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| Publié le : 13 octobre 2004
1. “Manques” des fonctions planétaires
Pour désigner la formule négative des fonctions planétaires, nous avons l’habitude d’adjoindre le préfixe “non-” à l’un des niveaux du R.E.T. : le Soleil est par exemple “non-eE” et “non-tT”, alors que Saturne est “non-rR”, “non-e” et “non-T”. Derrière ce préfixe négatif se cachent divers rapports possibles entre la formule positive et la formule négative de chaque fonction. Exploration et propositions.
Le négatif n’est pas l’absence Chaque fonction planétaire se caractérise à la fois par les niveaux du R.E.T. qu’elle “excite” et par ceux qu’elle “inhibe”, auxquels elle est indifférente ou opposée, qui l’aveuglent, qu’elle ignore, rejette ou recherche obscurément. En ce sens, la formule négative d’une fonction planétaire peut être comprise comme l’équivalent de la “Planète aveugle” d’un Thème, celle qui est la dernière du classement. Jean-Pierre Nicola a déjà abordé cet aspect : “Le négatif “non” ne signifie pas l’absence de la fonction mais son inhibition sous des modes variables, de la sélectivité (inhibition différentielle : on a des préférences marquées) : de l’auto-protection (organisation des défenses contre la fonction inhibante) ; de l’indisponibilité (refus passif par incompatibilité naturelle) ; de l’extinction (élimination par détachement, dévalorisation de la fonction)”. Cette formulation a pour intérêt de permettre d’opérer une jonction logique entre fonction planétaire et rythme zodiacal, mais elle pose néanmoins problème : prenons l’exemple d’une Vénus en Scorpion. Dans le zodiaque réflexologique, le pôle dominant de ce Signe est la Force et la Vitesse d’inhibition différentielle en induction négative. Une Vénus en Scorpion implique donc des “préférences très marquées” en matière de goûts et dégoûts sensoriels, de sympathies et antipathies épidermiques. La sélectivité du Scorpion agit ainsi à l’intérieur du niveau-but “e” et du niveau-source “R” de la fonction vénusienne : on trouve certains mots ou certaines images (“R”) nettement plus touchants, parlants ou émouvants (“e”) que d’autres, et l’on aura tendance à sélectionner systématiquement les premiers au détriment des seconds. Selon l’hypothèse formulée par J.P. Nicola, l’inhibition différentielle du Scorpion jouerait également sur le rejet, par la fonction différentielle, des niveaux “T” et “t”. Dans cette optique, ce seraient tous les goûts et dégoûts sensoriels, toutes les sympathies et antipathies épidermiques qui seraient systématiquement préférées aux secrets, complexités et mystères de l’invisible. L’inhibition des niveaux “manquants” Prenons maintenant l’exemple d’une Vénus en Gémeaux, Signe dont la formule réflexologique dominante est la Force et Vitesse d’excitation naturelle en Sens des Ensembles. Les préférences en matière de goûts et dégoûts sensoriels et de sympathies et antipathies épidermiques sont cette fois nettement moins marqués : on trouve spontanément beaucoup d’êtres ou de choses à son goût ou à son dégoût, on a des sympathies et antipathies épidermiques tous azimuts. Mais dans le cas de ce Signe en excitation optimale, que devient l’inhibition des niveaux “t” et “T” propre à la fonction vénusienne ? Une Vénus en Gémeaux en “manque d’inhibition” serait-elle incapable d’inhiber les niveaux “t” et “T” ? Si c’était le cas, ces niveaux deviendraient dominants dans la fonction vénusienne. Il n’en est évidemment rien : le Signe ne peut changer aussi radicalement la Planète, puisqu’il n’en est qu’une modulation. Comment résoudre ce problème ? Sans doute en découplant les effets excitateurs et inhibiteurs des fonctions planétaires en soi, des effets excitateurs et inhibiteurs des Signes du zodiaque. Ainsi, quel que soit le Signe qu’occupe une Planète, cette dernière exercerait à l’intérieur de ce Signe son propre pouvoir d’inhibition naturelle, protectrice, différentielle ou extinctive sur ses niveaux “manquants”. C’est compliqué ? Oui, c’est compliqué... Reprenons donc l’exemple de Vénus en Gémeaux. Si la fonction “eR” de Vénus met les niveaux “t” et “T” en inhibition naturelle, notre “vénusien”, au nom de ses goûts et dégoûts sensoriels, de ses sympathies et antipathies épidermiques, refuse passivement de s’intéresser au secret, au mystère, au complexe ; s’il met les niveaux “t” et “T” en inhibition protectrice, il tendra à se prémunir contre toute invasion de leur part dans la sphère de ses goûts et dégoûts, etc. ; s’il met les niveaux “t” et “T” en inhibition différentielle, il choisira sélectivement de ne pas tenir compte du secret, du complexe et du mystère lorsqu’il est dans la sphère de ses goûts et dégoûts, etc. ; s’il met les niveaux “t” et “T” en inhibition extinctive, il éliminera systématiquement toute référence au secret, au complexe, au mystère dans la sphère de ses goûts et dégoûts, etc. Ces mécanismes d’inhibition ayant été mis en œuvre à l’intérieur de la fonction vénusienne et indépendamment de la formule réflexologique des Gémeaux, le Signe pourra prendre le relais : le “vénusien” des Gémeaux aura alors, conformément à la dynamique de ce Signe, des émois variés et changeants, en prise permanente avec les sollicitations et tentations du monde extérieur, etc. Dans cette hypothèse, les mécanismes d’inhibition opéreraient sur deux niveaux : d’abord au niveau interne de la fonction planétaire, puis au niveau externe de la formule zodiacale. Etant donné la complexité du système nerveux humain, de tels mécanismes en cascade et en interférence ne sont pas impossibles. Comment en rendre compte avec le langage, dans l’interprétation ? Cela n’a a priori rien d’évident. Reprenons l’exemple de Vénus en Gémeaux, admettons qu’elle soit hyper-dominante dans un Thème et qu’elle soit au carré d’un Pluton (“tT”) peu valorisé. Le Sujet “vénusien” aura alors tendance à “inhiber” sa fonction plutonienne. Le Thème est-il susceptible de fournir des informations sur le type d’inhibition (naturelle, protectrice, différentielle ou extinctive) mis à l’œuvre ? Ce n’est pas sûr : le choix conscient ou inconscient d’un type d’inhibition peut être la résultante da manière dont le Sujet vit cette dissonance. Si le carré plutonien le dérange tout simplement dans l’expression de sa “vénuséité”, il tendra à choisir l’inhibition naturelle (“Je n’ai pas de temps à perdre avec Pluton”) ; si le carré plutonien est perçu comme une menace, un danger pour Vénus, il tendra à choisir l’inhibition protectrice (“Je mets mes émois à l’abri des complexités”) ; si la dissonance plutonienne est perçue comme la nécessité de faire un choix entre Vénus et Pluton, il élira l’inhibition différentielle (“Je préfère nettement vivre en fonction de mes émois plutôt que m’ouvrir à la dimension du mystère insondable”) ; enfin, si le carré de Pluton est perçu par Vénus comme un inutile et déstabilisant encombrement, le Sujet mettra la fonction plutonienne en inhibition extinctive (“Les mystères et complexités plutoniennes, j’en ai rien à cirer”). Reste ensuite à interpréter quand même la situation de Vénus en Gémeaux. Mettons que, du fait de son vécu de cette dissonance Vénus-Pluton, le Sujet ait “choisi” de mettre Pluton en inhibition différentielle. Cela voudrait-il dire que Vénus en Gémeaux serait en Scorpion ? Bien évidemment non... Mais notre “vénusien” des Gémeaux ayant “choisi”, du fait de son vécu de cet Aspect (vécu qui n’est pas inscrit dans son Thème, mais dans la manière originale dont il négocie cette dissonance en fonction de son milieu, de ses rencontres, de ses expériences et de ses préférences), de mettre la fonction “tT” de Pluton en inhibition différentielle, il peut désormais vivre à fond sa condition de “vénusien” des Gémeaux, c’est-à-dire d’hyper-excitable émotionnel, affectif et sensoriel... Récapitulons : du fait de la manière dont il vit ce carré Vénus-Pluton, notre “vénusien” a “choisi” de mettre Pluton en inhibition différentielle ; ce type d’inhibition est certes celui que privilégie le Scorpion dans le zodiaque réflexologique, mais la mise en œuvre de l’inhibition différentielle n’est pas l’apanage exclusif du Scorpion (que le Scorpion soit dominant ou non dans votre Thème, vous faites de l’inhibition différentielle à chaque fois que vous devez choisir entre fromage ou dessert, puis entre les différents types de fromages et de desserts) ; enfin, le type d’inhibition de la fonction plutonienne ayant été sélectionné en fonction du vécu de l’Aspect, les mécanismes Gémeaux sont mis à l’œuvre. Il n’y a donc pas incompatibilité entre l’inhibition différentielle de la fonction plutonienne induite par la manière dont le Sujet vit sa dissonance, et l’excitation naturelle des Gémeaux. Ouf ! Revenons maintenant à Vénus en Scorpion, et admettons que notre “vénusien”, toujours aux prises avec un carré de Pluton, ait “choisi” de mettre la fonction plutonienne en inhibition différentielle. Cette première sélection extra-zodiacale ayant été faite en amont, l’inhibition différentielle du Scorpion va pouvoir entrer en jeu en aval (“Je préfère nettement vivre en fonction de mes émois plutôt que m’ouvrir à la dimension du mystère insondable, et de plus j’ai des préférences très marquées en matière de goûts et dégoûts sensoriels, de sympathies et antipathies épidermiques, etc.”). Cette fois, l’inhibition différentielle opère à deux niveaux distincts : d’une part, elle indique que le Sujet a préféré d’une manière très marquée la fonction vénusienne à la fonction plutonienne, et d’autre part, elle permet au Sujet d’être extrêmement pointu dans la sélection de ses goûts et sympathies, etc. L’excitation des niveaux “présents” Jusqu’ici nous n’avons évoqué que les mécanismes d’inhibition à l’œuvre à l’intérieur de chaque fonction planétaire. Reste à aborder les mécanismes d’excitation. En effet, si Vénus inhibe les niveaux “t” et “T”, cela signifie que la fonction “eR” est excitée, et que cette excitation serait naturelle, débloquante, associative ou recréatrice, en rapport avec le type d’inhibition à l’œuvre, et ce quel que soit le Signe où se trouve Vénus. Revenons au carré Vénus-Pluton : si le Sujet a mis Pluton en inhibition naturelle, c’est pour mieux vivre naturellement ses élans vénusiens ; s’il a mis Pluton en inhibition bloquante ou protectrice, cela lui permet de “débloquer” ses élans vénusiens, de les libérer de toute emprise du secret, du complexe ou du mystérieux ; s’il a mis Pluton en inhibition différentielle, cela lui permet d’associer ses élans vénusiens au monde environnant ; s’il a mis Pluton en inhibition extinctive, il peut tout à loisir recréer à l’infini les plaisirs vénusiens en refusant obstinément de s’intéresser aux complexités plutoniennes. Que se passe-t-il alors pour notre “vénusien” des Gémeaux qui a mis Pluton en inhibition différentielle ? Premier étage (vécu de l’Aspect) : le mode d’association au monde extérieur sera électivement vénusien ; deuxième étage (zodiaque) : les associations émotionnelles ou sensorielles sont vastes, multiples, spontanées, immédiates, changeantes. Pour un “vénusien” du Scorpion qui a mis Pluton en inhibition différentielle le processus est le suivant : Premier étage : le mode d’association au monde extérieur est électivement vénusien ; deuxième étage : les associations émotionnelles ou sensorielles sont étroites, précises, sélectives, etc. Résumons-nous : puisque l’horoscope n’est pas le Sujet et que le système nerveux de ce dernier n’est pas dans son Thème, mais dans son corps, les mécanismes d’excitation et d’inhibition, qui ne sont pas l’apanage exclusif du zodiaque mais sont communs aux configurations zodiaco-planétaires, peuvent être mis à l’œuvre de manière très diversifiée. Au fond, le principal problème de compréhension se situe probablement au niveau sémantique. Il disparaît dès que l’on cesse de faire de chaque Signe le “propriétaire” d’un type d’excitation ou d’inhibition : les Signes ne sont que des incitateurs, des modulateurs de l’activité nerveuse supérieure structurée prioritairement par les fonctions planétaires. Autant dire que les rapports Planète/Signe sont très loin d’être simples... vous ne l’ignoriez sans doute pas. Une autre voie d’approche Il est possible de faire une autre approche pour expliquer les “manques” de chaque fonction planétaire. Dans cette optique, le préfixe négatif “non-” peut se transformer en “anti-”, en “para-” ou en “néo-”.
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Richard Pellard
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