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| Publié le : 29 novembre 2003
3. Le S.O.R.I. : la Relation
A moins de dénigrement systématique, les critiques à l’adresse des astrologues aspirant à l’Intégration ne peuvent pas nous être retournées. La raison en est qu’en situant l’astrologie dans un référentiel contraire, il serait stupide de lui reprocher ce qu’elle ne veut pas être. Par contre, demandons-nous, avec des adversaires constructifs, si l’astrologie se porte mieux au conditionnel (si elle chante juste dans ce référentiel) et si nous disposons du langage qui lui convient.
Pour le scientiste (Objet), l’astrologie n’existe pas plus dans le signal conditionnel que dans le symbole absolu, et les prosélytes du ciel au-dessus des sciences nous ont toujours perçus comme des renégats, des inclassables à répudier. Notre position, proche, dans le passé, de J. Kepler, St Thomas d’Aquin (1127-1274), Sénèque (vers 4 à 65), Posidonius d’Apamée n’ayant pas l’agrément de l’ignorance contemporaine, nous constatons que le choix d’un référentiel n’impose pas que l’on s’y éternise, ni qu’on y soit en sécurité et à la meilleure place pour traiter la matière qu’on y met. Un choix, par conséquent, qui doit donner beaucoup d’embarras. Une fois prononcé, sans garantie d’y être à l’aise et dans le ton, il faut assurer son hégémonie, exclusive, par d’autres choix fidèles et intérieurs au cadre dominant. Toute erreur en devient fondamentale, donc proscrite, et la transgression, même symbolique, sévèrement punie (selon les moyens de l’idéologie régnante). II est psychologiquement économique de nier qu’une erreur soit possible. L’illusion, le mensonge, le fanatisme ont été et sont encore des recours préférables. Le S.O.R.I. apporte sur les conflits éternels et insolubles des hommes, comme de tout ce qui vit, de précieuses lumières mais aucun conseil. Bref rappel d’histoire : ces référentiels ont émergé, en 1976, des significations des Maisons lues avec la grille du R.E.T. Voilà un exemple de chronologie ordinale : sans Logoscope R.E.T., les précurseurs du S.O.R.I., germinations des Maisons traditionnelles sont des approximations mal étayées, des systèmes dans les limbes. La dynamique d’un développement donne crédit à ses prémisses où la valeur d’une hypothèse se juge à la continuité autant, sinon plus, à celle de ses développements. Philippe Pinchon a relancé l’étude du S.O.R.I. au début des années 80. Ensuite, il est apparu que les référentiels avaient un caractère absolutiste avec vocation d’incompatibilité aux autres, à l’image des significations des Maisons qui, normalement, ne sont pas interchangeables. A L’inverse, le R.E.T. se manifeste dans tous les référentiels : il met l’incommunicable en communication à l’image d’un réseau de voies principales et secondaires qui relient entre elles les habitations plutôt que leurs habitants. L’autorité, l’amour, la curiosité, le visible et l’invisible des fonctions planétaires existent dans tous les foyers du S.O.R.I. psychologique, scientifique, politique ou poétique. Aujourd’hui, la question est de savoir si les incompatibilités sont irrémédiables et, s’il est possible de briser les référentiels comme un atome, dans quelles limites et conditions. En posant le problème d’une manière plus générale : quelles sont les relations, dissonantes et/ou consonantes, entre nos référentiels ? Tenant pour acquis que chacun d’eux vise l’hégémonie, la relation dissonante sera "anti" par occultation, annihilation, brouillage et phagocytage (ces termes provisoires acceptent des synonymes). La Relation consonante peut admettre récupération, subordination, annexion, coexistence, inculturation. Chaque référentiel a peut-être ses modes électifs de liaison. Pour le moment, nous supposerons que les rapports anti ou pro s’établissent, pour tout référentiel, par les voies des fonctions planétaires et de leurs différentes partitions. De fait, les aspects planétaires s’interprètent de deux façons :
En langage ordinaire, pour rendre sensible la relation S.O.R.I./R.E.T., nous dirons que l’on entre ou l’on sort d’un référentiel pour l’annihilation ou la récupération d’un ou plusieurs autres, par les familles extensives ou intensives, pouvoirs "P", "p", triades R.E.T., combinaisons positives et négatives des groupes et fonctions ("non-R", "non-e", "non-T", etc.). Exemples pris dans les polémiques :
De préférence, on sort par la fonction forte acquise dans son référentiel dominant. II est exact que la science fait autorité dans l’Objet, que le Sujet a un pouvoir intensif efficace, que le symbole grand "T" est intégrateur... Mais les référentiels visés déconsidèrent la sortie par sa faiblesse : le "r" de la science est un "non-T", nul en Intégration, le "petit p" du Sujet est "non-P" (il n’est pas à sa place), nul en Relation. Le "grand T" du conditionalisme est un "non-e" sans cœur et sans amour de dieu. Le pire et le meilleur des rapports humains, des conflits ou alliances idéologiques peuvent ainsi être décrits, et expliqués ensuite dans notre référentiel si on interprète correctement les formules. Parmi les causes du sang et des larmes qui font les océans de l’histoire des hommes, on incrimine souvent les luttes pour le pouvoir. Je crains que l’hégémonie des référentiels ne soit aussi partie prenante. Les récidives, l’endurance et la persistance de cette détermination de régence absolue paraissent aussi incontournables que la nécessité de vivre et l’instinct de conservation. L’on se sent d’autant moins coupable qu’elle n’a pas l’apparence ni l’essence d’un pouvoir dominateur. L’hégémonie d’un référentiel, terme qu’il faudra peut-être corriger, est une volonté optimaliste. On n’y échappe pas plus qu’à la vie, A moins d’en mourir. Librement ou autrement. II vaut donc mieux chanter juste dans son référentiel, en étendre les octaves des graves et des aigus, plutôt que d’en sortir pour des entrées perdues dans des référentiels ou l’on a rien à faire. Contrairement aux désinformations anti-conditionalistes, les outils du R.E.T., du S.O.R.I., du zodiaque des signaux (Energie-Espace-Temps-Structure) ne visent pas une singularisation personnelle par le détour d’une astrologie nouvelle, mais l’affinement de méthodes, de concepts et vocables aussi performants dans la consultation d’un astrologue que dans la compréhension de toutes les relations entre êtres, bêtes et choses. S’il est un objectif optimal à poursuivre dans un référentiel Relation c’est bien celui, avec le support astrologique, de donner à la consultation une technique et des bases plus rigoureuses que l’utilisation des typologies, des psychanalysmes et spiritualismes en vogue. L’astrologie conditionaliste n’a pas eu d’autre but principal que d’aboutir à une consultation où bricolage et picorage s’excluent par un langage et une démarche qui interdisent ou corrigent les projections de l’interprète. Un bon jugement ne va pas de soi. II est hors ou contre le soi-Sujet. Les astrologues qui ne supportent pas ces interdictions ont changé de camp. Pour aller loin dans une recherche, c’est une chance providentielle (un signe d’lntégration) que d’être délesté des sangsues nombrilesques. Les ouvrages d’astrologie spéculative foisonnent, mais combien de livres, d’articles, d’essais, traitent des modèles ou guides de consultation en tant qu’application pratique des conceptions exposées ? II serait pourtant intéressant d’apprendre à interpréter un thème en paroles de Feu, d’Eau, d’Air ou de Terre pour le rendre intelligible au consultant selon sa signature. Comme je l’enseigne depuis le C.E.F.A. (Centre d’Etudes et de Formation Astrologiques), le R.E.T. s’adapte à divers langages de consultation, du typologique simplificateur ("rR") à l’analyse, en plusieurs séances, de toutes les potentialités du "Héros et son Ombre". Ce style conditionaliste, au plan du dialogue et des solutions pratiques ou psychologiques recherchées, présente de nombreux points communs avec l’école de Palo Alto qui se passe des psychanalysmes pour faire de la consultation thérapeutique Le conditionalisme ne rejette pas le Sujet, mais communique avec ce référentiel par plusieurs voies, dont le grand "E" (neurologie) et la fonction "tR" mercurienne (théories de la communication). Les référentiels du S.O.R.I. sont efficaces en consultation pour donner au consultant une vision autre que Sujet et subjective de ses relations avec les autres. R.E.T. et S.O.R.I. permettent des schématisations graphiques démonstratives, sans explications superflues. La consultation conditionaliste s’adresse autant, sinon plus, au cerveau droit qu’au cerveau gauche, et cette double interpellation oblige à considérer des rapports inattendus entre les éléments du problème posé à l’astrologue. Les déçus de l’astro-psychologie n’y reviennent pas deux fois ou changent complètement de bord, car il n’est pas question de commenter - pour ne rien résoudre - un conflit de personnalités par le sado-masochisme et l’Eau contre le Feu. Entrer dans la consultation conditionaliste, c’est sortir du Sujet pour se comprendre autrement que par des typologies réductrices. Celles, conditionalistes, issues de rapports astrométriques, débordent des typologies qui ferment le Sujet sur lui-même. Elles le mettent en relation avec des potentialités hors Sujet. II ne peut plus se justifier par sa nature Colérique ou Flegmatique, par ses antécédents psychiques, ses complexes acquis et latents, mais par tous ces éléments et d’autres situés dans un réseau, un contexte diffèrent selon l’âge et les transits, qui en font un Sujet relatif et variable : autant que les conditionnements terrestres et célestes auxquelles il est lié. Dans nos techniques, thèmes d’âge et transits informent des changements célestes qui sont à comparer aux conditions d’origine. Comme pour les aspects, le R.E.T. permet une interprétation des transits par les formules positives et négatives. Les effets se précisent par le S.O.R.I. en s’informant du vécu du consultant pour ceux qui ne croient pas aux Maisons, à ces informations et à celles des Maisons pour ceux qui ne négligent pas les vérifications. Pour ceux-Ià, les transits en Maisons, notamment et surtout des planètes lentes, peuvent indiquer les référentiels à privilégier à une époque donnée et pour une durée déterminée. De ce point de vue, les référentiels se valent. Au lieu de sortir du Sujet, on peut être invité à s’y maintenir ou y revenir, et je rappelle que le S.O.R.I. donne aux Maisons des significations plus ouvertes que les traditionnelles. Par les transits et les fonctions R.E.T. actualisées, il est également possible d’indiquer une voie de communication (entrée) vers un référentiel qui a créé un problème ou qui permet d’en résoudre un autre. Essayez avec la symbolique de proposer un changement d’EIément... Vous avez peu de chance d’être compréhensible. Mais, être incompréhensible n’est-ce pas ce qui contribue à l’auréole d’un chapeau pointu de l’astrologie absolue ? Et ce qui regroupe finalement les astrologues n’est-ce pas leur accord tacite de non-communication ? L’effet d’optimisation de notre référentiel n’opère pas seulement dans le tête-à-tête de la consultation. II nous a conduit à un comble de logique relationnelle en prenant dans l’astrologie tous les éléments et informations qui permettent d’en sortir. En d’autres termes, le langage conditionaliste issu de l’héritage traditionnel est plus universel que l’astrologie. Les fonctions du R.E.T., bien que qualifiées de planétaires, ne viennent pas des astres mais des forces et structures dont elles sont les vecteurs manifestes dans le système solaire. Sous sa forme numérique élémentaire (interactions entre un, deux, plusieurs), à l’échelle atomique, le R.E.T. n’aboutit pas à la consultation et n’inspire pas de prédictions mondiales. En est-il moins présent et moins actif ? Les molécules, également organisées en hiérarchies simples, duelles, multiples, font partie du R.E.T.... et du système solaire, sans être dans nos éphémérides. En chimie et biochimie, physique et biophysique, les transformations d’énergie mettent en relation les niveaux fort, moyen, faible, du R.E.T. qualitatif. Interactions encore entre galaxies géantes, moyennes, naines ; amas, proches, moins proches, lointains. Le modèle, plus signalétique qu’analogique, issu des planètes, rend compte de leurs significations et de processus plus larges que leurs influences. Son universalité n’est pas et ne vise pas l’lntégration, mais il peut être le préliminaire d’un regard conscient, autre que symbolique sur elle. Les anti et para-conditionalistes se sont mobilisés dans leurs référentiels pour éviter cette aventure contraire à leurs capacités intellectuelles. Navrant pour la conquête d’une Toison d’Or qui demande un généreux équipage et non des péripatéticiens, philosophes de trottoir, qu’il a fallu jeter par dessus bord pour garder notre cap. Sans doute ont-ils ressenti le danger d’une expédition qui conduit à sortir de l’astrologie alors qu’ils y sont venus en épaves sociales avec leur volonté de puissance rejetée, soudainement réinvestie de toutes ses chances et ses crocs dans une jungle aux proies faciles. Peut-on, au nom d’un mot, vérité, qui n’a aucun sens en psychologie (chacun la sienne = aucune), renoncer à un pouvoir de gourou, exempt de contrôle (l’idée même de contrôle est-elle tolérable pour un astrologue de ce type ?). Quel bouffon quitterait le pays qui l’a fait roi ? D’un Sujet ne répondant plus, par sa dimension spirituelle, aux complexes d’Œdipe, d’Abel, Caïn, Popeye et Barbapoux, un astrologue féru d’astro-psychanalyse déduisait qu’il avait dépassé son thème, Avec le conditionalisme, c’est l’astrologie qui est dépassée, et ce concept optimal, étranger à la réduction de l’être à un ou plusieurs thèmes, rejoint le but supérieur de la consultation : apprendre au consultant à déchiffrer le ciel sans horoscope que donne directement la vie... ce que le langage conditionaliste permet parce qu’il codifie aussi bien le ciel que la vie, un esprit commerçant vous dira que cet objectif revient à scier la branche sur laquelle on est assis. Ce pourrait être vrai si l’assise conditionaliste, la mienne en tout cas, était l’astrologie fatidique, fatalement commerciale. Voilà pourquoi, sans encourager ni décourager ceux qui participent à des séances d’interprétation de thèmes en aveugle, je poursuis une autre ambition : interpréter la vie en clairvoyant, Déduire, sans connaître l’identité du sujet, l’essentiel d’un thème (hiérarchie planétaire notamment) pour faire une démonstration de nos techniques semble utile... selon le public. Plutôt que cet aléa, le travail en groupe homogène afin de comparer les résultats, améliorer les méthodes et préciser le langage est beaucoup plus instructif et captivant. Essayez de le faire dans un groupe de symbolistes. II en sortira invariablement la conclusion que tout le monde et personne a raison. On oppose couramment un thème d’Etat-Civil au thème de renseignement personnel, d’interprétation sur l’heure et sur le champ accusée d’incorrecte. Certes, de nos jours, l’Etat-Civil est plus fiable qu’il n’a été et, pour toute recherche rigoureuse, il faut adopter une base systématique. Cela ne prouve pas qu’une heure déclarée soit une heure biologiquement validée, Au lieu de brandir l’autorité administrative comme argument d’erreur d’interprétation, les astrologues devraient rechercher les critères de l’heure de naissance astrologique (premier cri ?) qui pourrait être ni celle de la déclaration, ni celle du renseignement privé, Si l’astrologie était une "science exacte" comme le prétendent ses absolutistes, quelques cas représentatifs régleraient la question. Et entre deux ou plusieurs heures possibles l’heure correcte doit s’imposer par l’adéquation du thème au Sujet et non par un acte d’Etat-Civil. SUITE Cet
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Jean-Pierre Nicola
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