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L’unité des astrologies ou la Tour de Babel

Dans un souci de transparence et de pédagogie, et sur une suggestion de Christine Saint-Pierre, nous vous communiquons les passages essentiels du courrier qu’ARIANA a reçu de la FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones), signé par son président Alain de Chivré le 02/12/1996. Certains d’entre vous ont sans doute également reçu ce courrier de la FDAF et se sont demandé s’il était utile d’y adhérer. Les échanges de courrier entre Alain de Chivré et Richard Pellard vous permettront sans doute d’y voir plus clair dans les débats qui traversent la communauté des astrologues… et de faire votre libre choix.

Voici les passages essentiels de la circulaire de la FDAF.

« Cher confrère, chère consœur,

Vous avez probablement déjà reçu des informations sur la Fédération des Astrologues Francophones. Cette construction fédérative commence à prendre une tournure intéressante qui pourrait déboucher bientôt sur une véritable représentativité. Nous avons réussi à rassembler, en quelques mois, plus de 220 adhérents autour d’un Code de déontologie. La FDAF se développe sérieusement tandis que l’image de l’astrologie se dégrade de jour en jour. Nous assistons à une désinformation croissante des médias et à une vulgarisation mercantile qui ridiculise notre discipline. […]. Nous avons besoin d’être nombreux et si possible unis. Il faut dépasser les particularismes et oublier les échecs passés pour assurer la réinsertion sociale et culturelle de l’astrologie. C’est urgent. Nous avons travaillé dans cet esprit depuis 6 ou 7 mois avec 3 stratégies prioritaires : — une stratégie de communication externe (contacts avec la presse, ouverture d’un site Internet, etc.). — une stratégie corporative (contacts avec les pouvoirs publics, projet de carte professionnelle, services de conseils juridiques et fiscaux, réalisation d’un annuaire des praticiens, audit enseignants, etc). — une stratégie culturelle (positionnement sur l’échiquier culturel, traductions de documents anciens, participation à des manifestations interdisciplinaires, réintégration de l’astrologie dans le domaine des Sciences Humaines, prises de distance avec les arts divinatoires, etc.). Bref, nous avons essayé de « faire nos preuves » en menant des actions concrètes, en évitant les joutes oratoires et les compétitions de pouvoirs (génératrices des échecs précédents) […]. Nos efforts ont déclenché des échos favorables et très encourageants à l’intérieur de la communauté astrologique […] et à l’extérieur puisque la presse commence à s’intéresser à notre initiative.

Nous avons besoin de vous pour assurer l’assise de cette Fédération et faire en sorte que l’ensemble de la communauté astrologique y soit représenté. La « cause astrologique » mérite cet effort d’unité. Nous comptons sur vous pour nous y aider […] ».

Les membres d’honneur de la FDAF sont astro-symbolistes (Robert Amadou, André Barbault, Jacques Berthon, Ferdinand David, Alexandre Ruperti) ou astro-indéterminé (Suzel Fuzeau-Bræsch, universitaire retraitée en quête frénétique de représentativité astrologique) : aucun conditionaliste ne compte parmi eux, et ce n’est pas un hasard.

Voici l’essentiel de la première réponse, le 02/11/1996, de Richard Pellard à la FDAF.

L’astrologie et l’anti-astrologie

L’analyse que vous faites de la situation absolument catastrophique dans laquelle se trouve actuellement l’astrologie du point de vue épistémologique, déontologique et économique est pertinente. J’y souscris tout à fait. Le but de la FDAF me semble animé par de louables intentions et un noble idéal. Là où mon analyse diffère de la vôtre, c’est sur les causes exactes de la dégradation de l’image de l’astrologie. Vous incriminez la désinformation médiatique. Elle exerce effectivement un rôle extrêmement important et pernicieux, tout comme la « vulgarisation mercantile » à laquelle cède malheureusement une fraction importante de ceux qui se prétendent « astrologues ». Mais il existe d’autres causes, que vous ne mentionnez pas dans votre courrier : je veux parler de l’anti-astrologisme scientiste et militant de l’Union Rationaliste par exemple. Ces anti-astrologues fanatiques et universitaires ont une méthode et une stratégie claires : d’une part, ils relèvent systématiquement (et à juste titre) les erreurs, insuffisances ou archaïsmes du discours astrologique majoritaire (symbolisme échevelé, analogisme débridé, irrationalisme des conceptions, fatalisme ultra-déterministe, ignorance crasse des lois de l’astronomie) et en profitent à peu de frais, et avec raison, pour faire le procès de l’astrologie ; d’autre part, ils opposent tout aussi systématiquement à l’existence d’une réalité astrologique des arguments aussi spécieux et éculés que la précession des équinoxes ou les effets de la gravitation en physique newtonienne, alors que le cadre de référence de la science astrophysique actuelle est celui de la physique relativiste einsteinienne.

L’astro-symbolisme et « l’honnête homme »

Le problème que vous n’évoquez pas, c’est que la plupart des astrologues sont en fait les alliés objectifs de ceux qui instruisent leur procès. Il n’est pas besoin d’être un anti-astrologue primaire pour se méfier d’une « science » qui se fonde encore, à la fin du XXe siècle, sur la théorie hellénistique des quatre Éléments vieille de plus de deux millénaires, sur la mythologie grecque, sur de moyenâgeuses « Maîtrises » et sur de mystérieuses correspondances magiques pour prétendre expliquer les relations de l’espèce humaine avec le système solaire, et le fait de greffer sur ce corps de doctrine quelques greffons freudiens ou jungiens pour faire moderne ne fait pas illusion longtemps. Le refus de la plupart des astrologues de s’intéresser à une explicative physique des effets astrologiques accroît encore la méfiance de « l’honnête homme » de cette fin de siècle : si l’astrologie ne repose pas sur des causes efficientes (astrométriques pour le ciel, biophysiques pour l’homme), elle n’est alors qu’un discours symboliste, autant dire un conte de fées à l’époque des neurosciences, de la psychologie des profondeurs et de la physique des particules.

Il est évident que les thèses astro-symbolistes ne peuvent être reçues par « l’honnête homme » cultivé et rationnel de notre époque… à moins qu’il ne désire en faire un jardin secret poético-magique. Il n’existe aucun terrain de rencontre entre un astrologue qui prétend que la Lune est une planète « d’Eau » alors que notre satellite est un solide composé de roches et que sa densité est 3,34 fois celle de l’eau, et un « honnête homme » encore moins avec un anti-astrologue forcené de l’Académie des Sciences. Il ne peut y avoir au mieux qu’un dialogue de sourds, au pire un rejet réciproque.

La carpe symboliste et le lapin conditionaliste

Dans votre courrier, vous dites vouloir « dépasser les particularismes et oublier les échecs passés ». Je suis bien d’accord. Mais la direction de la FDAF est exclusivement composée d’astro-symbolistes, ce qui est non seulement une mauvaise façon de dépasser les particularismes, mais aussi une excellente stratégie pour répéter infailliblement les échecs passés. De plus, vous ne dites nulle part où commence l’astrologie « sérieuse », donc digne selon vous d’être représentée à la FDAF, et où elle finit. Les sidéralistes, les karmistes, les intégristes type Hadès sont-ils inclus ou exclus ? Et comment comptez-vous par exemple réussir le mariage de la carpe astro-symboliste et du lapin conditionaliste ? Le fossé entre les conceptions astro-symbolistes et astro-conditionalistes est large et profond, il serait vain de le nier, et il ne saurait se combler en brandissant et agitant le drapeau des intérêts corporatistes de la communauté des astrologues.

Néanmoins, je pense qu’une coexistence pacifique et courtoise est possible entre astrologues de points de vue différents, pourvu que les règles du jeu soient claires. Personnellement, je me sens incapable de défendre le point de vue de l’astro-symbolisme auprès des médias et des détracteurs de l’astrologie. C’est entre autre pour cette raison philosophique et déontologique que je n’ai jusqu’à présent pas pu adhérer à la FDAF. Je suis par ailleurs sincèrement persuadé que seuls des astrologues conditionalistes compétents seraient susceptibles de tenir un discours astrologique crédible auprès de divers organismes d’information et pouvoirs publics, parce qu’ils sont les seuls à être systématiquement logiques et rationnels dans leur approche de l’astrologie, et les seuls aussi à ne pas éluder le problème des fondements biophysiques des influences astrales. Qu’en pensez-vous ?

L’astrologie est conditionaliste dans son essence

Enfin, je termine ce courrier par une lecture critique du code de déontologie de la FDAF et par quelques propositions :

Article 1 : « Les astres inclinent mais ne déterminent pas ».
- Plutôt que d’utiliser cette formule vieillotte, ne serait-il pas plus simple, plus précis et plus contemporain d’écrire : « L’influence astrologique est conditionnelle, et s’exerce à l’intérieur des déterminismes génétiques, sexuels, socioculturels, économiques, historiques, etc., qui en modulent les effets ? » Variante plus « hard »… et plus provocatrice : « L’astrologie est conditionaliste dans son essence » .

Article 3 : « L’astrologie ne prétend pas être une science exacte mais une approche des correspondances entre les configurations astronomiques et les phénomènes (ou structures) du vivant ».
- En tant qu’astrologue conditionaliste, je rejette radicalement cette définition. Elle est floue, vague et manque de courage. Je la remplacerais par : « L’astrologie est la science qui étudie les relations et interactions entre l’espèce humaine et son environnement solaire et planétaire, au carrefour des sciences exactes (astrométrie, neurophysiologie) et des sciences humaines (psychologie, sociologie) ».

Article 10 relatif à la normalisation européenne de l’enseignement astrologique :
- C’est l’article « tour de Babel ». Comment pouvez-vous demander à des humanistes, à des astro-symbolistes tendance Barbault, à des karmistes et à des conditionalistes, par exemple, de « structurer leurs programmes de formation de façon à préparer une normalisation européenne des cursus d’enseignement » ? Où allez-vous trouver vos critères de convergence astro-maastrichtiens ? Nous n’avons pas besoin d’une « normalisation », européenne ou autre, qui serait le fruit (à mon avis impossible) de concessions diplomatiques entre astrologues de diverses obédiences, mais d’une astrologie rationnelle, imaginative et vivante, ancrée dans le réel du Ciel et de l’Homme, qui puisse dialoguer librement avec les autres connaissances sur la base de références communes. L’astro-symbolisme dominant rend impossible ce dialogue.

Ne prenez pas ces positions pour la marque d’une quelconque intolérance de ma part. Je suis tout à fait d’accord pour que se développent et coexistent autant de théories, de pratiques et d’écoles d’astrologie que l’imagination ou la folie des astrologues pourront en créer, à l’intérieur ou en dehors de toutes les fédérations passées, présentes et à venir, pourvu qu’on ne me demande pas d’y croire et encore moins de les défendre pour de pures raisons corporatistes. J’ai depuis vingt ans abandonné l’astro-symbolisme, et je ne suis pas prêt à y retourner.

Tout ceci étant maintenant clair entre nous, je n’ai rien contre une éventuelle collaboration avec la FDAF. Peut-être même y adhérerai-je un jour si ses statuts sont profondément modifiés afin de permettre aux astrologues conditionalistes d’y trouver leur place sans se trahir. Mais je me demande si c’est possible… N’hésitez pas à faire connaître le présent courrier aux membres de la FDAF.

Réponse d’Alain de Chivré

Le président de la FDAF a répondu le 02/12/1996. Courageusement et honnêtement, Alain de Chivré a autorisé ARIANA à publier les extraits les plus significatifs de sa lettre, en nous demandant de préciser que « certaines argumentations n’engagent que (lui), et non la Fédération dont le souci œcuménique implique une neutralité bienveillante » : Les titres ont été rajoutés par ARIANA :

« Oui, l’astrologie est conditionaliste dans son essence »

Je ne suis pas surpris par votre discours sur les fondements de l’astrologie. Je le connaissais déjà partiellement à travers la lecture de vos ouvrages. Toutefois votre démonstration me laisse sur ma faim.

M’étant beaucoup intéressé à la caractérologie et particulièrement à la notion d’inné et d’acquis, je suis un ferme défenseur de l’analyse multifactorielle (appliquée à l’astrologie) et à ce titre je me sens, dans l’esprit, aussi conditionaliste que vous (toute appellation contrôlée mise à part). Oui, je suis d’accord avec vous : « L’astrologie est conditionaliste dans son essence ». De là à en faire une « religion d’État »… c’est une autre histoire. Quant à inscrire ce principe dans un code de déontologie, ce serait interprété comme une provocation et prêterait à confusion. Il conviendrait donc de reformuler les choses autrement. C’est ce que nous avons fait en récupérant une vieille maxime « Les astres inclinent mais ne nécessitent pas ».

Par contre je trouve que vous allez un peu fort quand vous prétendez que « seuls les astrologues conditionalistes compétents seraient susceptibles de tenir un discours astrologique crédible… ». Vous prenez vos confrères pour des « imbéciles ». Les hypothèses des conditionalistes sont bien formulées, je le reconnais, mais ce ne sont que des spéculations théoriques cohérentes. En matières de preuves et d’explications formelles, vous n’êtes pas beaucoup plus avancés que les autres. Suis-je mal informé ?

D’accord sur la notion de « signal » comme pour celle d’excitabilité nerveuse. Mais tant qu’à faire de recevoir des leçons de votre part, nous aimerions en savoir un peu plus sur le pourquoi et le comment. En dehors des théories de Pavlov et de leur récupération habile, qu’en est-il de vos recherches interdisciplinaires avec les biologistes, les neurophysiologistes ? Faites-vous beaucoup mieux que vos confrères ?

La gravité de Jupiter et la synchronicité

Certains problèmes ne sont pas faciles à résoudre. Reconnaissez-le vous-même. Comment expliquer, pour un parisien, l’effet gravitationnel de Jupiter comparativement à celui de la Tour Montparnasse ? Et vous, avez-vous une réponse simple, une formulation « grand public » pour ce genre de question primaire ? La coïncidence ou la synchronicité (principe sans doute très stérile pour vous les conditionalistes) fait que, tout en écrivant cette lettre, je prends connaissance d’un article de la revue La Recherche (n° de décembre). Bis ! On parle de l’influence de Mars sur un habitant du centre de Paris comparativement à celle de la Tour Eiffel sur ce même habitant. Rien de nouveau Que faut-il en conclure : mauvaise foi des détracteurs ou mauvaise communication des astrologues ?

Sévérité et condescendance

Vous voudriez nous faire croire que seuls les conditionalistes ont la compétence pour parler de l’astrologie sérieusement. Imaginons que cela soit vrai ! Nous avons presque eu tendance à le croire nous aussi. Déception. Vous ne répondez jamais présent quand on veut vous donner la parole.

Sachez que la Fédération des Astrologues Francophones a toujours souhaité intégrer les conditionalistes. Ce n’est pas une simple question d’œcuménisme mais plutôt un souci de pluralisme autant que de légitimité. J’ai envoyé plusieurs courriers (à des conditionalistes, NDLR). Ils sont restés sans réponse. Pour l’instant, votre courant est quasiment inexistant à la FDAF. C’est tout à fait dommage.

Cerveau droit et cerveau gauche

À propos des symbolistes… enchaînons et venons-en à votre analyse des deux grands courants. C’est un peu manichéen. Hors de l’école conditionaliste : point de salut ! Vous êtes très sévère, très condescendant malgré tout.

Ce n’est pas à moi de vous inviter à plus de tolérance car la connotation serait trop moralisatrice. Mais en utilisant un langage qui vous est cher — celui de la neurophysiologie — j’ai nettement l’impression que si les symbolistes abusent parfois de leur cerveau droit, les conditionalistes surcompensent avec le gauche. En l’occurrence cela nuit à notre communication car, à lire votre lettre, on serait tenté de croire que les fondements de l’astrologie sont exclusivement de nature influentielle ou causaliste ? Vous parlez plus d’effets que de corrélations et semblez allergique au moindre raisonnement analogique pour éviter tout risque de contamination (virus du symbolisme). Ne pêchez-vous pas par excès ? Le raisonnement analogique ne semble pourtant pas étranger à la physique moderne (à laquelle vous faites paradoxalement souvent référence).

Vous parlez d’astrométrie et de biophysique et faites le lien entre les deux par le photopériodisme ou par « des signaux de nature gravifique ». Reconnaissez vous-même qu’il existe un certain nombre de chaînons manquants que vous aurez autant de mal à expliquer que les symbolistes, qui se contentent d’éviter le problème ou d’évoquer des principes tautologiques comme celui d’interdépendance universelle. Leur option (ou leur maladresse selon vous) n’autorise pas les défenseurs de l’astrologie naturelle à se positionner en tant que seuls détenteurs de la vérité. À ce jeu, ils risqueraient eux-mêmes de devenir les « scientistes » de l’astrologie. Le photopériodisme n’explique pas tout et vous le savez bien. Pas plus que la gravitation dont le mécanisme est finalement assez mal connu. Quant aux neurosciences… tout reste à faire et nous avons sans doute beaucoup à espérer mais pour l’instant nous en sommes, et vous en êtes aussi, aux hypothèses. Celles de J.-P. Nicola sont particulièrement intéressantes, et je ne le conteste pas, mais de nombreuses notions échapperont toujours au champ d’investigation de la neurobiologie. Et les éventuelles découvertes sur le « pourquoi ça marche » seront loin de résoudre la problématique astrologique.

L’astrologie est essentiellement une science qui s’intéresse au Sujet et à ses représentations symboliques. Je dirai même que c’est ce qui la différencie de l’astronomie et la rapproche de la psychanalyse dont vous vous méfiez parce que vous avez tendance à être très comportementalistes avec vos « réflexes astrométriques ». Pour moi en tout cas, l’information astrologique ne m’autorise à parler que de la structure d’une personnalité. « La carte n’est pas le territoire ». Ce sont précisément les autres conditionnements qui me permettent d’aborder le réel et de comprendre le comportement et les éventuels niveaux de complexité. Je pensais donc, jusqu’à maintenant, que nous avions des praxis analogues ou voisines. Vous semblez me prouver le contraire par votre raisonnement. Et en réfléchissant bien je constate que, pour passer de la structure au comportement, je fais effectivement appel à la mythologie, à l’inconscient, aux mémoires archétypales, à la synchronicité, à la projection, au transfert, etc., bref à tout un tas de notions qui ne relèvent pas d’un rationalisme pur et dur. Je me sens donc en infraction par rapport à vos principes puisque je suis dans le camp de ceux qui « brodent avec l’imaginaire », ceux qui accordent de l’importance au discours, ceux qui recherchent le sens (avec ou sans équations mathématiques).

Différences et complémentarités

Ne soyez pas aussi sectaire. Faites preuve de tolérance. Les symbolistes ont des efforts à faire sur la rigueur. Quant aux conditionalistes, ils feraient bien de mettre un peu d’eau dans leur vin même si ça ne se fait pas. Nous avons beaucoup à apprendre de nos différences. Nous pourrions y trouver des complémentarités. Une Fédération intelligente pourrait même profiter de ces différences pour en faire des outils stratégiques. Par exemple réserver les communications scientifiques aux conditionalistes et confier les débats philosophiques aux symbolistes. Cela supposerait quelques concessions. Mais le jeu en vaut bien la chandelle.

Ce qui importe c’est l’image de l’astrologie. Il convient de se préoccuper aussi du grand public, des médias. Je veux bien reconnaître la pertinence du discours conditionaliste mais vous (les conditionalistes, NDLR). ne parviendrez pas (seuls, NDLR) à rectifier cette image. C’est une raison suffisante pour faire preuve de solidarité. Nous avons besoin d’être nombreux et unis.

Réponse de Richard Pellard à la FDAF le 08/12/1996

Astrologie conditionnelle ou conditionaliste

Je suis satisfait d’observer que vous partagez mon opinion selon laquelle l’astrologie est conditionaliste dans son essence et qu’on ne saurait comprendre un être qu’à l’aide d’une « analyse multifactorielle » incluant tous les paramètres extra-astrologiques. Je tiens toutefois à vous rappeler que ce sont les conditionalistes qui ont été les premiers à défendre systématiquement cette position, ce qui les a amenés à se retrouver marginalisés et rejetés pendant des années par un milieu astrologique majoritaire pour qui « tout est dans l’horoscope ». Il ne faudrait pourtant pas jouer sur les mots. Le mot « conditionalisme » (néologisme forgé par J.-P. Nicola dans les années 70) peut ainsi avoir deux significations très différentes. Lorsque vous vous dites « conditionaliste », vous entendez par là que vous souscrivez au fait que l’influence astrale est conditionnelle. En ce sens, on peut à la limite être astro-freudien et conditionaliste, humaniste et conditionaliste, etc., mais pas hadésiste ou karmique et conditionaliste. Mais le mot « conditionalisme » a aussi une autre signification, plus restreinte et plus précise, en ce sens qu’il désigne l’ensemble des théories, concepts, méthodes et pratiques découverts et mis au point par Jean-Pierre Nicola et ses collaborateurs. Dans ce sens restrictif et précis, les seuls conditionalistes sont… les conditionalistes !.

Vous me rappelez que j’ai écrit que « seuls des (et non pas « les » comme dans votre lettre) astrologues conditionalistes compétents seraient susceptibles de tenir un discours astrologique crédible ». Vous oubliez la suite de ma phrase, qui lui donne tout son sens : « auprès des divers organismes d’information et pouvoirs publics ». À l’intérieur du milieu astrologique, de multiples astrologues d’obédiences différentes peuvent « tenir un discours astrologique crédible » du point de vue de la cohérence interne de ce genre de discours symboliste. Mais à l’extérieur du milieu astrologique, seul le langage conditionaliste, cohérent, moderne et rationnel, a des chances d’être entendu. Je ne prends donc pas mes confrères pour des « imbéciles ». Du moins, pas tous. La plupart d’entre eux ne sont que des ignorants paresseux. D’après vos propos, vous n’en faites pas partie.

Je prends acte du fait que vous reconnaissez que « les hypothèses conditionalistes sont bien formulées », mais je m’inscris en faux lorsque vous estimez que « ce ne sont que des spéculations théoriques cohérentes ». Les théories conditionalistes ne sont pas de pures spéculations intellectuelles : elles découlent d’un approfondissement cohérent de l’expérience concrète de l’astrologie et débouchent sur une pratique tout aussi cohérente. Vous prétendez également qu’en « matière de preuves et d’explications formelles » les conditionalistes ne sont « pas beaucoup plus avancés que les autres ». C’est tout à fait inexact. La lecture des Éléments de Cosmogonie conditionaliste de J.-P. Nicola (Éd. COMAC) vous en convaincra du point de vue astrométrique : même si ce ne sont que des hypothèses, ces hypothèses-là trouvent leurs fondements dans l’organisation astrométrique du système solaire. Par ailleurs, grâce à la Théorie des âges basée sur les cycles héliocentriques des planètes, qu’à ma connaissance les conditionalistes sont les seuls à utiliser, nous avons fait un pas de géant dans le rapprochement entre l’astrologie et la psychogénétique théorique et pratique, en donnant aux significations planétaires des bases solides qui permettent l’expérimentation objective. Aucun autre courant astrologique ne peut en dire autant.

Ceci dit, vous avez raison d’insister sur le fait que, jusqu’à présent, l’astrologie conditionaliste n’a pas pu produire de preuves irréfutables de l’existence du fait astrologique du point de vue biophysique. Mais au moins, on les cherche, ce qui n’est pas le cas de la majorité des astrologues. Croyez bien que nous aimerions pouvoir conduire des recherches interdisciplinaires avec des biologistes et des neurophysiologistes… si nous trouvions des scientifiques prêts à cette collaboration. Hélas, toutes nos tentatives en ce sens ont échoué, du fait de l’anti-astrologisme atavique de la communauté scientifique, anti-astrologisme nourri entre autre par le symbolisme échevelé et le fatalisme déterministe que professent la majorité des astrologues. Mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre et on continue. Enfin, je trouve injurieux de votre part de parler de « récupération habile » des « théories de Pavlov » par le conditionalisme. D’abord, Pavlov n’était pas un théoricien, mais un expérimentateur qui a découvert empiriquement quelques-unes des lois fondamentales de fonctionnement du système nerveux, et ce n’est pas être pavlovien que d’être en état d’excitation ou d’inhibition. Il n’y a aucune « récupération habile » là-dedans. Si les astres influencent concrètement nos comportements, cela ne peut se faire que par l’intermédiaire du système nerveux. C’est tout.

Les tours de la Démence

Vous évoquez le problème de l’effet gravitationnel de la Tour Montparnasse, qui est effectivement incommensurablement plus fort que celui de Jupiter. C’est un argument que la clique Pecker495-Schatzmann (de l’Union Rationaliste, NDLR) ne se prive jamais d’utiliser. Il semble imparable, et tétanise en général les astrologues lorsque des rationalistes au petit pied le leur balancent. Vous pensez bien qu’il n’y a pas de réponse simple et définitive à un problème aussi complexe et mystérieux, qui relève d’une physique encore inconnue. J’ai d’ailleurs correspondu sur ce sujet avec J.-C. Pecker. Au terme d’un échange épistolaire, lorsque je lui ai demandé quelle était la durée de révolution sidérale d’une tour de la Défense, il a cessé de m’opposer ses arguments.

Lorsque Pecker évoque l’effet gravitationnel des tours de la Démence, il se moque du monde et se réfère à des conceptions des forces gravifiques qui relèvent de la physique newtonienne archaïque, dépassée depuis la relativité einsteinienne. Aucun physicien sérieux n’envisage plus sa science dans le cadre de la « gravité simple », et même simpliste, du modèle newtonien. Pecker le sait très bien, mais il compte sur l’ignorance des astrologues et du « grand public » pour faire avaler son argument spécieux, auquel Jean-Pierre Nicola a d’ailleurs répondu dans une lettre ouverte qu’il a expédiée le 21/11/1993 à J.-C. Pecker :

« En physique newtonienne, avec sa masse de bâtiments à une dizaine de kilomètres, la Défense, écrivez-vous, a beaucoup plus d’influence que Mars (la planète) sur un parisien de l’Ile Saint-Louis (La Recherche, janvier 1983). Si votre raisonnement est scientifiquement correct, et si les êtres humains répondaient mécaniquement aux forces gravifiques telles que vous les exposez, il ne devrait y avoir de fortes concentrations de population qu’autour des grands bâtiments des grandes cités, lesquelles seraient autour des montagnes les plus massives, etc. À notre connaissance immédiate, il n’en est pas ainsi. Vous avez donc confirmé que les organismes vivants, humains de préférence, ne suivent pas les causalités simplistes et que s’il y a un effet Mars, il n’est pas dans la gravité simple. Je préfère un système d’équilibre où la faible gravité de Mars participe à la cohésion de l’ensemble. Le système solaire peut se passer des tours de la Défense ».

Évidemment, ce n’est pas une réponse « grand public » mais c’est un argument rationnel qui déstabilise les rationalistes et surtout les renvoie publiquement à leur mauvaise foi et leurs ignorances. À la guerre comme à la guerre. En passant, ne croyez surtout pas que l’hypothèse synchronistique est un « principe stérile » pour les conditionalistes. C’est même exactement le contraire puisque le couple R.E.T./Théorie des âges fonctionne dans le cadre des relations entre synchronicité et simultanéité (R.E.T.) et chronologie (Théorie des âges). L’étude des phénomènes synchronistiques est de la plus grande importance et dépasse largement le « y a pas de hasard ».

Les conditionalistes et la parole

Vous dites que les conditionalistes ne « répondent jamais présent quand on veut (leur) donner la parole ».Tout d’abord, nous n’attendons pas que quiconque nous « donne la parole ». Nous la prenons librement et souverainement quand nous en avons envie ou besoin. La preuve, je l’ai moi-même prise sans me référer à quelque « grand maître » que ce soit. Je n’ai ni dieu, ni maître et je n’ai jamais été l’élève de Nicola, mais son compagnon de route. Mais je suis d’accord à 100 % avec lui sur le fond : le fossé entre les conceptions astro-symbolistes et astro-conditionalistes est trop large et trop profond pour se combler avec des sièges à un quelconque Comité d’Honneur et une unanimité de façade.

Astro-symbolisme et astro-conditionalisme

Passons maintenant aux deux grands courants de l’astrologie contemporaine. Vous dites que « c’est un peu manichéen. Hors de l’école conditionaliste, point de salut ! ». Constater l’existence d’une dualité caractéristique n’est pas faire du manichéisme, pas plus que le fait de constater que quelqu’un est en état d’excitation n’est faire du pavlovisme. Cette division est pertinente et efficiente. Mais contrairement à ce que vous dites, je n’ai pas écrit qu’il n’y avait point de salut en dehors du conditionalisme, mais que le conditionalisme était à ma connaissance la seule approche « naturaliste », bio-physicienne de l’astrologie. Il en est, il en sera peut-être d’autres un jour. Je m’y intéresserai lorsque je les découvrirai si elles existent et si leurs explicatives se révèlent plus cohérentes, plus fécondes et plus proches du réel que celles du conditionalisme, je n’hésiterai pas à abandonner l’approche conditionaliste. Pour l’instant ce n’est pas le cas.

Vous me trouvez sévère. Comme Nicola, je le suis effectivement vis-à-vis de la majorité des astrologues contemporains, qui sont largement responsables de la catastrophique situation dans laquelle se trouve notre science à force d’irrationalisme et d’archaïsmes. Mais vous avez tort de penser que je suis condescendant : il n’est pas question de « supplantation », mais d’évolution et de transformation. Comme le note justement Nicola, « le progrès en astrologie n’est pas une transition brutale de l’erreur absolue à la vérité absolue… il se mesure par l’amélioration des résultats, l’élimination croissante des erreurs croissantes ». Il ne fait pour moi aucun doute, après avoir étudié et pratiqué l’astrologie classique pendant quelques années que les concepts, méthodes et pratiques de l’astrologie conditionaliste donnent de meilleurs résultats pratiques. L’approche conditionaliste de l’astrologie n’est pas supérieure aux autres, elle est plus profonde et plus contemporaine.

Vous avez apparemment raison de signaler que « les symbolistes abusent parfois de leur cerveau droit » et que les conditionalistes « surcompensent avec le gauche »… à condition de ne pas faire du cerveau droit le réceptacle, l’émetteur ou la justification de délires comme les maîtrises planétaires ou la Lune-planète-d’Eau : l’intuition et l’esprit d’analogie véritables méritent mieux que ça. Mais vous n’avez qu’apparemment raison : la vocation du conditionalisme est de réunir cerveau droit et cerveau gauche (le corps calleux existe quand même !), signal et symbole, réel et discours en ne se laissant diviser « ni par les borgnes de l’œil droit, ni par les borgnes de l’œil gauche. Le tranchant du regard passe par les deux yeux (2) ». Nous ne sommes pas des rationalistes : le raisonnement analogique est caractéristique de « toute démarche initiale d’un esprit placé devant un problème dont le caractère insolite ou complexe le renvoie à l’usage de sa fonction primordiale… Au vrai, si les astrologues exploitaient vraiment les ressources de la pensée analogique… les aspects de leur doctrine se seraient renouvelés et l’on aurait moins d’ennui à les lire. En majorité, les astrologues de ce temps ont plus de conservatisme que d’imagination ». Vous voyez bien que nous ne sommes pas ennemis de la pensée analogique. Nous sommes les seuls à ma connaissance à rechercher la vérité astrologique dans les faits, avec les instruments de l’analogie comme avec ceux de la logique, de l’intuition comme de la raison, ce qui est une toute autre démarche que celle de « détenir la vérité ».

Astrologie et personnalité

L’astrologie est selon vous « essentiellement une science qui s’intéresse au Sujet et à ses représentations symboliques »… ce qui est une définition typiquement astro-symboliste. Mais quand un marsien dissonant pique une grosse colère, il fait de la « représentation symbolique » ou il est réellement en rogne ? Et s’il est réellement en rogne (vous n’ignorez sans doute pas comment se comporte un Mars dissonant en rogne), n’est-ce pas parce que son système nerveux a subi ou créé une modification d’excitabilité ? La colère marsienne n’est pas une « représentation symbolique », mais un état transitoire et bien réel, bien vivant, de réponse du système nerveux à son environnement.

Je ne suis pas un fanatique de la psychanalyse, et en particulier de la psychanalyse freudienne, qui me semble incapable de comprendre l’homme « de l’atome à l’étoile, et non du berceau au jardin d’enfants », comme l’a joliment écrit Nicola. Mais je ne suis pas non plus comportementaliste. Je suis d’accord avec vous lorsque vous écrivez que « l’information astrologique ne m’autorise à parler que de la structure d’une personnalité », mais je ne comprends pas pourquoi vous opposez structure et comportement. Toute structure psychique se traduit et se prolonge par une gamme de comportements caractéristiques par lesquelles elle s’actualise. C’est par ces comportements que les astrologues ont pu identifier les fonctions planétaires, c’est-à-dire les structures. Mais il est vrai que d’autres influences extra-astrologiques contribuent à façonner ces comportements, à leur donner ou ôter de l’ampleur ou de l’intensité, et dans les cas les plus graves à modifier les structures, et que pour comprendre le thème vécu et connaître le « niveau de complexité » auquel ce thème est vécu, il est indispensable d’intégrer ces paramètres extra-astrologiques. Nos praxis sur ce plan là sont plus voisines, en dépit de leurs profondes différences, que vous ne le pensez.

Sectarisme et tolérance

Je ne suis pas sectaire, je suis sévère. Figurez-vous que j’accepte parfaitement que certaines personnes pensent que la Terre est ronde, et d’autres qu’elle est carrée. Certes, je suis clairement dans le camp de ceux qui pensent qu’elle est ronde (ou plus exactement que c’est un sphéroïde), parce que c’est un fait objectif. Mais si d’autres trouvent leur bonheur dans l’idée qu’elle est carrée, ça ne me dérange pas… pourvu qu’ils ne prétendent pas que c’est un fait objectif : la tolérance a ses limites et là, je réagis fortement et je m’oppose sans concession.

Je ne prétends pas que les astro-symbolistes sont des aficionados de la Terre carrée, loin de là. Mais les symbolistes et les conditionalistes vivent dans des univers intellectuels très différents, où les règles du jeu ne sont absolument pas les mêmes. Il m’arrive très souvent de me demander s’ils étudient le même phénomène et parlent de la même chose lorsqu’ils se penchent sur les mystères de l’astrologie. Nous sommes d’accord sur bien peu de choses : grosso modo, les significations planétaires et zodiacales pourvu qu’on reste dans le flou et l’imprécision. Pour le symbolisme par exemple, la planète Maîtresse du Signe solaire ou du Signe ascendant a une importance capitale, le Taureau est un Signe de Terre fixe et on peut prévoir l’avenir grâce aux directions primaires. Pour le conditionalisme, le concept de Maîtrise planétaire est vide de sens, le Taureau est un Signe en « inhibition naturelle » et les directions primaires ne sont que des fictions pseudo-astronomiques : seuls les transits ont un fondement astronomique objectif. Le symbolisme étudie les thèmes dans la statique des Maisons, le conditionalisme dans la globalité dynamique de l’ensemble du thème. Le symbolisme se réfère (en ne la pratiquant quasiment jamais) à l’antique « théorie des âges » de Ptolémée, née de mesures astronomiques dont on sait à quel point elles sont basées sur des cycles géocentriques fictifs, le conditionalisme utilise constamment dans sa pratique une théorie des âges basée sur les cycles héliocentriques réels. Le symbolisme considère comme essentiel de savoir si un individu est plutôt « Feu », « Terre », « Air », « Eau », le conditionalisme se demande plutôt s’il est ‘R’, ‘E’ ou ‘T’, ‘F+’ ou ‘F−’. Le symbolisme pense en termes de typologies planétaires statiques, le conditionalisme en termes de fonctions planétaires dynamiques. Le symbolisme fait des Maisons une pierre angulaire de l’interprétation, le conditionalisme persiste à s’interroger sur la réalité des influences qu’on leur attribue, et a en tout cas totalement abandonné les significations traditionnelles. Pour le symbolisme, « l’horoscope est le miroir du sujet », pour le conditionalisme, « l’horoscope n’est pas le sujet ». Pour le symbolisme, Saturne est la planète de la vieillesse, pour le conditionalisme, elle est celle de l’adolescence. Lorsqu’il interprète un thème, le symbolisme mixe sans aucune méthode clairement affichée Maîtrises, conjonctions aux luminaires et angularités pour se confectionner intuitivement un « portrait » du sujet qu’il espère ressemblant. Lorsqu’il interprète un thème, le conditionalisme se réfère à des méthodes rigoureuses, collectivement mises au point et clairement définies, qu’il perfectionne sans cesse grâce à l’observation, et qui permettent d’évaluer ce que « squelette » psychique du sujet doit à l’organisation hiérarchisée des configurations planétaires au moment de sa naissance. Le symbolisme accorde une très grande importance aux Signes du zodiaque, souvent même au détriment des planètes, le conditionalisme estime qu’un Signe n’est jamais que la fréquence géocentrique d’un astre et qu’à l’extrême limite, on peut interpréter un thème en excluant le zodiaque et en ne tenant compte que des configurations planétaires. Pour le symbolisme, les fondements du zodiaque sont solaires et saisonniers, pour le conditionalisme ils sont géocentriques (déclinaisons) puisque dus à l’inclinaison de la Terre sur son orbite, et topocentrique (photopériodicité). Pour le symbolisme, les maladies relèvent des Maisons VI et XII, pour le conditionalisme, elles relèvent de l’héritage génétique, des conditions d’existence de l’individu, et l’astrologie médicale traditionnelle est un danger public. Pour le symbolisme Mercure est la planète de l’intelligence, pour le conditionalisme, l’intelligence est un phénomène extra-horoscopique. Pour le symbolisme, l’astrologie est un héritage traditionnel qu’il faut maintenir en l’état, pour le conditionalisme, c’est un savoir en constante recherche et la tradition n’est pas une vache sacrée.

On pourrait continuer cette énumération à l’infini.C’est inutile pour vous convaincre que symbolistes et conditionalistes ne vivent pas dans le même univers épistémologique et philosophique, en dépit du fait qu’ils se réfèrent à l’astrologie. Nous sommes au-delà des phénomènes de tolérance ou d’intolérance. Par bien des côtés, les visions du monde astro-symboliste et astro-conditionaliste sont diamétralement opposées.

La rigueur et l’eau dans le vin

Comme vous dites, « les symbolistes ont des efforts à faire sur la rigueur ». Et même de sacrés efforts ! Mais pourquoi les conditionalistes mettraient-ils « de l’eau dans leur vin même si ça ne se fait pas », si ce vin est bon ? Pour faire plaisir à des gens qui manquent de rigueur (c’est vous même qui le dites) et produisent trop souvent d’infâmes piquettes d’appellations totalement incontrôlées ? Les conditionalistes devraient-ils faire des efforts pour davantage manquer de rigueur, afin qu’on se rencontre à mi-chemin, entre deux eaux avec ou sans vin ? Quels types d’efforts nous demandez-vous donc ? Si c’est de renoncer à notre esprit critique et investigateur, c’est évidemment hors de question.

Vous dites que « nous avons beaucoup à apprendre de nos différences. Nous pourrions y trouver des complémentarités ». Je ne partage pas votre opinion. L’astro-symbolisme, je l’ai pratiqué à mes débuts pendant quelques années. Je le connais. Je l’ai dépassé, et je sais par moi-même, expérimentalement, ce qui fait la différence. Quant aux complémentarités, je n’y crois pas si elles se bornent, comme vous le proposez, à « réserver les communications scientifiques aux conditionalistes et confier les débats philosophiques aux symbolistes ». Le conditionalisme est également très doué pour la philosophie (le R.E.T. est un remarquable et original outil philosophique). Nous ne voulons pas, je ne veux pas, être la caution pseudo-scientifique « présentable » pour masquer l’incohérence et la déraison qui sont le lot la majorité des astro-symbolistes.

« Ce qui importe est l’image de l’astrologie », dites-vous. Vous avez raison, mais les fondements de l’astrologie sont encore plus importants. Une astrologie fondée, rationnelle, vivante, imaginative et contemporaine peut donner d’elle-même une image attrayante et valorisante pour peu que l’on s’en donne le temps (beaucoup de temps), la peine (beaucoup de peine) et les moyens (beaucoup de moyens). Les radotages, le manque de rigueur, de crédibilité et l’irrationalisme de la plupart des représentants de l’astro-symbolisme dominant rendent extrêmement improbable cette démarche pour l’instant. La meilleure preuve de ce fait, c’est vous-même qui la donnez en songeant à ce partage des tâches qui consisterait à faire monter des conditionalistes (que vous prenez à tort pour des scientistes) au premier rang de la communication « scientifique-rationaliste »… alors que nous contestons la légitimité abusive que « la science » s’est souverainement octroyée, tout comme nous dénonçons l’irrationalisme magico-symboliste.

Je suis ravi que vous vouliez « bien reconnaître la pertinence du discours conditionaliste ». Il ne vous reste plus qu’à le tester dans la pratique… pour vous apercevoir que ce n’est pas qu’un discours. Mais vous sous-estimez l’importance numérique des conditionalistes et c’est sans importance. Je préfère avoir raison avec deux personnes et n’être pas médiatiquement reconnu plutôt qu’avoir tort avec trois cent entourés de micros. Le respect que je dois à l’astrologie est à ce prix.

Article paru dans le n° 16 du Fil d’ARIANA (octobre 2001).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- A propos de l’astrologie anthropologique
- Astrologie canine, astrologie cynique ?
- Astrologie et astrologies
- Astrologie humaniste et conditionalisme
- Astrologie tibétaine
- Astrologie tragi-karmique
- L’astrologie chinoise
- L’astrologie karmique : une escroquerie intellectuelle et spirituelle
- L’astrologie sidéraliste, une astrologie sidérante
- Manifeste conditionaliste
- Yves Ouatou et les Zastrologues
- Yves Ouatou et les Zécoles d’astro


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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