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Fonction lunaire et libéralisme économique

Suite à la publication de l’enquête sur les dominantes planétaires des ministres, Pascal Perrin nous a fait parvenir un courrier critique. Nous publions sa lettre in extenso, nous lui répondons et nous en profitons pour réfléchir sur la relation de la fonction lunaire avec l’économie…

La lettre de Pascal Perrin

« Dans le dernier numéro du Fil d’ARIANA, certaines des conclusions et des interprétations que tu tires des résultats de ton enquête sur les planètes et la politique m’ont laissé — passe-moi l’expression — sur le cul ! C’est surtout vrai de Vénus, Neptune et, dans une moindre mesure, de la Lune, outre le fait que le procédé rhétorique de la réponse contenue dans la question — « la gauche serait-elle plus libertaire, plus curieuse… », « la droite serait-elle plus séductrice, plus aguicheuse… » — ne me paraît pas très honnête.

En gros, il y aurait les mauvaises planètes quand elles sont de droite et les bonnes quand elles sont de gauche. Au Mercure ludique et imaginatif de la gauche, répondrait la Vénus « démago » de la droite ; au Pluton des métamorphoses et des visions à long terme de la gauche, répondrait le Neptune balladurien flou et invertébré. Que se serait-il passé si Vénus et Neptune avaient changé de camp, dans tes résultats, pour passer dans celui de la gauche ? Neptune serait-il redevenu, comme par magie, cet humaniste inspiré et soucieux du collectif ; quant à Vénus, aurait-elle retrouvé les vertus du « monopole du cœur » si cher à la gauche ? Au passage, je te ferai remarquer que le « ni-ni » statique du second septennat n’était ni très mercurien, ni très plutonien.

Quant au ‘p’ intensif lunaire pour illustrer — même au conditionnel — la tentation du laisser-faire libéral, ça me paraît léger, léger… À tout prendre, si tu veux absolument justifier le système libéral ou capitaliste par une ou des influences planétaires, pourquoi n’essaies-tu pas une étude du thème des théoriciens libéraux, pour dégager des constantes planétaires ? À te lire, on a l’impression que le libéralisme est le fruit d’une sorte de « génération spontanée » où il suffit de laisser faire, laisser aller pour voir ce qui se passe.

Ce sont les enfants qui croient aux miracles, où il suffit d’attendre pour que les choses arrivent toutes seules.

Cette tendance à se servir de l’astrologie pour régler des comptes ou appuyer des points de vue partiaux me gêne. J’espère ne pas t’avoir trop choqué ».

Réponse de Richard Pellard

Cher Pascal, ta franchise ne me choque pas, bien au contraire : dans le Fil d’ARIANA, on ne craint pas les vrais débats sur les sujets sérieux. Évidemment, le fait d’aborder la politique n’a pas manqué de faire naître une controverse… Je réponds à tes critiques et observations :

1. À propos de mes « conclusions et interprétations »

Dans le paragraphe introductif de mes commentaires sur les statistiques, j’affichais clairement mes préférences partisanes : politiquement, je suis de gauche. Il me semblait honnête de le faire savoir aux lecteurs, afin qu’ils puissent détecter dans mon enquête les indices de la mauvaise foi potentielle inhérente à tout partisan. Ce préliminaire étant fait, je ne me suis pas privé (malicieusement, mais tu n’as apparemment rien perçu de mon humour) de me laisser aller à des interprétations tendancieuses… tellement hénaurmes que je pensais que ces clins d’œil mercuriens (de gauche !) se verraient comme le nez au milieu de la figure. Il serait intéressant de faire une étude statistique sur le pourcentage de Mercure ou de ‘t’ « aveugles » qui n’y ont rien vu…

Ceci dit, dans cet article je ne tire que peu de conclusions définitives, et je ne le fais qu’avec une extrême prudence. En relisant ce que j’ai écrit, chacun pourra vérifier que je ne fais que suggérer (malicieusement il est vrai) que des hypothèses. Citations : « Nos gouvernants ne sont guère solaires depuis dix ans. Serait-ce un effet de notre époque déboussolée, sans repères, idéaux ni principes ?… Les gouvernements de gauche sont clairement « mercuriens »… La gauche serait-elle plus libertaire, plus curieuse, plus ludique, plus imaginative que la droite ? Les gouvernements de droite plébiscitent Vénus… La droite serait-elle plus séductrice, plus aguicheuse, plus affective, plus proche des émotions du peuple ? ». Et ainsi de suite.

Je n’affirme rien, je pose des questions (légitimes et fondées) en ne cachant pas mes préférences partisanes. Ainsi, c’est avec la même malice que, si Vénus-Neptune avaient été dominants à gauche et Mercure-Pluton à droite, j’aurais (toujours aussi malicieusement) écrit que « Avec sa dominante Vénus-Neptune, la gauche a bon cœur et sait traduire dans la sensibilité des citoyens le sens des solidarités collectives. Avec sa dominante Mercure-Pluton, la droite se caractérise par son cynisme pusillanime, ses sombres complots contre le peuple et ses magouilles dans l’ombre ». Je fais encore de l’humour, je le souligne…

Dans le même ordre d’idée, une simple citation répondra à ta critique selon laquelle pour moi, il y aurait « les mauvaises planètes quand elles sont de droite et les bonnes quand elles sont de gauche » : après avoir dressé un idyllique (et ironique) tableau des valeurs positives du Pluton « de gauche », je n’ai pas manqué de décrire l’envers du décor de ce même senestre et sinistre Pluton mitterrandoïde : « cynisme froidement et sournoisement manipulateur ? Tentation des aventures dangereuses ? Règne des éminences grises ? Triomphe des insupportables ambiguïtés ? Choisissez en fonction de vos préférences partisanes ». Et en ce qui concerne le Neptune balladurien, je me suis contenté de souligner — toujours malicieusement — que c’est sous le gouvernement de droite le plus conservateur que Neptune, à qui les astro-symbolistes attribuent le collectivisme et le communisme, réalise ses meilleurs scores.

Bref, mon article pose (malicieusement) beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses et de conclusions, contrairement à ce que tu prétends. Il faut être de très mauvaise foi pour affirmer le contraire… à moins qu’il ne s’agisse d’une des manifestations des « aveuglements » d’un mercure peu valorisé lorsqu’il décrypte un article décidément très mercurien ?

2. À propos du libéralisme et de la fonction lunaire

Tu trouves « légère, légère » la corrélation que je fais entre le libéralisme économique et la fonction lunaire. Tout d’abord, je n’affirme rien à ce sujet. Je me contente de me demander si « la dominante ‘p’ de la droite pourrait illustrer la tentation du « laisser faire, laisser aller » du libéralisme ». Je n’affirme rien, ne justifie rien : je suggère une possibilité. Ceci dit, il semble exister une réelle corrélation entre la doctrine économique ultra-libérale et la fonction lunaire. Avant de proposer des pistes pour démontrer la légitimité de cette corrélation, précisons le sens des concepts utilisés.

▶ La fonction lunaire est une fonction d’homéostasie, d’auto-régulation naturelle, d’auto-entretien de l’équilibre général, d’homogénéité primaire. Lorsqu’elle dissonante ou absente, elle produit l’anarchie, le laisser-aller, la croyance magique en une harmonie préétablie.

▶ Le libéralisme économique est une idéologie selon laquelle l’État ne doit pas, par son intervention, gêner le libre jeu de la concurrence et de la libre entreprise. Pour le libéralisme, le marché est une réalité économique « naturelle » et « celui-ci, livré à lui-même (l’État se contentant de faire respecter les règles du jeu) serait censé permettre à l’économie de se stabiliser au meilleur état possible (faisant ainsi disparaître tout chômage involontaire). C’est, en gros, l’idée d’ »équilibre général » telle qu’elle a été formulée par Walras (1) ». Adam Smith (1723–1790) est le fondateur de la doctrine du libéralisme économique. Selon cette théorie, la recherche par les hommes de leur intérêt personnel, individuel, mène nécessairement et automatiquement à l’intérêt général, collectif. Théoricien idéaliste mais pas fou quand même, Smith a eu assez de bon sens pour observer que, dans la réalité, le libéralisme économique intégral ressemblait fortement aux lois de la jungle. Il a alors eu l’idée géniale, pour sauver sa théorie, d’imaginer le concept métaphysique de « main invisible du marché ». Cette « main invisible » permet aux actions individuelles des hommes, fondées uniquement sur la recherche de leur intérêt, de réaliser spontanément une organisation sociale harmonieuse (2) ».

La « main invisible » est le concept-clé du libéralisme économique. Si la « main invisible du marché » existe vraiment, elle a une fonction homéostatique, auto-régulatrice, naturellement et spontanément homogénéisante qui permet quasi-magiquement d’équilibrer les rapports entre producteurs et consommateurs et de mettre de l’huile (sainte ?) dans les rouages grinçants de la compétition entre individus-entrepreneurs afin que celle-ci ne tourne pas à la bataille de chiffonniers pour la conquête de parts de marché au détriment de l’intérêt général. La « main invisible du marché » n’a pas à être voulue, décidée, organisée : elle est pour les libéraux un préalable inné, transcendant toute construction législative humaine, qui pousse spontanément les individus à s’auto-organiser en société « naturelle ». Sans « main invisible », pas d’harmonie sociale possible dans une économie de libre-concurrence intégrale. Si la « main invisible du marché » n’existe pas, la compétition sauvage entre la multitude des intérêts particuliers ne peut que conduire à une société disharmonieuse, déséquilibrée, hétérogène, où seule règne la loi du plus fort.

Libéralisme, fonction lunaire et S.O.R.I.

Dans le système S.O.R.I. (Sujet-Objet-Relation-Intégration), les idéologies en général relèvent du référentiel « Relation », en ce sens qu’elles ont pour finalité de structurer, expliciter et cimenter les relations inter-individuelles. Le libéralisme économique relève donc lui aussi du référentiel « Relation ». Dans ce référentiel, la fonction lunaire suggère qu’il existe un équilibre naturel, une homéostasie spontanée, une homogénéité innée, une harmonie préétablie qui fluidifient et facilitent les relations entre les hommes. On retrouve là le concept de « groupalité primaire » inhérent à la fonction lunaire : symbiose naturelle avec un groupe d’appartenance qui se forme spontanément, qui s’oppose à la « groupalité secondaire » du R.E.T. extensif (l’agrégation et l’assimilation d’un individu à un groupe se font alors par l’intermédiaire de lois sociales voulues, décidées, négociées, imposées par consensus ou par diktats).

Les concepts-clés de l’idéologie libérale, l’équilibre général et la main invisible du marché, ressemblent à s’y méprendre à la fonction lunaire en référentiel « Relation ». Le pouvoir intensif d’un marché naturel, non régulé, s’oppose au pouvoir extensif de l’État culturel, régulateur. Le marché secrète spontanément son harmonie : pourquoi vouloir intervenir dans un tel conte de fées rousseauiste (Adam Smith était très marqué par les idées de Rousseau selon lequel l’homme serait naturellement bon) ? Pourquoi, disent les libéraux, confier à l’État interventionniste la tutelle d’une groupalité secondaire, alors que la somme des intérêts individuels fusionne harmonieusement pour créer une groupalité primaire libre et naturelle, une groupalité qui s’auto-régule grâce à l’invisible main lunaire du marché ? Les partisans du libéralisme économique croient au dogme d’une harmonie préétablie qui s’auto-génère spontanément. Si ce n’est pas la fonction lunaire, on se demande ce que c’est…

Ceci dit, notre ami Pascal Perrin me suggère que j’aurais mieux fait d’entreprendre une enquête statistique sur les dominantes planétaires des économistes libéraux. Pourquoi pas ? Faute de grands nombres, restons dans les petits : le thème d’Adam Smith est inconnu, et c’est bien dommage. Mais nous avons par exemple ceux de deux politiciens français qui se caractérisent par leur adhésion au libéralisme économique : François Léotard et Alain Madelin. La Lune est ultra-dominante chez le premier et archi-faible chez le second. Le premier serait-il plus libéral que le second ? Ce serait faire injure à l’ultra-libéral Madelin que de le prétendre et, de toutes façons, ni l’un ni l’autre n’ont eu l’occasion de mettre réellement leurs idées en pratique.

Du côté de la gauche, Jospin et Strauss-Kahn ont tous deux une Lune angulaire. Jospin n’est pas du tout libéral, alors que Strauss-Kahn l’est absolument. Le problème n’est donc probablement pas là. Il ne suffit pas, il n’est pas nécessaire d’être lunaire pour être partisan du libéralisme économique, et tous les lunaires ne sont pas des ultra-libéraux (j’en suis une preuve vivante). Une fois sorties des cerveaux de leurs créateurs (niveau « Sujet » du S.O.R.I.), les idéologies vivent librement leur vie dans le référentiel Relation, où elles sont adoptées par toutes sortes d’individus et de groupes pour toutes sortes de raisons qui n’ont bien souvent pas grand’chose à voir avec les intentions initiales de leurs auteurs.

Et puis la fonction lunaire, toujours dans le référentiel « Relation », peut convenir à d’autres formes d’organisation humaines qui n’ont strictement rien à voir avec le libéralisme économique. On peut penser à des communautés autogérées où l’idée de profit et de compétition inter-individuelle ne serait nullement valorisée (communautés monastiques, hippies, kibboutz, phalanstères de Fourier, kolkhoses). À la limite, on pourrait même dire que le libéralisme économique a procédé à un véritable hold-up sur la fonction lunaire. En effet, d’un point de vue conditionaliste, le pouvoir intensif de la Lune (le « marché naturel et bon par nature » des libéraux) ne s’oppose pas au pouvoir extensif de Soleil-Mars-Pluton (les pouvoirs hiérarchisés, régulateurs culturels). Les deux fonctions se complètent et se contre-balancent dans un équilibre dynamique.

Une authentique fonction lunaire dans le référentiel « Relation » ne ressemble en rien à cette « main invisible ». Bien réelle, la main de la Lune interviendrait pour maintenir les grands équilibres entre l’homme et la société, la société et la nature, la nature et l’homme, ce dont les libéraux se soucient comme d’une guigne. Elle serait plutôt de fibre écologique, et ne négligerait nullement de faire appel aux autres fonctions planétaires (R.E.T. extensif) pour organiser strictement la « nature naturante ». Finalement, vrais-faux lunaires, les partisans du libéralisme économique jouent la carte d’une fausse nature naturante contre une vraie nature naturée qu’ils dénaturent (3)… Qu’on se le dise : les (vraies ?) lois du marché ne sont pas lunaires, même si on a marché sur la Lune et que les lunaires aiment bien faire leur marché (c’est super, le marché, quand ce n’est pas un supermarché !).

Il n’en reste pas moins que, mystificateurs-mystifiés, contre toute raison et toute observation des conséquences humaines et sociales désastreuses de leur folle théorie, les apôtres du libéralisme économique persistent à mettre la main invisible de la Lune imaginaire au centre de leurs croyances… alors même qu’ils désintègrent ainsi toute homogénéité et équilibre collectif. Pour en finir avec toutes ces notions qui peuvent vous sembler abstraites, je vous propose donc de nous pencher sur un cas concret : celui de Margaret Thatcher, ex-premier ministre britannique, lunaire et ultra-libérale fanatique qui a eu la possibilité d’appliquer à fond ses idées.

Margaret Thatcher, la Lune et l’ultra-libéralisme

Margaret Thatcher est née sous une conjonction Lune-Neptune dominante au MC. Pour l’astro-symbolisme, c’est donc une rêveuse inspirée et vaguement chimérique, réceptive à l’irrationnel et au spirituel, familiale et collectiviste. Dans la réalité, la « dame de fer » a conduit dans son pays, à partir de 1979, une révolution ultra-libérale d’une ampleur encore jamais vue en Europe. En quelques années, cette fille de petits boutiquiers de Birmingham a démantelé l’État-providence construit par les gouvernements travaillistes qui se sont succédé depuis la 2e Guerre Mondiale, démoli les syndicats ouvriers, remis radicalement en question les avantages acquis de la caste aristocratique en favorisant l’émergence de nouveaux entrepreneurs issus des classes moyennes. Rien à voir avec les rêveries astro-symbolistes d’un nourrisson (Lune) halluciné et mystique (Neptune).



On peut objecter que Margaret Thatcher est également née au lever d’un Saturne trigone à Uranus et Pluton, ce qui est l’indice d’une nature plus dure et plus radicale que ne le laisse présager la conjonction Lune-Neptune… n’empêche : Lune-Neptune restent dominants au MC. On ne peut pas les évacuer comme ça, pas plus qu’on ne peut les évacuer du ciel et du fonctionnement de Bernard Tapie, né sous la même configuration Lune-Neptune-MC.

Précisons notre propos en soulignant les différences qui existent entre la révolution libérale thatcherienne et les autres du même type. Aux États-Unis, Ronald Reagan a lui aussi, pendant la même période, conduit le même genre de révolution… mais dans un pays où le libéralisme économique était déjà, pour des raisons historiques qu’il n’y a pas lieu de développer ici, profondément enraciné. À la même époque, de nombreux pays d’Amérique du Sud ont aussi basculé dans le libéralisme, mais pour des raisons qui doivent presque tout à la puissance et à l’influence politique et économique des USA. Rien de tel en Grande-Bretagne. Le terrain était a priori défavorable, et pourtant la mayonnaise (lunaire ?) a pris. Il ne reste plus qu’à se demander pourquoi, dans notre optique libéralo-lunaire, Margaret Thatcher a-t-elle réussi son coup de non-État. Et ce n’est probablement pas en dépit, mais à cause de sa conjonction Lune-Neptune dominante (et des conceptions idéologiques propres à sa classe sociale d’origine) qu’elle est parvenue à ses fins libéralo-lunaires.

La dictature du laisser-faire lunaire

Chacun est « lunaire » à sa manière et surtout à celle des autres, en fonction de son patrimoine génétique, de son sexe, de son milieu social, de son éducation, de ses apprentissages et de ses rencontres, bref de son histoire particulière. Fille de petits boutiquiers, la future « dame de fer » a été élevée dans la haine de l’État taxateur, ennemi sournois des loups libres dans les poulaillers libres et des syndicats qui poussent les employés à la revendication, voire à la révolte. Fille du peuple sans titres ni pouvoir, sans doute souffrait-elle aussi de l’arrogance d’une aristocratie méprisante qui trustait par privilège de naissance tous les bons fromages économiques. Avec des dominantes planétaires « non-R » (Saturne-Lune-Neptune), il y a déjà de quoi se sentir exclue au superlatif. Comment se faire une place au soleil quand on est une fille de l’ombre ?

Margaret Thatcher a eu la ruse, la patience et l’opiniâtreté des vrais révolutionnaires : elle a attendu son heure… sans trop en baver, puisque la révolution qui l’habitait ne pouvait que satisfaire les intérêts des classes possédantes. Courageuse et déterminée, elle a réussi à s’imposer dans le milieu hyper-machiste de la politique anglaise, puis à devenir premier ministre, poste auquel rien ne la destinait… sinon le destin (dans une optique fataliste) ou le contexte particulier des luttes de classes à cette époque (dans une optique marxiste).

Dès qu’elle arrive au pouvoir, elle impose ses idées ultra-libérales. Où est la fonction lunaire là-dedans ? Partout. On dérégule, on abandonne les prérogatives régaliennes (Lune « non-P ») de l’État, on laisse les choses se faire comme elles le veulent. Moins l’État en fait, mieux il se porte. Que fleurissent mille initiatives entrepreneuriales individuelles, et l’harmonieuse société lunaire idéale apparaîtra magiquement ! Intervenir le moins possible. En faire le moins possible. Ne rien vouloir. Ne rien décider. L’invisible et miraculeuse « main lunaire » du marché finira bien par tout réguler. D’ailleurs, compte tenu de son héritage terrestre et de la manière dont elle l’a reçu et négocié (fille de boutiquiers, elle a reproduit une mentalité et des réflexes boutiquiers), Margaret Thatcher a dans son héritage céleste exactement ce qu’il faut pour croire aveuglément aux bienfaits de la « main invisible du marché » : une conjonction Lune-Neptune dominante. Ce n’est pas la main de Fatima, mais presque : les actions spontanées et naturelles des hommes (le marché, la Lune) seraient bel et bien guidées par une sourde mais influente puissance occulte (Neptune). Mais oui ! C’est la « main invisible du marché » !

Ensuite, tout y passe. Le devoir chrétien (Thatcher est très chrétienne d’un point de vue culturel) de solidarité envers les plus pauvres ? C’est la charité qui doit le remplir, et non l’État. Entendez par là : la charité c’est con comme la Lune, il suffit que les riches donnent aux pauvres et pour le reste, Dieu y pourvoira. La nécessité que ressentent quand même les hommes de vivre en société ? Notre lunaire y répond un jour par une affirmation définitive et provocatrice : « La société n’existe pas ». Qu’entend-elle par là, dans son point de vue ultra-libéral-lunaire ? Tout simplement — et très naïvement — que seules existent réellement les groupalités primaires, ces familles lunaires qui surgissent spontanément aux confluents des besoins naturels de se sentir appartenir à un groupe et des coalitions nécessaires entre groupes partageant spontanément les mêmes intérêts économiques. Il faut bien manger… La société (groupalité secondaire, R.E.T. extensif) n’existe pas, ce n’est qu’une superstructure culturelle dont les boutiquiers lunaires peuvent se passer. Seule existe la groupalité primaire (Lune, R.E.T. intensif), les solidarités basiques qui s’auto-développent en dehors de toute contrainte, de toute régulation. Laissons faire les choses et les gens : il n’y a que du bon à en attendre. Soyons confiants (Lune), la main invisible (Neptune) est capable de faire des miracles… L’abandon du pouvoir extensif (Soleil-Mars-Pluton) n’est pas toujours cool… et le laisser-aller peut être une dictature.

Résultat libéralo-lunaire : une société britannique en miettes. Au stade lunaire de la Théorie des âges, les bébés laissent faire… parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Ils ne survivent que parce que d’autres ne les laissent pas faire entièrement… eux aussi parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. En bonne neptuno-lunaire, Margaret Thatcher a gobé, digéré et régurgité l’idéologie libéralo-lunaire. Grâce à elle, on sait que la « main invisible du marché » n’existe pas.

L’homme est il « bon » par nature comme le sous-entendent les partisans du libéralisme économique ? Ceux-là le prennent plutôt pour un con… comme la Lune ? Lunaires de tous les pays, unissez-vous pour leur démontrer le contraire (Note à l’usage des Mercure faibles : ceci est de l’humour…).

Notes :

▶ 1. Où en est la pensée économique, Olivier Lacoste, Le Monde-Économie, 16/12/1997. Walras (1884–1910) est un économiste libéral français.
▶ 2. ibid.
▶ 3. Les concepts de « nature naturante » et de « nature naturée » ont été forgés par le philosophe Spinoza. La « nature naturante » est le principe inné, inconditionnel, de formation des êtres particuliers. La « nature naturée » est le reflet en eux de cette nature primordiale, tel qu’il est diffracté par les apprentissages culturels. Pendant le premier mois de sa vie (stade lunaire de la Théorie des âges), l’homme appartient totalement à la « nature naturante ». Dès le début du stade mercurien, il fait son entrée dans la « nature naturée » (socio-culture).

Article paru dans le n° 10 du Fil d’ARIANA (octobre 1998).



Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

▶ Fonction lunaire
▶ Profil psychologique du Lunaire
▶ Espace personnel et aura lunaire


Les significations planétaires par Richard Pellard

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La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante par Richard Pellard

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