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Lady Diana, le Cancer des médias

Paris, 31 août 1997. L’horloge du tableau de bord affiche 00 h 25. Une luxueuse limousine, lancée à toute vitesse pour échapper à la meute de ses poursuivants, percute avec une terrible violence un des piliers du Pont de l’Alma. À l’aube, les médias du monde entier annoncent la nouvelle de la mort de Lady Diana. En quelques minutes, une princesse de pacotille se transforme en mythe moderne, intouchable madone des déshérités de la Terre. Celle que les médias crucifiaient aux unes des journaux à scandale monte tout à coup à la droite de Dieu, par la grâce des mêmes « journalistes ».



Un garçon manqué ?

Lorsque Diana Frances Spencer voit le jour à Sandringham (52° 50’ N, 0° 30’ E) le 1er juillet 1961 à 18 h 45 TU, son père n’est tout d’abord pas très satisfait. Le vicomte Althorp, 8e comte Spencer, aurait préféré avoir un garçon. C’est bien le seul côté « garçon manqué » de la petite Diana. Avant de passer à l’étude de son thème natal et du mythe qu’elle est devenue après sa mort, rappelons brièvement de quel milieu elle vient et quel type d’enfance elle a eu : ces influences nous forgent aussi sûrement le caractère que notre thème astral.

Diana est née au sein d’une famille très aisée de la petite noblesse. Pendant ses jeunes années, elle n’a jamais manqué de rien sur le plan matériel, mais presque de tout sur le plan affectif. Ses parents ne s’entendaient pas. Son père, froid et lointain, était la plupart du temps absent. Sa mère, qui passait son temps à se lamenter sur ses ambitions rentrées et l’échec de son mariage, confiait l’éducation de Diana et de son frère cadet à des nourrices qui se succédaient à un rythme trépidant. Ils divorcèrent alors que Diana n’avait que 8 ans. Ce fut un traumatisme pour elle et une première pour l’aristocratie anglaise.

De châteaux lugubres en pensionnats pour jeunes filles riches, Diana fût éduquée pour tenir son rang de rejeton d’une famille noble. Pas de quoi épanouir qui que ce soit. Pas douée du tout pour les études, elle n’aimait que la danse, mais dut renoncer à cette passion à cause de sa trop grande taille. Le reste, vous le connaissez sans doute : le mariage malheureux avec le prince Charles en 1981, leur séparation en 1992, la naissance de deux princes, dix-huit ans de frénésie médiatique et de scandales photogéniques…

Espiègle et orgueilleuse

La configuration planétaire dominante du thème de Lady Diana est la conjonction Soleil-Mercure qui se couche dans le Signe du Cancer. Une certaine astrologie a fait de Mercure la planète de l’intelligence. La princesse ne brillait pourtant pas, c’est le moins qu’on puisse dire, par ses qualités intellectuelles. Peut-être vaudrait-il mieux parler, à propos de Mercure, de « bonne intelligence », c’est-à-dire d’aptitude à communiquer, à chercher à entrer spontanément en contact avec les autres. En ce sens Diana, qui a toujours été une personne drôle, joueuse, communicative, même dans les périodes les plus dramatiques qu’elle a vécues, était bien une « mercurienne ». Elle en avait les qualités, mais aussi les défauts : la superficialité, la dispersion, l’inconséquence. Toujours à propos de Mercure, l’un de ses biographes relate son « sens de l’humour sans méchanceté, par moments chargé d’auto-dérision » : quand on est mercurienne, on a beau être princesse, on n’arrive pas toujours à se prendre tout à fait et tout le temps au sérieux…

Diana n’était pas que mercurienne : elle était aussi puissamment influencée par le Soleil. Un Soleil dominant donne le besoin de paraître, d’être reconnu, inconditionnellement accepté et admiré non pour ce que l’on fait, mais pour ce que l’on représente. De ce côté-là, elle a fait très très fort : « Elle est sensible aux critiques des journaux mais continue pourtant, malgré les suppliques de ses amis, à gober chaque mot qu’ils écrivent sur elle… Heureuse qu’on la loue, elle est affligée quand on la critique », remarque Andrew Morton, son biographe autorisé, tandis qu’une des amies souligne que « Sa crainte la plus profonde est d’être oubliée ou rejetée ».

La coquille du Cancer

Avec une conjonction Soleil-Mercure dominante en Cancer, Diana était à la fois extrêmement sociable, ouverte, prête à toutes les rencontres (Mercure) pourvu qu’elle se trouve en terrain connu, en connivence (Soleil) mais aussi très soucieuse de se protéger du monde extérieur (Cancer) : « Lorsqu’elle se sent en confiance, elle occupe l’espace et renverse les obstacles. Mais dès que son armure prend un coup, elle rentre dans sa coquille ».

Paradoxe de Soleil-Mercure en Cancer : on veut s’ouvrir aux autres, mais pouvoir à tout moment s’en protéger. On veut accrocher leur attention, attirer leur sympathie indulgente, faire l’intéressant pour qu’ils s’intéressent à nous, mais on ne veut pas se laisser envahir. D’après une de ses proches amies, Diana « encourage la familiarité, mais lorsque quelqu’un se rapproche trop, elle se referme, terrifiée à l’idée que celui qui la connaît bien s’aperçoive qu’elle a moins à offrir qu’on ne l’imagine à la voir ». On ne saurait mieux décrire Soleil-Mercure en Cancer. Elle a le même genre de réactions avec la troupe de journalistes qui la suit dans ses moindres mouvements : « Tantôt elle s’en allait joyeusement skier avec les journalistes pour, l’instant d’après, éclater en sanglots devant les photographes en les suppliant de la laisser tranquille ».

Les gens fortement marqués par le Cancer et la Vierge (c’est le cas de Lady D.) ressentent puissamment la nécessité de mettre des barrières entre eux et le monde extérieur. Dans un milieu clos aux frontières bien délimitées, ils se sentent à l’abri des agressions réelles ou imaginaires. La coquille protectrice de la cancérienne Diana voulait tout contenir. Description de son salon du palais royal de Kensington : « Son salon, encombré d’une foule innombrable d’animaux en faïence, de photos encadrées, de boîtes d’émail et de figurines qui lui apportent un réconfort, donne d’elle l’image d’une femme qui essaie de se protéger des incursions du monde extérieur ».

La représentation permanente

Dans le système R.E.T. (initiales de Représentation-Existence-Transcendance) découvert par l’astrologue Jean-Pierre Nicola, le Soleil et Mercure ont un point commun : ces deux planètes sensibilisent à la Représentation extensive, qui concerne le besoin de paraître, de diffuser et déployer son image, d’être implicitement reconnu et valorisé. Pour le commun des mortels, une conjonction Soleil-Mercure dominante fait, en positif, les individus sociables, ayant une grande soif d’être un centre d’intérêt évident au sein de leur groupe. En négatif, elle les rend dépendants de l’estime et de l’opinion d’autrui, inconsciemment narcissiques et exagérément influençables.

Lady D. n’appartenait pas au commun des mortels : personnage en vue, aristocrate mariée à un membre d’une famille royale, cette tendance à la « représentation extensive » a pris chez elle des proportions monumentales. Placée en permanence sous les feux des projecteurs au rythme frénétique des trompettes de la renommée, elle n’a pas su résister à la tentation de la gloire, de la célébrité et des paillettes : « Comment échapper à l’égocentrisme, lorsque la moitié du monde observe tout ce que vous faites », s’interroge son biographe A. Morton. Moins indulgent, un ami de la Reine observe qu’elle « ne peut plus se passer des feux de la rampe que son mariage a braqués sur elle. C’est comme une drogue. Pour nourrir ce désir insatiable, elle est prête à tout ».



La Reine Élisabeth d’Angleterre, il est vrai, est née sous une dominante Mars-Jupiter-Saturne et avec un Soleil “aveugle” qui l’éloigne sans peine des séductions et tentations des médias et de la Représentation : rien à voir avec la Princesse de Galles. L’oraison funèbre de Diana, prisonnière de la Représentation permanente, fut sans indulgence mais prophétiquement prononcé dès 1992 par l’évêque de Petersborough : « Quand on vit par le biais des médias, on doit mourir par le biais des médias ».

Les attentes des autres

Une conjonction Soleil-Mercure dominante incite également à se plier aux attentes d’autrui pour mieux se faite accepter… au risque d’éprouver les plus extrêmes difficultés à être soi-même. On se transforme alors en image attractive, en marionnette médiatique à l’intériorité désertée, à l’intimité dévastée… ou bien on se conforme scrupuleusement aux codes et règles implicites de son milieu social pour éviter de décevoir, d’être rejeté, mal vu, incompris : « Lorsque je me rends au Palais pour une garden-party ou une réunion au sommet, observait Lady Diana, je suis une toute autre personne. Je me conforme exactement à ce qu’on attend de moi, afin qu’ils ne puissent pas me prendre en défaut lorsque je suis en leur compagnie ».

À d’autres moments, lorsqu’on est moins prisonnier ou plus conscient de son image, la même conjonction Soleil-Mercure dominante pousse à se montrer spontané, naturel dans les relations humaines. Un tel comportement était pour Diana, déjà corsetée par une sévère éducation aristocratique, quasiment antinomique avec la stricte étiquette de la royauté britannique, qui impose à ses membres de se montrer sous un jour froid, austère, compassé. Sa dominante mercurienne ne pouvant plus supporter ce pesant carcan, Diana essaya à sa manière naïve et malhabile de changer l’image de marque de la Couronne : « Son ambition serait de créer un style plus détendu, fait de spontanéité et de simplicité mêlées ». Le meilleur qu’auraient pu donner Soleil-Mercure dans ce contexte très particulier. Son divorce et sa mort ne lui ont laissé ni le temps ni l’occasion…

Diana et l’amour

Diana passait pour être une grande séductrice, presque un sex-symbol… et pourtant, à l’inverse de Marilyn Monroe ou de Brigitte Bardot par exemple, Vénus n’est pas du tout dominante dans son thème. Dans la réalité, elle éprouvait les plus grandes difficultés à vivre spontanément son affectivité. Avec une Vénus peu valorisée, opposée à Neptune et carré à Mars-Uranus, elle vivait les sentiments comme un dangereux vertige sur laquelle elle n’avait aucune prise et qui, à la limite, lui faisaient peur.

Dès sa séparation d’avec le prince Charles, elle fut assaillie par des meutes de prétendants. Contrairement à la scandaleuse et libre Sarah Ferguson (née sous une conjonction Vénus-Pluton dominante), Diana n’avait pas une nature érotique et désirante : « Dès qu’ils commencent à me dire que tout le monde est follement amoureux de moi, c’est le rejet immédiat. Je trouve ça répugnant », confessait-elle. D’après le psychologue Dennis Friedman, qui la connaissait bien en tant que patiente, « Diana recherche l’amour à distance, une idylle par téléphone, non l’union véritable ». Elle demandait moins aux hommes de la séduire, de vivre une réelle relation de couple, que de la distraire sans qu’elle se sente trop impliquée dans la relation (on retrouve là sa dominante mercurienne, peu portée aux fixations affectives).

L’amour chez Diana, il faut peut-être plutôt le chercher du côté du trigone que Neptune envoie à sa conjonction Soleil-Mercure : une sensibilité frémissante à l’égard (à l’écart ?) des marginaux, des exclus, des recalés de l’existence qui a contribué à façonner son mythe de « princesse des déshérités ». Généreuse et compassionnelle, Lady D. ? Oui, mais pourvu que la générosité et la compassion la mettent en vedette des télés et des magazines… Et puis après tout, s’occuper de « bonnes œuvres » n’est jamais qu’une obligation sociale de princesse. Diana n’a jamais renoncé à son train de vie d’un luxe effréné pour mettre sa fortune au service des pauvres.

Une fin de millénaire désenchantée…

Qu’est-ce qu’un mythe ? Selon les définitions, c’est soit la transposition, sur le plan de la légende, de l’imaginaire, de réalités collectivement vécues, soit une pure construction de l’esprit ne reposant sur aucune réalité, soit une représentation symbolique influençant la vie sociale. L’humanité a toujours eu besoin de mythes. À ses débuts, elle a transformé les forces inconnues de la nature en dieux mythiques. Quand le mythe du Dieu unique et barbu a battu de l’aile en occident, le mythe du Progrès l’a remplacé. Même les rationalistes les plus ennemis des mythologies ont mythifié la Raison raisonnante, principe suprême de l’homme universel. À chaque peuple, à chaque époque ses mythes.

Notre époque, précisément, et surtout en occident, est bien orpheline de mythes. Les dieux ne font plus recette. Le Progrès, on n’y croit plus. La Raison raisonnante s’effrite dans l’immense inconnu d’un cosmos définitivement insaisissable par ce seul moyen. Il y a bien le culte du Veau d’Or, de l’argent-roi, pathétique resucée moderne d’un très vieux mythe… mais il ne parle pas à nos âmes, il ne stimule pas notre imaginaire, il ne donne pas de sens métaphysique à nos existences.

En cette fin de siècle et de millénaire déboussolée dans ces sociétés de plus en plus individualistes où se dissout l’antique lien collectif cimenté par la croyance inconsciemment partagée en de mêmes valeurs mythiques, nous ne savons plus à quoi nous raccrocher, nous identifier, dans quels modèles nous reconnaître. Nous vivons de plus en plus dans un monde d’images, virtuelles ou non, dans un monde de paillettes télévisuelles qui essaie de nous faire oublier les difficiles perspectives auxquelles est confrontée l’espèce humaine.

Le mythe Lady D.

Qu’est-ce que Lady D. ? Un mythe moderne. Sa pauvre vie de petite fille riche enfermée dans une cage dorée est devenue une légende. Peu importe sa pathétique et véritable existence : au fond, Lady D. n’est qu’une construction de l’esprit collectif. Nous voulons nous reconnaître dans une belle et riche princesse pleine de compassion médiatique. Et tant pis si dans la réalité elle n’était qu’une enfant boulimique, névrosée et malheureuse. Le mythe est une pure représentation qui se moque de l’existence concrète. Par essence, le mythe est irréaliste : « Jamais je ne la qualifierais de réaliste » est une remarque qui émane souvent de ses amis », note A. Morton. Diana vivait dans un monde d’images. Elle était devenue une image collective, c’est-à-dire un mythe.

Dans le système R.E.T., la formule du Soleil, dominant chez Lady Diana, est la « représentation de la Représentation », ce qui signifie le maintien et la reproduction de l’image, du principe, du symbole… et donc du mythe. Étant elle-même une image publique en perpétuelle représentation, et vue sa situation de jolie princesse de conte de fées (les contes de fées sont aussi des mythes), elle n’a eu aucune difficulté, pour le meilleur (lequel ?) et surtout pour le pire, à endosser l’uniforme du mythe : elle prêtait le flanc, de par la forte composante solaire de sa personnalité, à toutes les mythifications et mystifications.

Et si Diana n’était pas morte si jeune ? Serait-elle parvenue à se dépouiller de cette image encombrante ? Rien de moins sûr : micros, objectifs et caméras l’attiraient irrésistiblement. Il lui aurait fallu faire des efforts surhumains pour devenir elle-même. Ce n’était pourtant pas totalement impossible : Brigitte Bardot, solaire comme Diana, a réussi à casser l’entreprise de mythification dont elle était l’objet au même âge. Et puis si Diana est devenue un mythe, c’est parce qu’elle est morte, et non parce qu’elle était vivante. Si elle vivait encore, elle ne serait probablement qu’une image traquée par des chasseurs d’images, autant dire une vulgaire starlette. Sa vie était une mystification, sa mort l’a sanctifiée, élevée au rang de mythe.

« La lucidité est la blessure la plus proche du Soleil », disait le poète. À lire ses biographes, Diana semblait se rendre compte lucidement, à la fin de sa courte vie, à quel point elle n’était jamais elle-même et à quel point il lui fallait se retrouver. Les paparazzis qui pourchassaient leur proie angoissée, récalcitrante et consentante, ne lui en ont pas laissé le temps, mais le plus célèbre Cancer des médias n’a pas fini de faire des métastases…

Article paru dans le n° 3 d’Astrologie naturelle (juillet 1998).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard


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