|
|
|
||||||
| Publié le : 13 octobre 2004
Exercice d’interprétation en "aveugle"
Pour devenir un bon astrologue, il est indispensable de prendre régulièrement la peine de décrypter des comportements des individus pour en déduire les grandes lignes de leur thème natal sans même connaître ce dernier : c’est ce qu’on appelle des expériences “en aveugle”, et ce n’est qu’ainsi qu’on perçoit à quel point l’astrologie est un savoir concret, expérimental, vivant.
Préambule Le portrait psychologique qui suit est composé de divers textes empruntés, soit à l’individu lui-même, soit aux témoignages de ses proches, soit à ceux de psychologues ou critiques littéraires qui le connaissent bien. L’ensemble a été refondu et organisé pour en faire un texte homogène, tout en gardant les descriptions exactes faites par les uns et les autres. Le but de l’exercice est de découvrir, après analyse minutieuse et approfondie, quelles sont les dominantes et non-dominantes planétaires de cet écrivain très connu. Dans un premier temps, reportez-vous à la description des fonctionnements astro-psychologiques correspondant à chaque Planète ou famille planétaire. Lisez ces textes afin d’évaluer, après mûre réflexion et analyse approfondie, quelle(s) fonction(s) planétaire(s) transparaissent dans la description de chacun des traits de caractère de cet individu. Dans un deuxième temps, efforcez-vous de deviner quels pourraient être les Aspects dominants de son thème : consonances, dissonances. Ce portrait a été construit de telle manière qu’en principe cela ne vous sera pas trop difficile. Enfin, faites vos pronostics : selon vous, au terme de ce travail, quelles familles planétaires et quelles planètes sont probablement dominantes et lesquelles ne le sont probablement pas ? Donnez précisément les raisons et arguments qui vous ont conduit à procéder à ces choix. Portrait Cet homme est un écrivain qui vit la plupart du temps retiré dans sa maison familiale, écrivant dix à douze heures par jour en peaufinant obsessionnellement son style. Il est habité par une vague aspiration vers une harmonie universelle plus vague encore ; il ne se sent pas plus moderne qu’ancien, pas plus Français que Chinois, et l’idée de la patrie lui a toujours parue étroite, bornée et d’une stupidité infinie. Il a un cercle d’affection très restreint, tout juste quelques vieux amis auxquels il est extrêmement fidèle ; l’humanité l’intéresse peu et les idées politiques le laissent sceptique et indifférent. Il reste toujours naïf et crédule, “gobeur”. Déjà dans sa première enfance, à six ans, pour se débarrasser de lui, un vieux domestique l’envoyait au jardin “voir s’il y était”. Il y allait et il paraît avoir gardé toute sa vie quelque chose de cette disposition. Pour lui, rien ne valant la peine plus qu’autre chose, le temps s’écoule, indifférent. Il voyage comme un désœuvré qui n’a qu’à essayer de tuer le temps, par l’indifférence ou le retour aux souvenirs d’enfance, en dérivant au fil des événements. Chez lui, l’appel du sublime, du grandiose, de l’exotique somptueux est combattu par la volonté de faire malgré tout de la belle littérature avec les médiocres sujets tirés du quotidien. Ses héros rêvent beaucoup et l’importance de la rêverie est un point capital. On rêve plus qu’on agit. Dans son style, il veut obtenir un effet de mouvement uniforme et de coulée, afin que le texte donne accès à la conscience des personnages sans qu’il y ait rupture avec la description de leur être intérieur, par glissement du point de vue externe au point de vue interne : “N’importe, bien ou mal, c’est une délicieuse chose que d’écrire, que de ne plus être soi, mais de circuler dans toute la création dont on parle. Aujourd’hui par exemple, homme et femme tout ensemble, amant et maîtresse à la fois, je me suis promené à cheval dans une forêt par un après-midi d’automne, sous des feuilles jaunes, et j’étais les chevaux, les feuilles, le vent, les paroles qu’on se disait, et le Soleil rouge qui faisait s’entre-fermer leurs paupières noyées d’amour”. Il a ses coups de désirs ; c’était un gaillard solide dans sa jeunesse et qui tirait des bordées de matelot. Les désirs sont très forts chez lui. Tous ses sentiments si intenses et si persistants se mettent très aisément en activité. Il sent très vivement et très facilement. Il a de fortes affections de famille, il montre toujours un grand attachement pour sa mère et pour sa sœur. Dans le contact de la vie de tous les jours, se développe en lui une grosse affectuosité qui n’est pas sans charmes. L’amour tient peu de place dans sa vie quotidienne, et cependant il rêve d’un amour pur, idéal, non satisfait ; sa relation avec sa maîtresse est difficile, discontinue, traversée de multiples disputes et ruptures. Il craint l’intrusion d’une femme dans sa vie, parmi ses projets et ses notes. Sa sensibilité excessive lui fait sentir comme des blessures les banalités stupides que chacun répète chaque jour, et il y a dans sa nature comme une sorte d’impossibilité au bonheur. Lorsqu’il écrit, il jette d’abord sur le papier les mots sans tenir compte des relations grammaticales, comme le peintre qui jette sur sa toile les premières esquisses ; puis il construit la phrase en mettant en valeur les mots essentiels ; enfin, il déclame à haute voix ses textes. De cette manière, les phrases défectueuses ne peuvent résister à l’examen : elles ne correspondent pas au rythme respiratoire : “Avec notre langue châtrée par les grammairiens et déjà si pauvre, écrit-il, si châtrée d’elle-même, pouvez-vous exprimer tout le parfum d’une fleur, tout le verdoyant d’un pré d’herbe ?”. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est la forme, pourvu qu’elle soit belle, et rien au-delà. Il n’y a pour lui dans le monde que les beaux vers, les phrases bien tournées, harmonieuses, chantantes, les beaux couchers de Soleil, les clairs de Lune, les tableaux colorés, les marbres antiques et les têtes accentuées, au-delà rien. Il se fiche bien de l’Idée, et pour lui la morale n’est qu’une partie de l’esthétique, mais sa condition première. Ses personnages imaginaires l’affectent, le poursuivent, ou plutôt c’est lui qui est en eux. Il avoue être né avec tous les vices, et qu’il en a supprimé radicalement plusieurs, ne donnant aux autres qu’une pâture légère afin de ne pas en être perturbé. L’acharnement qu’il met à perfectionner sa prose, il le met parfois à arranger sa personnalité. Le seul moyen de n’être pas malheureux selon lui, c’est de s’enfermer dans l’art et de compter pour rien le reste, et tout particulièrement toute forme d’ambition sociale : “Arriver à quoi ? Etre connu n’est pas ma principale affaire, cela ne satisfait entièrement que les très médiocres vani-tés... Je vise à mieux, à me plaire”. Le succès est pour lui un résultat, et non un but et il se montrait extrêmement critique et sarcastique vis-à-vis de ce ceux qui ne vivent que par et pour cet objectif. Le mouvement lui est toujours antipathique. L’antagonisme entre travail cérébral et l’exercice musculaire arrive chez lui à son maximum. Le seul exercice physique auquel il se plaît, c’est celui des organes de la voix. La vie est pour lui une chose tellement hideuse que le seul moyen de la supporter est de l’éviter. Et il l’évite en vivant dans l’art, dans la recherche incessante du vrai et du beau. Faire vrai ne lui paraît pas être la première condition de l’art. Viser au beau est le principal. Il n’a pas assez d’ironies, de sarcasmes, de colères et d’exaspérations contre la platitude, la vulgarité, la banalité, ou même l’insuffisance d’admiration et la faiblesse relative du sens esthétique. Tout en les dénonçant, il cultive l’amour de la bêtise, du vice, et peut-être de l’horrible. Son bonheur à découvrir les turpitudes humaines, là surtout où règnent les dehors de la vertu est permanent : “J’ai là, je crois, des détails coquets, et j’espère soulever le cœur des honnêtes gens”. La déplorable manie de l’analyse l’obsède. Il n’est pas fait pour jouir ; il ne faut pas prendre cette phrase dans un sens terre-à-terre, mais en sentir l’intensité métaphysique. Méthode d’analyse La première opération consiste à étudier le champ lexical du texte en fonction des mots-clés attribués à chaque fonction et famille planétaire : quels sont les mots et expressions les plus fréquemment utilisés ? Dans quels contextes ? Quels sont les ensembles de mots et expressions dont le sens général converge sur une fonction ou famille planétaire précise ? La règle est la suivante : si le portrait psychologique fait bien état de l’ensemble des tendances de la personnalité, plus l’occurrence de mots et expressions correspondant à une fonction ou famille planétaire est élevée, et plus il est probable que cette fonction ou famille soit dominante ; si l’occurrence est moyenne, elle est co-dominante ou sous-dominante ; si elle est faible, elle est non-dominante. Certaines expressions ou phrases peuvent décrire deux ou plusieurs fonctions ou familles différentes ; il s’agit alors de trouver si leurs relations sont consonantes ou dissonantes. En cas de consonance, les adjectifs, adverbes et tournures de phrases font état d’une absence de tension, de distorsion ; en cas de dissonance, ils font état d’un conflit, d’une ambivalence, d’un rejet ou d’un va-et-vient discordant entre tendances. Enfin, il reste à analyser le champ lexical absent : quels sont les mots et expressions désignant une fonction ou famille planétaire qui n’apparaissent jamais ou dont l’occurrence est à tout le moins extrêmement faible ? Ces absences sont elles aussi significatives et désignent les fonctions ou familles non-dominantes. Mots & expressions lunaires
Mots & expressions vénusiens
Mots & expressions Lune-Vénus
Mots & expressions “non-r”
Mots & expressions non-E
Mots & expressions “t”
Qui est-ce ? L’écrivain dont il est question est Gustave Flaubert, né le 12/12/1881 à 3h56 TU à Rouen (49N27, 1E04), auteur notamment de L’Éducation sentimentale, de Bouvard et Pécuchet, de Madame Bovary et de Salammbô.
Cet
article vous a été proposé par :
Richard Pellard
Répondre à cet article
|
|