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| Publié le : 15 novembre 2003
Dépasser ou se débarrasser du R.E.T. ?
Où, quand, comment, pourquoi ?
Je m’étais promis de vous entretenir des polémiques qui font tellement de mal à la réputation de l’astrologie qu’on ferait mieux de les interdire pour avoir la paix. Polémique vient de la racine grecque pomelo qui signifie guerre, mais si polemikos, veut dire guerrier, le mot n’évoque plus qu’une hostilité discoureuse. Faut-il renoncer aux discussions batailleuses des savants, artistes, politiques et même théologiens, pour en venir aux mains comme de vulgaires conducteurs de la semaine et du dimanche ? A cette question d’intérêt général, j’ai préféré aborder la principale raison des polémiques autour du conditionalisme : le R.E.T.
Il m’est revenu à l’esprit, - tant pis si je l’ai déjà raconté - qu’à la fin des années 50, lorsque j’ai montré mon bambin à un public silencieux, les ténors ont pris la parole pour jeter l’enfant au feu. Jean Carteret à expliqué qu’il y avait la quelque chose d’aussi beau qu’une toile d’araignée... que l’on détruit d’un doigt, comme on écrase un éphémère. En souvenir de cette remarque d’entomologiste et du rire d’un de ses disciples savourant à l’avance la découverte d’une transplutonienne qui anéantirait ma toile d’araignée, j’ai commandé un R.E.T. en fer forgé de 70 cm x 70 cm, et 2 cm d’épaisseur. Très beau. On peut y mettre le doigt. J’y mettrai un nid d’araignées. Jamais transplutonienne ne fut tant attendue en une quarantaine d’années... Attente d’autant plus vaine qu’une 10e planète, et davantage, ne changerait rien au modèle. On peut parfaitement multiplier une fonction planétaire en affectant de coefficients différents les composants de sa formule. L’étonnant est qu’il n’y a, dans le système solaire, qu’une planète par fonction, au lieu de 2 ou 3. Celle de Jupiter, par exemple, pourrait se nuancer par différentes pondérations d’Existence, de Représentation, de non-Transcendance ! L’enfant R.E.T. condamné par les discoureurs à survécu. Grandi, chéri par celles et ceux qui lui prédisaient un grand avenir... Rabaissé par le plus grand nombre à un avorton de la philosophie. Son destin reste un sujet de polémique, et la question toujours posée : faut-il dépasser ou se débarrasser du R.E.T. Mais, alors : où, quand, comment, pourquoi ? Où ? Pour s’en débarrasser tous les dépotoirs sont bons. L’abandon sans nom au bas d’une page d’encyclopédie en est un. Il y a le risque des voisins qui dénoncent. Heureusement les voisins n’aiment pas les polémiques et, tandis que leurs oreilles guerrières se dressent, leurs yeux se ferment pacifiquement. Les placards à typologies font d’excellents débarras. On peut, comme pour les accidentés au bord d’une route, accélérer d’autant plus vite qu’il vaut mieux n’avoir rien vu. Le dépassement est à la portée des conditionalistes qui ne coupent pas la tête et les jambes d’un héritier prodige sous prétexte de développer son affectivité en largeur. Ce n’est pas dépasser que de diminuer une hauteur, et on ne dépasse que ce dont on a la mesure. Le R.E.T., mesurable par ses fondements astrométriques et mathématiques, a des chances d’échapper aux coupeurs de tête, trouver des continuateurs ailleurs que dans le milieu des astrologues. Pour favoriser cette hypothèse de survie, le concepteur lucide laisse des messages dans un réceptacle moins hostile que les placards encyclopédiques. Quand ? Dès que l’initiateur à énoncé ses principes dérangeants, pour les rendre acceptables le mieux est qu’il s’en aille au plus vite. J’ai analysé ce phénomène dans le Livre d’Uranus publié par le COMAC. La mythologie et les westerns m’ont aide à concevoir pourquoi un fondateur devient rapidement le premier obstacle à liquider pour rétablir l’équilibre qu’il a rompu. Si l’explication vous parait saugrenue, criez donc sur les toits que vous savez où se trouve un trésor. On sera sur les lieux avant vous ; je doute de la gratitude autant que du dédommagement qui vous reviendrait. L’argument "place aux jeunes", toute théorie doit évoluer d’une génération l’autre, est fallacieux. Une théorie n’évolue pas parce que meurent les vieux, mais parce que de nouvelles voies, à partir de celles ouvertes, s’offrent sans distinction d’âge ou de sexe, aux continuateurs compétents qui changent, développent ce que de moins aptes, ou moins honnêtes, déplacent, raccourcissent, déforment, s’approprient. L’initiateur conscient de l’impatience de ses challengers préserve sa pensée des hâtes ambitieuses en précisant les points qu’il espère incontournables. Mais toutes les matières ne sont pas d’une égale rigidité. II en est de fort élastiques. La psychanalyse à donné lieu à des psychanalyses parce que la sexualité et le psychisme ne se mettent pas en équations, et échappent aux nombres malgré les statistiques. De même, l’astrologie symboliste autorise autant d’astrologies qu’il y a d’interprétations possibles d’un symbole selon les cultures, les époques, les interprètes. Le R.E.T. n’a pas cette élasticité. Les efforts de distorsion auxquels il a déjà été soumis, sans succès notable, en témoignent. Ce défaut de souplesse ou excès de rigueur irrite les habitués du tripatouillage. Le comment se déduit du précèdent paragraphe. Pour le déblayage, la déclaration d’hostilité à tous les systèmes rebelles aux barbotages de la sensibilité ne fait pas longtemps recette. La forme systématique de cette opposition contredit ce qu’elle réprouve. Les réductions à la banalité, l’antériorité, sont trop ordinaires pour convaincre si le système persiste à se répandre. Le mieux est de le falsifier en ce qu’il n’est pas ou le circonscrire à sa partie malléable. Toutefois, derrière le R.E.T. il y a le Logoscope, et s’il est facile de bidouiller les lettres, le diagramme, les définitions, pour un dépassement sérieux, ce n’est pas de la partie apparente de l’iceberg qu’il faut s’informer, mais de l’ensemble et de ses fondements. Etant donné que la partie immergée est particulièrement compacte, les déménageurs évitent de s’y coller. Le Logoscope est la face Intégration du R.E.T., le R.E.T la face Relation du Logoscope. Ceux qui prennent réellement la suite, ne dissocient pas le produit. On reconnaît le désinformateur et l’incapable à leur occultation du Logoscope. Quel dommage, quel gâchis... quelle erreur aussi pour un système qui ne se laisse pas émietter ! J’aime à le répéter, car il est rare de dire autant de choses en peu de mots : ce micro-modèle d’interactions entre niveaux croissants et décroissants d’une progression binaire et de ses fonctions implicites, déjà confirmé dans les données astrométriques des demi-axes et gravites planétaires, à des chances d’être également présent dans la biologie et la microphysique. Dans mon article sur les symétries, j’ai étendu sa représentativité logico-mathématique aux phénomènes d’interférences et aux transitions énergétiques. Outil de synthèse... sachant ce qu’il embrasse, comment ne pas se réjouir de ce qu’il dévoilera à d’autres que moi ? Devant nos grands Pourquoi métaphysiques et existentiels, (pourquoi la vie, pourquoi la mort, pourquoi lui et pas l’autre ? ), pourquoi le R.E.T. est une question mesquine. On s’en débarrasse pour de plus graves. Mais, à ce moment-là, avec le R.E.T. dans le lot, pourquoi ne pas évacuer tout l’anodin, faire un sort au channe superficiel d’exister ? Raison plus sensée : à la place des réfractaires de bonne foi, je conçois que le R.E.T. ne dispense apparemment aucune illusion consolatrice contre l’angoisse. Il ne comble aucune attente affective autre que la passion intellectuelle d’en savoir toujours plus. Si j’étais mon propre objecteur, je dirais que le Logoscope est un outil froid, presque sans âme. Alors qu’on vient à l’astrologie pour ses mystères et cela de nos errances et complications humaines, on est frustres par l’impitoyable simplicité du système, comme on l’est d’apprendre que l’émerveillement des tours de magie tient à la manipulation d’une physique enfantine. Désillusion : il n’y a rien de sorcier dans la magie des astrologues. Pour remédier aux désenchantements d’une logique sans cœur et relancer le spectacle, certains ont remis le R.E.T. et le S.O.R.I. entre les mains de Dieu. J’ai préféré déposer le Logoscope à I’I.N.P.I. (lnstitut National de la protection Industrielle sous le n° 455. Mais, si Dieu le protège, nul doute que le R.E.T. sera dépassé par de bienheureux chercheurs de paradigmes et paradis perdus. Annexe (Richard Pellard)Doctrine et théorie Le R.E.T. s’apparente à un système d’idées, une organisation de la pensée, une structure noologique. Il me semble utile de préciser les différences entre doctrine et théorie. Faisons appel à Edgar Morin, auteur d’un brillant exposé sur La Nature des idées dans le Hors-Série n° 21 de la revue Sciences humaines : “Un même système d’idées peut prendre deux formes : une forme ouverte (la théorie) et une forme close (la doctrine). La doctrine s’autojustifie par la référence à la pensée de ses fondateurs et à ses postulats fondamentaux... (Elle) se veut invulnérable à tout ce qui va la contredire... Au contraire, les théories peuvent tenir compte des événements extérieurs, quitte à devoir évoluer. Les théories sont donc, en quelque sorte, biodégradables... Une théorie... reconnaît en effet l’éventualité d’être remplacée par une autre théorie, s’il s’avère que cette dernière répond mieux qu’elle au critère qu’est l’exigence de s’articuler sur des faits et des événements tout en conservant une cohérence interne. Il faut toutefois noter que les théories se réfèrent elles aussi souvent à un noyau, somme de postulats difficiles à démontrer, qui en constitue le cœur... Pour récapituler les éléments qui opposent la doctrine et la théorie, on peut dire que la doctrine comporte la fermeture sur elle-même, et la théorie une certaine ouverture. Dans l’une et l’autre, le noyau résiste à l’expérience mais dans la doctrine, il est totalement insensible à l’expérience. De plus, dans la doctrine, le primat est la cohérence interne, ce qu’on peut appeler la rationalisation, alors que dans la théorie, le primat est l’accord entre la logique du système interne et l’univers empirique auquel elle s’applique. Autrement dit, il doit y avoir accord entre la théorie, c’est-à-dire l’argumentation ou l’édifice conceptuel, et le monde auquel elle s’applique. En outre, dans la doctrine, les liaisons entre les concepts sont extrêmement rigides tandis que dans la théorie, seul un lien logique est nécessaire. On peut également dire que l’immunologie des doctrines est extrêmement forte et n’accepte que ce qui la confirme alors que celle des théories ne rejette que ce qui n’est pas pertinent par rapport à son champ de compétences. La doctrine refuse donc toute critique et manie l’anathème ; la théorie accepte, quant à elle, les critiques sous certaines conditions mais elle est animée d’une vigueur polémiste. Enfin, la doctrine est dogmatique et la théorie est flexible”. Le R.E.T. est une théorie, pas une doctrine :
Article paru dans le n° 26 des Cahiers conditionalistes (2e trimestre 1997). Voir aussi :
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