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| Publié le : 27 janvier 2005
Mozart bazar et airs du Verseau
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la planète musico-mercantilo-médiatique fête l’anniversaire les 250 ans de la naissance d’un certain Wolfgang Amadeus Mozart, "musicien de génie".
D’un point de vue strictement astrologique, notons tout d’abord qu’il eût été plus conforme à ses dominantes planétaires de fêter ses 248 ans, puisque c’est la durée de révolution sidérale de Pluton, angulaire au Fond-du-Ciel. Mais bon, les commémorations officielles préfèrent les chiffres ronds, c’est comme ça. Depuis le début de ces commémorations, j’attendais avec une sournoise gourmandise la première mention journalistique du fait que Mozart était Verseau et que nous étions censés (et non pas sensés) vivre dans l’ère attribuée à ce Signe. Je n’ai pas eu à patienter longtemps. Le premier qui s’est emparé de ce sujet est Eric Dahan, journaliste à Libération, dans son article du 27/01/2006 intitulé Mozart à mort. Voici ce qu’il y écrit : "L’année Mozart ne commence officiellement qu’aujourd’hui. Mais on peut déjà dire que médiatiquement et commercialement, c’est un carton. Il y a quinze ans, la célébration du bicentenaire de sa mort n’avait pas fait autant d’effet. Et pour cause. Né un 27 janvier, Mozart - et sa musique - incarne la figure du Verseau, dans l’ère duquel la planète est entrée. Quoi que l’on pense de l’astrologie, force est de reconnaître que les premiers mots qui viennent à l’esprit pour caractériser la musique de Mozart ressemblent à ceux qui définissent selon les interprètes du zodiaque le cycle de 2 000 ans à venir : humanisme, altruisme, "alliance de l’air et de la beauté", monde où coexistent "démon et esprit saint", liberté et savoir...". Il est évident qu’Eric Dahan s’y connaît autant en astrologie que moi en fréquentation de la jet-set et des pipoles gay dans les boîtes de nuits branchouilles de Paris : il s’est contenté de reprendre les stéréotypes classiques sur le Verseau et de les mixer avec la théorie des "ères zodiacales". Pour une fois au moins malgré tout, Libé n’aura pas ignoré ou débiné l’astrologie... Mais passons aux choses sérieuses et profitons de ce papier pour faire un... "Rebonds" comme on dit dans Libé... Qu’est-ce que l’"ère du Verseau" ? Le point vernal est à l’intersection de l’écliptique et de l’équateur céleste. Quand le Soleil s’y trouve, c’est l’équinoxe de printemps pour l’hémisphère nord. Du fait du mouvement en vrille de la Terre, ce point "recule" de 30° tous les 2147 ans. Au bout de 25760 ans, il a accompli un tour complet sur l’équateur céleste. Lors des premières observations astronomiques mésopotamiennes, il était impossible de connaître ce phénomène appelé "précession des équinoxes", qui n’a été découvert qu’au 3e siècle av. J.C. De ce fait les Signes (portions de l’écliptique) et les constellations qui se trouvaient à l’arrière-plan étaient confondus. Du fait du phénomène de précession, au bout de 2147 ans, la constellation des Poissons s’est retrouvée en arrière-plan du Signe Bélier : début de l’"ère" des Poissons. Puis 2147 ans plus tard, c’est la constellation du Verseau qui s’est retrouvée en arrière-plan du Signe Bélier ("ère" du Verseau). Les astrologues qui croient aux "ères" confondent Signes et constellations. Les constellations étant par ailleurs d’étendues très variables, il est stupide, malhonnête et anti-réaliste de leur attribuer une étendue uniforme et fictive de 30° pour les faire coïncider arbitrairement avec les Signes. C’est pourtant ce que font les astrocroyants des "Eres", et c’est pourquoi aucun d’entre eux n’est d’accord sur les dates de début et de fin des "Eres". Bref, l’ère du Verseau c’est du pipeau, une illusion née d’une confusion et d’une ignorance... L’air du Verseau Même si notre ère n’est définitivement pas celle du Verseau, elle ne manque pas d’Air, Elément symbolique attribué à ce Signe par la Tradition astrologique. Fortement marqué par le Verseau (quatre planètes dans ce Signe), Mozart lui non plus ne manquait pas d’air. N’empêche que la théorie des quatre Eléments est étrangère au zodiaque réel. L’astrologue André Barbault n’est pas d’accord avec ce point de vue conditionaliste. Dans l’un de ses derniers ouvrages, il remet fondamentalement en cause la logique symbolique du zodiaque Elémentaire pour faire correspondre les Eléments planétaires aux Eléments zodiacaux par le truchement des Maîtrises en arguant du fait que les planètes sont en astrologie le "premier mobile". C’est ainsi qu’il a décidé d’attribuer à chaque Signe l’Elément de sa "Planète rectrice", et, par exemple, de faire du Thème de Mozart une parfaite illustration du "musicien de Terre"... alors qu’aucune planète ne se trouve dans cet Elément zodiacal et qu’André Barbault classe Uranus, angulaire au DS, "Maître" du Verseau occupé par quatre planètes, parmi les planètes de "Feu". Cherchez l’erreur, traquez l’absurdité. En astro-jungisme décrypté-imaginé par un conditionaliste, avec une conjonction Lune-Pluton au FC carré à Uranus au DS, trigone à Neptune opposé à l’amas en Verseau, Mozart serait plutôt une parfaite illustration de l’"Intuition extravertie". Pour l’astrologie conditionaliste, le musicien relève de la formule "Verseau Transcendance extensive" dont voici une description succinte : Vos qualités : original, créatif et farouchement indépendant, vous êtes avant tout un intuitif qui percevez avec acuité à quel point il ne faut jamais renoncer à vos aspirations profondes. Votre imagination inspirée vous incite à toujours reconsidérer êtres, choses et situations sous un nouvel angle. Hardiment novateur, imprévisible et souvent génial dans votre façon de détecter les plus petits signaux qui indiquent des changements à venir, de pressentir ce qui va se passer avec une longueur d’avance sur les autres, votre optimisme visionnaire secoue les habitudes de penser et d’agir. Vous avez une foi inébranlable en vos propres capacités, en votre propre devenir que vous forgez en vous renouvelant constamment. Vos défauts : vous faites trop souvent preuve d’une alarmante fertilité inventive qui vous déconnecte complètement de votre situation tangible et des réalités concrètes. Incapable de vous enraciner nulle part, de posséder quoi que ce soit, suprêmement détaché à l’égard des biens de ce monde, vous vivez au rythme trépidant et irrationnel des injonctions de votre inconscient capricieux qui brasse théories fumeuses et espérances chimériques, projets irréalisables et délires de l’imaginaire. Exalté et visionnaire dans le sens le plus négatif de ce terme, vous croyez trop aux miracles, trompez les autres et vous trompez vous-même en jetant de la poudre aux yeux, en promettant et prophétisant l’impossible. Cet
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Richard Pellard
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