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L’affaire Petiot et « l’effet Barnum » ou le cirque anti-astrologique

Phileas Taylor Barnum est né le 05/07/1810 à une heure inconnue à Bethel, Connecticut, USA. Cet impresario et entrepreneur de spectacles fortuné est passé à la postérité pour avoir créé en 1871 un grand cirque itinérant qui portait son nom et proposait des attractions à base de sensationnel et de poudre aux yeux qui firent sa fortune. Ce bateleur était aussi un fin et cynique connaisseur de l’âme humaine qui expliquait le succès de ses entreprises en expliquant qu’« à chaque minute naît un gogo » dont il lui suffisait d’exploiter éhontément la crédulité, sans oublier toutefois que pour être populaire, « il faut réserver à chacun un petit quelque chose » qui flatte son sentiment d’être quelqu’un d’unique et intéressant. Barnum disait d’ailleurs aussi « Nous avons quelque chose pour tout le monde ». Quel rapport avec l’anti-astrologisme, mis à part les pitoyables numéros de cirque auxquels se livrent les anti-astrologues scientistes ?

L’effet de validation subjective

Lisez attentivement le texte suivant :

« Vous avez besoin d’être aimé et admiré, et pourtant vous êtes critique avec vous-même. Vous avez certes des points faibles dans votre personnalité, mais vous savez généralement les compenser. Vous avez un potentiel considérable que vous n’avez pas tourné à votre avantage. À l’extérieur vous êtes discipliné et vous savez vous contrôler, mais à l’intérieur vous tendez à être préoccupé et pas très sûr de vous-même. Parfois vous vous demandez sérieusement si vous avez pris la bonne décision ou fait ce qu’il fallait. Vous préférez une certaine dose de changement et de variété, et devenez insatisfait si on vous entoure de restrictions et de limitations. Vous vous flattez d’être un esprit indépendant ; et vous n’acceptez l’opinion d’autrui que dûment démontrée. L’établissement de votre sexualité a posé des problèmes pour vous. Mais vous avez trouvé qu’il était maladroit de se révéler trop facilement aux autres. Par moment vous êtes très extraverti, bavard et sociable, tandis qu’à d’autres moments vous êtes introverti, circonspect, et réservé. Certaines de vos aspirations tendent à être assez irréalistes ».

Si vous avez l’impression que cette description correspond assez bien à celle de votre personnalité, vous venez d’être victime d’une importante illusion perceptive que le psychologue Forer a appelé « effet de validation subjective » et un autre, Meeh, « effet Barnum », étant donné que vous vous êtes comporté comme un « gogo » qui se croit l’unique personne concernée par ce texte vague et imprécis qui évoque une chose et son contraire.

Les anti-astrologues sont des fans inconditionnels de « l’effet Barnum » qui expliquerait pourquoi ceux qui croient à l’astrologie acceptent de se reconnaître dans des portraits d’eux-mêmes aussi vagues et imprécis que celui que vous venez de lire. Comme nous venons de le voir avec « l’expérience de Carlson », cela n’empêche pas les mêmes anti-astrologues de tomber dans le piège du même « effet Barnum », ce qui est finalement un réjouissant paradoxe.

Voici l’édifiante histoire de « l’effet Barnum » : en 1948, le professeur de psychologie Forer a fait passer un test de personnalité à ses étudiants, n’a pas tenu compte de leurs réponses, et a ensuite distribué à chacun d’entre eux le texte ci-dessus en le présentant comme le résultat personnalisé de leurs réponses au test. Puis il leur a demandé de noter cette « interprétation personnalisée » entre 0 (très mauvais) et 5, (excellent). La classe a obtenu une moyenne de 4,26, ce qui signifie qu’une écrasante majorité des étudiants s’était fortement « reconnue » dans ce texte… qui était en fait une « étude astrologique » que Forer avait trouvée dans une revue.

Le test de French

Depuis, selon un anti-astrologue qui en semble ravi, « le test a été répété des centaines de fois avec des étudiants en psychologie et la moyenne est toujours autour de 4,2 […] L’effet Forer semble expliquer, au moins en partie, pourquoi tant de personnes croient aux pseudosciences ». Un autre, plus prudent, se désole pourtant du fait que « Malheureusement, la plupart des études sur l’effet Forer ont seulement été faites sur des étudiants de premier cycle universitaire ».

L’un de ces tests a été réalisé en 1991 par le psychologue French et ses collaborateurs. Contrairement à Forer, qui n’était pas ouvertement et a priori anti-astrologue mais s’était servi d’un portrait astropsychologique pour essayer de démontrer que n’importe qui pouvait se reconnaître dans n’importe quelle description de sa personnalité, l’hypothèse de départ de French est clairement anti-astrologiste : pour lui, d’emblée « il n’y a pas de support empirique en faveur de la théorie astrologique traditionnelle », et il entend le prouver par une expérience décisive.

L’expérience de French n’est pourtant guère différente de celle de Forer du point de vue du recrutement de ses « cobayes » : il s’est contenté de réunir un groupe de 52 personnes de 16 à 35 ans, dont la moyenne d’âge était de 18 ans : autant dire que c’étaient dans leur immense majorité à nouveau des adolescents… comme d’habitude. Son originalité, c’est qu’il voulait démontrer qu’il existait une nette différence entre les « croyants profonds » en l’astrologie, qui selon lui devraient moins facilement accepter le texte utilisé par Forer que les « croyants modérés ». Pourquoi ? Pour la bonne « raison » (selon French) que les premiers devraient en principe avoir une connaissance de l’astrologie plus approfondie que les seconds, et donc être moins sensibles à « l’effet Barnum », et donc être moins susceptibles de se reconnaître dans un astro-portrait qui ne serait pas le leur. En d’autres termes, ceux qui connaissent les règles du jeu sont a priori plus capables de détecter les dés pipés que ceux qui ne les connaissent pas.

French (encore un étasunien, en dépit de son nom de famille) décide donc du protocole d’expérience suivant :

— les 52 « cobayes » sont informés du fait qu’ils ont été sélectionnés afin de leur faire tester trois programmes d’interprétation astrologique informatisés ;

— il leur est demandé de communiquer quels sont leurs degrés de croyance et de connaissance en astrologie. Résultat : 7 sont déclarés « croyants profonds », 31 « croyants modérés », et 14 « non croyants » ;

— à la suite de quoi leur sont proposés trois textes censés décrire leur personnalité : le texte « effet Barnum » de Forer (à une phrase près… qui ne manque pas d’importance, nous le verrons), l’interprétation de leur propre thème réalisée par un logiciel, et une interprétation choisie au hasard parmi celles des autres « cobayes ». Comme dans l’expérience de Forer, il leur est demandé de classer les textes et de leur attribuer une note, cette fois de 1 à 5.

Les critiques qu’on peut adresser à l’expérience de French sont les mêmes que pour l’expérience de Carlson et de Forer : nombre insignifiant de « cobayes » selon la science statistique elle-même, évaluation non-rigoureuse des « connaissances » ou « croyances » astrologiques de ceux-ci, confusion entre la « croyance profonde » sur l’astrologie et le fait d’avoir de bonnes informations sur celle-ci, aucune description des bases de programmation du logiciel, etc. : avant même que « l’expérience » ne débute, nous nageons déjà en plein charlatanisme scientiste. Passons charitablement sur le fait que le protocole parle de l’influence des « étoiles » sur la personnalité (qui démontre l’ignorance crasse des « expérimentateurs » au sujet du fait astrologique), remarquons que l’équipe de French s’est abstenue de communiquer les textes des interprétations astrologiques utilisées dans cette « expérience » (ce qui était pourtant une information fondamentale), mais qu’elle a donné in extenso le texte « effet Barnum » de Forer (relisez-le) amputé d’une seule et significative phrase : « L’établissement de votre sexualité a posé des problèmes pour vous ». « Évidemment », de scrupuleux, rigoureux et objectifs « expérimentateurs scientifiques » ne pouvaient pas ressortir cette phrase aux étudiants de 1991 comme Forer l’avait fait à ceux de 1948, avant la libération sexuelle…

Résultat : le texte « effet Barnum » (corrigé) de Forer s’impose comme le plus représentatif de leur personnalité pour la majorité des « cobayes », ce qui démontrerait que l’astrologie n’est qu’un vaste « effet Barnum ».

Ultime problème « honnêtement » (si l’on peut dire) soulevé par l’équipe de bras cassés de French : ils acceptent de reconnaître qu’une interprétation astrologique ne se réduirait peut-être pas à celle du Signe solaire natal. Ce qui signifie que les « portraits » distribués aux « cobayes » se réduisaient à la seule description de Signes solaires. On comprend mieux…

Un miroir aux alouettes adolescentes et étudiantes…

« L’effet Barnum » est couramment invoqué par les anti-astrologues qui se prétendent « scientifiques ». S’il est indéniable que cet effet de « validation subjective » existe, il est tout aussi avéré que les test « à la Forer » ne lui confère aucune valeur universelle, puisqu’il ne se base que sur les réactions d’une population dont la moyenne d’âge tourne autour de 18 ans, un âge où la personnalité est toujours en cours de formation. C’est donc un total manque de rigueur et d’objectivité scientifique que de prétendre que « l’effet Barnum » disqualifie l’astrologie.

Ensuite, il est amusant et instructif de constater que depuis 1948, des générations d’étudiants en psychologie tombent régulièrement dans le panneau du test de Foster. On ne peut en tirer que trois conclusions rationnelles et rigoureuses :

1) L’information circule très mal entre les générations d’étudiants : sinon, toutes celles d’après 1948 devraient connaître ce « cas d’école » et ne plus foncer tête baissée dans ce piège ;

2) Les étudiants âgés d’environ 17 à 25 ans ont de très mauvaises aptitudes à évaluer les caractéristiques de leur propre personnalité. Donc cette population devrait être écartée des tests psychologiques ;

3) Les enseignants en psychologie qui continuent à faire passer le test de Forer à leurs étudiants les prennent pour des naïfs et/ou des imbéciles et n’ont peut-être pas complètement tort…

De toutes façons, l’astrologie n’a strictement rien à voir là-dedans. Forer aurait tout aussi bien pu emprunter son « texte-Barnum » dans une revue de vulgarisation psychologique, il aurait probablement obtenu des résultats identiques. Certains anti-astrologues le reconnaissent honnêtement : « on a vu que ces processus ont été observés à partir de données astrologiques et de résultats à de faux tests de personnalité, mais il est permis également de supposer que même en face des descriptions les plus sérieuses, c’est-à-dire faites à partir des approches psychologiques les plus scientifiques, l’effet Barnum jouera de façon automatique, un peu comme intervient l’effet placebo, même quand il s’agit de médicaments avérés. D’où l’absurdité de demander aux personnes concernées de statuer sur l’exactitude de l’évaluation de leur personnalité, même lorsque celle-ci est dressée par le spécialiste le plus éminent — cela pourrait expliquer les résultats d’expériences qui montrent que lorsque les mêmes sujets sont analysés par des astrologues, à partir des données de naissance, et par des psychologues, à partir de divers tests, ces derniers ne sont pas considérés comme ayant fourni des descriptions personnologiques plus valables que celles des astrologues. Or, on a plutôt tendance à interpréter ces résultats en considérant que l’astrologie, ou l’intuition des astrologues, est aussi exacte et valable que la psychologie… ».

Des psychologues qui se sont penchés sur les divers « tests Forer » ont ainsi trouvé qu’a posteriori « les sujets peuvent généralement distinguer les estimations qui sont précises (mais qui seraient vraies pour la plupart des gens) et celles qui sont discriminantes (précises pour le sujet, mais non applicables à la plupart des gens) », mais qu’a priori (quand ils passent le test) ils les confondent quand même… Le problème reste donc entier, qu’il s’agisse d’astrologie ou de psychologie.

Plus drôle, les mêmes psychologues ont trouvé qu’« il y a aussi des éléments montrant que des caractéristiques de caractère tels que la névrose, le besoin d’approbation, la tendance autoritaire sont corrélés positivement avec la tendance à croire dans les profils de type Forer »… ce qui signifierait selon eux que 94 % des « cobayes » étudiants en psychologie seraient des névrosés autoritaires en quête d’approbation, ce qui augure mal pour l’équilibre mental des psychologues qu’ils seront amenés à devenir !

Faire du test de Foster un argument anti-astrologique est donc une escroquerie intellectuelle pure et simple.

Un jeu d’enfant : « L’affaire Petiot »

Vingt ans plus tard, en 1968, le psychologue, statisticien et anti-astrologue Michel Gauquelin procède à une réplication du test de Foster. Il fait passer dans la presse spécialisée (dans Ici Paris, quotidien populaire à très bas niveau intellectuel et culturel), l’annonce suivante :

« Totalement gratuit ! Votre horoscope ultra-personnel. Un document de 10 pages. Bénéficiez d’une expérience unique. Envoyez nom, adresse, date et lieu de naissance : Astral Electronic ».

À chacun des 150 premiers correspondants, il fait parvenir la même étude de Thème tirée du programme informatique Ordinastral, dont les textes ont été écrits par André Barbault.

94 % des personnes se sont reconnues dans ce portrait et 80 % de leurs proches ont confirmé ce jugement favorable à l’astrologie. Gauquelin, qui n’a pas mentionné dans son compte-rendu d’enquête le niveau intellectuel et socioculturel des individus ayant participé à cette expérience, en a conclu :

1) que les gens se reconnaissent dans n’importe quel portrait psychologique (banale confirmation de « l’effet Barnum ») ;

2) que l’astrologie avait été prise en défaut.

Le seul intérêt vaguement « scientifique » de cette expérience est que pour une fois, les « cobayes » n’étaient pas de sempiternels jeunes étudiants en psychologie, mais un autre type de population. Étant donné le genre de revues où Gauquelin avait fait passer ses petites annonces, il n’est pas difficile d’en faire un portrait-robot : il s’agit très probablement en majorité de femmes âgées de 20 à 60 ans, au niveau socio-culturel en général assez peu élevé, ayant peu d’instruction et croyant à toutes sortes de phénomènes paranormaux ou irrationnels, ce qui montre que les « ménagères de moins de 50 ans » chères aux audimats télévisuels et les post-adolescents étudiants en psychologie ont au moins un point commun : leur sensibilité à « l’effet Barnum ».

Le Thème expédié aux « cobayes » par Gauquelin est celui du docteur Petiot (né le 17/01/1897 à 2 h 51 TU à Auxerre), célèbre tueur en série qui avait assassiné une cinquantaine de personnes au cours de la IIe Guerre Mondiale. Si l’on n’y regarde pas de trop près, on en conclura que 94 % de « ménagères de moins de 50 ans » se sont reconnues dans le portrait astrologique d’un serial killer



Mais les choses sont beaucoup moins simples qu’il n’y paraît. Les textes des interprétations d’Ordinastral rédigés par André Barbault ne concernaient que les positions des planètes rapides en Signes et l’Ascendant. Les éléments du Thème n’étaient pas hiérarchisés et les Aspects n’étaient pas pris en compte. La soi-disant étude astrologique se composait donc d’une suite de six textes décrivant schématiquement, dans un registre astro-symboliste, l’AS Scorpion, le Soleil en Capricorne, la Lune en Cancer, Mercure en Verseau, Vénus en Poissons et Mars en Gémeaux.

Je n’ai pas retrouvé les textes exacts que Barbault avait rédigés pour Ordinastral. Mais étant donné qu’il avait publié son Traité pratique d’astrologie (éd. Seuil) en 1961 et qu’il a rédigé les interprétations pour le logiciel en 1966–1967, il est probable que les textes de son Traité sont très proches de ceux du logiciel. À titre d’information, voici ceux qui concernaient le Thème de Petiot :

— Ascendant Scorpion : « Cette nature au tempérament bilieux est travaillée par un feu intérieur, animée au niveau des entrailles par l’exaspération de pulsions violentes. Ce « diable au corps » exprime une angoisse de plus-être plus que de bien-être, qui cherche ses affinités dans les orages et convulsions de la vie. Deux grands instincts s’affrontent dans une ambivalence intensificatrice : l’agressivité et l’érotisme ; danse endiablée du sublime et de l’abject, du ciel et de l’enfer, du réalisme brutal et de l’idéalisme mystique, de l’attachement et du détachement, de l’amour et de la mort […] ».

— Soleil en Capricorne : « Ce type est un froid, sa personnalité s’édifiant dans un mouvement de retrait sur soi et de concentration qui exclut toute extériorisation. Ce « froid » est à la fois introversion et inémotivité, réelle ou apparente (le « passionné à froid »), ce qui lui assure un empire sur lui-même. Il est aussi un lent : patience, persévérance, stabilité, pondération, méditation, pessimisme, solitude ou mélancolie… C’est un rude qui bénéficie d’un solide équilibre par la maîtrise de ses sentiments et la fermeté du caractère : aplomb, sang-froid, robustesse, discipline, obstination, densité, fixité […] ».

— Lune en Cancer : « Toutes les valeurs maternelles et féminines, plastiques et sensibles, convergent dans cette rencontre. Imagination, mémoire, fécondité, rêve, sensibilité, lyrisme, poésie. Le côté végétatif peut l’emporter ; l’âme peut rester fixée au passé, à l’enfance ou mener une destinée nomade, incohérente, errante ».

— Mercure en Verseau : « Intelligence prométhéenne, inventive, progressiste, réformiste, révolutionnaire ou utopique, acquise aux idées d’avant-garde, à l’affût de tout ce qui peut émanciper l’homme, le libérer de ses entraves et l’ouvrir à de nouveaux horizons ; sinon ouverte à une sagesse ».

— Vénus en Poissons : « Sensibilité envahissante, aux formes incertaines, aux contours indéfinis, étrange ou mystérieuse dans ses expressions, et dans ses manifestations romanesque ou mystique. Il faut craindre, dans la dissonance, les aventures rocambolesques, les attaches nuageuses, les espérances insensées. Mais c’est le triomphe de l’amour salvateur et rédempteur, de la passion oblative : le don de soi le plus généreux ou le sacrifice masochiste ».

— Mars en Gémeaux : « L’agressivité, souvent issue de discordes fraternelles, tend à se muer en sadisme mental, avec une disposition fréquente à la chicane, à la taquinerie, à la discussion, à la critique, à l’ironie ou à la polémique ».

Voilà, c’est tout : le portrait d’un « moi » réduit à six facettes hétéroclites et contradictoires parmi lesquelles on peut picorer en toute subjectivité. Passées à la trappe, la conjonction Saturne-Uranus opposée à Mars sur la ligne d’horizon, l’opposition Jupiter-Vénus angulaire et toutes les autres configurations (bref, le thème dans sa globalité organisée et hiérarchisée…) dans lesquelles il est probable que des gens « normaux » sachant à peu près comment ils fonctionnent auraient (peut-être) eu un peu plus de mal à se « reconnaître » aussi massivement et aussi facilement.

On ne saurait néanmoins rendre les dissonances majeures du thème de Petiot responsables de ses comportements criminels. Quantité de gens sont nés avec le même Thème que Petiot, et il est évident que presque tous ne sont pas devenus des serial killers. Il est par ailleurs évident que ces interprétations (qu’elles soient très mauvaises est une autre affaire) ont été écrites à l’intention d’une majorité de gens « normaux » ou « moyens » et non d’une minorité de cas pathologiques.

En celà, Gauquelin est non seulement tombé dans le piège de l’horoscope absolu, mais il a aussi commis une faute déontologique grave, probablement par goût du sensationnalisme, en adressant l’interprétation du Thème d’un psychopathe à des « ménagères de moins de 50 ans » fascinées par le paranormal. Une telle démarche n’a strictement rien de scientifique.

Peut-on éviter « l’effet Barnum » ?

« L’effet Barnum » se base d’une part, sur le caractère vague et fourre-tout de descriptions psychologiques ou astropsychologiques imprécises, d’autre part, sur l’incapacité qu’auraient la plupart des individus à évaluer objectivement leur propre personnalité et cette d’autrui.

Une fois ce fait constaté, se pose alors la question de savoir s’il est possible de concevoir des tests de personnalité permettant d’éviter « l’effet Barnum ». La réponse n’a rien de simple. En effet, le texte proposé par Foster à ses étudiants est effectivement vague et imprécis et peu donc s’appliquer à un très grand nombre de personnes. Mais il est pourtant probable qu’il décrive aussi assez exactement le fonctionnement incertain, contradictoire et ondoyant de certaines d’entre elles, qui auraient ainsi de bonnes raisons de se reconnaître dans ce portrait.

Par ailleurs, les personnalités monofonctionnelles, toutes d’un bloc, sont plutôt rares. L’hyper-simple est l’exception. La plupart des personnalités sont bâties sur la coexistence pacifique et/ou conflictuelle de différentes tendances fonctionnelles. La complexité est la règle. Les psychologues comme les astrologues sérieux y sont confrontés et doivent l’intégrer, loin du cirque Barnum où les anti-astrologues pas sérieux font leurs numéros d’illusionnistes pour épater la galerie scientiste.

Comment éviter « l’effet Barnum » ? Ce sont probablement les astrologues, et non les psychologues, qui ont la réponse. Et je précise : pas les astrologues magicosymbolistes, incapables d’effectuer une synthèse réaliste des divers éléments qui composent un Thème natal, mais les astrologues conditionalistes qui, eux, savent très bien le faire. Il suffit pour cela :

1) De sélectionner une population de gens intelligents, instruits, ne souffrant pas de pathologies psychologiques majeures et âgés de plus de trente ans ;

2) De sélectionner parmi les proches de ces personnes celles qui ont les mêmes caractéristiques ;

3) De faire les Thèmes des personnes du premier groupe et de sélectionner parmi eux ceux qui mettent très nettement en relief une ou deux tendances nettement dominantes. D’un point de vue conditionaliste, cela signifie des Thèmes qui présentent une ou deux familles R.E.T. nettement et entièrement valorisées, ainsi qu’une nette dominante zodiacale F+ ou F− ;

4) De proposer aux personnes du premier groupe un jeu de trois portraits, le leur et deux autres totalement étrangers à celui-ci et de leur demander de les classer selon le degré de pertinence qu’ils leur attribuent ;

5) De demander aux personnes du second groupe de procéder à la même évaluation et au même classement à propos de la personne du premier groupe qu’ils sont censés « bien connaître » ;

6) De demander à chaque personne du premier groupe de confronter son classement avec celui de ses proches du second groupe. Si les réponses au portrait classé n° 1 par le premier et les seconds diffèrent, ils doivent négocier ensemble un nouveau classement en présence d’observateurs impartiaux qui enregistreront cette négociation et prendront acte de son résultat ;

7) Si à l’issue de ce processus, les membres du premier groupe sont majoritairement d’accord avec ceux du second, « l’effet Barnum » aura été éliminé et l’aptitude de l’astrologie à proposer des profils psychologiques pertinents aura été validée.

Pour réaliser une telle expérience, toute la difficulté réside dans la sélection des « cobayes » et dans celle des thèmes présentant de nettes dominantes planétaires. En effet, il faut sélectionner un très grand nombre de personnes, puis faire leurs Thèmes, puis sélectionner parmi ces derniers uniquement ceux qui présentent la nette dominance (angularités nettes) d’une ou deux familles R.E.T. et d’un ou deux Signes ; de plus, il vaudrait mieux que ces familles soient consonantes entre elles, étant donné qu’en cas de dissonance, il peut y avoir refoulement, dans le vécu du Sujet, de l’une d’entre elles.

Exemples de textes

Les textes d’interprétation ne doivent pas être vagues. Il est impératif que les « profils psychologiques » décrivent des comportements précis, aisément observables et identifiables. Les textes qui suivent, qui décrivent les Aspects dominants dans le Thème de Petiot, sont tirés de mon Manuel d’astrologie universelle. Sans en faire des modèles de rigueur descriptive (ils sont le fruit d’un compromis sur le nombre de pages avec l’éditeur, ce qui m’avait obligé à écrire des textes beaucoup plus courts, donc beaucoup plus simplificateurs que je ne l’aurais souhaité), ces interprétations sont quand même nettement plus précises que celles de Barbault. Les voici :

Aspect n° 1 : conjonction Saturne-Uranus dissonante

« Si ou quand la fonction saturnienne domine : vous êtes si absorbé par les multiples questions que vous vous pose à propos de votre vécu ou de vos expériences vous êtes incapable de leur trouver des réponses fermes et convaincantes. Vous ratiocinez à l’infini, complexifiez sans cesse vos raisonnements dans un refus obstiné de mettre un brillant et efficace point final à vos aventureuses interrogations. Votre scepticisme, vos doutes, vos prudences et votre excès de prévoyance vous interdisent toute initiative audacieuse, toute décision prise sur le coup d’une intuition fulgurante. Vous craignez les brutales et inattendues irruptions de l’inconnu dans un univers dont vous vous efforcez laborieusement de déchiffrer les énigmes pour vous mettre à l’abri du hasard. Solitaire réfractaire, chercheur à jamais insatisfait, philosophe de l’échec ou romantique impénitent, vous ne pouvez ou ne voulez pas imposer vos idées.

Si ou quand la fonction uranienne domine : vous affirmez avec aplomb, autorité et intransigeance vos certitudes intuitivement révélées et rigoureusement architecturées au mépris de toute recherche expérimentale approfondie, de toute investigation sérieuse dans l’univers complexe des êtres, choses et situations. Votre despotique volonté de puissance s’acharne à refouler en vous et autour de vous tout ce qui pourrait ressembler à un doute, une interrogation, une remise en question, ou tout simplement une réflexion pertinente basée sur une scrupuleuse analyse des faits. Vous décidez avec outrecuidance là où il faudrait longuement réfléchir avant de vous engager, tranchez dans le vif de sujets qui demanderaient prudence et circonspection. Vous craignez par-dessus tout que l’on sape et sabote à la base vos raisonnements et certitudes bâtis sur des présupposés on ne peut plus incertains ».

Commentaire

Le fait d’avoir choisi l’interprétation « dissonante » peut sembler arbitraire, la conjonction étant un Aspect ambivalent, aussi bien consonant que dissonant. Une interprétation plus nuancée, faisant état de cette ambivalence, aurait néanmoins décrit une personnalité plutôt « cérébrale », capable d’ourdir en secret des plans à très long terme en laissant peu ou pas de place aux sentiments et états d’âme.

Cette interprétation très « Sens des Contraires » (d’un côté Saturne, de l’autre Uranus) montre à elle seule la difficulté qu’un individu peut avoir à se « reconnaître » dans un tel portrait qui met en parallèle et en opposition frontale deux tendances différentes et contradictoires d’une des caractéristiques dominantes de son fonctionnement psychologique. Comment peut-il évaluer laquelle de ces tendances supplante l’autre ? Quand et comment ? Et d’ailleurs, il est très possible qu’il vive cette conjonction Saturne-Uranus sur un mode « Sens des Ensembles » très ambivalent et discordant, bref qu’il se perçoive tout autant « saturnien » qu’« uranien ». On est là très loin de l’« effet Barnum »

Aspect n° 2 : opposition Saturne-Pluton

« Si ou quand la fonction saturnienne domine : vous cherchez à conjurer l’absurdité ou le néant de toute raison ou de tout savoir en développant un froid rationalisme ancré dans le réalisme expérimental. Vous essayez pathétiquement de trouver, dans vos froides, profondes et méthodiques investigations dans la matière et le vécu, le pourquoi et le comment des mystères immatériels, métaphysiques ou autres, sans pouvoir se résoudre à la certitude qu’il est des questions qui n’ont et n’auront jamais de réponse. L’inconnu intégral vous fascine et vous angoisse en même temps, et avec la même intensité. Par votre raison abstraite ou votre romantisme douloureux et désespéré, vous tentez vainement de vous rebeller contre une obscure et implacable fatalité, contre les forces du chaos, du désordre et du néant. Solitaire, mélancolique, sceptique et incompris, vous craignez que votre situation n’empire encore… ».

Commentaire

D’une manière toujours aussi arbitraire, j’ai choisi l’interprétation privilégiant Saturne à l’AS par rapport à Pluton au DS (en domitude, Pluton est plus bas qu’il n’en a l’air en projection écliptique, et Mars plus haut). On reste néanmoins dans le registre de la froideur désincarnée qui caractérisait Petiot, très doué pour dématérialiser ses victimes et les faire disparaître dans la transcendance plutonienne. Dans une interprétation plus moyenne et nuancée, on soulignera la puissance du « petit t » dissonant, son aptitude à la dissimulation, aux activités clandestines, en marge des conventions et des normes officielles.

Aspect n° 3 : opposition Uranus-Pluton

« Si ou quand la fonction uranienne domine : vous voulez à tout prix vous persuader, et y parvenez parfois, qu’il est possible d’enfermer l’insondable mystère des êtres, choses et situations dans une théorie totalitaire intuitivement conçue. Vous êtes atteint d’une paranoïa réductionniste qui vous incite à trancher arbitrairement et abruptement dans le maquis des complexités et dans le labyrinthe des énigmes de l’univers pour en extirper des conceptions claires, nettes et sans bavures. Angoissé à l’idée d’un anéantissement total de votre brillante et orgueilleuse individualité, vous vous livrez à une course frénétique et désespérée au pouvoir absolu. Confondant l’ordre subtil et caché avec le désordre et le chaos, vous imposez avec intransigeance votre vision d’un ordre coercitif, ennemi juré de toute anarchie. Ne supportant pas l’idée d’être mortel, vous cherchez à la conjurer en accomplissant des exploits qui, espérez-vous, vous rendront immortel ».

Commentaire

Encore une fois très arbitrairement, j’ai ici choisi l’interprétation privilégiant Uranus à Pluton. Si on l’adapte au cas particulier de Petiot (ce qui est évidemment interdit dans un test de validation astrologique en « aveugle »), on peut dire que le « bon docteur » (c’était son surnom avant qu’on ne découvre l’étendue de ses crimes) s’es surpassé dans l’accomplissement d’exploits qui l’ont rendu immortel dans les mémoires de la criminologie… mais qui lui ont valu quand même d’être guillotiné. Notons au passage que s’il a fini par être arrêté, c’est parce qu’en bon psychopathe paranoïaque il ne supportait pas de ne pas être reconnu pour ses (faux) exploits de Résistant, et qu’il a envoyé une lettre à un conseil de la Résistance pour sortir de l’anonymat plutonien… Là, Jupiter et le pôle « petit r » ne sont pas loin. Justement, on y arrive.

Aspect n° 4 : opposition Jupiter-Vénus

« Si ou quand la fonction jupitérienne domine : obsédé par votre souci d’être raisonnable, de respecter les conventions de votre milieu social, vous négligez vos relations affectives. Votre volonté de réussir à tout prix, de faire reconnaître vos hauts faits sur la place publique, vous pousse à négliger votre propre sensibilité et celle d’autrui. Pour assouvir vos ambitions matérielles et votre soif de respectabilité, vous êtes prêt à mettre de côté vos goûts et dégoûts, sympathies et antipathies épidermiques, et pour saisir une opportunité intéressante, à évacuer toute tendresse et toute compassion. Beau et haut parleur, doué pour l’auto-promotion et l’auto-satisfaction, vous êtes dénué de tout charme, de toute séduction. Vous vous imposez avec arrogance, vous gargarisez d’effets de tribune quand il faudrait toucher et émouvoir. Vous êtes prêt sans rechigner à bâtir votre réussite économique et sociale sur les ruines de votre cœur ».

Commentaire

Arbitrairement, j’ai choisi l’interprétation privilégiant Jupiter au MC par rapport à Vénus au FC. Continuons dans l’interdit et adaptons-là a posteriori au cas de Petiot. C’était un individu affammé de reconnaissance sociale, ayant réussi à se faire élire maire et à trôner au sein de nombres d’instances officielles où il aimait à porter beau et à faire profiter tout le monde de ses talents de tribuns. Vénus n’était pas si « coinçée » que ça par Jupiter, puisqu’il savait être très séducteur et jouer sur la corde sensible de ses victimes ; mais c’était une Vénus totalement instrumentalisée un Jupiter opportuniste, profiteur et sans aucune moralité.

Dans une interprétation plus nuancée destinée à d’éventuels tests de validation expérimentale de l’astrologie, on ne pourrait évidemment décrire un tel fonctionnement de profiteur matamore et éhonté faisant fi de toute pitié. Mais d’un point de vue purement technique, il faudrait quand même tenir compte du fait que Vénus, quoique dominante mais aussi dissonante aux premières dominantes, se trouve bien isolée dans un contexte dominant ‘r’, ‘E’, ‘t’ et ‘T’, toutes familles R.E.T. « non-e » et avec un pôle ‘R’ en fin de hiérarchie. Sa place est ainsi toute désignée pour être le « pôle faible » du « pôle fort », avec les conséquences qui en découlent nécessairement et logiquement dans une interprétation standardisée et informatisée. On est très, très loin des âneries de Barbault sur « le triomphe de l’amour salvateur et rédempteur, de la passion oblative : le don de soi le plus généreux ou le sacrifice masochiste ».

L’Aspect le plus faible : Soleil-Mercure

Dans l’optique qui nous intéresse ici, il n’est pas utile, voire même contre-productif d’envisager l’interprétation des Aspects sous-dominants. Par contre, il peut être utile de mentionner l’Aspect le moins valorisé, en l’occurence la conjonction Soleil-Mercure. Logiquement, en la comparant à l’interprétation de l’Aspect n° 1 (Saturne-Uranus), le sujet d’une telle expérimentation devrait être obligé de se positionner très nettement et de faire un choix sans ambiguïté : soit il se « reconnaît » dans le portrait d’un cérébral froid et calculateur au cœur sec (Saturne-Uranus) soit il se « reconnaît » dans celui d’un être spontanément sociable, doté de fortes valeurs et d’une grande curiosité (Soleil-Mercure).

Bien sûr, s’il ne se « connait » pas bien, s’il triche consciemment ou inconsciemment avec lui-même ou veut consciemment ou inconsciemment induire les autres en erreur, ou encore s’il se projette aveuglément dans ce qui ne lui ressemble pas mais à quoi il voudrait obscurément bien ressembler, il peut choisir le second terme de cette alternative. Dans ce cas, il suffira d’interroger ceux qui le connaissent bien et qui ont de bonnes facultés d’observation pour régler le problème…

La nécessité d’interprétations synthétiques

Même imparfaites, ces interprétations par Aspects dominants et non-dominants sont infiniment meilleures que le médiocre catalogue à la Prévert que Barbault a réalisé pour Ordinastral. Il est néanmoins évident qu’il vaudrait mieux procéder à des interprétations plus synthétiques, qui intègrent à la fois les familles R.E.T., les Aspects interprétés non par duos juxtaposés mais à plusieurs planètes et le zodiaque (qui est d’ailleurs ici totalement absent). Mais c’est là un problème qui, pour être résolu, demande la maîtrise des techniques d’intelligence artificielle. L’absence de chercheurs et de moyens de recherche en astrologie sérieuse — donc conditionaliste — ne permet malheureusement pas d’y songer avant longtemps. Dommage, car toutes les idées sont là.

Un test-gag purement conditionaliste

Avant de provisoirement conclure, rions un peu en arrosant l’arroseur. Michel Gauquelin est né le 13/11/1928 à 22 h 15 TU à Paris. Son Thème natal se caractérise par une opposition Jupiter-Mercure nettement angulaire dans le plan méridien. Il n’y a pas d’autres angularités : c’est donc un « cas d’école » sans ambiguïté selon les règles de l’astro-statistique gauquelinienne… à ceci près que les statistiques de Gauquelin, si elles ont mis en évidence une influence de Jupiter, n’en n’ont découvert aucune à Mercure, ce qui n’est pas grave, puisqu’il s’agit de faire un test-gag conditionaliste.



Voici donc deux textes (toujours tirés de mon Manuel d’astrologie universelle) décrivant le fonctionnement psychologique de Gauquelin tel qu’il peut être évalué (sans statistiques) à partir de son ciel de naissance. Devinez lequel lui correspond et vous avez gagné.

Interprétation n° 1 : « Vous vivez sous le joug d’une affectivité éruptive, volcanique, incontrôlable. Emporté par vos impérieux désirs du moment, vous perdez tout self-control dès que vos goûts et dégoûts, sympathies et antipathies épidermiques sont en jeu. Quand vous aimez, quand vous vous attachez, on ne peut attendre de vous la moindre modération. Vos sentiments exacerbés imposent une dictature capricieuse et indisciplinée. Vous ne supportez pas chez les élus de votre cœur la moindre velléité d’indépendance. Vous vivez vos plaisirs et voluptés dans le plus grand désordre, comme un défi permanent lancé à toute cérébralité organisée, à tout programme de vie rigoureux. Vous prenez votre revendication de jouir quand vous voulez et comme vous voulez pour une manifestation de pleine autonomie et de souveraine indépendance, alors que vous êtes l’esclave de vos sens et de vos désirs brûlants ».

Interprétation n° 2 : « Polarisé par vos ambitions, votre quête de pouvoir tangible ou votre vision du monde trop raisonnable, vous ne pouvez ou ne voulez pas ouvrir votre esprit à autre chose. Pas question pour vous de rencontres inutiles, de curiosités gratuites, de découvertes émerveillantes : il faut que ça rapporte, que vous en retiriez des bénéfices concrets ou une utilité manifeste. Se voulant définitifs, vos jugements à l’emporte-pièce vous interdisent toute pluralité des hypothèses, tout changement de point de vue. À force de vouloir faire reconnaître les mérites de vos actes et productions, vous en oubliez tragiquement de ne pas vous prendre au sérieux. Votre envie d’être un représentant exemplaire de votre groupe vous pousse à sacrifier aveuglément votre liberté individuelle, votre fantaisie irrévérencieuse, votre spontanéité sans œillères. Vous pontifiez au détriment de tout humour ».

L’interprétation correspondant au Thème natal de Gauquelin est bien entendu la seconde. En toute mais rigoureusement arbitraire mauvaise foi, j’ai décidé de ne retenir que le texte valorisant Jupiter au détriment de Mercure : logique, puisque Gauquelin ne reconnaît aucune influence à cette planète. Et puis après tout, ce texte caricatural colle bien à son œuvre : après tout, n’a-t-il pas construit sa réputation sur des expérimentations statistiques ordonnées en fonction de critères simplistes (la profession) qui l’ont conduit à éliminer toutes les autres pistes de recherche qu’il aurait pu imaginer ?

Quant à l’interprétation n° 1, elle correspond à une dissonance Vénus-Uranus au sein de laquelle Vénus domine. Pourquoi ? D’abord parce que dans le R.E.T., Vénus est l’inverse de Jupiter et Uranus l’inverse de Mercure : ces deux planètes n’étant de surcroît pas valorisées dans le Thème natal de Gauquelin, elles constituent l’inverse des dominantes. Ensuite parce qu’il a reconnu une influence à Vénus, et aucune à Uranus… Mais s’il était né à 14 h 15, tout aurait été différent :

Mais c’est une autre histoire…

Conclusion

Il est évident que l’« effet Barnum » peut très facilement être évité ou contourné pour peu qu’on utilise des méthodes conditionalistes. Il est tout aussi avéré que le traitement que Gauquelin a réservé à l’« affaire Petiot » est tout sauf rationnel et « scientifique ». On se croirait plutôt devant un très mauvais numéro de clown de cirque… Barnum bien entendu.

Si donc vous tombez sur un fâcheux âne scientiste anti-astrologue qui vous bassine avec cette très tendancieuse utilisation pseudo-statistique du Thème du « bon docteur », n’hésitez pas à l’envoyer braire ailleurs.

L’anti-astrologie n’est pas une science

Article paru dans le n° 25 du Fil d’ARIANA (avril 2006).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Qu’est-ce que la science ? Un golem ou un robot ?
- Quelques réponses à un astronome anti-astrologue…
- L’expérience de Carlson


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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