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| Publié le : 8 août 2000
Le Lion
LION adaptéForce d’excitation débloquante : le champion. Le Lion réagit à toute situation qui enferme, délimite, ligote : se libérer, se surpasser, briser ses chaînes, sortir du ghetto, triompher de ses adversaires, vaincre les encerclements, refuser la fatalité, la paralysie, le sur-place, l’embourbement. Oser, se dégager, se comporter en héros, résoudre, s’étendre, conquérir, rayonner, franchir les obstacles, augmenter son pouvoir, s’émanciper de toute tutelle. Induction positive : le conquérant. La concentration de l’inhibition protectrice sur un champ restreint permet d’immuniser le plus précieux, caparaçonner l’essentiel, protéger le noyau vital. A partir de cette place forte verrouillée, on a toutes les audaces, tous les courages, on peut rayonner en toute sécurité. Egocentrisme ouvert, magnanimité, générosité, etc. Lenteur d’excitation : l’infaillible. Le souci d’organisation et de maîtrise est clairement affiché : il s’agit ouvertement de légiférer, de commander, d’être le chef. Ambitions élevées, tenaces, persévérantes, passions fortes, durables, obsédantes. Les audaces sont gérées prudemment, les conquîtes fortifiées et progressivement étendues. On pense à tout, on veut être le seul maître de soi, sans rien laisser au hasard. Pouvoir rayonnant dû à un profond self-control. Sens des dosages : le magnanime. On passe du sens des ensembles au sens des contraires : il faut doser entre la collusion avec le milieu et l’échappatoire individuelle, combiner audaces offensives et gestion des acquis, vaincre l’adversité tout en restant magnanime, établir son pouvoir sans (trop) ligoter les autres. On compose avec l’ennemi pour mieux le vaincre. A la longue, le sens de l’intérêt général (ensembles) peut perdre du terrain au profit des contraires : on tire alors individuellement les marrons du feu. L’ambivalence bien dosée permet d’être dirigiste en restant libéral : c’est la politique de la "corde longue", qui permet de laisser un maximum de liberté apparente à autrui pour mieux le dominer. Le champion magnanime sait asseoir son pouvoir sur le monde en laissant juste ce qu’il faut de miettes à ses adversaires pour qu’ils lui en soient reconnaissants. L’infaillible magnanime cumule les victoires, gère ses lauriers en encensant les autres, voire même en les aidant à parvenir à des hauteurs (presque) aussi élevées que les siennes. LION inadaptéManque d’inhibition différentielle : le gaffeur. Aucune subtilité, aucune finesse, aucun sens des analyses différenciatrices complexes : c’est un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pas de mesure, pas de tact, pas de réserve : il est mastoc, envahissant, lourdaud, met les pieds dans le plat. Pas d’esquives, de nuances, de discriminations d’orfèvre : le Lion inadapté manque de sophistication, est incapable du minimum d’hypocrisie ciblée indispensable au jeu des rapports sociaux. Il est simpliste, téméraire, gaffeur, "hénaurme". Vitesse d’inhibition inadaptée : le paniquard. Il angoisse au sujet de sa liberté personnelle, de son crédit, de son pouvoir de surpassement. Il a irrationnellement peur qu’on s’en prenne aux points vulnérables (réels ou imaginaires) de sa cuirasse. Ce peut être le téméraire sur la défensive, faisant avorter ses initiatives tartarinesques par subite crainte de leurs résultats, quitte à bluffer ou fanfaronner pour donner le change. Devant de réels dangers, il préfère la fuite en avant pour ne pas déchoir, à moins qu’il ne batte soudainement et honteusement en retraite dans une indescriptible panique. Phase paradoxale : le gonflé. Si les événements réellement et objectivement graves ne provoquent chez lui qu’indifférence, il n’en est pas de même dès qu’il y a atteinte mineure à ce qu’il estime être ses points vulnérables. Titillez son orgueil, vous déclenchez des tempêtes. Annoncez-lui une catastrophe générale, il demeure flegmatique. Il survalorise l’exploit, l’énorme, l’ornemental, minimise l’anodin, le subtil, le sous-jacent. Il sous-estime les obstacles réels, les dangers sérieux et garde une confiance aveugle dans les paris osés, les initiatives téméraires. Montrant trop son désir de vaincre et de dominer, il risque de se faire voler ses victoires par de plus malins. Le gaffeur gonflé est un matamore impulsif adoptant la stratégie du bulldozer éclairé au néon : on déjoue aisément ses offensives tyranniques-colonialistes. Le paniquard-gonflé planque des inavouables faiblesses sous des tonnes de médailles pseudo-protectrices. Il se dégonfle vite devant les dangers réels. Cet
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Richard Pellard
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