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Publié le : 18 octobre 2004
L’horloge photopériodique du genou... et de la tête



Notre corps a besoin de la lumière du Soleil pour se caler sur le rythme de 24 heures. S’il est privé de lumière et de l’alternance jour-nuit pendant quelques jours, il a tendance à ralentir et à se mettre sur un rythme d’environ 25 heures.

Jusqu’à présent, les neurobiologistes étaient persuadés, depuis la mise en évidence d’une chaîne de neurones qui va de la rétine à une zone du cerveau appelée noyau suprachiasmatique, que la lumière n’était perçue que par l’œil. Le noyau suprachiasmatique (zone où se croisent en X les voies optiques) était considéré comme l’horloge interne principale gérant les activités cycliques de l’organisme (veille-sommeil, sécrétions hormonales, variations de température).

Deux chercheurs de l’université de Cornell (USA), Scott Campbell et Patricia Murphy, viennent de démontrer (1) que nous avons derrière le genou une mystérieuse horloge biologique grâce à une expérience originale : ils ont demandé à 15 volontaires de passer quatre jours et quatre nuits dans la pénombre. Ils leur ont ensuite envoyé un faisceau de lumière dans le creux du genou, parce que la finesse de l’épiderme à cet endroit fait que les vaisseaux sanguins sont à fleur de peau. L’organisme a immédiatement réagi, et les deux chercheurs ont observé un décalage des cycles biologiques (températures, sécrétions hormonales).

Le système nerveux central, et en particulier le noyau suprachiasmatique, avaient donc bien reçu le message lumineux. Le creux du genou n’est évidemment pas seul en cause : les chercheurs auraient obtenu les mêmes résultats avec d’autres parties du corps offrant la même minceur du tissu épidermique... Ils avancent même l’hypothèse, très probable, que nous aurions des récepteurs de lumière partout sur la peau.

En fait, pas besoin d’être neurobiologiste pour en arriver là : en effet, les aveugles qui sont plongés dans une obscurité absolue arrivent parfaitement, depuis des millénaires, à synchroniser leurs horloges internes avec la photopériode. Dans leur cas, l’iris n’était évidemment pas le récepteur unique de la lumière...

Qu’importe : le fait est aujourd’hui avéré. Conclusion de Campbell : “Cela remet totalement en cause l’idée que la synchronisation circadienne passe uniquement par la rétine”... et cela amène de l’eau au moulin de l’influence photopériodique du zodiaque solaire... et peut être des planètes ? Nous aurions alors l’astrologie dans la peau...

Extraits de l’article "DES HORLOGES DANS LA TETE", paru le 9/11/88 dans Le Monde, signé Maurice Arvonny.

"L’état de l’être vivant n’a rien à voir avec l’équilibre thermodynamique. La stabilité est constamment entretenue, pilotée par des horloges biologiques dont le rythme est un facteur essentiel. L’existence de ces horloges n’a été prouvée que dans les années 30 et la reconnaissance de leur rôle majeur est bien plus récente encore. On pouvait penser, sans doute parce que les principaux rythmes sont circadiens, c’est-à-dire d’une durée voisine de 24 heures, que l’alternance du jour et de la nuit dictait les fluctuations observées. Or il n’en est rien : les mécanismes sont internes. La rotation de la Terre et ses conséquences environnementales ne servent qu’à synchroniser les horloges" (...) La question reste de savoir comment les phénomènes chimiques intracellulaires, dont les durées sont en général inférieures à la seconde, peuvent engendrer une périodicité d’environ 24 heures. Selon une hypothèse, cette période tiendrait à la longueur du gène qui se lirait et synthétiserait la protéine correspondante en 24 heures".

Ca pue le réel : Jean-Pierre Nicola a écrit, à propos des fondements neurophysiologiques (horloges internes) de l’astrologie, qu’"il faut, en premier lieu, approfondir le modèle des chronaxies et trouver la justification théorique du passage des micro-durées caractérisant l’excitabilité nerveuse aux macro-durées données par les cycles planétaires (...) L’héritage constitue un acquis capable d’une grande autonomie, si bien que les structures temporelles exogènes, après avoir été normatives agissent sur les structures temporelles endogènes comme déclencheurs, sans avoir entièrement perdu de leur pouvoir formateur".

On parle des mêmes problèmes avec le même langage et néanmoins, il faudra sans doute encore attendre longtemps avant que les chronobiologistes du CNRS s’intéressent à l’astrologie...

Notes :

1. Science du 16/1/1998 et article de Nathalie Levisalles dans Libération-Eurêka du 27/1/1998.

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard



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