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| Publié le : 26 novembre 2004
Carré à l’Ascendant, point nonagésime, domifications et hauteurs
“Par définition, le plan méridien, sur lequel est situé le MC, est perpendiculaire au plan de l’horizon, contenant l’AS. Donc un astre n’est au carré exact de l’AS que s’il est situé sur la pointe des maisons X et IV (je résume). Dans les Cahiers Conditionalistes p. 14, tu dis qu’il faut valoriser la ou les planètes les plus hautes (+ ou - 90° de l’AS). Dans nos représentations latines de la carte du ciel, une planète peut aisément se trouver à 90° de l’AS sans être pour cela sur la pointe de la X ou de la IV. Je pense que tu devines ma question : quand une planète est-elle astronomiquement au carré de l’AS ? Lorsqu’elle forme un angle de 90° par rapport à l’AS ou lorsqu’elle se trouve sur la pointe de la X ou de la IV ?” (Maurice Worme).
Définitions de la quadrature et de la domification Le carré est un écart angulaire de + ou + 90° entre deux astres. Cet angle est mesuré en degrés d’écliptique, et appartient donc au référentiel géocentrique. Dans un référentiel spatial, cet écart angulaire mesure la distance qui sépare deux astres ; dans un référentiel temporel, cet écart angulaire indique que ces deux astres se trouvent au quart ou aux trois quarts de leur intercycle. Or on sait que l’astrologie privilégie le référentiel temps. Dans cette optique, un angle de 90° n’est pas une figure géométrique figée dans un espace statique, mais la représentation spatiale d’un phénomène temporel cinématique, dynamique. La domification consiste à situer précisément la position des Angles et Maisons dans la sphère locale (sphère géo-topocentrique dont le centre est l’œil de l’observateur) : “En termes simples “domifier”, c’est calculer l’orientation exacte de la Terre pour un lieu et une heure donnés (1)”, ce grâce à la connaissance du temps sidéral de naissance. Hauteur et point nonagésime En l’absence de toute domification, la planète la plus haute d’un thème se trouve exactement perpendiculaire au centre du plan horizontal, sur un cercle de latitude passant par le zénith, et par conséquent situé à 90° d’écliptique de l’axe Ascendant-Descendant. Le point ayant la hauteur maxima au moment de la naissance, compte non tenu des coordonnées géographiques (latitudes, longitudes) du lieu d’observation s’appelle ainsi point nonagésime (2). Cette définition de l’astre le plus haut de la sphère locale élimine également toute référence à sa position en Signe (il n’est donc pas tenu compte de la durée de passage de ce Signe, et donc de l’astre qu’il contient, sur l’un des points de la sphère locale (axes AS-DS et MC-FC et cuspides des Maisons), cette durée de passage étant induite par la latitude terrestre du lieu d’observation. En ce sens, si l’on élimine toute domification hormis la division élémentaire de la sphère locale en hémisphères diurne et nocturne séparés par le plan horizontal (c’est la seule base commune à tous les systèmes), l’astre le plus haut d’un thème à l’instant précis de la naissance se situe donc au carré (90° d’écliptique) de l’AS. C’est le cas de Saturne dans le thème d’exemple (voir fig. ci-dessous) ; en domification Placidus et Régiomontanus, Saturne se trouve sur la pointe de IX, en orbe de carré à l’AS ; en domification Campanus, Saturne est toujours au carré de l’AS, mais cette fois en Maison VIII.
Culmination supérieure et point nonagésime Deuxième exemple : pour le même jour et le même lieu, mais un peu plus tôt dans la journée, Saturne est cette fois exactement angulaire au méridien supérieur. Il est à cet instant situé sur un autre cercle de latitude, le cercle méridien. Ce cercle est par définition, comme le cercle nonagésime, parallèle au plan horizontal et donc à l’axe AS-DS. La position de Saturne au MC indique que cet astre a atteint sa hauteur maximale au cours du mouvement diurne.
Il faut donc préciser la différence entre point nonagésime et point MC. Rappelons les définitions : le point nonagésime définit le point de l’écliptique ayant la hauteur maxima à l’instant de la naissance, alors que le point MC définit le point qui atteint sa hauteur maxima au cours du mouvement diurne. Il s’agit donc de deux référentiels différents.
Cette distinction entre les deux référentiels est essentielle pour comprendre qu’une planète est au carré de l’AS à la fois lorsqu’elle est située sur le point nonagésime et lorsqu’elle est située sur le MC, mais dans deux systèmes de coordonnées différents. Elle permet également de comprendre que la planète la plus haute en coordonnées écliptiques (nonagésime) n’est pas nécessairement cette qui culmine : cette dernière peut même se trouver à la pointe de XI ou de IX. D’où les définitions suivantes :
Ceci dit, les deux systèmes de coordonnées interfèrent. Deux positions extrêmes sont possibles :
C’est le cas dans le thème d’exemple n° 1 : Saturne est au carré d’écliptique de l’AS, mais au “trigone de domification” de ce même AS, de part sa situation sur la pointe de IX en domification Placidus (voir l’article consacré aux aspects aux angles dans le Fil d’ARIANA n° 3) ou Régiomontanus... et sans aspect à l’AS en domification Campanus. Tout change également si l’on utilise le système de domification à “Maisons égales” ou Modus Æqualis (3). Les systèmes de domificationUne fois calculé le temps sidéral de naissance (TSN), tout est simple pour l’astrologue débutant : il lui suffit de prendre sa table des Maisons pour savoir sur quel degré d’écliptique se trouvent l’Ascendant, le Milieu-du-Ciel et les pointes (cuspides) des Maisons. Il ignore en général qu’existent plusieurs systèmes de domification, et quand il ne l’ignore pas, il ne s’en soucie guère. Le problème est pourtant d’importance, et l’application de la grille de hiérarchisation proposée dans le Manuel d’astrologie universelle à un thème domifié selon les méthodes de Placide, Campanus, Régiomontanus ou Porphyre ne donnera pas les mêmes résultats. Domification Placidus
En s’en tenant à la grille de hiérarchisation du Manuel d’Astrologie universelle, Lune, Soleil et Mercure sont en angularité rapprochée avec l’AS et le FC. Mars à l’AS et Vénus-Pluton au DS sont en angularité large (environ 1/2 des Maisons I & IV. Saturne est en Maison IX, à la limite de la III. Domification Régiomontanus
Rien de changé pour l’angularité lunaire. Celle de Mars est encore plus large que dans le système Placidus : il se trouve exactement à 1/2 de la Maison I ; les angularités du Soleil et de Mercure sont plus lâches, celles de Vénus et Pluton plus rapprochées et cette fois, Saturne est en Maison VIII, à la limite de la IX. Domification Campanus
Les angularités de Lune, Mars, Vénus et Pluton sont rapprochées. Mercure et Soleil ne sont plus angulaires. Saturne est nettement en Maison VIII et Uranus en Maison II selon les systèmes de domification précédents, est en fin de Maison I chez Campanus. Domification Modus Æqualis-AS
Le MC n’est plus l’intersection entre le méridien et l’écliptique, mais le point nonagésime. Angularités rapprochées de Lune, Vénus et Pluton. Saturne devient angulaire, puisque proche du point nonagésime/MC. Soleil et Mercure ne sont plus angulaires. Jugez-en : en système Placidus (le plus couramment utilisé, il a servi de base astronomique à notre grille de cotations), la hiérarchie planétaire (sans prendre en compte la domitude) natale est la suivante : 1. Lune ; 2. Mars (limite), 3. Vénus (limite), 4. Pluton (limite), 5. Mercure, 6. Soleil, 7. Neptune, 8. Saturne, 9. Jupiter, 10. Uranus. En prenant en compte la domitude (position réelle), on s’aperçoit que Vénus est beaucoup plus proche du DS que sa projection sur le plan écliptique ne le laisse croire, que Mars est vraiment limite et que Pluton n’est plus considéré comme angulaire :
En système Campanus (sans domitude donc), nous avons : Lune-Mars-Vénus-Pluton-Neptune-Mercure-Jupiter-Saturne-Uranus-Soleil. Le système Régiomontanus donne le même ordre que celui de Placidus, mais l’angularité du Soleil (sans aspect) est moins nette, voire même disparaît : il pourrait ainsi passer, selon les orbes qu’on se donne, de la 5e à la 10e place, d’un rang de dominante à un rang de non-dominante absolue, ce qui ne manquerait pas de changer l’interprétation qu’on ferait de ce thème ! Sans entrer dans les détails des bases astronomiques qui fondent les différents systèmes de domification (4), notons que la grande majorité s’accorde sur un point, astronomiquement indubitable il est vrai : la mesure des positions de l’AS et du MC. Ils diffèrent par contre sur la manière de découper les quatre quadrants de la sphère locale en 12 secteurs ou Maisons : faut-il comme Campanus diviser le premier vertical du lieu en 12 portions de 30° chacune, ou comme Régiomontanus diviser l’équateur en 12 portions de 30° toujours, et projeter ensuite géométriquement la première ou la seconde division sur l’écliptique ? Ou faut-il, comme dans le système attribué à Placide, procéder à l’équipartition de tous les semi-arcs diurnes et nocturnes ? Du choix d’un système de domification dépendent les limites et l’étendue des Maisons. Ceux qui croient à leurs significations traditionnelles pourront alors se demander si le Saturne d’Aznavour est plutôt en Maison IX à la mode placidienne (grands voyages philosophico-mélancolico éprouvants ?) ou en VIII à la mode campanienne (mort longue et douloureuse dans la vieillesse ?)... mais passons : ce n’est pas le sujet de cet article. C’est la méthode placidienne basée sur la tripartition des semi-arcs qui est la plus cohérente avec le réel astrologique, lequel privilégie la dimension du temps : elle permet en effet de mesurer réalistement les positions exactes qu’occupent, dans les secteurs de la sphère locale, les astres situés exactement sur le plan de l’écliptique (5). Un “thème des hauteurs” ? La question que pose notre ami montre à quel point il est nécessaire d’être précis dans les définitions, en astronomie comme en astrologie. Dans l’article Hiérarchisation des aspects et aspects aux Angles paru dans le Fil d’ARIANA n° 3, nous avions déjà souligné que traiter la distance angulaire séparant un astre de l’AS ou du MC comme un aspect au sens inter-planétaire du terme (voir définition en section 1 du présent article) n’est sans doute pas approprié.
Ceci dit, reste à traiter le problème de l’influence éventuelle et donc de l’interprétation possible du “thème des hauteurs”. Il est en effet possible, pour chaque thème, d’établir une “hiérarchie des hauteurs”, de la planète la plus haute (n° 1) à la plus basse (n° 10). Pour le thème d’Aznavour, elle donne le classement suivant : Saturne-Jupiter-Neptune-Lune-Vénus-Mars-Pluton-Uranus-Soleil-Mercure. Cette hiérarchie des hauteurs ne met pas en cause la hiérarchie planétaire telle que vous la connaissez et la pratiquez déjà. Mais elle existe, et signifie peut-être quelque chose... Notes : 1. Les Maisons égales en astrologie, Yves Christiaen, Ed. Dervy. 2. Du latin nonagesimus, quatre-vingt dizième, point de l’écliptique éloigné de 90° des points d’intersection de l’horizon et de l’écliptique. 3. Système de domification qui connaît deux variantes. Selon la variante “Maisons égales-AS”, le MC n’est plus l’intersection entre le plan méridien et le plan écliptique, mais le point de l’écliptique qui se trouve à 90° de l’AS dans l’hémisphère diurne, donc le point nonagésime ; les quatre quadrants ainsi définis sont eux-mêmes divisés en trois portions d’écliptique (Maisons) égales en étendue. Selon la variante “Maisons égales-MC”, l’AS n’est plus l’intersection est entre le plan horizontal et l’écliptique, mais le point d’écliptique qui se trouve à 90° du MC dans la direction de l’ESt, les Maisons étant calculées comme dans la première version. Ce système, qui néglige totalement la hauteur maximale d’un astre au cours de son parcours diurne et confond MC et point nonagésime, n’est plus de nos jours utilisé par aucun astrologue sérieux. 4. Si ces problèmes techniques vous intéressent et si les formules trigonométriques ne vous font pas trop peur, lisez alors La domification et les transits de Max Duval (Ed. Traditionnelles) ou Les Maisons égales en astrologie (op. cit.). 5. Pour les astres ayant une forte latitude écliptique comme la Lune, Mercure, Vénus, Mars et surtout Pluton, les Tables des Maisons de Placidus sont en revanche imprécises, puisqu’elles sont calculées uniquement en fonction des semi-arcs solaires. Article paru dans le n° 4 du Fil d’ARIANA (octobre 1996). Voir aussi :
Cet
article vous a été proposé par :
Richard Pellard
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