ne consulte pas le ciel pour savoir ce qui va arriver, mais pour savoir de quels potentiels on dispose et prendre un bon départ au bon moment ; l’astrologie est affaire de Relation, et l’horoscope ne décrit jamais ce qu’est un individu, mais son mode de relation au monde et a autrui.

Quant à appeler tout ça « astrologie »… vous êtes juges.

Bibliographie :

▶ THE SHORTER SCIENCE & CIVILIsATION IN CHINA par Joseph Neddeham. Éd. CAMBRIDGE INUVERSITY PRESS.
▶ HOROSCOPE CHINOIS BA-ZI par TONG JUO-SHIANG, 27 rue Claude Terrasse, 75016 PARIS.
▶ LES HUIT SIGNES DE VOTRE DESTIN par Jean-Michel de Kermedec. Éd. L’ASIATIQUE.

Article paru dans le n° 26 d’Astrologie pratique (jenvier 1989).

Et surtout l’excellentissime La nouvelle astrologie chinoise de Jean Djibril Diaby, éditions Universitaires 1984. Commandez-le ICI

Cet article vous a été proposé par Richard Pellard

Voir aussi :

▶ Lune Noire et Nœuds lunaires
▶ A propos de l’astrologie anthropologique
▶ Astrologie canine, astrologie cynique ?
▶ Astrologie et astrologies
▶ Astrologie humaniste et conditionalisme
▶ Astrologie tibétaine
▶ Astrologie tragi-karmique
▶ L’astrologie chinoise
▶ L’astrologie karmique : une escroquerie intellectuelle et spirituelle
▶ L’astrologie sidéraliste, une astrologie sidérante
▶ L’unité des astrologies ou la Tour de Babel
▶ Manifeste conditionaliste
▶ Yves Ouatou et les Zastrologues
▶ Yves Ouatou et les Zécoles d’astro


Les significations planétaires

par Richard Pellard

620 pages. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang.

La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités.

La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante

par Richard Pellard

117 pages. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite.

Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ?

Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie !

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