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Le conditionnement en astrologie mondiale

Conditionalistes ou non, les astrologues ne s’aventurent qu’à pas comptés dans le domaine de l’astrologie mondiale. Beaucoup peuvent se sentir intimidés par quelques célèbres ratages prévisionnels d’astrologues réputés ; ceux-ci, d’ailleurs, n’en persistent pas moins à produire des prévisions, se contentant d’en enrober la formulation de quelque pythique ambigüité qui leur permettra, le moment venu, de se défausser de leur « erreur » sur la lecture précipitée — et donc forcément fautive — qu’en aura faite le public. Plus sérieusement, l’astrologie mondiale pose d’importants problèmes théoriques, et d’abord celui de ses supports astrologiques.

L’effacement du Sujet

En astrologie mondiale, pas d’individus. Donc, pas de thème de naissance individuel, pas de structure figée en un instant privilégié — celui de la naissance — pas de « plan » architectural d’une personnalité que l’on pourrait scruter jusqu’à plus soif, du berceau à la tombe, et même après le décès du natif.

La référence en la matière, c’est le mouvement perpétuel des cycles, sous-cycles et intercycles de quelques corps célestes de notre système solaire. À ce mouvement, pas de début, pas de fin, pas de pause. De plus, à notre échelle d’espérance de vie, les sociétés humaines où nous baignons peuvent, elles aussi, sembler n’avoir ni début ni fin.

Affectivement, l’individu-Sujet peut se sentir perdu, nié dans sa spécificité, de se voir emporté dans le vortex des foules qui s’agitent et se transforment au fil des âges : où est donc son libre-arbitre personnel, et à quoi sert donc sa conscience lucide en la matière ? Quel désarroi métaphysique est le sien, de se représenter comme asservi à la froide logique d’une mécanique planétaire qui ne prend nullement en compte sa personnalité sous l’espèce d’un thème natal ? Les foules, et bien plus les planètes, dépassent infiniment l’individu-Sujet, et lui survivront à coup sûr.

L’astrologie mondiale n’est donc pas sécurisante. Certes, l’individu-Sujet peut espérer que, en cas de crise dans sa propre existence, la société dans laquelle il est inséré, par ses régulations multiples, en atténue les effets et ouvre la porte à des solutions : soins à faible coût s’il est malade, offres d’emploi s’il est chômeur, assistance morale s’il est déprimé, vivier de contacts potentiels s’il est seul.

Mais qu’arrive-t-il si cette société elle-même n’est pas toute-puissante, ne jouit pas elle-même d’un plein libre-arbitre, et distribue à chacune les effets de ses propres crises et de ses mutations ? Pour l’individu-Sujet, cette perspective est déstabilisatrice et revient à chercher appui sur une planche pourrie.

On comprend que la littérature astrologique mondiale soit, plus encore que la littérature sur l’astrologie généthliaque (parfois euphémisante et « remonteuse de moral ») un discours brodé d’anxiétés, d’angoisses, voire de millénarisme apocalyptique. Certains peuvent s’en débarrasser en disant que tout cela, c’est de la foutaise. Mais ces autruches-là, quand bien même leur tête serait enfouie jusqu’au centre de la Terre, ne peuvent éviter ni d’être sur la Terre, ni de partager le lot commun de la gent autruchesque, dont la réputation proverbiale à se dissimuler l’évidence ne relève pas particulièrement d’un comportement lucide et responsable, et ne constitue pas un indice spécialement probant de libre-arbitre individuel.

Autre problème théorique : à quel signal les foules sont-elles sensibles en astrologie mondiale ? Au thème astrologique de chacun de ses membres ? Ou bien au déroulement des cycles planétaires en temps réel ? Par quel tour de passe-passe les astrologues mondialistes nous feraient-ils passer de l’un à l’autre influence sans contradiction ?

Le Sujet à tout prix

Certains mondialistes analogistes voient bien qu’ils ne peuvent se passer d’un thème de naissance ; alors, là où il n’y a pas de naissance physique, on métaphorise l’idée de naissance, et on établit des thèmes de naissance pour les groupes, les clans, les peuples, les nations, les États, les courants idéologiques, politiques, religieux, philosophiques, esthétiques, les bandes de copains et les clubs du troisième âge, les comités d’intérêt local et les villages-vacances-familles… pas de jaloux !

Évidemment, c’est un peu dur de trouver une date de naissance pour un peuple. Qu’à cela ne tienne ! On se saisit d’un référentiel parmi les plus à la mode chez le public de l’astrologue — c’est fréquemment le référentiel politique (héritage vieilli d’une Antiquité proche-orientale où le sort du prince traduisait les sentiments des dieux, et où la politique avait l’air encore tant soit peu sérieux). On prend un évènement politique majeur dans le passé, choix justifié par une relation souvent purement verbale avec le présent, et hop ! on en fait le thème, qu’on interprète ensuite comme celui d’un individu-Sujet.

Par exemple, si les Français se disent en République (la relation verbale tourne autour du mot « République »), on prend la date, l’heure et le lieu de naissance de la dite République. Ainsi, il y a un thème de la Ve République française, qui est censé gouverner le devenir de la France tant qu’on n’a pas changé le numéro de la République…

Problème : la date à choisir est-elle celle où l’encre du stylo a séché sur le brouillon de la Constitution ? Celle où la Constitution a été adoptée par la Chambre des Députés ? Par le Sénat ? Celle où elle a été promulguée par le chef de L’État ? Celle où le peuple l’a approuvée par référendum ? Pour le lieu, ce n’est pas mieux : peut-on dire qu’une Constitution n’ait été promulguée que dans une ville ? N’est-elle pas promulguée à la même seconde sur l’ensemble du territoire légal de la France ? Et si on argue que les individus physiques qui ont écrit la Constitution étaient à Paris à ce moment-là, pourquoi ne pas préférer les thèmes astrologiques de ces individus, puisque ce sont eux que l’on a décidé de prendre en considération ? Attention à vos réponses à toutes les questions qui précèdent : elles risquent de vous situer politiquement d’une manière fâcheusement explicite !

Qu’est-ce qu’une Constitution ? Un texte écrit. Sur du papier, peut-être. Pourquoi diable cet objet inerte et totalement artificiel serait-il sensible à une quelconque influence astrale, et, plus délirant encore, imposerait-il une détermination évènementielle quelconque, sinon à tout un peuple, au moins à tous ses gouvernements successifs, qu’ils soient de droite, de gauche, homogènes ou cohabitationnistes, avec des majorités plurielles ou singulières ?

Si le bout de papier de la Constitution possède une telle puissance sur le devenir collectif, pourquoi ne pas recourir à la magie talismanique avec des lambeaux d’un aussi précieux document ?

Quel lien peut-il y avoir entre une Constitution (variantes : un traité de paix, une déclaration d’indépendance, un amendement constitutionnel — la Constitution de la Ve République est-elle toujours « née » à la même date dès lors qu’on y a changé trois mots ? — la naissance d’un chef connu — tant pis pour ceux qui ne sont pas connus !) et ce qui arrive, astrologiquement parlant, à un peuple ? La Constitution, qui ne sort pas du ventre de sa Maman, n’a aucune chance de subir un signal physique déterminant de la part des astres au moment de sa « naissance » : ni choc gravifique, ni variation du bombardement radiatif, ni fantaisie électro-magnétique quelconque.

Les chefs d’État alors ? Mais pourquoi ne pas prendre leur thème astrologique de naissance, au lieu de celle de la rédaction d’un bout de papier (ou d’une disquette informatique : ce doit être joyeux pour y évaluer les influences électromagnétiques des astres !) Et quand ils ont perdu le pouvoir, le thème en question reste-t-il valable ? Les opposants à la République mais présents sur son territoire sont-ils régis par le thème de la République, ou par celui de leur propre coterie (s’il y a moyen de lui trouver une date de fondation !) Et quand un peuple est envahi par un autre, cela se voit-il dans les thèmes des deux pays ?

Et encore tout ceci ne concerne-t-il que le référentiel politique. Mais la vie d’un peuple se réduit-elle à la seule sphère du politique ? Pourquoi ne pas prendre d’autres référentiels :

▶ social (thèmes des révolutions, des réformes sociales — à quand le thème de la loi des 35 heures ou de celle instituant le PACS ?)
▶ technique (thèmes de la mise en marche du premier poste de télévision en France, du premier ordinateur, du premier lancement de la fusée Ariane, du premier batteur-mixeur…)
▶ culturel (thèmes de l’apparition du théâtre de boulevard, des consoles vidéo ou des mangas érotiques…) ?

Il existe des thèmes de naissance de l’euro et du dollar (profitez-en pour prévoir les taux de change pour les cent ans à venir, que vous vendrez aux agences de voyage…). Certaines prédictions se fondent sur un thème de la Grande-Bretagne calculé pour le 1er janvier 1801 : que diable a-t-il bien pu se passer chez les Anglais ce jour-là, qui puisse être interprété comment un commencement radical pour tout un peuple ?

Inutile de dire que dans ce foisonnement d’options, il y a tout et n’importe quoi. Inutile aussi de se référer à la plus infime « scientificité » sur l’influence des astres. On entrerait plutôt dans le domaine du sketch : qu’est-ce qui est le plus « scientifique » pour étudier les États-Unis ? Le thème de l’arrivée du Mayflower ? Le thème de leur Déclaration d’Indépendance ? Celui de leur Constitution ? Celui du premier Amendement à la Constitution ? Ou du dernier ? Celui du Président de l’Union en cours de mandat ? Ou du Président le plus populaire qu’ait eu le pays (choisi en fonction de quel critère ?) ? Le thème de l’intégration du dernier État dans l’Union ? Pourquoi ne pas prendre le thème de la fondation de la Standard Oil de Rockefeller, pour le pays du grand business ? Et le thème de l’invention du chewing-gum, symbole national s’il en est ? Pourquoi pas le thème de la naissance du hamburger, de Mickey, de Superman, de Buffy et de chacun de ses vampires (problème : pour un thème de vampire, à mon avis, il faut prendre le moment du décès) ?

Et est-on bien sûr que les Noirs, les Asiatiques, les Amérindiens, les Juifs présents aux États-Unis depuis des générations se reconnaissent dans ce bric-à-brac ? Et vont-ils participer comme un seul homme à l’effet des transits qui ont lieu sur le thème d’un bout de papier dont l’original est peut-être détruit depuis longtemps ? N’importe. Imperturbable, l’astrologie mondiale marmonne ses révélations en se fondant sur des thèmes de dictées, de concepts ou de zombies.

Les cycles planétaires

Tout n’est pas vide pourtant dans de tels thèmes. En bidouillant l’heure de « naissance » du document concerné, on s’arrange pour placer aux angles du thème un aspect planétaire qui apparaissait comme majeur en son temps, et correspondait à une problématique réellement vécue par les gens de l’époque. Or, ce qu’ont retenu les astrologues expérimentés des paramètres traditionnels de l’astrologie mondiale, c’est la correspondance entre un certain nombre de comportements humains et les aspects successifs que forment les planètes « lentes » entre elles.

« Lentes » ? À voir. Malgré des heures de naissance assez baladeuses d’un manuel à un autre, le thème de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique retombe toujours sur ses pattes en plaçant Uranus-Gémeaux à l’Ascendant, en plein trigone évolutif à Saturne-Balance. Quoi ! Voici bien deux belles lentes, prêtes à égréner leurs aspects successifs sur un calendrier bien propre, que l’on peut tracer des siècles à l’avance…

Oui. Sauf que le même thème révèle un « instantané » : le trigone Lune-Uranus, où Lune est beaucoup plus valorisée par sa présence au Milieu-du-Ciel que Saturne, qui n’a droit qu’au secteur V. Pas de doute : il y a une problématique Lune-Uranus dominante dans cette Déclaration d’Indépendance (cette phrase est presque pléonastique). Mais c’est un aspect impossible à exploiter sans thème de naissance : va-t-on dire qu’il change quelque chose de majeur aux États-Unis chaque fois qu’en temps réel, Lune forme ou défait un aspect avec Uranus ? Ingérable.

Le rythme plus pépère des transmarsiennes convient mieux à notre perception du réel — et peut-être au temps de réaction des foules — à supposer que ce soient les foules qui réagissent. Mais, à s’en tenir à ces géantes au train de sénateur, rend-on bien compte de l’ensemble des phénomènes mondiaux ?

Car le problème est là : qui est le sujet de l’astrologie mondiale ? Si le Sujet est un individu conscient capable de produire un discours sur ce qui lui arrive, et conséquent dans le choix de ses réactions, alors il faut avouer qu’on aura beaucoup de mal à le trouver. Et pourtant, les foules ne sont-elles pas constituées d’individus-Sujets… mais dont les thèmes sont tous différents ? D’individus qui, par conséquent, ne vivent pas en même temps les mêmes transits ? Comment, de ces discordances individuelles, pourrait-on tirer une tendance d’ensemble qui serait lisible dans un aspect « mondial » ? Et, dans ce cas, ne serait-on pas amené à se demander qui est le plus influent, de l’aspect « mondial », ou des transits sur les thèmes de naissance ? Voici qui peut mener loin…

À moins que le problème ne puisse être posé différemment. Ce qui ressort de l’étude du déroulement des cycles planétaires, c’est un certain nombre d’évènements liés à des phases précises d’un cycle déterminé, et portant le « caractère » attribué à l’aspect concerné. Parfois, un cycle donné suit assez bien les aventures d’un pays ou d’un mouvement politique pendant un certain temps, puis, sans trop crier gare, il peut arriver qu’il y ait « décrochement » subit entre le cycle et le phénomène historique observé, après quoi on n’observe plus de corrélation probante entre les deux. Que s’est-il donc passé ?

Le phénomène a été interprété en termes de localisation. Aujourd’hui encore, on cherche, par divers procédés, à savoir où se manifestera l’aspect mondial en formation, en fonction de la position réelle des planètes, dont le thème astrologique ne donne qu’une approximation défectueuse. Cette voie de recherche doit être poursuivie dans toute la mesure du possible.

Si l’on enquête sur la localisation précise des évènements ou la localisation précise des corps célestes, on se situe à l’évidence dans le référentiel Espace.

Les quelques réflexions qui suivent abordent l’astrologie mondiale sous l’angle des référentiels Intégration et Structure.

L’Intégration dans l’astrologie mondiale

a) La prise en compte par l’individu du conditionnement astrologique

Elle est relativement simple à décrire dans son principe, nettement moins dans son fonctionnement. Elle est fondée sur la perception au niveau microphysique d’une gamme plus ou moins étendue de longueurs d’onde lumineuses rayonnant dans l’infrarouge avec des intensités différentes, et modulées selon des distorsions de l’espace-temps qu’étudie l’optique gravitationnelle.

Tout le reste est l’affaire du corps, donc du génome : par exemple, le choix de coupler certaines activités métaboliques (pas toutes !) à des phases arc diurne-arc nocturne des rayonnements perçus. À l’évidence, ce choix relève d’une économie programmée de la consommation-restitution d’énergie de manière à établir un bilan général approchant celui d’un corps noir.

Autre choix programmé par le corps : celui d’augmenter ou de diminuer les dépenses d’énergie lorsque le rayonnement franchit l’interface diurne-nocturne.

Comment se font ces choix ? Ils ont été élaborés par la matière vivante depuis son apparition par un enchaînement de mutations aléatoires suivies d’une sélection d’une proportion infime de ces mutations en vue de mieux adapter l’organisme à son environnement, les autres mutations n’étant pas reconduites. Ce n’est certes pas le lieu d’exposer ici le quand et le comment de ces mutations.

Celles qui nous intéressent ici consistent en :

▶ modification de certaines séquences des gènes codants
▶ modification de certaines séquences des gènes non-codants.

Le choix de prendre en compte le conditionnement astrologique est, très grossièrement, gravé dans deux systèmes :

▶ la nature même du génome
▶ les modulations de son expression.

Ceux qui ne comprendraient pas la distinction entre ces deux notions n’ont qu’à se représenter un carrefour équipé de feux rouges :

▶ la nature du génome équivaudrait au choix de placer sur chaque voie parvenant au carrefour une lumière rouge, une orange, une verte, ou de ne mettre que deux de ces couleurs, ou une seule, ou pas du tout ;
▶ les modulations de son expression équivaudraient au choix de mettre du courant ou de ne pas en mettre dans les ampoules des feux, de mettre les feux clignotants ou fixes, pâles ou éblouissants, de durées comparables entre eux, ou au contraire de durées disproportionnées jusqu’à l’extrême.

Le génome est le lieu d’intégration de tous les signaux.

b) La prise en compte par l’individu du conditionnement socio-culturel

Elle se fait à chaque seconde de la vie, mais selon des modalités énergétiques très différentes.

Pour simplifier à outrance, on dira que plus un phénomène est singulier, individuel, unique, plus il réclame d’énergie pour être compris, appréhendé, maîtrisé. Les angles de la sphère locale rendent bien compte de ces hiérarchies énergétiques.

▶ Côté Ascendant, la Représentation du Sujet, point culminant de l’énergie à dépenser : pour chacun de nous, l’unique en soi, c’est nous-même, et tout progrès de conscience est progrès dans l’appréhension de soi-même : écho répété des expériences infantiles comme la sortie du stade fusionnel ou le stade du miroir
▶ Côté Milieu-du-Ciel, la Représentation de l’Objet. Unique en tant qu’objet de désir auquel on veut s’identifier, il n’en est pas moins défini comme désirable qu’en fonction du regard que les autres portent sur lui. L’énergie nécessaire à la définition et à la poursuite de l’objet de désir est donc d’autant moins forte qu’elle prend appui sur une définition collective, sur des modèles collectifs de quête de l’objet, donc sur un contenu socio-culturel : l’individu n’a pas à tout définir lui-même
▶ Côté Descendant, la Représentation de la Relation. La relation est par définition établie entre deux partenaires au moins. Elle est donc en soi la négation de l’Unique. Elle peut rester tendue si le Sujet cherche à y conserver contre vents et marées les principes qu’il applique à sa propre représentation. Elle n’en est pas moins un écho assourdi, et donc moins consommateur d’énergie, de la relation que l’on a avec soi-même : on accepte physiquement la présence d’un autre, et donc sa capacité à remettre en cause votre propre représentation de vous-même. On est deux (ou plus) à se définir.
▶ Côté Fond-du-Ciel, la Représentation de l’Intégration. C’est la plus basse des sollicitations énergétiques des quatre angles du ciel. Plus rien du tout n’est singulier. La foule, le groupe, la famille, la nation, le clan s’inscrivent dans vos choix de conduite, sans discussion, mais pas sous forme d’un dialogue unique, localisable dans le temps et dans l’espace, qui serait donc facile à mémoriser et à dominer. Non, on est ici dans le domaine nocturne de l’imprégnation imperceptible, répétitive, insaisissable, de croyances, valeurs, modes de pensée et de comportements. Tout ce qui paraît « normal », « civilisé », « habituel ». C’est le règne du « c’est comme ça qu’on fait ». La foule est en vous, vous n’avez donc plus besoin de penser, ou si peu. Le sommeil paradoxal, paraît-il, remodèle chaque nuit l’expression du génome en fonction des interactions avec l’environnement vécues dans la journée. Ce remodelage sous-conscient, automatique, qui ne demande rien à personne, laisse peu de place au libre-arbitre.

Les parents, les professeurs, les chefs, les prêtres, le parti, le café du coin, les bandes de copains, les conjoints d’un jour ou de toujours, bref la foule, font constamment votre éducation. C’est là qu’on apprend à faire partie des « gens honnêtes », des « gens normaux ». C’est là aussi qu’on peut bloquer ou remettre en question de tels apprentissages.

Ces apprentissages, dans l’espèce humaine où l’éducation joue un si grand rôle dans l’adaptation au milieu, sont pré-programmés à des âges critiques par le génome : tout comme il y a un âge privilégié pour exercer sa vue, son ouïe, son sens du toucher, ses muscles… par d’intenses interactions avec son environnement, il y a un âge critique — bien précoce — où la réceptivité émotionnelle et intellectuelle est optimale aux messages de l’éducation. Passé cet âge, les leçons s’apprennent, mais n’arrivent plus à évacuer les acquis antérieurs. Et les personnes âgées, dont les difficultés d’activation coordonnée du néocortex vont croissant, n’« oublient » qu’en dernier lieu leurs souvenirs les plus anciens.

Les fruits de l’éducation rejoignent donc les acquis de l’intégration comportementale, c’est-à-dire qu’ils sont codés dans les modalités d’expression du génome. Les comportements récompensés (socialement, et par suite émotionnellement) finissent par être sélectionnés (association pavlovienne comportement-gratification ; on parle de renforcement positif), tandis que les comportements déviants tendent à l’extinction (association pavlovienne comportement-stress ; on parle de renforcement négatif) ou encore à la mutation aveugle et généralement auto-destructrice.

c) L’intégration génétique des choix socio-culturels

Pour des raisons d’économie énergétique, et d’optimisation des probabilités de survie, le génome module l’intensité globale des métabolismes généraux, systémiques ou locaux selon des rythmes dont il choisit les synchroniseurs un peu là où cela l’arrange dans l’environnement. Il serait stupide en effet de faire tourner tous les métabolismes à plein régime alors que ce n’est pas nécessaire.

Il se trouve que dans l’espèce humaine, certains des synchroniseurs choisis ont un rapport avec les corps célestes de notre système solaire. On ne sait pas trop pourquoi, mais ce n’est pas notre sujet. Toujours est-il que ces synchroniseurs ne sont pas uniquement perçus comme des donneurs de temps, mais aussi comme une gamme d’intensités énergétiques définies (rayonnement optique/thermique).

Dans le corps humain, tous les processus métaboliques se font avec des intensités différentes de dépenses énergétiques. Ceux qui fonctionnent avec une intensité proche de l’une des intensités repérées sur l’un des synchroniseurs ont tendance à se caler non seulement sur les rythmes donnés par le synchroniseur (référentiel Temps), mais aussi sur son niveau énergétique (référentiel Énergie).

D’où la variation en phase de certains métabolismes et des signaux reçus par les synchroniseurs après lecture par le génome. On appelle cela l’influence des astres. Bien entendu, il existe dans le corps humain de nombreuses activités métaboliques dont l’intensité est trop éloignée de celle exprimée par un quelconque synchroniseur céleste pour s’y caler sans inconvénient. Les métabolismes en question se passent alors de ce synchroniseur, et leurs variations sont dites en libre cours, ce qui signifie plutôt que le génome a décidé de caler leurs rythmes en fonction de synchroniseurs non astrologiques, par exemple en fonction de rythmes physico-chimiques naturels (périodes de dégradation de telle enzyme, de déplétion de telle glande, etc.).

Les choix métaboliques intégrés au génome par le conditionnement éducatif ont donc tendance à se caler, eux aussi, sur les rythmes et intensités donnés par les synchroniseurs célestes. Or, non seulement ces choix, étant peu conscients, peuvent difficilement être contrôlés par le Sujet lucide, qui ne dispose pas de l’énergie nécessaire à prendre une claire conscience d’un tel conditionnement, mais en plus, ces choix étant collectifs, tout le groupe humain transforme ses conduites en phase, si bien qu’il n’y a pas de repère fixe comportemental qui pourrait permettre au Sujet de remarquer les évolutions de sa propre conduite. Il y a effet de génération.

Nous voici donc en pleine astrologie mondiale.

Un exemple d’intégration des synchroniseurs astrologiques aux comportements socio-culturels : le cas du Japon

Qu’en est-il en pratique ? Comment un conditionnement éducatif se traduit-il par des choix comportementaux collectifs, par des conduites consensuelles, qui puissent se caler sur des synchroniseurs astrologiques ?

Je n’ai pas trouvé dans les quelques livres d’astrologie mondiale consultés de grande cohérence sur les astralités du Japon ; mais, dans les faits, j’ai été frappé par un certain nombre d’indices qui évoquent l’importance des valeurs Uranus-Pluton dans la culture japonaise. Le Japon a cet intérêt de posséder un héritage culturel encore assez bien reproduit de génération en génération, alors qu’en France, la transmission culturelle se parcellise et se délite en une sorte de self-service, faute d’institutions éducatives à la fois consensuelles (l’école ? les parents ? les Églises ? la télé ? le grand capital ?), claires dans leurs objectifs, crédibles dans leurs moyens et dans leurs méthodes, constantes et fermes dans l’exécution de leurs projets, et soucieuses de tenir compte de la manière dont l’être humain est fabriqué : en maintenant une pression à base de renforcement positif / renforcement négatif des conduites : pression qui dispose de structures nerveuses toutes prêtes pour l’interpréter ; pression qui aboutit à des sélections définies de conduites. En l’absence de cette pression, aucune conduite n’est valorisée plus qu’une autre, et la société tend vers un grouillement conflictuel d’individualismes forcenés, arc-boutés sur des patchworks socio-culturels de pacotille dont les pièces détachées ont été glanées au hasard dans les expériences personnelles.

Au Japon, le « non-E » urano-plutonien est perceptible dans les rapports sociaux quotidiens : l’autodiscipline, le refus des débordements affectifs, le contrôle de la manifestation des émotions, l’importance des exercices, codes et sagesses tendant à formaliser les relations interindividuelles et à court-circuiter les décharges passionnelles.

Bien entendu, les émotions n’en vont pas moins leur petit bonhomme de chemin et, lorsque la coupe est pleine, se décompensant en explosions d’une rare violence confinant parfois à la barbarie primitive.

Le facteur uranien fait dévier l’expression licite des passions vers le formel, le représenté, l’Empire des Signes, comme disait Roland Barthes : l’image, qu’elle soit estampe, calligraphie pour leur pouvoir de sublimation, ou qu’elle soit film de cinéma, dessin animé ou manga pour leur lourdeur fantasmatique. C’est aussi la beauté et la retenue du geste dans les arts martiaux (arts à fondements conflictuels s’il en est). C’est la forme extraordinairement ramassée du haïku, ce très bref poème.

Côté uranien, c’est sans conscience de contradiction particulière que les Japonais ont assumé successivement plusieurs entreprises rigoureuses de frénésie dominatrice constamment tendue vers son auto-dépassement :

▶ conversion soudaine à la culture de la technologie la plus avancée, dès l’ère Meiji (1868 — sextil Uranus-Pluton)
▶ impérialisme militaro-économique étonnant par l’ampleur de son champ d’action (conquêtes de l’Asie du sud-est et de l’Océanie Occidentale : la « sphère de coprospérité asiatique » — carré puis sextil involutifs Uranus-Pluton des années 1929–1945, avec défaite lorsque le sextil se défait ; la conjonction Uranus-Pluton précédente avait eu lieu à la fin du Bélier, F+ V+). Lorsque ce militarisme, signalé sous sa forme la plus radicale — la plus plutonienne — par le suicide des kamikazes, se trouve battu en brèche en raison d’une technologie militaire concurrente plus avancée, les Japonais, réduits à n’habiter que leur archipel, se sont livrés à l’opération de réduction des naissances la plus rapide et la plus efficace que l’on ait connue de mémoire de démographe.
▶ ménagés par un vainqueur également dynamisé par une problématique uranienne — les États-Unis —, les Japonais peuvent opérer un redressement économique rapide, et réinvestir leur esprit de conquête non plus dans l’aventure militaire, mais dans la domination économique, commerciale, financière, et dans l’auto-dépassement technologique permanent ; depuis les environs de la conjonction Uranus-Pluton de 1966 en Vierge (Force d’Inhibition blocage, Lenteur d’Excitation), les Japonais délaissent plus ou moins les fabrications dont la technologie a été vulgarisée à l’échelle mondiale (et donc utilisée par des pays à main-d’œuvre bon marché pour fabriquer la même chose mais moins cher que les Japonais), pour choisir des domaines de compétition toujours plus pointus et difficiles où ils sont les seuls à exercer le pouvoir : attitude uranienne s’il en est.

Mais le niveau ‘E’ (dialogue, négociations aboutissant à des compromis, prise en compte du concret) est trop souvent absent de la politique japonaise. L’impérialisme commercial des Japonais s’est heurté aux contre-mesures protectionnistes des pays inquiets d’une telle compétitivité. L’impérialisme financier, qui leur vaut de belles sympathies et de beaux marchés un peu partout (pays riches, pays pauvres), explose dans une grave crise où une bonne partie des banques japonaises est aujourd’hui à deux doigts de périr. Cela parce qu’on n’a pas pris en compte les capacités réelles de remboursement de la part des emprunteurs…

L’aménagement du territoire, mégalomane et peu soucieux de l’avenir, écrase la longue Mer Intérieure du Japon sous le béton, le goudron, les pollutions les plus toxiques. Résultat : on va au Japon sniffer de l’oxygène dans les bistrots comme d’autres vont boire une bière.

L’étroitesse de leur territoire — et peut-être la F− L+ — a poussé les Japonais à son exploitation hyper-intensive : dans l’expansion urbaine, la verticalité uranienne (enterrement ou surélévation des structures) se surimpose à l’horizontalité, qui atteint ses limites ; les appartements urbains sont des modèles d’ingéniosité pour caser tous les meubles en un espace minuscule ; la miniaturisation des engins agricoles, des objets quotidiens ouvre un nouveau front dans l’intensivité dimensionnelle : certaines caméras vidéo sont grandes comme l’ongle d’un doigt. Il n’est pas jusqu’à l’art du jardin qui, dans une sublimation de l’intensivité, ne cherche à enfermer symboliquement la totalité dans un espace restreint maîtrisé par l’homme.

La verticalité uranienne marque la conception des relations sociales : plus qu’en Occident, les liens individuels avec le supérieur ou l’inférieur sont marqués : le fort doit protéger et nourrir le faible, qui doit en retour un dévouement entier au fort ; on retrouve cette verticalité aux accents féodaux :

▶ dans la famille (honneur dû à l’ancien, au père ; mariages arrangés encore aujourd’hui pour les jeunes),
▶ dans l’entreprise (fidélisation des employés compétents autant que le permet la conjoncture économique ; surenchère qualitative (cercles de qualité), représentative (hymnes à l’entreprise et prières pour sa prospérité) et quantitative (faiblesse du nombre de jours de congés officiels, d’ailleurs modérément mis à profit par leurs bénéficiaires ; phénomène de la « mort d’épuisement » au travail) du travailleur)
▶ dans le monde de l’éducation (obsession d’appartenir à l’élite dès le plus jeune âge : arriver d’emblée à entrer dans la bonne école, qui conditionne toute la suite ; études frénétiques et épuisantes, génératrices de suicides en cas d’échec aux examens)
▶ dans la mafia (le monde des yakuza),
▶ dans le rapport à la Transcendance : le culte shintoïste des défunts fait des chers disparus des « super-pères » à honorer par la conduite des descendants, l’honneur étant le maître-mot et le garde-fou de l’impeccabilité ; la radicalité urano-plutonienne, en cas de faillite, ne trouve d’issue que dans le seppuku (suicide rituel), ou bien dans des expériences, plus ou moins symboliques, d’affrontements insérés dans une dynamique d’auto-dépassement : d’où la répétitivité des scènes de combats d’arts martiaux toujours plus forts, avec des enjeux toujours plus monstrueux, dans les mangas et les dessins animés ; ou d’autres scènes de carnage aveugle dans le décor absurde et écrasant d’un monde post-apocalyptique bien plutonien.

Curieusement, la permanence plutonienne ramène toujours les Japonais à leurs valeurs archaïques, vécues comme intemporelles. D’où cette non-contradiction chez les Japonais d’une vie publique marqué par les valeurs uraniennes et d’une vie privée fortement influencée par l’immuable.

La structure dans l’astrologie mondiale

a) Le Monde comme structure

On peut certes se demander pourquoi et comment les Japonais ont-ils « choisi » de se caler sur un régime urano-plutonien, les Chinois sur un régime saturno-plutonien, le communisme sur un régime saturno-neptunien ? Et pourquoi, après tout, ne redistribuerait-on pas les cartes ? Que donneraient une France jupitéro-plutonienne, des États-Unis saturno-neptuniens, une Inde saturno-uranienne ? Pire encore, selon quelles lois étranges plusieurs pays ou phénomènes sociaux qui n’ont rien à voir entre eux se calent-ils sur les mêmes cycles ? Qui a distribué les cartes cycliques en début de partie ? Et selon quelles logiques ?

La réponse unique à ces questions qui, du point de vue astrologique, sont propres à donner le vertige, se trouve dans le fonctionnement du génome.

Admettons que le référentiel « peuple » ou « nation » ait quelque légitimité en astrologie mondiale (conception hautement critiquable, mais enfin il faut bien prendre un point de départ). Sur le plan génétique, comment différencie-t-on les peuples entre eux ? Par la présence ou l’absence de certaines séquences de bases dans le génome. Ainsi, les ethno-généticiens suivent les cartes des migrations des peuples antiques grâce aux traces génétiques qu’ils ont laissées dans les populations actuelles. Sait-on d’ailleurs assez que la génétique tend à devenir un Deus ex machina tonitruant en matière de droit ? Non seulement le relevé d’empreintes génétiques est devenu la référence imparable pour porter un verdict judiciaire en matière de crimes, sexuels ou autres, ou de contestation de paternité, mais il part à la conquête du droit international : dans le contexte du massacre permanent entre Israéliens et Palestiniens, une nouvelle machine de guerre contre les revendications territoriales palestiniennes consiste à analyser le génome des Palestiniens, et à prouver ainsi qu’ils ne descendent pas majoritairement des peuples ayant occupé la Palestine avant les Juifs, et donc qu’ils ne peuvent se prévaloir d’une antériorité d’occupation des territoires contestés…

D’où viennent ces diversités de séquences génétiques entre populations ? D’au moins quatre sources :

▶ les brassages génétiques effectués lors de la méiose lors de la reproduction sexuelle ;
▶ les échanges spontanés et aléatoires de segments géniques au cours de la vie des individus ;
▶ les métissages ponctuels ou prolongés avec des populations ayant des caractères génétiques différents ;
▶ les sélections de gènes et de modes d’expression génique réalisées en cas de pression exercée par le milieu en faveur de l’adaptation :

* pression climatique : réorganisation de la régulation thermique, des défenses cutanées contre les ultra-violets…

* pression nutritionnelle : réorganisation du système digestif pour s’adapter à des régimes plus ou moins carnés, plus ou moins végétariens, plus ou moins riches en oligo-éléments…

* pression sanitaire : restructuration des défenses immunitaires pour faire face à des périls propres à un milieu particulier : présence de tel parasite, de tel virus dans l’environnement…

* pression des conditions orographiques : en cas de fortes pentes, réorganisation de l’activité respiratoire, cardiaque, osseuse, musculaire…

* pression des conditions géopolitiques : fréquence et intensité des interactions guerrières avec d’autres ethnies ; types de combats : à pied, à cheval, à l’arc…

Tout cela étant codifié en mémoires qui redistribuent leurs contenus sous forme de signes, symboles, mythes, rites, religions, œuvres d’art, dont la présence et le poids socio-culturel entraînent à leur tour des pressions adaptatives sur les individus.

Une fois que s’est établie ainsi une identité génétique, certains de ses aspects métaboliques — pas tous — se calent tôt ou tard sur les signaux de l’environnement les plus propices à optimiser la survie de l’espèce dans ce cadre génétique spécifique. Parmi ces signaux, certains sont astrologiques, d’autres ne le sont pas.

Voici donc la réponse aux questions posées plus haut :

Pourquoi la France ne passe-t-elle pas pour être jupitéro-plutonienne ?

Parce que l’ensemble des conditionnements (y compris donc éducatifs) intégrés dans le génome des peuples et des individus qui ont fait — et qui font encore — la France aboutit à des restitutions métaboliques plus proches d’autres niveaux énergétiques que ceux du cycle Jupiter-Pluton.

Pourquoi plusieurs peuples qui n’ont rien à voir entre eux sont-ils « régis » par les mêmes cycles planétaires ?

Parce que les régimes métaboliques sélectionnés dans leur génome au cours de leur longue histoire d’interactions avec leur environnement et leur propre culture ont abouti à des choix de dépense ou d’économie métaboliques comparables entre eux en intensité et en relations mutuelles.

Qui a distribué les cartes cycliques en début de partie ?

Les génomes individuels, harmonisés sur le long terme en génomes collectifs (permettant, par exemple, d’identifier une ethnie) grâce à la reproduction sexuée et à des réponses identiques données à des problèmes d’adaptation posés par l’environnement.

Dès lors, les rythmes planétaires propres à chaque population influent sur la relation que chaque population entretient avec les autres. Une population largement influencée par les problématiques Saturne-Neptune (conditionnement à l’économie de moyens métaboliques, à l’intériorisation, ouverture à l’imaginaire, au collectif qui s’incarne…) peut éprouver incompréhension, suspicion ou agressivité vis-à-vis d’autres groupes calés sur des cycles jupitériens ou uraniens. Le lieu où une phase particulière d’un cycle planétaire va produire ses effets est lié à la situation énergétique relative du groupe concerné dans ses relations avec les autres : l’accentuation localisée dans le temps d’une situation saturnienne dans un groupe qui l’est déjà (saturnien) : (détresse matérielle, morale, mise en marche d’une réaction de défense en présence d’un stress vécu subjectivement, fuite dans certaines formes archaïques de l’imaginaire, radicalités conspiratrices…) entraîne des réactions de défense saturniennes : contestation des règles de fonctionnement de l’ensemble, tendance au nihilisme, au nettoyage de l’absurdité par le vide. Cela ne dépend pas du lieu, mais des variations de restitutions métaboliques liées à la fois au hasard des évènements historiques (guerre, dictature, famine, confrontation à la « modernité »…) et à l’état du cycle planétaire sur lequel le groupe s’est calé.

Bien des problématiques du monde actuel pourraient être éclairées grâce à ce genre d’interactions. rien que les commentaires journalistiques autour des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis constituaient des morceaux d’anthologie sur la thématique de l’opposition Saturne-Pluton, à recopier tels quels dans les formulaires d’astrologie : l’ennemi obscur, insaisissable, multiple et ubiquitaire, extrémiste et suicidaire, s’attaquant aux signes les plus uraniens du pouvoir, de la concentration décisionnelle, de la verticalité, de l’avant-garde technologique…

Ainsi, le monde lui-même s’agence en structure, cette structure étant constituée par l’ensemble des relations que chacun des partenaires est amené à établir avec tous les autres partenaires, du point de vue de ses choix d’expression métabolique codées dans son génome, et des pressions que le contexte historique en cours exerce sur ces choix.

b) La dynamique de la structure : Existence et Transcendance des Intégrations

Une phrase désappointée d’André Barbault relevait que certains cycles planétaires perdaient soudainement le contact avec l’évolution des peuples, régimes, ou phénomènes socio-culturels dont ils étaient jusque là un décalque réjouissant pour l’astrologue. Énigme déprimante ? Peut-être. Insoluble ? Sûrement pas.

C’est tout simplement qu’ici et maintenant, l’évolution des génomes sous la pression sélective se produit à chaque seconde. Les interactions avec l’environnement physique, avec les autres peuples, avec les contradictions exacerbées au sein de la société et de la culture de chaque peuple, aboutissent plus ou moins régulièrement à des volte-face, à de nouveaux choix de comportement, et donc à de nouveaux régimes d’expression métabolique pouvant se caler sur des cycles planétaires différents de ceux qui étaient suivis jusqu’ici, ou encore ne se caler sur aucun cycle planétaire. On appelle cela révolution, réforme, Renaissance, air du temps, mutation culturelle, décadence, acculturation, fondation, nouveau paradigme, communautarisme, mondialisation, évolution spirituelle…

Deux exemples, choisis en France, de remaniements internes sous la pression de l’évolution socio-culturelle :

▶ la banalisation du vol et de l’infraction dans les mentalités ; crime honteux il y a cinquante ans, le vol est pratiqué par une proportion impressionnante de la population, sans états d’âme : pour l’euphémiser, on lui donne de petits noms innocents : la fauche, l’emprunt, la rigolade ; on récupère à tout va de bonnes excuses stéréotypées : voler dans un grand magasin, c’est voler des salauds de capitalistes ; il n’est d’ailleurs pas jusqu’aux magistrats les plus haut placés de la République qui n’accordent des phrases étonnamment complaisantes en faveur du vol commis en état de « nécessité ». Résultat : le rapport individuel et collectif à la loi abstraite en est radicalement modifié : cette loi abstraite glisse du niveau « Représentation » intouchable au niveau « Existence » : on peut toujours négocier avec, la contourner : il y a baisse d’énergie des codes éthiques intégrés, et, s’il n’y a pas hausse du niveau d’énergie par ailleurs, la France peut décrocher d’un calage sur un cycle jupitérien pour se caler à un niveau plus bas ou évoluer en libre cours.
▶ le remaniement de l’image collective des homosexuels : maladie également honteuse il y a cinquante ans, l’homosexualité est banalisée, de concert avec une propagande homophile souvent agressive, probablement en réponse à la situation de détresse précédemment vécue. Résultat : un remaniement de la conscience que chacun a de sa propre sexualité, la mise en question de toute norme sexuelle (si ce comportement jugé « déviant » autrefois ne l’est plus aujourd’hui, pourquoi ne pas se débarrasser de toutes les autres contraintes socio-culturelles pesant sur la sexualité ?). Là aussi, la Représentation abdique, et la sexualité, étant désormais l’affaire d’initiative et de goûts personnels, ne fait plus l’objet d’un consensus, mais se négocie, au risque de multiplication de conflits d’origine sexuelle.

Revenons aux Japonais : ne trouve-t-on pas que, pour un pays Uranus-Pluton, il est actuellement remarquablement peu guerrier et encore moins subversif, et en tout cas assez peu inquiétant par rapport au « péril jaune » qu’il incarnait au début du XXe siècle (victoire contre la Russie tsariste), et à son impérialisme militariste en Asie jusqu’en 1945 ? Très juste : le choc de la défaite en 1945 a introduit dans la conscience japonaise la nécessité de faire moins appel à une dépense immédiate de force brutale, et à satisfaire ses choix d’intensivité radicale en les calant davantage sur le long terme que sur la prédation primaire ; cela est lié à la fois à un glissement des choix vers une temporalité de type ‘T’ (l’important est moins de s’imposer tout de suite que de survivre à long terme), et à un renouvellement de la conjonction Uranus-Pluton en Vierge au lieu du Bélier, la F− L+ se substituant à F+ V+.

Ainsi, les peuples apprennent tous les jours, modifient donc tous les jours leurs modes d’expression métaboliques. Et les revirements spectaculaires d’amitié et d’alliances internationales, parfois liés au changement d’un seul dirigeant (!) nous montrent que la structure mondiale est en constant remaniement.

Car les intégrations génétiques (qu’elles soient liées à des interactions avec l’environnement physique, avec l’éducation, ou avec les autres peuples) peuvent être mises en cause par les individus aussi bien que par les groupes.

Dans un thème astrologique, ces glissements comportementaux prennent racine dans la mise à l’épreuve des intégrations.

▶ en secteur IV (Représentation des Intégrations), on constate à quel point le sujet est ou non capable de s’identifier aux intégrations dans ce qu’elles ont de plus formel, évident, lisible, rédigé, codifié, apparent, manifeste. Par exemple, si l’on a Soleil en IV, on peut vouer un culte à la tradition nationale, éducative, militaire, religieuse, sociale. Avec Pluton en IV, on en ressent les aberrations, les stupidités, les scandales, les non-sens.
▶ en secteur VIII (Existence des Intégrations), on constate à quel point le sujet est ou non capable d’assumer la réduction des intégrations à des objets de négociation, de concurrence, de mise à l’épreuve (dont celle de la mort et de la mutation), d’échange, et donc de gain ou de perte. Avec Soleil en VIII, on fait subir aux intégrations l’épreuve du réel, de l’efficace, et, si l’une d’entre elle n’est pas opérante, on en change comme de chemise : peu importent la famille ou la patrie pourvu qu’on en ait une dont on soit content ! Cela peut aller loin : changer de racines ethno-culturelles, familiales, affectives, politiques, religieuses. Avec Soleil, on s’en tire plutôt avec un certain bénéfice pour la construction de la conscience de soi (pas forcément vue d’un bon œil par les partisans de l’intégration que l’on abandonne !). Avec Pluton, les pertes d’intégration ne sont pas maîtrisées par la conscience, et semblent intervenir malgré soi ou contre soi ; sale temps pour vivre les révolutions.
▶ en secteur XII (Transcendance des Intégrations), on constate à quel point le sujet est ou non capable d’assumer la destruction de ses intégrations, c’est-à-dire l’effacement du conditionnement socio-culturel. Le premier communiant devient athée militant (ou pas militant, d’ailleurs), l’ambassadeur respecté passe à l’ennemi, le paysan attaché à sa terre finit dans un camp de réfugiés à l’étranger, le sportif heureux de se dépenser se retrouve dans une petite voiture de handicapé, la société patriarcale voit s’effacer toutes les contraintes intrafamiliales sous la pression de la « modernité », le locuteur d’un idiome minoritaire est traqué par l’ethnie dominante qui veut éteindre sa culture… Avec Soleil en XII, on s’en sort plus ou moins en conservant raison et contrôle de soi lors des catastrophes, peut-être en jetant les fondements d’une intégration supérieure, englobant et dépassant les limites et insuffisances des intégrations détruites. Avec Pluton en XII, les bouleversements sont vécus comme étrangers, lointains, dépourvus de sens ; au mieux, on est assez peu concerné pour que les évènements vous glissent dessus sans vous affecter beaucoup. Au pire, les liquidations d’intégrations sont le déclencheur de crises ultimes où l’on ne trouve plus rien à quoi se raccrocher. On voit le néant en face.

Lorsque les individus ont, en assez grand nombre, vécu une mutation dans leurs intégrations, ils constituent une force sociale susceptible d’infléchir la conduite du groupe auquel ils appartiennent. Ainsi peut se réaliser une nouvelle intégration, dont les modalités métaboliques ne sont plus forcément à même de se caler sur le cycle planétaire précédemment valide.

Conclusion

C’est par l’intermédiaire de ses aptitudes R.E.T. et zodiacales à l’intégration qu’un individu se positionne le plus clairement dans les problématiques collectives. Il peut choisir de se conformer aux conduites et modes de pensée dominants, ou chercher à s’en défaire, quitte à se découvrir des solidarités obliques ou transversales par rapport aux cadres d’intégration établis (nations, frontières, régimes politiques, idéologies, traditions, religions…). Dans un pays, une majorité peut être neptunienne, et une opposition uranienne, par exemple.

La faculté des individus et des groupes à sélectionner de nombreux types de conduites en permanence donne une dimension nouvelle à la notion d’« état central fluctuant » définie par Jean-Didier Vincent. La fluctuation se traduit par des modifications d’expression génique ; quand on les lit au niveau neuronal, on parle d’excitattion recréatrice, d’inhibition extinctive. Tout cela prend place dans les régimes d’Existence et de Transcendance des Intégrations, dont les effets perturbent ou interrompent le couplage d’un cycle planétaire avec un pays, un groupe ou un mouvement collectif quelconque.

Bien entendu, l’ensemble du thème natal des individus peut neutraliser ce qu’on peut y lire sous le seul rapport à l’Intégration : un Mars faible en secteur VIII va avoir du mal à transformer en aventurier incroyant et cynique un individu dont l’Ascendant Cancer ploie sous un amas Jupiter-Lune-Neptune.

De même, la théorie des âges joue son rôle dans les choix collectifs : à conjoncture égale d’un même cycle planétaire, on est plus facilement terroriste à l’âge des incertitudes saturniennes éprises de radicalité qu’à l’âge uranien épris de hiérarchies robotisées, d’ordre et d’autorité. Autre manière de dire la même chose : l’âge moyen des peuples pèse sur leurs choix. En nos temps de vieillissement des pays les plus riches de la planète, il est possible que leur aspiration à rigidifier les hiérarchies qu’ils ont établies au nom de la liberté prenne le pas sur leurs capacités à des remises en cause bien saturniennes, qui seraient plutôt l’objectif des peuples où dominent les moins de trente ans.

Après l’Intégration et la Structure, nous voici en train de faire retour au Temps.

Article paru dans les n° 17 & 18 du Fil d’ARIANA (avril & octobre 2002).

Cet article vous a été proposé par : Jean-Paul Citron

Voir aussi :

▶ Astrologie mondiale : une méthode
▶ Indice de concentration-dispersion des déclinaisons
▶ L’astrologie pouvait-elle prévoir le krach boursier d’octobre 2008 ?
▶ La grippe aviaire d’Élizabeth Teissier
▶ Pluton en Scorpion et l’épidémie de Sida
▶ Réflexions sur l’astrologie mondiale


Les significations planétaires par Richard Pellard

620 pages. Illustrations en couleur. Format PDF.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient.

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Pluton planète naine : une erreur géante par Richard Pellard

117 pages. Illustrations en couleur. Format PDF.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de “planète naine”, au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quelles sont les effets de cette “nanification” de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les “plutoniens” ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffes et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie !

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