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| Publié le : 10 novembre 2003
Aspects : Théorie et bilan conditionaliste
Notre enquête sur les aspects planétaires à révélé l’absence, dans la Tradition, de modèle justifiant leur nombre, qualité et importance.
La Tradition ne propose rien de cohérent, Kepler introduit ses aspects pour finalement s’en remettre à l’expérience, certains modernes ont recours à la logique d’un cycle qui n’en est pas un et qui, de toute façon, n’explique rien. Nous n’avons vu apparaître aucun ordre démonstratif en prenant les figures géométriques, les nombres entiers, les quatre éléments ou les phases lunaires. Ce fiasco, soigneusement caché aux amateurs et étudiants en astrologie, ne condamne pas le principe de l’aspect, angle privilégié significatif d’une interaction entre facteurs célestes horoscopiques. Il montre que si la pensée analogique est à même de percevoir une réalité, ce n’est pas à elle d’en trouver la clef, encore moins de la situer dans un système. Au fil de notre recherche, nous avons élucidé un point de doctrine : tout zodiaque se réclamant d’un cycle doit également se réclamer d’un axe de symétrie. Si bien que, de ce point de vue, le Scorpion est symétrique du Taureau, alors que la logique du cycle lui vaut le Lion comme Signe symétrique. Toujours en cette occasion, nous avons démontré que les aspects d’un intercycle planétaire ont également un axe de symétrie, repérable en longitudes zodiacales à l’époque de l’aspect d’opposition, demi-période de l’intercycle considéré. Enfin, il est apparu que le zodiaque des déclinaisons et le photopériodique s’inspirent bien, quant à eux, d’un axe de symétrie qui leur épargne les bricolages pseudo-symbolistes et leur permet de s’intégrer, comme cycles particuliers, à l’ensemble de tous les cycles planétaires. En d’autres termes, les Signes zodiacaux ne sont pas des lieux, mais, tels les aspects, des phases, moments caractéristiques d’un cycle. Nous étudierons ultérieurement par quelle logique le cycle zodiacal agit en régulateur de modulateur des cycles planétaires. Ces éclaircissements contribuent à la fois à la compréhension de l’astrologie dans sa dimension temporelle et à la rigueur des interprétations de l’école conditlonaliste, seule école qui sait ce qu’elle dit, ce qu’elle fait, pourquoi elle le fait, et pourquoi elle le dit. Telle est la clef des aspects majeurs classiques : une suite, avec une base de 30°. rythmant le 2 et le 1 : on monte une première marche de deux fois 30°, puis une deuxième de 30°, on redescend la marche de 30°, puis celle de 60°, ainsi de suite, pour le retour de 180° à 0°. On introduit les aspects mineurs en adaptant une base de 15° et non de 30°, mais en conservant le même principe de l’escalier que l’on monte et descend : ici on monte et on descend deux fois un escalier dont la première marche vaut deux fois 15° et la deuxième fois 15°. La structure de cet escalier renvoie à la construction géométrique du zodiaque des 12 Signes. On trace un carré et son cercle inscrit, puis deux diamètres perpendiculaires de manière à diviser le carré en 4 autres, et le cercle en 4 quadrants. On trace les diagonales des 4 carrés et des 4 centres de ces diagonales, deux perpendiculaires aux côtés du grand carré extérieur. Les intersections avec le cercle inscrit donnent les divisions de 30°. Si bien que, à partir des intersections des grandes diagonales avec le cercle, nous avons : plus ou moins 15°, et plus ou moins 45°. Le procédé détermine 16 intersections correspondant aux seize aspects utilisés le plus fréquemment. Les familiers de l’astrologie conditionaliste ont peut-être reconnu une structure inhérente au zodiaque photopériodique mettant en valeur le centre de chaque quarte en tant que phase d’induction inversant l’incitation vers l’inhibition ou l’excitation, selon la dominante croissante (1ère et 3e quarte) ou décroissante (2e et 4e quarte). La phase d’induction idéalement située au centre, détermine à son tour deux contre-inductions dont les limites donnent, géométriquement, la division traditionnelle de chaque quarte en trois Signes. Enfin, toujours sous ce regard géométrique, on observe que les proportions du plus petit au plus grand carre sont 1 (le plus petit constitue l’unité de base), 4 (chaque quarte en contient quatre) et 16 (contenance du grand carré par rapport à l’unité adoptée). C’est par cette progression 1, 4, 16, que l’on obtient une matrice d’aspects qui substructure la division du cercle en 12 Signes. Il est donc clairement démontre que les aspects des écoles traditionnelle et astropsychologique ne relèvent pas du cycle mais du cercle. Avec l’école conditionaliste, nous allons quitter les symboles, les marées et les éléments, pour nous intéresser à l’homme et, puisqu’il s’agit pour les aspects, de liens de transmission, nous pouvons consulter les solutions adoptées par le système nerveux pour communiquer entre neurones. En 1909, le physiologiste Louis Lapicque (1866-1952) à établi une relation entre le temps (durée) et le degré d’excitabilite d’un nerf. Si l’on désigne par temps utile la durée de stimulation nécessaire pour qu’un nerf réponde à l’intensité d’un courant, la chronaxie sera, par convention, le temps pour lequel la réponse réclame une stimulation d’intensité double. Les variations du facteur intensité et du facteur temps ne sont pas indépendantes pour notre récepteur nerveux, ce qui, dans une approche analogique, permet à l’astrologue de juger de l’échelle des durées comme une échelle d’intensité. Pour illustrer grossièrement la chronaxie, si vous mettez votre bain à une température de moins 6°, le temps utile pour une broncho-pneumonie peut être de 4 minutes. La chronaxie sera définie par le temps nécessaire pour la même broncho-pneumonie dans un bain de moins 12°, deux fois moins 6°. L’image est frustre, puisque les durées chronaxiques s’expriment en millisecondes et les stimulations doivent être ni trop fortes, ni trop faibles, les neurones ayant des seuils inférieur et supérieur de sensibilité. Les chronaxies concernent, somme toute, la vitesse d’excitabilité d’un nerf. Les fibres nerveuses ont des chronaxies différentes dites de constitution. La chronaxie d’un nerf rapide se chiffre en millième de seconde, celle d’un nerf lent en dixième de seconde. Et ces constitutions définissant les aptitudes rapides ou lentes des neurones, sont en perpétuelle fluctuation sous l’influence de multiples facteurs touchant l’organisme et ses commandes supérieures. La posture, la fatigue, la douleur, la distraction, l’attention, modifient les chronaxies. On parle alors de chronaxies de subordination, de chronaxies élevées ou abaissées. Les plus hautes correspondent au frein, au contrôle, à l’inhibition, aux fonctions supérieures de l’activité cérébrale. Les chronaxies "basses" exaltent la spontanéité, les réactions primaires, les impulsions, les réactions exagérées aux messages sensitifs, l’excitabilité diffuse. Enfin, les chronaxies interviennent au niveau des aiguillages neuroniques "pour que la transmission s’effectue entre deux neurones. il faut qu’ils aient la même chronaxie ou une chronaxie voisine, un écart du simple au double ou à la moitié arrêtant la transmission... Mais surtout. chose importante. les nerfs antagonistes ont des chronaxies doubles des agonistes (alliés naturels). Les neurones synergiques ont une chronaxie identique... Une bonne coordination motrice exige le respect du rapport de 1 à 2 des chronaxies des antagonistes..." (Dr Paul Chauchard - L’Influx nerveux et la Psychologie - PUP). Nous allons chercher nos vérités dans la Lune et tout est dans l’Homme. Avec ces quelques lignes sur le "temps utile" et les chronaxies, une théorie des aspects conforme au phénomène humain neuro-physiologique est à l’expérience astrologique, coule de source :
En résumé : Il y a la conjonction qui contient dans sa marge d’effet tous les harmoniques des aspects dissonants et consonants, et il y a la suite des dissonants obtenus par les diviseurs 2, 4, 8 puis la suite des consonants obtenus par les diviseurs moyens des précédents : 3 (trigone) étant la moyenne de 2 plus 4, comme 6 est la moyenne arithmétique de 4 plus 8. Avant de revenir sur la conjonction et son développement cyclique alternativement consonant et dissonant, l’on peut s’aventurer à comprendre l’horoscope : comme une vaste mosaïque de chronaxies ou, plus exactement, de cycles et sous-cycles ou interférences, les uns en concordance de phase (analogie avec les synergies et les chronaxies basses des niveaux instinctifs ou des comportements primaires), les autres en discordance de phase (analogie avec les antagonismes appelant des subordinations). Cette mosaïque d’interférences intercycliques - nous avons vu que le zodiaque en est l’un des éléments modulateurs -introduirait une grille d’incitations (les "tuteurs" de Kepler) facilitant ou contrariant le développement des potentialités propres aux rythmes et cycles de l’homme. Les échelles de temps sont très différentes, a priori non comparables. C’est pourquoi nous avons parlé d’approche analogique. Cependant, le fait que l’expérience du praticien confirme la logique des chronaxies, prouve que l’adaptation de l’homme aux structures temporelles de son environnement est plus large et plus complexe que ce que l’on en sait par l’étude des neurones. En outre, sans rejeter l’hypothèse d’une adaptation spécifique de neurones ou groupes de neurones aux incitations planétaires, l’ordre de grandeur des durées planétaires oriente la recherche sur chaque planète concernant des comportements schématiques acquis et mémorisés, ainsi que des comportements projetés, ébauches et préexperimentés dans l’imaginaire. La mémoire est une conjonction accumulatrice de consonances et dissonances héritées et potentielles. Elle est, surtout, le moyen, pour l’astrologie conditionaliste, de changer d’échelle, en passant des micro-durées des chronaxies neurologiques aux macro-durées des cycles planétaires. En littéraire, je dirais que les planètes en dissonance opposent nos souvenirs à nos projets mais que nos projets ne sont pas indépendants de nos souvenirs... Au vrai, l’affaire est encore plus simple et plus complexe. Simple, parce que la théorie des aspects de l’école condltlonailste reporte au récepteur humain neuro-physiologique mis en valeur par le zodiaque réflexologique, l’explicative des planètes (niveaux d’excitabllité et théorie des âges) et des Maisons. Simple, par la constante de sa référence et l’unité de sa doctrine. Complexe par les enchaînements à définir dans le contexte historique d’une astrologie subornée par les manipulations de pseudo-symbolistes qui tiennent leur ignorance agressive pour une critique de la science. Dans un tel contexte, le conditionaliste doit à la fois expliquer, justifier, polémiquer et renvoyer à des définitions de base, inconnues d’un milieu intoxiqué de fadaises. Le pseudo-symboliste, assuré qu’il est de pondre des best-sellers, peut débiter n’importe quoi puisque dans sa définition, le symbole est n’importe quoi, et qu’on ne demande qu’a le croire pour prendre le relais auprès des éditeurs ou des pontes de la consultation. La difficulté du conditionaliste n’est pas dans sa doctrine mais dans le contexte d’une astrologie anti-Keplerienne. Le champ d’action de l’aspect de conjonction inclut des harmoniques de dissonances et consonances qui, à la limite, se confondent entre elles. Par métaphore, la conjonction est un œuf, un trop plein, une outre de potentialités indifférenciées. Le développement du cycle conduit d’un aspect à l’autre, à la manifestation de ces potentialités et, par la subordination, à leur différenciation. Au temps de chaque aspect, il faut faire un choix du "bon" (facile) ou du "mauvais" (difficile) contenu, en vrac dans la conjonction. Et ce choix, en progressant d’un aspect au suivant, devient de plus en plus déterminant. Au temps de l’opposition, aspect extrême, le choix est souvent radical, c’est l’heure du "tout ou rien" de la dernière carte. Les aspects de retour, de l’opposition à la conjonction, rééquilibrent les choix antérieurs, manifestent les conséquences successives du dernier choix sous l’opposition et préparent les potentiels du cycle suivant. Ainsi, nous pouvons réellement parler de cycle, puisque, à l’inverse d’une structure spatiale égalisant conjonction et opposition, nous avons un développement logique différenciant par ses phases successives les potentialités originelles. Toute théorie cohérente et féconde, à l’inverse de la spéculation verbale, débouche sur de nouvelles expérimentations. La théorie conditionaliste explique les observations empiriques, donne la clef du nombre, de la qualité, de l’importance des aspects, en confirmant et en éclairant le zodiaque réflexologique en tant que cycle régulateur et la théorie des âges planétaires, en tant que cycle de développement ou chaque planète est une phase structurée dans le système solaire. Et cette théorie qui répond à de précédents problèmes, en soulève d’autres qui appellent d’autres recherches... Tel est son bilan et sa dynamique. Comparez-le aux bricolages d’une pensée pseudo-symboliste digne d’une fresque de Dubout, et établissez votre théorie sur les occultations dont elle fait infatigablement l’objet. Une simple histoire de basses chronaxies contre de plus élevées. à vous d’en juguer, amies et amis, et de choisir... puisque nous sommes au temps d’une quadrature des doctrines, sinon d’une opposition radicale. Article paru dans Astrologique n° 21, Mai 1979. A voir aussi :
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article vous a été proposé par :
Jean-Pierre Nicola
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