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L’astrologie pouvait-elle prévoir le krach boursier d’octobre 2008 ? Vous êtes ici : Accueil Documents Pour connaisseurs Astrologie mondiale
Publié le : 10 novembre 2008
L’astrologie pouvait-elle prévoir le krach boursier d’octobre 2008 ?
Selon de nombreux commentateurs anti- ou pro-astrologie - et parmi ceux-ci Serge Bret-Morel, trésorier de la FDAF (Fédération des Astrologues Francophones) - les astrologues n’auraient rien vu venir de la crise majeure que traverse l’humanité depuis l’explosion de la bulle spéculative des subprimes. Voici ce qu’il écrivait sur ce sujet dans un article paru le 24 octobre 2008 dans la Gazette des astrologues : “Il est intéressant de parcourir les forums et autres textes disponibles gratuitement sur les très rares sites spécialisés. De retrouver notamment certains textes publiés à la veille des plus grandes baisses des derniers mois. On constate alors presque toujours que l’astrologue ne soupçonne pas une seconde les événements qui sont sur le point de survenir, et encore moins leur ampleur”. Et il a raison. Les astrologues boursicoteurs d’Internet n’ont rien vu venir.

Le charlatan sidéraliste de Bombay

Avant de nous plonger un peu plus profondément dans cette nouvelle faillite du prédictionnisme astrologique, commençons par nous marrer un peu : le 15 octobre 2008, soit une semaine après le krach, l’AFP diffusait un communiqué selon lequel un astrologue indien de Bombay aurait prévu cette catastrophe, sous le titre “La crise financière mondiale était inscrite dans les astres”.

Ce qui est totalement mensonger. L’astrologue en question, Raj Kumar Sharma, qui se serait “bâti une jolie réputation en prédisant les évolutions des indices boursiers de New-York, Londres ou Tokyo en fonction de l’alignement des planètes”, n’avait rien prévu du tout. Il s’est contenté de débiter des âneries après coup, pour se faire de la pub et du buzz à bon compte.

Voici comment il justifie la prédiction qu’il n’a pourtant pas faite : "Le Lion est le signe zodiacal du Soleil et le Soleil symbolise le père dans l’astrologie indienne. Mais le fils du Soleil, Saturne, ne s’entend pas avec son père. Dès qu’ils sont en contact, ils se chamaillent et mettent les marchés en péril". De l’analyse astro-financière de haute volée ! Pour comprendre ce charabia, il faut savoir que, comme la plupart de ses collègues du sous-continent asiatique, Raj Kumar Sharma est un adepte de l’astrologie sidérale, selon laquelle les influences zodiacales viennent des constellations et non des Signes. Ainsi, actuellement Saturne se trouve dans le Signe de la Vierge mais c’est la constellation du Lion qui se situe en arrière-plan de cette planète. Donc, pour un astrologue sidéraliste, Saturne se trouve actuellement en Lion, où il a été rejoint par Ketu, que Raj Kumar Sharma appelle à tort une "planète fantôme" de la mythologie hindoue “représentant l’échec et le manque de richesses”. Or Ketu n’est nullement une “planète fantôme”, mais le nœud lunaire ou point d’intersection sud entre l’orbite de la Lune et l’écliptique.

Saturne et Ketu sont considérés comme maléfiques par l’astrologie traditionnelle. Leur conjonction ne peut donc être qu’horriblement maléfique… et ce n’est pas tout : Raj Kumar Sharma croit aussi à la doctrine des Maîtrises planétaires, selon laquelle Saturne “gouverne” le Signe du Verseau, opposé au Lion. Quand Saturne se trouve en Lion, il est par conséquent “en chute”, donc encore plus maléfique, si c’est encore possible (rassurez-vous, le vrai Saturne astrologique est d’une toute autre nature). Or le Lion est le symbole du Père et de l’Or : quand il est agressé par le méchant Saturne et l’affreux Ketu, on peut pronostiquer la fin des haricots. Et c’est grâce à ces superstitions archaïques que Raj Kumar Sharma a tout prévu après coup.

Christopher Kevill, autre astrologue indien qui raconte n’importe quoi sur l’astrologie financière dans le journal Daily News, est d’accord avec son collègue : la crise des subprimes, c’est la faute à Saturne-Ketu dans la constellation du Lion. Du grand n’importe quoi. Je me souviens avoir rencontré à Bénarès l’un des plus grands astrologues indiens. Il ne savait pas faire la différence entre lignes de la main et Signes du zodiaque. Le krach boursier était-il prévisible en auscultant les lignes de malchance de la main invisible du marché ?

Bon, maintenant, quittons les astro-guignols orientaux et penchons-nous sur les mêmes en version occidentale.

Les charlatans de l’astro-boursicotage

Pour en arriver à ce constat, Serge Bret-Morel s’est contenté de surfer sur les multiples sites Internet consacrés à l’astrologie boursière et en particulier, parmi les francophones, les plus “sérieux” (défense de rire !) tels que Bourse Anticipations ou Cosmovaleurs.

Voici par exemple ce qu’écrivait le 5 janvier 2008 Jean-François Richard, l’un des “spécialistes” (défense de rire !) les plus en vue de l’astrologie boursière : “Nous risquons donc une situation un peu similaire, ne serait-ce qu’en prenant la seule position de Saturne qui va devenir de plus en plus négative. De 2003 à 2007, l’économie mondiale et les marchés d’actions se sont redressés grâce à un long quintile Uranus-Pluton qui a donné un dernier élan jusqu’à la fin du printemps 2007. Cela a permis de surmonter la crise internet des années précédentes. On peut penser qu’un demi-sextile Uranus-Neptune de 2009 à 2011 va également aider l’économie mondiale. Mais on peut douter d’un impact vraiment déterminant, alors que parallèlement les oppositions Saturne-Uranus vont se succéder sur la même période. en fait, on peut globalement penser que cela se soldera par un match nul sur quelques années, l’économie mondiale demeurant assez robuste mais beaucoup plus fragile et faible que précédemment”. Nous sommes à présent (novembre 2008) en plein “match nul”… Qu’est-ce que ce serait si les bourses avaient perdu ce “match” !

Effectivement, les astro-boursicoteurs n’ont rien vu venir de la crise majeure que traverse l’économie mondiale, même si les moins mal avisés d’entre eux se sont un peu méfiés de l’opposition Saturne-Uranus. Pourquoi cet échec ? Tout simplement à cause des méthodes simplistes qu’ils utilisent et de leur propension à déconnecter les hauts et bas des bourses de leur contexte global (économique, social, civilisationnel, etc.), comme si les astres du système solaire influaient directement, par le biais d’une magie influentielle astro-financière, sur les cours de la bourse.

Méthodes simplistes : selon ces astro-boursicoteurs-bonimenteurs, les intercycles des planètes lentes (Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, Pluton), concerneraient les fluctuations et évolutions à moyen et long terme des valeurs boursières, le court terme étant dévolu aux planètes rapides (de Lune à Mars inclus). A chaque astre et intercycle est arbitrairement attribué une hypothétique influence sur certains événements ou types de valeurs boursières. Les Aspects consonants sont censés concerner les hausses et les dissonants les baisses. En mixant tout ça, on se lance dans le prévisionnisme. Quand par hasard les prévisions sont confirmées, on le claironne à tous vents en vantant les méthodes qui ont permis ces succès. Quand elles ne le sont pas, ce qui est très fréquent, on met ça sur le dos de quelques imperfections dans les méthodes prévisionnelles, on n’en parle pas trop et on re-bricole de nouvelles méthodes pour “repartir” en prévision.

Exemple d’autosatisfaction de Jean-François Richard, gourou de l’astrologie boursière : “Mais d’abord un mot sur l’"astrologie", parce que je ne suis pas astrologue ! Si je l’étais, BOURSE ANTICIPATIONS n’existerait plus depuis longtemps... L’"astrologie traditionnelle" avec son ésotérisme et sa mystique ne sont d’ailleurs qu’une source d’erreurs permanentes, sans même parler du charlatanisme qui l’accompagne. A l’inverse, l’étude patiente des cycles planétaires de notre système solaire, méthode scientifique même si elle n’atteindra jamais la perfection d’une discipline comme les mathématiques, donne d’excellents résultats. C’est cette méthode qui a permis de déterminer un cycle haussier de 1995 à 2000, mais aussi le krach de l’été 1998... C’est cette méthode qui a permis de suivre pas à pas le krach historique de 2000 à 2003... C’est cette méthode, enfin, qui a permis d’envisager le redressement actuel... C’est la méthode de BOURSE ANTICIPATIONS”.

Le “redressement actuel” est en effet exceptionnel… Autre exemple de prévision astro-boursicoteuse : “En Février 2008, alors que la crise financière alimentait le pessimisme des marchés, que les investisseurs broyaient du noir, Cosmovaleurs prévoyait “une sortie du tunnel pour la fin mars” 2008. En Mars, nous réitérions nos prévisions positives pour début avril et la deuxième partie du mois notamment. Pour le moment, la bourse nous a donné raison : de nombreux “vendeurs” ont été pris par surprise et depuis quelques jours analystes et économistes changent d’opinion sur l’évolution du marché ! Certains prévoient maintenant une hausse de 10 à 20 % d’ici la fin de l’année voir avant ainsi qu’une remontée de nombreuses valeurs de plus de 25 à 30 %. Nous sommes repassés à l’achat et avons initié des positions plus réactives”.

Superbe prévision, fruit d’une méthode rigoureuse (défense de rire !), “basée sur l’analyse fondamentale des valeurs et sur l’étude de leurs cycles planétaires, CosmoValeurs prévoit la psychologie des marchés et anticipe le cours des actions. A la différence des outils d’analyse classique, les cycles planétaires réalisent une prospective totalement indépendante de l’histoire passée (telles que les statistiques en analyse technique) des actions : ils signalent les valeurs qui ne sont pas encore médiatisées mais qui intéresseront le marché demain. Notre Méthode comporte quatre étapes : 1. Analyse des cycles planétaires de long, moyen et court terme : indices des mouvements collectifs. 2. Impact de ces cycles sur les principaux marchés : tendance de la Bourse à 1 mois... 3 mois...1 an... 3. Recherche des cycles propres à chaque valeur cotée. 4. Sélection de valeurs qui, outre leurs fondamentaux, réagiront plus particulièrement aux cycles haussiers ou baissiers du marché”. Depuis le krach d’octobre, le même astro-boursicoteur se fait plus prudent et penaud.

Le problème, d’un point de vue technique, c’est que ces méthodes ne permettent d’avoir aucune vision globale des intercycles planétaires, laquelle ne peut-être donnée qu’en mesurant l’indice de concentration ou de dispersion planétaire pour une période donnée, ce que seule l’astrologie conditionaliste a su faire. Mais il faut dire que les astrologues appartenant à cette mouvance ne se focalisent pas sur les cours de la bourse pour juger de l’état du monde.

Il faut être complètement fou (ou économiste-astrologue) pour pouvoir imaginer que les planètes du système solaire agissent directement et mécaniquement sur les cours de la bourse. Ces derniers ne sont que des indicateurs d’un climat collectif général dont les fluctuations de la finance ne sont qu’une toute petite partie, climat collectif qui ne peut s’analyser qu’à travers la dynamique des conditionnements en astrologie mondiale. Le déterminisme astral s’exprime à l’intérieur des différents déterminismes historiques, sociaux, économiques, culturels, etc. Il n’est analysable et compréhensible qu’en le situant à l’intérieur de ce complexe contexte multi-factoriel, et surtout extra-astrologique, que les astro-charlatans boursicoteurs ignorent superbement, tant ils sont le nez dans le guidon de leur prévisionnite financière à courte vue. Or des prévisions (et non des prédictions) réalistes ne peuvent se faire qu’en tenant compte de ce contexte global.

Mais revenons à l’affirmation de Serge Bret-Morel selon laquelle aucun astrologue n’aurait rien vu venir de la crise dans laquelle nous nous débattons, et qui est loin de n’être que financière. Aucun astrologue, vraiment ? Sur les sites astro-boursiers gratuits d’Internet, c’est vrai. Pourtant il n’y a pas qu’Internet et l’astrologie boursière (au demeurant pas spécialement gratuite). Il existe aussi des publications astrologiques auxquelles Serge Bret-Morel n’a pas accès puis qu’il n’y est pas abonné. Le Fil d’Ariana, par exemple, bulletin interne de l’Association pour la Recherche et l’Information en Astrologie Naturelle.

Concentration planétaire et opposition Saturne-Uranus

Dans son n° 29 paru en avril 2008 figure un article intitulé Mai 1968 et la conjonction Uranus-Neptune daté du 19/02/2008. J’y relatais les avatars de cet intercycle planétaire depuis 1789 et, incidemment, j’y proposais une méthode permettant de calculer l’impact des conjonctions et des Aspects dissonants - carrés, oppositions - (car ce sont ces Aspects qui signalent les étapes majeures du conditionnement astrologique mondial) à l’intérieur des périodes de concentration ou de dispersion planétaires.

Cette méthode est la suivante :

1) On ne retient que les Aspects dissonants majeurs (conjonction, opposition, carré) ;

2) On classe les Aspects en fonction de la durée décroissante de leurs intercycles, qui sont au nombre de 10 ;

3) On accorde la même valeur aux conjonctions et oppositions, ce qui fait qu’il y a 2 types d’Aspects : les conjonctions-oppositions d’une part, et les carrés d’autre part, donc en tout 20 types d’Aspects ;

4) On attribue à chaque type d’Aspect une valeur indicielle basée sur un classement ordinal : de 20 pour la conjonction Neptune-Pluton à 1 pour le carré Jupiter-Pluton ;

5) On note quels Aspects se produisent pour le 01/01, 01/03, 01/06 et 01/09 de chaque année ;

6) On additionne les indices obtenu par chaque Aspect. On peut ainsi obtenir un graphe illustrant les périodes à forte densité (en haut du graphe) ou à faible densité (en bas du graphe) d’Aspects majeurs.

7) Le graphe ainsi obtenu doit ensuite être interprété à la lueur des informations données par les indices de concentration et de dispersion. Il révèle quelles sont les sous-périodes les plus significatives à l’intérieur de ces périodes.

8) Bien entendu, cette méthode basée sur un découpage trimestriel, commode mais arbitraire, ne permet pas de rendre compte fidèlement des rétrogradations, lesquelles expliquent bien souvent l’apparence en dents de scie du graphe ainsi obtenu.

J’ai appliqué cette méthode à la période 2003-2009, marquée par une forte concentration planétaire des planètes lentes et par conséquent particulièrement critique. Voici ce que j’écrivais sur cette période :

“Le graphe des concentrations des planètes lentes pour le premier quart du XXIe siècle met en relief deux périodes majeures : 2003/2009 et 2016-2021.

- 2003-2009 : guerres d’Afghanistan et d’Irak sous la présidence US de George W. Bush, montée en flèche de l’islamisme, émergence de la Chine, de l’Inde et du Brésil comme nouvelles puissances économiques, résurrection menaçante de la Russie, mondialisation ultralibérale et capitalisme financiarisé débridé, déferlante de l’Internet et de la robotisation "intelligente", explosion des technologies manipulant le vivant sur fond d’aggravation des menaces écologiques et d’impitoyables guerres économiques pour le contrôle des matières premières, creusement vertigneux de toutes les inégalités sociales : tel est le bilan de ces années pas très paisibles. Nous arrivons, avec l’opposition Saturne-Uranus, à l’acmé de cette période. Après, le graphe descend, et pour pas longtemps (environ 6 ans seulement). Les deux années qui viennent risquent d’être rudes, très rudes : sans être astrologue, il n’est pas difficile de constater que l’humanité est au bord d’une crise civilisationnelle majeure, au vu de tous les voyants rouges qui clignotent dans un climat de panique.

- 2016-2021 : la période de relatif "calme" entre 2011 et 2016 est quand même sous l’influence des carrés Uranus-Pluton et Saturne-Neptune. Un calme très relatif donc, si relatif qu’on peut faire de la période 2003-2021 un "tout" pas vraiment rassurant”.

Fig. 1. Les concentrations planétaires sont en noir, en haut du graphe. Plus elles sont importantes, et plus les risques de tensions mondiales sont élevés.

Fig. 2. Plus la courbe en dents de scie est élevée, plus il y a de planètes lentes formant entre elles des Aspects dissonants et plus les risques de tensions mondiales sont élevés. La ligne d’abscisse représente les années à partir de 2000.

Fig. 3. Même graphe, mais pour les années 2010-2020. On remarquera que les années 2010-2011 seront certainement encore très "chaudes", dans le même sillon que 2008-2009. Ça promet…

Non, je n’avais pas explicitement prévu, et encore moins prédit ce gigantesque krach, et c’est parce que j’envisageais cette période dans une optique plus large - c’est la raison pour laquelle j’évoquais et prévoyais une “crise civilisationnelle majeure” à partir de 2008-2009 - crise civilisationnelle dont le krach boursier n’est qu’un indicateur parmi d’autres (voir les passages que j’ai mis en gras ci-dessus). Je n’avais pas non plus prévu la date exacte à laquelle se produirait cette crise, vu que cette exactitude datée n’a aucune espèce d’importance et ne peut pas être prévue d’un pur point de vue astrologique. Ce ne sont pas les planètes qui ont créé la crise des subprimes (en attendant celle des Hedge Funds et des LBO qui ne saurait tarder à se déclencher), mais la cupidité humaine dans un contexte de dérégulation financière. Ce ne sont donc pas les planètes qui mettront fin à cette crise. Comme je l’écrivais dans cet article, “Ce qui n’est pas prévisible avec les seuls moyens de l’astrologie, c’est ce que vont faire les hommes de ces incitations planétaires. En simplifiant, l’astrologie permet de prévoir quels sont les temps forts de l’évolution collective, de l’histoire… mais elle ne connaît que les contenants de ces périodes, et non leurs contenus. Ces derniers dépendent des conditions d’existence terrestre des peuples, des nations, des sociétés, toutes choses qui ne sont pas inscrites dans le Ciel. En dépit du fait que les deux guerres mondiales du XXe siècle s’insèrent exactement à l’intérieur d’importantes périodes de concentration des planètes lentes, l’astrologie seule ne permet pas de prévoir avec certitude les grandes catastrophes collectives. Sinon, l’humanité aurait vécu des guerres mondiales lors des pics de 1976-1984 et 1989-1997, quoi que… Les grandes guerres “classiques” qui changent le cours de l’histoire, avec champs de bataille, se sont depuis la IIe Guerre Mondiale transformées en guerres modernes : économiques”.

Et d’ailleurs, d’autres avaient parfaitement prévu et prédit ce krach sans pour autant être astrologues... et en-dehors des médias dominants traditionnels, tous plus ou moins inféodés à l’économie de marché gouvernée par le capitalisme actionnarial et financier mondialisé.

Ce krach, aurais-je pu le prédire explicitement ? Oui et non. Je m’explique.

Oui, parce que comme énormément de monde en dehors de la plupart des économistes, financiers, boursicoteurs et banquiers, je savais bien depuis longtemps qu’on allait droit dans le mur et que la date où la percussion aurait lieu était de plus en plus proche. Je me demandais juste, d’un point de vue strictement astrologique si ce serait entre 2003 et 2010 ou entre 2016 et 2021. Au vu de la crise des subprimes dont je n’ignorais rien et dont je savais proche la fatale issue, j’aurais pu tenter le coup de cette prédiction. Mais cela ne m’intéressait pas. Ce qui m’intéressait, c’était la crise civilisationnelle majeure.

Non, parce que je me refuse au sensationnalisme… et parce que je ne m’attendais pas à ce que ce système de dingues s’écroule aussi vite et aussi brutalement.

Et maintenant, une nouvelle louche de prévisionnel !

En observant le graphe de la période 2003-2021, on constate que la phase aiguë de la crise actuelle prendra fin en 2010. Suit une brève période de déconcentration planétaire (2010-2016) ; ensuite, nouvelle période de très forte concentration planétaire. Quelles prévisions peut-on tirer d’une telle situation ? Dans le meilleur des cas (donc le moins plausible étant donné la nature humaine et les désastres tous azimuts qui accablent la planète), ces cinq ou six ans de faux répit (concentrations planétaires = tensions et dispersions planétaires = détentes) pourraient être mises à profit pour réorganiser la mondialisation dans une perspective moins déséquilibrée… Mais ne rêvons pas : ce n’est pas dans un laps de temps aussi court qu’on parviendra à réparer d’aussi incommensurables dégâts. 2010-2016 risque plutôt d’être une période de stagnation morose et insidieusement crispée, lourde de guerres futures et larvées, un peu comme une solide gueule de bois, qui précédera un retour en force de la crise mondiale, avec une colossale puissance, entre 2016 et 2021. On pourra alors s’attendre au pire : émeutes et guerres comme le monde Occidental industrialisé n’en avait pas vécu depuis longtemps. Comme le chantait Leonard Cohen en 1992, “I’ve seen the future, brother : it is murder”. J’espère me tromper mais je n’y crois pas trop.

Pour finir, je souscris entièrement à la fin de l’article de Serge Bret-Morel… même s’il n’est pas adhérent d’ Ariana  : “Aujourd’hui, ni les méthodes ni les résultats obtenus ne semblent suffisamment étoffés pour que leurs auteurs puissent manifester l’assurance qui est souvent la leur. L’astrologie a besoin d’une autocritique permanente pour ne pas sombrer dans les facilités d’interprétations dont elle abuse trop souvent. Quand les méthodes auront été revues et améliorées, pourquoi ne pas rediscuter alors des prétentions possibles de l’astrologie boursière ? Mais avant cela”…

N’empêche que dans un article écrit le 19/02/2008, un astrologue avait bel et bien prévu la grosse cata pour 2008-2009.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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Messages de forum :
L’astrologie pouvait-elle prévoir le krach boursier d’octobre 2008 ?
lundi 17 novembre 2008
par BRET-MOREL

Salut Richard, pas mal ton article, on reconnaît ton ton corrosif... :-) Tout de même je trouve que tu extrapoles mes propos quand j’écris sur l’astrologie boursière et que tu étends ces mots à la crise actuelle dans toutes ses dimensions.

Enfin bon, je vois aussi dans le 1er commentaire sur ton texte la confirmation de mon article publié sur le site de la FDAF : énormément d’interprétations a posteriori, souvent gratuites (rien ne prouve jamais l’influence de tel astre bien qu’on l’affirme haut et fort), de la quantité, du détail, mais en termes de qualité du point de vue de la technique astrologique j’ai peur que nous soyions toujours dans la noyade complexe... Et je remarque aussi que l’auteur du message n’a pas pris le temps de répondre aux arguments que j’ai développés dans l’article publié sur le site de la FDAF alors que c’était le point de départ de ta réaction. Il en a seulement profité pour faire étalage de sa pratique comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes. Une mauvaise habitude déjà remarquée chez les astrologues boursiers : à la FDAF nous avons eu des menaces, mais de droits de réponse entrant dans les détails, aucun. Pourtant il me semble avoir bien montré qq biais purement techniques dans l’exercice de la chose. S’ils sont valables je pense que cela remet en cause, au-delà même de la question des fondements, la possibilité d’interpréter justement. Qu’en dira l’auteur du premier message ? J’attends son avis. Pour ma part je ne suis pas étonné ni convaincu par les exemples qu’il donne, car parmi les myriades de cycles et de sous-cycles il y en aura toujours un qui correspondra par hasard avec quelques événements choisis plus ou moins sans rapport sur l’espace de 100 ou 150 ans, il n’y a rien d’étonnant à cela. En somme, le biais technique n’est toujours pas intégré, ce qui remet tout en question... On aimerait bien par exemple savoir que le "souvent" très régulièrement invoqué dépasse le hasard.

Sinon à propos de ton article, n’y a-t-il pas une coquille dans les dates du 5) ? Et puis, je suis étonné que tu proposes des périodes de crise s’étendant en tout sur près de 11 ans sur une période totale de 25. Cela ne fait pas un peu trop pour pouvoir vraiment en tirer qq chose ? Pour éviter ce genre de chose, on pourrait penser que diminuer les orbes des aspects suffirait. D’ailleurs, où sont-ils définis ici ? Ensuite, pour la première période de 2003 à 2009, le premier éclatement de la bulle boursière se fait à l’extérieur de cette zone (2001-2003). De plus, la majeure partie de cette zone de 2003-2009 correspond à une forte hausse de la bourse (2003-2007 tout de même...). Et puis, la grosse baisse courant 2008 sur ton graphe ne devrait-elle pas signifier aussi une baisse des tensions, une détente, plutôt que la grande panique que l’on a encore vécu à la rentrée ??? A moins de considérer les tensions couci-positives couça-négatives, comment interpréter ces écarts ? Je n’ai pas compris non plus la discontinuité entre la fin de la fig.2 et le début de la fig.3. Manque-t-il un petit bout ? Mais j’imagine aussi que toute crise de l’humanité ne se traduit pas par une crise boursière et réciproquement. Seulement dans ce cas-là, quand doit-on faire un lien avec l’astrologie ou pas ??? A te lire SBM



    L’astrologie pouvait-elle prévoir le krach boursier d’octobre 2008 ?
    lundi 17 novembre 2008
    par Richard Pellard

    @ Serge

    Merci pour cette réaction. Le post de Jeremy confirme effectivement toutes tes appréhensions quant aux apriorismes justificateurs que je ne supporte pas, comme toi.

    Quant au reste de ton post, il est très technique. La méthode que j’utilise en astrologie mondiale utilise effectivement des orbes larges, qui semblent être justifiés par la pratique. Voir l’exposé de ma méthode ici et sur de beaucoup plus longues durées :

    http://www.astroariana.com/Astrologie-mondiale-une-methode.html

    Enfin, il semblerait que tu m’aies mal lu : je ne prétends nullement faire de l’astrologie boursière, c’est même exactement le contraire, et je l’écris très nettement dans mon article. Dans mon optique non exclusivement marxiste de lecture de l’Histoire et de ses soubresauts, les tribulations des marchés et des bourses ne sont que des épiphénomènes qui peuvent avoir valeur d’indicateurs pertinents uniquement dans la mesure où ils se conjuguent à d’autres indicateurs extra astrologiques (en l’occurrence et pour la période en cours, la démographie et l’écologie, j’en passe et des meilleurs extra-astrologiques) des ordres et désordres collectifs que les cycles et intercycles de l’astrologie mondiale ne font que rythmer.

    Oui, la bourse n’a cessé de monter pendant la période donnée… mais c’était pour aller dans le mur. La folie se propageait, à la mode des us et coutumes de cette époque qui ne sont pas transposables dans d’autres.

    En astrologie individuelle comme en collective je suis extrêmement prudent et réticent quand il s’agit de faire des prévisions. Lorsque je m’y hasarde (je ne suis pas Dédé Bobar), il faut vraiment que les indicateurs terrestres et célestes me paraissent étroitement synchronisés et en concordance de phase. Là, ça m’a paru évident alors j’ai osé. Et je soutiens que ce n’était pas un pronostic astrologique en soi (je n’y crois pas), mais la résultante d’un croisement entre déterminismes terrestres et célestes, dont j’ai fait l’analyse et la synthèse, les deux m’amenant à faire du prévisionnel très fort… mais pas boursier pour un sou (ouaf !).

    Pour l’anecdote, bien que n’étant pas fricomane du tout, sache que j’aime bien à mes temps perdus boursicoter dans l’imaginaire analytique de ce domaine de taureau de Wall Street en pleine débandade, et sans me servir du tout de l’outil astrologique, dont il est évident pour moi qu’il est inopérant dans ce domaine. Eh bien figure-toi que si j’étais un spéculateur-investisseur réel, je serais milliardaire : je me trompe rarement dans mes paris dans ce domaine. Malheureusement (ou heureusement ?) je suis un spéculateur dans le vide, pour le fun. Je ne gagne que la satisfaction de ne presque jamais me tromper, ce qui ne me fera pas une pension de retraite douillette (bon, au moins si j’ai beaucoup gagné dans mes spéculations boursières imaginaires, je n’ai rien perdu dans le concret et c’est tant mieux vu que je ne possède à peu près rien).

    Il ne faut pas croire que toute prévision est impossible. Ce n’est pas vrai. C’est juste une histoire de croisement d’informations... une histoire conditionaliste donc !

    Serge, on peut être objectif sans être tiède. L’astrologie ce n’est pas ce que tu crois.

Le krach boursier d’octobre 2008 était-il astrologiquement prévisible ?
mercredi 12 novembre 2008

analyse de michel d’aoste excellent astrologue non traditionnel

petite etude sur la crise

La période typique Saturne Neptune que nous avons connu depuis Mai 2007, avec de l’inflation, une croissance molle, un choc pétrolier (comme lors de la précédente opposition dans les années 70), l’explosion de la bulle immobilière et une crise financière a dégénéré à l’automne 2008 en crise financière mondiale avec des faillites, des nationalisations spectaculaires et des plans de soutiens au système bancaire sans précédent.

Pour être très honnête, l’astrologie permettait d’anticiper une crise boursière du type des années 70, un choc pétrolier, et une période de baisse à l’automne 2008, avec l’arrivée de l’opposition Saturne Uranus, mais plutôt -10% que -20%, et plutôt sur un contexte de récession, typique de Saturne-Uranus, que sur un contexte quasi hystérique de crise financière et économique. Cette intensité dans la chute des marchés, on pouvait l’anticiper pour la mi 2009-mi 2010, on a eu droit à un avant goût un peu plus tôt, parce que le freinage symbolique de Saturne-Uranus a surgit dans un contexte très tendu, et astrologiquement parlant, pour 3 grandes raisons :

1. Une opposition entre deux planètes lentes ne se déclenche dans ses effets que lorsque des planètes rapides en activent les angles, cela a été le cas avec Mars la semaine du 3 au 10 Octobre 2008, qui a activé l’opposition Saturne Uranus.

2. Le stationnement de Pluton tout près du centre galactique, le centre autour duquel tourne notre galaxie. Les passages de planètes lourdes sur cet axe ont souvent été des périodes clefs de l’histoire : pour ne prendre que les passages de Saturne sur l’axe 26,60° Gémeaux/Sagittaire, on trouve : Juillet 1914/Avril 1915, Jan à Oct 29, Sep 43-Mai 44, Mars-Dec 58, Juin -Juillet 73, Dec 87-Oct 88 et Août 2002-Mai 03.

Donc : on a vu cet axe touché pendant les deux guerres mondiales, la crise de 29, le 1er choc pétrolier, 2 mois après le crash de 87 et le plus bas de 2000-2003. Convaincant, non ? Il n’y a que 1958 qui ait échappé aux influences négatives.

3. Le resserrement du Carré Uranus Pluton, aperçu pour la dernière fois pendant la dépression des années 30.

A l’automne 2008 les inquiétudes sur l’inflation et le choc pétrolier ont disparu, alors que celles sur la récession sont apparues en pleine lumière, signalant que l’époque est maintenant dominée par le cycle Saturne Uranus, un cycle rarement observé dans ses effets sur la bourse moderne (on en a connu deux seulement), encore plus lent que Saturne Neptune (45 ans contre 36 ans), et que certains ont assimilé au cycle économique de long terme, plus connu sous le nom de Kondratieff. Pour les économistes nous serions en phase descendante du cycle long d’ailleurs.

Pour se faire une idée de ce qui nous attend, on peut donc essayer de décrypter les deux précédentes oppositions 1965-67 et 1918-20, et d’en tirer des leçons pour celle qui vient.

L’opposition Saturne Uranus de 1965-1967

L’opposition s‘est produite de façon exacte à 5 reprises sur 21 mois, entre le 1er avril 65 et le 6 Janvier 67, le DJ passant de 940 à 809 pts, soit au final une « petite baisse » de 16% entre le premier et le dernier aspect exact, mais avec de nombreux retournements de situation. La période voit aussi l’opposition Saturne Pluton se manifester quasiment aux même dates et donc la grande conjonction Uranus-Pluton, ce qui rend cette opposition atypique. On regardera les contextes politiques, économiques et boursiers.

Le contexte politique est très agité, ces deux années voient une véritable ébullition, liée à Saturne-Uranus, mais aussi bien sûr à Saturne-Pluton et Uranus-Pluton :

1. Conflits armés et coups d’état : escalade dans la Guerre du Vietnam, très médiatisée, Guerre des 6 jours au Proche Orient, Guerre Indo Pakistanaise (Cachemire), Guerre du Biafra, et Coup d’état des colonels en Grèce. Péronisme en Argentine, intervention US en République Dominicaine, début de la dictature de Somoza au Nicaragua, Suharto prend le pouvoir en Indonésie, Marcos aux philippines, Ceausescu en Roumanie, Mobutu au Zaïre (une belle brochette…). Mort de Che Guevara.

o Ebullition africaine : création ou indépendance de pays (Gambie, Tanzanie, Lesotho, Guyana, Botswana), Coups d’état en pagaille (Centrafrique, Haute volta, Ghana, Congo avec Mobutu, Nigéria, Burundi, Ouganda, Togo, Sierra Leone, Bénin, guérilla en Namibie !), et Guerres civiles (Congo Léopoldville, Rhodésie, Tchad).

2. Changements de société et mouvements d’émancipation /protestation/ oppression : Campagne de Martin Luther King pour le droit de vote dans le Sud américain, assassinat de Malcom X, création des Black Panthers et du Womens’s lib, création de Medicare aux US, dépénalisation de l’homosexualité au Royaume Uni, légalisation de la pornographie en Suède. Création de la Communauté Européenne, que De Gaulle refuse aux anglais (« l’Angleterre, je la veux toute nue »).Révolution culturelle en Chine, destruction de monuments tibétains. Emeutes raciales aux US, émeutes de protestations contre la guerre du Vietnam qui vont crescendo.

3. Pas de mouvements de grèves majeurs (ça viendra en 1968…), pourtant assez typiques de l’opposition Saturne-Uranus de 1919-20, le contexte économique restant bon, ce qui est là aussi inattendu. La grande conjonction Uranus-Pluton expliquant sans doute cela.

Contexte économique

Nous nous trouvons pendant les 30 glorieuses, l’économie est en plein croissance, et les années 60 voient la principale économie mondiale, les EU, croître à un rythme soutenu de 7.5% par an en moyenne, en dehors d’une récession en 1960/61. On note une petite baisse de régime en 1967 (+5.7% seulement) mais pas de récession liée à un Saturne Uranus, comme on pouvait s’y attendre. L’inflation redresse la tête à partir de 1965, et connait un pic à 3.6% en 1967 mais rien de bien méchant. L’industrie US s’automatise, les gains de productivité sont énormes, et l’activité très soutenue par de grosses dépenses fédérales liées aux dépenses militaires (Vietnam) et à la mise en œuvre du programme Kennedy : aide alimentaire aux plus démunis, Medicare pour les plus âgés, et aide à l’éducation des plus pauvres. Les taux d’intérêt LT augmentent légèrement de 4.5% à 5.5% pendant l’opposition, mais rien de bien méchant. La suprématie du dollar est contestée de façon étonnante (Uranus contre Saturne !) par MonGénéral, qui déclare dans une conférence que bon, après tout, le dollar c’est surtout la monnaie des EU… et qu’il préfère l’or… il échange donc ses $ contre de l’or, au grand dam des EU !

Côté bourse, curieusement, la période a été très sportive, ce qui montre que même en l’absence de mauvaises nouvelles économiques, on peut voir des fluctuations très importantes, sans doute liées à la psychologie des acteurs et à la valorisation du marché (d’où l’intérêt de l’analyse technique…). N’est ce pas Warren Buffet qui disait ne jamais tenir compte des analyses macro économiques, parce que ça ne lui dirait absolument pas ce que ferait la bourse ? Un précieux commentaire pour comprendre la période 1965-67…

Contexte Astro boursier

Les cycles entre deux planètes sont représentés sur l’échelle de droite, en degré, de 0° à 180°. L’échelle de gauche représente le Dow Jones (en bleu marine sur le graphique). On remarque particulièrement la double courbe Noire/Violette, représentant Saturne et Uranus, qui vient taper 5 fois le plafond des 180°, et la conjonction Uranus-Pluton au plancher de 0°.

On remarquera que cette opposition 1965-67 se présente dans des signes opposés à ceux de 2008 : Uranus en Vierge et Saturne en Poisson (cf. tableau). Si on examine cette période, on voit 4 grands mouvements, avec un troisième mouvement de chute drastique.

Au final, on peut logiquement en déduire que lors d’aspects de longue durée entre les planètes lourdes, les grands mouvements boursiers sont déclenchés par le plus nombre d’aspects convergents, durant leur période la plus exacte. L’inconvénient est qu’il faut alors balayer 2 ans d’aspects pour en saisir l’imbrication et la logique et identifier les paroxysmes….en regardant tous les cycles, courts et longs, les cycles hélios, latitudes et déclinaisons, et sans compter les impacts possibles sur les horoscopes boursiers et nationaux !

Reculons maintenant de 47 ans, avec l’opposition Saturne Uranus de 1918-1920.

Le contexte politique est aussi très agité, la première guerre mondiale s’achève en Novembre 1918, un mois après la première opposition exacte, mais on assiste en 1918-1920 à :

1. Des conflits armés régionaux très nombreux dans un contexte de nationalisme très fort (Chinois, Japonais, et naissant en Inde), citons les conflits Chine-Mongolie, Japon-Russie, Chine-Tibet, Turquie-Arménie, Russie-Lettonie, RU-Afghanistan, Corée-Japon, Russie-Pologne, Hongrie-Roumanie et des proclamations d’indépendance (Azerbaidjan, Georgie, Yemen, Lituanie, Estonie, Biélorussie, mais aussi Islande ). L’explosion des empires Ottomans et Austro hongrois et la création de la future Yougoslavie, l’abdication du Kaiser Guillaume II, l’arrivée au pouvoir de Mustafa Kemal en Turquie, des guerres civiles au Portugal, en Russie (Blancs contre Rouges, 7M de morts de guerre et famine), en Arabie, sans compter les troubles en Syrie/Liban/Egypte et le début de la guerre d’indépendance Irlandaise.

2. Des grèves majeures éclatent partout, contrairement à 1965-67 (40.000 mineurs en Af. Sud, 250.000 ouvriers suisses, et oui, même les suisses…, 350.000 ouvriers en Pennsylvanie (US) et même la police US en grève à Boston ! des épidémies de grèves au Brésil, en Argentine, au Portugal, 146 Millions de journées perdues au RU, grève générale au Danemark), des émeutes et révoltes (Agriculteurs au Japon, émeutes et morts au Québec, Argentine, Chili, Brésil, Roumanie, US, Inde, Italie, et une manif de 100.000 personnes contre la crise du logement en France) ayant notamment pour thème la vie chère, le coût des aliments, les revendications nationalistes).

3. Des progrès et reculs de société : Suffrage universel des femmes à 30 ans au RU, suffrage universel également en Roumanie et en Italie, mais 30 Millions de morts liés à la grippe espagnole, prohibition aux US, création de nombreux partis communistes dans le monde (j’ai ma petite idée où il faudrait les classer…) et naissance du fascisme en Italie (pareil…). La Russie est le premier état à légaliser l’avortement en 1920, alors que la France légifère en sens inverse, interdisant contraception et avortement. Les « Gay twenties » au RU contrastent avec le puritanisme des US selon que Saturne ou Uranus l’emporte. En France, création de la première caisse d’allocations familiales, des conventions collectives et de la CFTC, loi sur la durée du travail, limitée à 48h par semaine…

4. La grande erreur de la période est le Traité de Versailles, que Keynes stigmatise dès 1919 dans « Les conséquences économiques de la Paix », un traité qui va handicaper l’Allemagne, qui conduira en partie à l’hyper inflation de 1923, et qui mènera indirectement à la seconde guerre mondiale (cf Jacques Bainville dans un livre prémonitoire d’une précision stupéfiante, écrit en 1920 « « Les conséquences politiques de la Paix » (cet ouvrage visionnaire est disponible gratuitement sur http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k836825).

Le contexte économique d’une opposition Saturne-Uranus est classiquement associé à des taux d’intérêt élevés et à la récession. Ce n’était pas vrai en 1965-67, mais on le voit très bien dans le cas présent, même il s’agit surtout d’une crise d’ajustement à l’économie de paix :

- Les pays européens vont brutalement réduire leurs importations, provoquant la crise dans les pays exportateurs, le continent américain essentiellement (qui voyait au même moment sa productivité agricole exploser), et des baisses drastiques de prix agricoles, avec un impact très déflationniste sur l’économie, droguée à l’inflation née de la guerre et de sa demande artificielle : en 4 ans, la dette des pays européens va être multipliée par 10 !

- Après une croissance effrénée en 1916- 918 (plus de 20% de croissance annuelle !) et une inflation annuelle au dessus de 15% typique des temps de guerre, la Fed serre les boulons, contracte violement la masse monétaire et élève le taux d’escompte de 4% à 7% entre la première et la dernière opposition (Juin 1920). La croissance est encore solide en 1920 (+12%), mais la crise déflationniste est sévère en 1921 (PIB -16%) et 1922 (PIB -0.3%), alors que le Budget US passe d’un déficit pendant la guerre à un excédent. La crise est aussi bancaire avec une nette augmentation des faillites.

- Les années 20 voient des changements spectaculaires aux US : l’électrification massive des foyers, l’équipement massif en appareil électroménager (frigo, radio, lave linge), le développement de la radio et le passage de l’industrie automobile au rang de première industrie US, entrainant le pétrole dans son sillage.

- L’impact négatif de Saturne-Uranus est donc décalé dans le temps, un peu comme un Saturne Neptune, sans doute aussi parce que l’économie US a surfé sur la vague d’une croissance très forte pendant la guerre.

Regardons à présent l’astrologie et la bourse…

Cette opposition s‘est produite de façon exacte à 5 reprises, entre Octobre 1918 et Juin 1920, le DJ passant de 84 à 91 pts, soit au final une hausse de 8.5% entre la première et la dernière, mais avec de nombreux retournements de situation et dans ce contexte de fin de guerre. En 1918 les USA prennent un ascendant décisif sur les économies européennes qui se sont fait harakiri sous les yeux étonnés de l’Oncle Sam - qui dû intervenir pour séparer les belligérants épuisés (50.000 morts américains contre 4 Millions en ajoutant Fr, All, It et RU).

Si on examine de plus près cette période, on distingue 5 mouvements, avec une culmination le 3 novembre 1919, après laquelle le DJ va entamer une magnifique glissade, sur presque 21 mois, soit une baisse de 47% jusqu’en août 1921.

Sans pouvoir analyser avec les mêmes détails les oppositions de 1828-29 et 1873-75, notons simplement qu’elles ont correspondu à des récessions immédiates (en 1828, 1874 et 1875), alors qu’on avait un décalage dans le temps pour la récession en 1919-20, survenue en 1921 et pas de récession du tout en 1965-67 (mais un fort impact boursier). Pour ce qui est des taux d’intérêt, pas de chiffres pour 1828, mais une augmentation des taux en 1873 seulement.

L’opposition Saturne Uranus de 1873-75 en quelques mots.

Contexte politique plutôt sage : les débuts de la colonisation, avec des escarmouches ici et là, des établissements de protectorats des puissances coloniales en Afrique et Asie, mais pas de guerres régionales significatives (à part Espagne-Cuba, la Guerre des Sioux et Japon-Corée). Quelques grèves sanglantes aux EU (à l’époque on tirait sur les grévistes !). Rayon avancées sociales, quelques progrès timides : en France et en Australie, le gouvernement fait adopter une loi sur la protection du travail des femmes et des enfants dans les usines, au RU, le temps de travail dans les usines est limité. Disparition de l’ordre des samouraïs, le consul anglais de Zanzibar tente d’interdire la traite des esclaves à Zanzibar, capitale mondiale de ce commerce ignoble. On sent bien que l’époque ne se prête pas à ces grandes avancées sociales, et qu’un Saturne Uranus ne peut pas avoir les mêmes effets au XXIème qu’au XIXème.

Contexte économico boursier de crise : après une période d’intense spéculation début 1873, un krach se produit à Vienne en mai 1873 (tiens tiens…), qui va démarrer une crise mondiale et inaugurer une longue période de stagnation de l’économie mondiale (jusqu’en 1896), qui sera aussi appelée « La Grande dépression ». Les grandes banques d’affaires ont contribué à la naissance d’une bulle spéculative (déjà…), et certaines finissent le ventre en l’air : la Kreditantstalt fait faillite, la fermeture de la banque de Jay Cooke à Philadelphie provoque la fermeture de centaines d’entreprises. Aux EU, c’est le début d’une récession et d’une phase de baisse des prix (1873-1877). Le revenu des agriculteurs, fortement endettés, s’érode. De nombreuses compagnies de chemin de fer, fragilisées par la guerre des tarifs, sont acculées à la faillite et mettent leurs employés au chômage.

En conclusion, on voit ici un très fort impact économique, un fort impact boursier, mais assez peu de troubles politiques et sociaux, ce qui diffère pas mal de 1919-21 et 1965-1967, où on avait beaucoup de troubles politiques et sociaux. La couleur des oppositions Saturne –Uranus varie donc beaucoup ! Il faut dire que les grèves en 1873, ça devait pas rigoler…

Regardons maintenant l’opposition à venir de 11/2008-07/2010…

Elle devrait être à caractère plus économique et social que guerrier, au moins jusqu’à ce que Saturne/Pluton et Uranus/Pluton entrent dans la danse de la fin 2009 à 2012, avec des tensions extrêmes probables au Moyen orient ; avec un Pluton en Capricorne, les structures de pouvoir politique et financier évolueront !

Contexte économique : contrairement aux deux dernières oppositions, celle-ci ne survient pas dans un climat économique favorable, il est sensiblement dégradé depuis l’opposition Saturne-Neptune, qui nous a apporté de la stagflation et une crise financière qui n’en finit plus. Les économies dans la zone OCDE ont bien résisté en 2007/2008, il est resté un peu de croissance, héritage d’années d’endettement effréné (aux EU surtout). Mais le basculement dans une récession longue est inévitable en dépit de toutes sortes d’aides et de soutiens gouvernementaux.

La fin de l’année sera encore riche en rebondissements, pendant lesquels il vaudra mieux garder son calme. Il est très possible que la bourse rebondisse dès le premier semestre 2009 (avec un semi sextile Uranus-Neptune), après des plus bas en Novembre 08, mais la période mi 2009 – mi 2010 montre des signes de tension internationale très forts, pendant lesquels les actions ne seront pas un bon placement, et la récession fera des victimes parmi lesquelles figureront certainement les constructeurs automobiles américains, eux dont l’industrie avait explosé dans les années 20.

Contexte politique : à la suite d’une période inflationniste on peut anticiper grèves et revendications liées au pouvoir d’achat de grande ampleur (US, Europe, peut être Chine, mais aussi pays pauvres…). On en voit les prémices au Royaume Uni, avec une grève de 600.000 fonctionnaires locaux (plus grand mouvement depuis 1926) sur des motifs de pouvoir d’achat / inflation. On peut aussi imaginer une résurgence des mouvements anti capitalistes et anti mondialistes (on est bien pourvu de ce côté-là en France…).

La symbolique Saturne-Uranus pointant aussi vers des luttes pour la liberté (pas forcément gagnantes d’ailleurs), des conflits liés aux luttes de minorités sont possibles (Tibet par exemple), à des résurgences de nationalisme (Inde-Pakistan ? USA-Israël-Iran ?) et à des luttes autour d’avancées de société, sans doute dans les pays où elles sont absentes, la Chine notamment (où l’accord implicite « absence de libertés contre forte croissance économique » pourrait voler en éclat en cas de difficultés économiques), mais aussi dans les pétro monarchies type Arabie Saoudite ou des pays comme le Pakistan.

En conclusion, nous allons vivre quelques années assez troublées, pendant lesquelles il sera important de conserver une certaine distance avec des évènements politiques et économiques inévitables, mais dont l’humanité sortira grandie. Et si l’horizon semble se dégager début 2009, ce sera une illusion d’optique !

Stephane.

Jeremy




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