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| Publié le : 29 novembre 2003
2. Le S.O.R.I. : l’Intégration
La phrase "Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume" comprend toutes les lettres de l’alphabet, de A à Z (27 lettres) mais pour rendre la phrase intelligible (d’une intrigante banalité), les voyelles "e" (5 fois), "u" (4 fois), "i" (3 fois), "o" (2 fois) sont sur-représentées.
Cet exemple est pédagogiquement intéressant pour parler de l’Intégration en observant que :
Sauf le respect que recommandent les religions, on parlerait de même des voies du Seigneur... ou du Seigneur lui-même. Sur le terrain de l’intégration, un ensemble (ici, les 27 lettres de l’alphabet) n’est pas une Intégration, mais il peut en cacher une ou plusieurs... d’un nombre facile ou difficile à préciser selon le nombre et la précision des données. Par jeu, extase illuminatrice ou esprit de système, on peut transformer une collection de données quelconque en unité cohérente (Intégration). II faut d’autres critères pour juger (au détriment de l’Intégration proposée) s’il s’agit de n’importe quoi, d’un jeu, d’une illumination ou d’un système. Ces critères sont souvent pris dans le référentiel "Objet" qui s’oppose à l’Intégration comme la Terre (sèche) à l’Eau (humide). Les données astrologiques sont suffisamment nombreuses et indéfinies pour favoriser des intégrations illuminantes. Le logicien qui s’aviserait d’en faire l’inventaire risque, comme le mathématicien évoqué tout-à-l’heure, de sombrer dans une irrémédiable mélancolie. L’Objet étant la principale pierre de touche de l’lntégration-baudruche, ces Intégrations ont des stratégies différentes pour circonvenir le danger d’éclatement, la plus adroite étant de se prévaloir d’une réalité partielle, d’un Objet figuratif, non-mesurable. Ainsi : En astrologie karmique... comment, par qui et quoi, s’assurer de la réalité des incarnations précédentes, déduites du thème de l’actuelle ? L’Objet "vies antérieures" figuratif, inaccessible, fait autorité ! On peut parler, ce n’est pas une image, d’escroquerie intellectuelle caractérisée. Nul doute que les astrologues réunis en séance d’études déontologiques aviseront. L’astro-psychologie se conforte des statistiques de Françoise et Michel Gauquelin. Elles ne sont relativement probantes que pour 5 planètes sur 10. Le plus gros de la pratique, transits, Signes, aspects, Maisons, est infirmé. L’astro-psychologie, fière et imperturbable, n’en continue pas moins ses "Songes et Mensonges" dénoncés par Gauquelin... en se justifiant par ce qui lui manque. L’Objet "statistiques" est manipulé. Egalement figuratif, il fait autorité. Nous avons vu ce que valent les "correspondances astrométriques" de cette école. De faconde féconde, elle a produit les praticiens convaincus de l’astronomie immatérielle. Quelle différence entre un lieu vide, un astéroïde de 100 ou 200 Kms de diamètre et une planète ? Aucune, si la pratique personnelle montre que le vide "ça marche" comme le plein. Ne demandez pas comment, grâce à quoi, avec qui, sur combien de cas... vous vous heurteriez au référentiel Sujet qui pallie l’Objet absent. Pour les plus figuratifs l’astrologie est un langage de signes baudelairiens. Conformément à cette poétique, à chacun de nos week-ends, les accidents mortels abondent sur les cartes Michelin. Peut-être serait-il sage de conduire sur carte pour éviter le pire ? (Si la voyance par horoscopie existe, ce n’est plus de l’astrologie mais de la voyance et il y a des supports mieux indiqués). Ces derniers temps, parmi les "objets figuratifs" la physique quantique a fait de miraculeuses apparitions. Une égérie affairiste du symbolisme sachant qu’au niveau de l’unité d’énergie la plus petite, l’observateur (Sujet) agit sur ce qu’il observe, en tire avantage pour le référentiel Sujet... en omettant de préciser qu’il s’agit de l’instrument (masse physique) et non du Sujet psychologique, favori de l’horoscope. L’intérêt serait de démontrer qu’un jupitérien perturbe plus l’électron observé qu’un saturnien... mais ce sont là des suggestions de conditionalistes. Un autre, aussi fort en physique quantique, avance qu’elle peut expliquer l’effet des Maisons vides. Pourquoi pas ?! Mais pourquoi ne pas en faire la démonstration ? Chez les symbolistes métaphysiciens, même figuratif, l’Objet n’est plus tolérable. Exclusivement interne, l’astrologie répudie l’externe qui n’existe que pour faire des signes allusifs. Le record de la néantification est tenu par le lecteur d’une revue d’astrologie spécialiste du genre négateur d’Objet. puisque, écrit-il, tout est indissolublement lié (ici un rappel à la mécanique quantique) les planètes forment, écrit-il "un ensemble qui s’intègre dans un ensemble plus grand, et, ainsi de suite, d’ensembles en ensembles, finissant par obéir au Tout". Dommage qu’une si belle harmonie ait de terribles effets sur les corps célestes car, en son nom, poursuit notre homme : "il n’est plus nécessaire de prouver l’existence de quelconques radiations en provenance des planètes, ni de prendre en considération leur grandeur et la distance qui les sépare de la Terre". Faut-il se sentir visé ? Si je dis oui, je suis un parano-persécuté, si je dis non, je suis un imbécile (mais moins seul). Auprès des métaphysiciens du grand Tout écraseur, les poètes va-t-en-guerre (ceux de Jean Giraudoux) ne sont pas les derniers à brandir une harmonie belliciste contre les esprits froids et secs, matérialistes comme la Terre et nous. Une Intégration ne se commande pas. Elle détruit les rapports que l’on croit avoir créé grâce à elle. Les essais énumérés sont louables, malgré tout. Ils sont humains, et l’Intégration s’y manifeste. Non pas dans la trame de ce que chaque auteur pense en dire, mais par le trait commun du rejet de l’Objet. Traitement qui fait apparaître le véritable message de cette collection analphabétique d’anti-Objets. Ce n’est pas celui que chacun entendait transmettre. Le besoin d’hégémonie de chaque référentiel porte les astrologues, plus intégristes qu’intégrés, à placer l’astrologie au-dessus de toutes les sciences ou, toujours aux fins de conjurer l’implacable ennemi, de la déclarer "science exacte". Affirmation qui ne se prouve guère par les thèmes expliqués après coup, les événements justifiés par des configurations dont on n’a jamais testé le score de négativité. Combien de fois n’est-on pas mort sous une "direction" mortifère ? Combien de fois ne s’est-il rien passé sous des cieux exécrables ? Lorsqu’on fait le compte des transits, directions primaires, secondaires, tertiaires, symboliques qui mettent à mal au moins les 3/4 d’une durée de vie, on peut se réjouir d’avoir la peau dure... comme l’astrologie "science exacte" le démontre, a contrario. Les numéros d’acrobatie anti-Objet touchent le prodige lorsqu’il s’agit de légitimer les différences de "jumeaux devant les astres", tels Bill Clinton et Laurent Fabius. Pas question d’évoquer les bagages terrestres ou, pour les thèmes comparés, tout ce qu’entraîne une hiérarchisation différente des planètes, il vaut mieux s’emberlificoter dans les degrés symboliques qui en disent long... surtout avec trois ou quatre versions différentes. La présomption de faire de l’horoscopie symbolisante une représentation exemplaire de l’Unité du Grand Tout (UGT) nous vaut, avec l’astrologie mondiale, la plus fabuleuse collection de bides et de sottises qu’il soit donné à un simple mortel de connaître depuis la nuit des temps. Personne n’ayant le loisir, la patience et l’abnégation de contempler cette collection, les astrologues poursuivent leurs prédictions dans l’indifférence générale et l’auto-satisfaction personnelle. L’argument "Ce n’est pas l’astrologie qui se trompe... mais l’astrologue" soulève le problème des référentiels incompatibles et de leurs règles de communication. Si l’astrologie relève de l’Intégration, alors le Sujet n’y a pas accès, L’astrologue n’a pas choisi le langage et le référentiel qui lui permettrait moins d’erreurs. Mais je crois plutôt que l’Intégration est bien trop vaste pour être dans l’astrologie. Si l’horoscope n’est pas le Sujet, comment peut-il être l’Intégration ? Que deviennent les Maisons S.O.R.I... et, dans la foulée, les Planètes, les Signes ? Faute de me situer dans le référentiel Intégration, je ne pourrais pas vous donner de réponse de Maître, symbolique et définitive. Provisoirement : l’horoscope est la représentation d’un Objet (le système solaire) constitué de signaux photopériodiques (hélio autant que géocentriques), vecteurs d’effets de nature encore indéterminée (probablement gravifique). Pris à leurs phases d’origine, ils mettent en relation (interactions) le référentiel Sujet et ses propres cycles avec les signaux périodiques des autres référentiels (Objet, Relation, Intégration). La définition engage à étudier, avec des concepts adéquats, tous les signaux et les symboles qui leur sont associés. Le ciel astrologique (l’horoscope) ne lie et ne délie que ce qui existe dans son plan d’efficacité qui parait être celui des structures temporelles. On ne peut pas tout lui demander... et, par rapport aux acquis actuels de la science, c’est déjà beaucoup de lui accorder une fonction de médiateur relationnel. Elle implique, non pas de récupérer la mécanique quantique mais de proposer de nouvelles théories et de nouvelles expériences dans les neurosciences et sciences de la vie (biochimie, biologie moléculaire). Avoir un compte en banque numéroté en Suisse ne signifie rien sur le montant et l’état d’une fortune. Pas de nos jours, en tout cas, ou l’on peut être à découvert dans des limites variables. Une ou plusieurs Maisons d’lntégration occupées, indiquent qu’un compte est ouvert dans ce référentiel pour les débits et crédits des fonctions conformes aux planètes présentes, mais qui saurait dire exactement si le Sujet réel (pas celui du maître d’Ascendant) va trouver dans ses bagages terrestres de quoi faire un gros placement ou de petites dettes ? Les thèmes représentatifs, ceux que les astrologues reproduisent pour illustrer un Signe, une Maison, une configuration type, appartiennent à des Sujets qui avaient du répondant dans leur hérédité, leur situation sociale ou la nécessité du moment. A côté d’eux, combien de petits placements de porteurs anodins ? Pourquoi les astrologues intégraux ne s’intéressent-ils pas à la variabilité des réponses selon les bagages terrestres, ne serait-ce que le social ? Ils risqueraient fort de découvrir des fonctions planétaires et des Signes absents dans les manuels, quoique définis par le conditionalisme ouvert à la Nuit comme au Jour. Pour décrire, dans La Condition solaire, les méconnus de la typologie zodiacale, ii fallait écouter les anonymes et leur entourage. En dehors des significations que donnent les formules, les planètes ont une valorisation et une qualité personnalisée qui ne vient pas de l’horoscope de naissance mais de la façon dont la fonction planétaire a été vécue par les rencontres, les expériences de la vie relationnelle. A celà, on peut ajouter les traces, empreintes et sensibilisations différentes que transmettent les bagages héréditaires. Nous recevons de nos parents et aïeux, de notre arbre généalogique une "expérience" biologique, une histoire de chaque fonction R.E.T. qui nous vaut des réponses "familiales" aussi indiscernables par l’horoscope qu’une Intégration. Nous vivons Signes et Planètes avec et selon ce qu’en ont fait nos ancêtres, mais si de tous les thèmes concernés on peut prétendre dégager des configurations dominantes, le vécu de cette Intégration ne serait toujours pas dans l’ensemble de notre collection. SUITE Cet
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Jean-Pierre Nicola
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