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| Publié le : 26 septembre 2004
Les Signes en Sens des Contraires (SC)
LE BÉLIERSens des contraires Si l’intellect se fourvoie aisément dans les finesses de la dialectique, le besoin de synthèse absolue constitue son plus grand danger. Combien d’idéologies abondent dans un monisme naïf par souci d’expliquer le monde plutôt que d’en témoigner. Monisme et dualisme partagent les philosophes, pratiquement leur rapport harmonique favorise une adaptation souple et solide de l’individu. Savoir ce que l’on veut est bien, savoir ce que cette même volonté doit refuser est mieux. Le sens des contraires n’est qu’un membre d’équation, nous verrons à quel point sa combinaison avec les différentes formules saisonnières nuance sa destination. Pour le Bélier la nuance est hors de mise. La vitesse d’excitation entraîne une exclusion immédiate. La division est nette, sommaire : tels sont mes amis, tels mes ennemis, vous ne servirez pas à la fois Dieu et Mammon. Il est possible qu’il y ait une alternance transformant le reniement du premier choix en une réaffirmation fanatique. Ce mécanisme (induction réciproque) se traduirait ouvertement par des voltes-face successives, aspects explicites du réajustement de la conduite. LA VIERGESens des contraires Le dispositif d’exclusion, mieux affermi qu’au Lion, fait de la Vierge un précautionneux, un puriste distingué. Il ne se mêle pas au petit bonheur à la vie des autres. Le flair des affinités et sur tout celui des non-affinités le guide. Ses relations sociales sont simplifiées, protégées par un code de sécurité ; le dialogue avec le milieu est contrôlé, sinon tout à fait dirigé. Le drame de l’exclusion touche surtout les relations affectives du couple. L’accord des caractères se heurte aux divergences de l’humeur, du goût, du désir. Chacun craint d’être altéré et de subir une domination ; l’entente qui devrait se réaliser sur la base d’échanges compensateurs est impossible. Nous sommes en présence d’une Balance aux plateaux immobiles ; il n’y a pas de mouvement entre le poids de chacun. Évidemment, lorsque le type Vierge trouve un objet d’amour admissible, le couple forme le parfait tandem. Sur le plan de l’activité pure, le sens des contraires permet à la Vierge de se réaliser en tenant compte au maximum de ses capacités réelles. Le but poursuivi est bien défini et pour atteindre son objectif, la Vierge se dépouille des velléités dissipatrices. Sa force est moins dans la fixité du but que dans l’élimination des à-côtés. Souvent, l’activité éliminatrice opère pour son seul plaisir, le but devenant secondaire ou inexistant. La solidarité créée par L+ entre les contraires permet en général une mise en relief de chaque identité. Cependant, si l’on met en jeu la tendance égalitaire du Signe, la lenteur d’excitation présentera les contraires dans une contiguité facilitant les phénomènes d’inversion (autonégation). Lorsque deux termes contraires sont inséparables (pour des raisons de valorisation réciproque), l’implication d’un terme par l’autre l’emporte sur l’affirmation originale. Plus le contraste est saisissant, plus l’impliqué apparaît impliquant. Faisons appel à une structure du comique : le gros et le maigre. Qui dit Laurel dit Hardy, Laurel implique Hardy, mais c’est le gros qui donne au maigre son caractère comique et réciproquement. Le procédé d’affirmation par la négation ne se cantonne pas au comique et à une forme de conjugaison. C’est une sublime habileté de l’homme de prendre pour déguisement le masque opposé à sa nature. Tartuffe est un archétype. Mais aux techniciens de la mauvaise foi, aux diables en soutane, opposons les grandeurs muettes, les Ulysse en haillons et tant de vertus de courage, de travail, qui se lisent après accoutumance. LA BALANCESens des contraires Signe oscillant, Signe hésitant... le symboliste tient pour responsable du complexe de Buridan les deux plateaux de la Balance. Mais nous savons que le sens des contraires affecte tous les Signes égalitaires (modalité liée au mouvement saisonnier). La V- accorde à la Balance sélectivité et mobilité défensive ; avec le sens des contraires, elle se livre à une comparaison successive sans se décider à une position brutale. Chaque chose prise isolément est incomplète à ses yeux, la discrimination lui révèle un travers, une différence qui l’incite à réviser sa position pour connaître de l’autre côté un nouveau dépit. De cet aller-retour résulte : a) une connaissance affinée de chaque élément en comparaison, b) la conscience aiguë d’une vérité impossible à dégager sans la présence d’un contraste, sans l’existence d’une contre-tendance. Pour être Soi à coup sur, il faut donc accepter le Non-Moi, partenaire ou belligérant (le cher ennemi, la rivalité dans l’amitié sont des schèmes Balance). En un combat dangereux et équivoque, il faut soutenir l’ennemi grâce auquel le Soi se réalise. Cette technique, sur le plan intellectuel, conduit aux dilemmes féconds. Affectivement, elle crée l’incomplétude : l’être animé par l’inhibition différentielle et le sens des contraires, se sent incomplet, imparfait, mais il comprend que cette inquiète autocritique le conduira à une connaissance plus profonde de son individualité. LES POISSONSSens des contraires L’une des clefs de la psychologie du type Poissons est dans sa faculté de "nager entre deux eaux". C’est en effet une force du Signe que de se maintenir entre deux courants contraires. L’équivoque est condamné, jugé comme une fuite, mais est-ce un jugement objectif ? Comment nier la valeur positive de ce comportement, raffiné au point de déjouer les dialectiques chevronnées ? L’homme ni chèvre ni chou a de sérieux atouts pour réussir dans les combats critiques de l’existence : louvoyer, se faufiler, passer entre, agir sans s’affirmer ; ce sont des qualités maîtresses pour une lutte aussi complexe que celle de l’homme moderne. L’univers magique des Poissons découle également de l’exclusion des contraires. Un tel univers se permet toutes les fantaisies. En cherchant à le définir, on s’aperçoit seulement au gré des rencontres, qu’une chose n’implique plus son opposition, probablement parce qu’étant strictement elle-même, elle échappe aux rapports de comparaison. Tel est d’ailleurs le postulat de l’individuation pour Jung. Avec la structure Poissons, les interprétations varient selon le point de vue psychologique ou philosophique. Dans le premier cas, être "soi-même" déborde le seul phénomène d’individuation. II ne manque pas d’êtres se suffisant à eux-mêmes, composés d’égoïsme, de générosité, de science, de folie, et simplement vivants. La vie n’a rien à attendre de nos dialectiques, celui qui n’écoute qu’elle sera à la fois authentique et incompréhensible. Sur le plan métaphysique, la structure Poissons se prête à d’autres constructions. Évoquons notamment celle qui considère l’esprit comme un "statisme" au sein duquel repose l’ordonnance des mondes. En est-il réellement ainsi ? Ce n’est pas l’astrologie qui nous le dira, mais on voit en tout cas, dans ces conceptions, une base affective et une structure nerveuse combinant l’inertie d’inhibition au sens des contraires. Textes extraits de La Condition solaire, éd. Traditionnelles, 1964. A voir aussi : Les Signes en phase égalitaire (EG)
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Jean-Pierre Nicola
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