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Prosopopées et coquecigrues, réflexions sur le réel

Le réel en soi, la réalité ultime dans sa dimension la plus profonde (celle qui échappe tout autant à nos intuitions qu’à nos perceptions et représentations) est en dernière instance incommensurable, incompréhensible, irreprésentable. Les témoignages de nos sens sont sur ce plan tout aussi insuffisants que les idées que nous nous en faisons. Ce réel (dont le réel astrologique), nous ne pouvons que tenter de l’approcher à travers les modèles conceptuels ou symboliques que nous construisons à cet effet. Et l’histoire des sciences et connaissances humaines démontre bien que presque tous les modèles sont périodiquement sujet à être dépassés, remis en question ou éliminés. Il est pourtant totalement faux de prétendre qu’il est « souvent vain et réducteur de trancher de ce qui est vrai et de ce qui est faux ». Que veut dire ce vague et louche « souvent » ? Quelles périodicités désigne-t-il ? Quels sont les critères qui permettent d’évaluer, dans des domaines précis, ce qui est « souvent faux » ou « souvent vrai » et, en étant plus précis, ce qui est « complètement faux », « partiellement faux », « partiellement vrai » et « complètement vrai » ? Et d’abord, qu’est-ce que le « vrai » et le « faux » ?

J’ai entrepris une critique rigoureuse de la théorie des quatre Éléments (n° 3), puis de celle des Maîtrises planétaires (n° 4 à 7), deux modèles qui sont le fondement même de l’astrologie « traditionnelle », qu’il serait plus juste d’appeler « symboliste ». Ces articles sont également parus dans les numéros spéciaux 110 (2e trimestre 1995) et 116 (3e trimestre 1996) de la revue L’astrologue dirigée par André Barbault. Dans ces mêmes numéros, André Barbault, qui est l’un des plus éminents représentants de l’astro-symbolisme, à « répondu », à ces critiques. « Réponse » est d’ailleurs un bien grand mot, puisqu’aux arguments rationnels, objectifs et astronomiques qui lui ont été opposés, il s’est contenté de rétorquer agressivement par des arguments irrationnels, subjectifs et pseudo-psychologiques… Mais c’est une autre histoire, sur laquelle nous reviendrons peut-être.

En tant qu’astrologue conditionaliste, au cours de cette « collaboration » avec André Barbault (en fait, un débat d’idées et de faits sans concession de ma part), j’ai scrupuleusement veillé à ce qu’il n’y ait aucune ambiguïté : pour moi, l’astro-symbolisme primaire et systématique, discours coupé des racines objectives qui le fondent, est la plaie de l’astrologie contemporaine. Une plaie qu’il faut soigner ou combattre. Dans cette perspective, aucun doute n’est permis : André Barbault, quoi qu’il en dise et quoi qu’on en pense, est le plus doué et le plus illustre naufrageur de l’astrologie sérieuse.

De la critique à l’enchantement…

Bernard Blanchet fut naguère un astrologue conditionaliste souvent pertinent, et l’auteur d’une magistrale étude (1) démontrant, au terme d’une analyse implacable et rigoureusement juste, que « l’indice cyclique » que l’astrologue symboliste André Barbault utilise en astrologie mondiale procède d’une grossière erreur, d’une aberration astronomique assimilant les intercycles temporels à des intervalles spatiaux. Dans cet article, Bernard Blanchet, sagace en ces temps-là, observait que « une fois de plus Mr. Barbault peut se glorifier d’une haute synthèse. Les raisins de sa recherche n’étaient pas mûrs et, comme le Renard de La Fontaine, il aurait dû les laisser aux goujats ». On ne saurait être plus impitoyablement critique envers André Barbault.

Surprise : dix-sept ans plus tard, le même Bernard Blanchet trouve soudain mille grâces et compétences au même André Barbault. En témoigne la « Rencontre avec André Barbault » qu’il publie dans le dernier numéro de sa revue Dissonances. Que s’est-il passé ?

Résumons cet article. Bernard Blanchet s’y plaint tout d’abord d’être depuis quelques années incompris de ceux qui, dans le sillage proche ou lointain de Jean-Pierre Nicola, représentent l’astrologie dans ce qu’elle a de plus rigoureux, objectif, profond et exigeant. Jusque là, tout est normal et naturel. Au congrès de l’ARRC (2) de 1996, Bernard Blanchet fait la connaissance concrète d’André Barbault, qui le flatte en disant le plus grand bien de ses écrits. Bernard Blanchet en est tout retourné, au point d’écrire : « Sans doute n’est-ce pas trop de dire que d’affirmer que nous avons été enchantés les uns des autres ». Conte de fées (3). Séduit, il se réjouit de « l’ouverture d’esprit dont fait preuve André Barbault (4) » et, flatté, trouve que ce dernier manie « somme toute habilement le système R.E.T. de Jean-Pierre Nicola (5) ».

Passons en revue les affirmations que Bernard Blanchet, en surfant habilement sur le « vrai » et le « faux », assène avec une mæstria verbale qui masque le plus souvent, soit le vide de sa pensée, soit sa méconnaissance des fondements de l’épistémologie, soit tout simplement son opportunisme (le tout peut bien entendu se cumuler) :

Les modèles et le « réel voilé »

- Selon Bernard Blanchet, « le réel (dont le fait astrologique) jamais ne se laissera réduire aux dimensions de l’entendement humain, à la vision que nous en avons, à la « représentation » que nous pouvons en élaborer ».

- Vrai. Le réel en soi, la réalité ultime dans sa dimension la plus profonde (celle qui échappe tout autant à nos intuitions qu’à nos perceptions et représentations) est en dernière instance incommensurable, incompréhensible, irreprésentable. Les témoignages de nos sens sont sur ce plan tout aussi insuffisants que les idées que nous nous en faisons. Ce réel (dont le réel astrologique), nous ne pouvons que tenter de l’approcher à travers les modèles conceptuels ou symboliques que nous construisons à cet effet. Et l’histoire des sciences et connaissances humaines démontre bien que presque tous les modèles sont périodiquement sujet à être dépassés, remis en question ou éliminés.

En astronomie, la théorie géocentrique des épicycles de Ptolémée (quoique fausse) a longtemps suffi à rendre compte assez fidèlement des mouvements des planètes. Elle fut plus tard remplacée par la mécanique céleste héliocentrique de Newton, qui décrivait ces mêmes mouvements avec une beaucoup plus grande précision. Mais la mécanique newtonienne fut dépassée en précision par la mécanique quantique et la relativité générale d’Einstein. La mécanique quantique et la relativité générale étant incompatibles entre elles (nous nous trouvons ici devant l’une des plus grandes absurdité et incohérence de la physique moderne), elle seront selon Alain Sokal, professeur de physique à l’université de New-York, « sans doute un jour supplantées par une théorie (encore inexistante) de la gravitation quantique ».

En astrologie, la théorie des quatre Éléments (qui n’a aucun fondement astronomique), défendue entre autre par André Barbault, a permis de modéliser le zodiaque, pendant deux millénaires, avec une relative logique interne. Elle est aujourd’hui dépassée par les modèles conditionalistes découverts par Jean-Pierre Nicola (zodiaques des déclinaisons et photopériodique), ancrés dans le réel astrométrique externe. Et la recherche se poursuit.

Le « souvent vrai » et le « souvent faux »

- Selon Bernard Blanchet, l’impermanence de nos systèmes de représentation du réel « ne signifie pas, évidemment, que toutes les représentations se valent (ni en termes de description de ce réel à jamais « voilé », ni en termes d’efficacité) […] Il est souvent vain et réducteur de trancher de ce qui est vrai et de ce qui est faux ».

- Vrai & faux. En astronomie, le système de Ptolémée était très éloigné du réel (basé sur le géocentrisme et des cycles astronomiques fictifs), mais il donnait des résultats d’une précision passable. Il est désormais complètement périmé et inutilisable. Le système de Newton, quoi que trop simpliste, était plus proche du réel et donnait des résultats très précis. S’il est périmé et basé sur une conception erronée de la gravitation, il reste néanmoins efficace… La mécanique quantique et la relativité générale sont encore plus proches du réel, d’une très grande efficacité et précision prédictive, mais encore trop loin du réel pour n’être pas un jour dépassés.

Lorsque Blanchet dit que toutes les représentations ne se valent pas, il a raison. Mais il se moque du monde lorsqu’il prétend ensuite qu’il est « souvent vain et réducteur de trancher de ce qui est vrai et de ce qui est faux ». Que veut dire ce vague et louche « souvent » ? Quelles périodicités désigne-t-il ? Quels sont les critères qui permettent d’évaluer, dans des domaines précis, ce qui est « souvent faux » ou « souvent vrai » et, en étant plus précis, ce qui est « complètement faux », « partiellement faux », « partiellement vrai » et « complètement vrai » ? Et d’abord, qu’est-ce que le « vrai » et le « faux » ? Pour Ptolémée, le système des épicycles était à la fois « complètement vrai » (il ne le présente jamais comme une hypothèse) et « complètement réel » (il était persuadé qu’il décrivait exactement le réel).

Nous savons aujourd’hui que ce système était objectivement « complètement faux » et « complètement irréaliste », mais néanmoins relativement efficace. Newton considérait son système comme « complètement vrai et complètement réel ». Aujourd’hui, il est considéré comme « partiellement vrai » et « partiellement réaliste ». Quant au cas de la mécanique quantique et de la relativité générale, il est beaucoup plus complexe. Ces deux systèmes qui coexistent sont actuellement en compétition pour expliquer les lois de la physique. Ils ne sont donc, du temps de leur vivant, que « partiellement vrais » et « partiellement réalistes ». Mais comme ils sont parfaitement contradictoires entre eux, on peut fortement les suspecter de n’être ni « complètement vrais », ni « complètement réalistes », puisqu’ils sont incapables de rendre compte de l’unité universelle des lois de la physique… ce qui ne les empêche nullement d’être d’une redoutable efficacité et précision, entre autres dans le domaine de l’astronomie !

Dire qu’il est « souvent vain et réducteur de trancher de ce qui est vrai et de ce qui est faux », c’est mélanger les torchons et les serviettes dans un amalgame relativiste invertébré, éloigné de toute rigueur intellectuelle.

En astrologie, le système des Éléments est « complètement faux et complètement irréaliste » d’un point de vue astronomique (nous savons avec certitude qu’objectivement, la ceinture zodiacale n’est pas composée d’une alternance de feu, de terre, d’air et d’eau), mais il est « partiellement vrai et partiellement réaliste » d’un point de vue astro-psychologique : ce modèle symboliste a en effet été relativement efficace, pendant deux millénaires, pour décrire simplement (et même simplistement) des comportements humains. Le zodiaque des déclinaisons et le zodiaque photopériodique conditionalistes (zodiaques externes), qui ont dépassé et remplacé le zodiaque élémental sont au moins « partiellement vrais » (l’hypothèse est féconde, mais le photopériodisme est probablement une explication insuffisante) et « complètement réalistes » (ils se fondent sur des réalités astrométriques précises et objectives). Le zodiaque réflexologique (zodiaque interne) est « partiellement vrai » (il décrit avec une si bonne marge de précision les comportements humains qu’il est difficile de penser qu’il est « complètement faux ») et « partiellement réaliste » : la référence neurophysiologique plaide en faveur du réalisme… mais dans ce domaine tout reste à prouver.

Partiel ou par terre, tout peut être complémentaire !

- Selon Bernard Blanchet, « Une affirmation est rarement vraie ou fausse, mais toujours partielle. L’enjeu devient donc d’identifier celles des propositions en concurrence qui sont le moins partielles — et de laisser la place aux éventuelles complémentarités ».

- Vrai et faux. Notez que je n’ai pas eu besoin d’évoquer le « souvent » frauduleux et indéfini de Blanchet pour traiter du vrai, du faux, du réel et de l’irréel dans les quelques exemples ci-dessus mentionnés. Une affirmation serait selon lui « rarement vraie ou fausse ». Vous remarquerez tout d’abord que le « souvent » s’est substitué à un « rarement » tout aussi frauduleux et indéfini. Là encore, Blanchet noie de graves problèmes épistémologiques dans un marécage de fausses ambiguïtés. Soyons plus rigoureux que lui : il existe des niveaux de réalité où il est très simple de trouver des affirmations « complètement vraies » ou « complètement fausses ». Si je dis qu’André Barbault est conditionaliste, c’est « complètement faux ». Si, du point de vue de la géométrie spatiale, j’affirme que la Terre est un sphéroïde, c’est « complètement vrai ». Un CDrom ne fonctionne pas sur une platine K7 : c’est « complètement vrai ». Le système solaire s’est formé il y a quinze jours : c’est « complètement faux ». Un chien n’est pas un poisson : c’est « complètement vrai ». Les grands crus bourguignons se récoltent au Sahara : c’est « complètement faux ». Par contre, si j’affirme que le libéralisme économique ou le socialisme autogestionnaire sont des bienfaits pour l’humanité, c’est peut-être « partiellement vrai » et donc aussi « partiellement faux », selon des doses que je vous laisse mesurer ou imaginer en fonction de vos convictions. Si j’affirme qu’il fait froid aujourd’hui, c’est « partiellement vrai » parce qu’à l’endroit où je me trouve, le thermomètre indique 0°, mais c’est aussi « partiellement faux », parce qu’il fait très chaud ailleurs. Si j’affirme que la vie telle qu’elle existe sur Terre ne commence qu’à l’échelle moléculaire, c’est « partiellement vrai », mais aussi « partiellement faux », puisque ce sont des combinaisons atomiques qui rendent possible l’existence des molécules, donc de la vie. Si j’affirme que Jacques Chirac est un « solaire », c’est « partiellement vrai », puisque le Soleil est angulaire et dominant dans son ciel de naissance, mais aussi « partiellement faux », parce qu’on ne saurait réduire un individu à sa planète la plus va-lorisée et qu’il n’est donc pas que « solaire », etc.

Il n’y a pas de « souvent » ou de « rarement ». Il y a des niveaux de réalité qui permettent d’accoucher d’affirmations que l’on peut sans ambiguïté taxer de « vraies » ou « fausses »… et d’autres où c’est beaucoup plus subtil. Les amalgames relativistes de Blanchet sont grotesques. Quant au dernier terme de sa phrase, « laisser la place aux éventuelles complémentarités », on se demande bien, lui aussi, ce qu’il peut bien signifier. Dans ses relations « enchantées » avec Barbault, Blanchet estime-t-il que le « complètement faux » du zodiaque élémental et des dominantes basées sur les maîtrises planétaires peut être éventuellement complémentaire avec le « complètement vrai » du zodiaque des déclinaisons et le « partiellement vrai » des hiérarchisations conditionalistes ? À bon enchanteur, salut.

La non-Théorie des âges contre le R.E.T. dépassé

- Selon Bernard Blanchet, « Toute représentation est donc appelée à être un jour dépassée : tout autant le système R.E.T. que celui des maîtrises et Éléments […]. Pour ma part, si je tiens le système R.E.T. pour une modélisation qui sera un jour dépassée, je pense que la Théorie des âges n’est, elle, ni un système ni une théorie, mais une observation — et essentielle encore ! Elle décrit un fait : les cycles du système solaire et ceux de la vie humaine sont synchrones, rien de moins ».

- Vrai et faux. Si j’affirme que Bernard Blanchet est fidèle à la pensée conditionaliste, c’est « complètement faux ». Argumentons. Toute représentation serait-elle « appelée à être un jour dépassée » ? C’est « partiellement vrai » si on n’opère aucune distinction entre les divers modes de représentation du réel objectif. L’histoire des sciences, connaissances et constructions idéologiques diverses semble objectivement plaider en faveur de cet argument. Mais c’est aussi « complètement faux » si l’on opère ces distinctions. Un exemple suffira : les chiffres et nombres, qui appartiennent au domaine des représentations abstraites. Ils sont immuables. Le un n’est pas le deux, qui n’est pas le quatre. Les nombres entiers permettent une infinité de combinaisons « représentatives ». C’est vrai pour toutes les époques et toutes les civilisations depuis l’apparition de l’algèbre et des mathématiques, et ça n’a rien à voir avec le psy du Sujet. Et même si un, deux quatre s’expriment différemment selon les langues, ils appartiennent toujours au même domaine de représentation et gardent une valeur identique. Rien à voir avec un changement de poster dans un cabinet astropsy. À présent, soyons plus analytiques : si Blanchet avait affirmé que « De nombreuses catégories de représentations sont appelées à être un jour dépassées », et s’il avait précisé lesquelles, il aurait été « complètement vrai ». Mais comme il a affirmé sans nuances que « TOUTES les représentations sont appelées à être un jour dépassées »… il a « tout faux ».

Des nombres au R.E.T., il n’y a qu’un pas. Rappelons ici que le R.E.T. n’est que la vitrine langagière de l’U.D.M. (pour Unique, Duel, Multiple). Etre solaire, c’est être sensible à ou se complaire dans l’information unique, être marsien, dans l’information duelle et plutonien, dans l’information multiple. Quelles que soient les époques et civilisations, on peut toujours observer les relations et interactions entre l’unique, le duel et le multiple. Basé intrinsèquement sur les nombres et leurs ombres, le R.E.T. n’est pas prêt d’être dépassé. Mais allons plus loin : comment un système de pensée qui intègre à la fois le connu (niveau ‘R’), le connaissable (niveau ‘E’) et l’inconnu (niveau ‘T’) et leur globalité (fonction d’homogénéité de la fonction lunaire ‘p’) pourrait-il être dépassé, étant donné qu’à tout jamais l’espèce humaine évoluera dans un univers à la fois connu, connaissable et inconnu ? Avec le R.E.T., Jean-Pierre Nicola a découvert le meccano universel qui permet de décoder tous les systèmes de représentation passés, présents et futurs. Je n’en connais pas d’autre qui intègre l’inconnu avec cette rigueur philosophique. Si, en me référant à ses affirmations, j’affirme que Bernard Blanchet n’a au fond rien compris au conditionalisme en général et au R.E.T. en particulier, c’est donc « complètement vrai ».

L’affirmation de Blanchet selon laquelle « Toute représentation est donc appelée à être un jour dépassée : tout autant le système R.E.T. que celui des maîtrises et éléments » est donc grotesque. Les « maîtrises planétaires » chères entre autre à André Barbault « l’enchanteur » sont une ineptie incapable de quelque prolongement philosophique que ce soit. L’explication de l’astrologie par les éléments appartient au musée des croyances humaines. Le R.E.T. est ailleurs, dans la profondeur des nombres qui nous structurent, dans la dynamique du mouvement entre le connu, le connaissable et l’inconnu. Rappelons ici que le R.E.T. n’est pas une typologie visant à classifier les sujets-psy, mais une structure intégrant des fonctions universelles, applicables à l’astrologie mais la dépassant de toutes parts… ce que Blanchet, prisonnier de son psychologisme subjectiviste, est incapable de comprendre. C’est ce qui lui permet d’amalgamer et d’égaliser maîtrises, éléments et R.E.T. dans le même sac épistémologique.

Continuons. Après avoir prédit que le R.E.T. serait un jour dépassé, Blanchet affirme que « la Théorie des âges n’est, elle, ni un système ni une théorie, mais une observation — et essentielle encore ! Elle décrit un fait : les cycles du système solaire et ceux de la vie humaine sont synchrones, rien de moins ». La Théorie des âges serait donc selon lui « complètement vraie et réaliste », et donc indépassable, alors que le R.E.T. serait « partiellement faux et irréaliste », et donc voué un jour ou l’autre aux poubelles de l’histoire

On a envie de rire, mais les dents grincent devant de telles inepties. C’est grâce au modèle R.E.T. qu’il a été possible de comprendre les structures des stades d’apprentissages humains. Jamais cela n’avait été fait auparavant. Blanchet lui-même ne peut pas se passer du R.E.T., qu’il voue à la disparition, pour expliquer les fonctions psycho-planétaires qui apparaissent et se développent au cours des premiers cycles sidéraux de chaque planète. Allons plus loin : si le R.E.T. n’est qu’un modèle comme un autre, voué à la disparition, la Théorie des âges « décrit un fait ». Le R.E.T. ne serait-il qu’une élucubration qui ne décrit aucun fait ? Et si c’est le cas, pourquoi Blanchet, dans sa profonde lucidité relativiste, utilise-t-il encore cet instrument ? Ubu roi

Plus prosaïquement et vulgairement, je pense que Blanchet a décidé de camper dans la Théorie des âges découverte par Jean-Pierre Nicola — et surtout de se spécialiser dans la petite enfance, (0 à 2 ans, planètes rapides) — parce que la petite enfance est un nid « psy » qui lui permet de tenir le discours psy-réducteur qu’il affectionne. De 0 à 2 ans, on peut se gargariser de freudaines. Après, ça coince. La Théorie des âges n’est pas un système ? C’est un modèle d’organisation temporelle systématique, qui n’existe que par le système solaire. Au pays de l’astrologie méta-psychologique qui est celui de l’astrologie conditionaliste développée par Jean-Pierre Nicola, Blanchet est au mieux un intrus, au pire un imposteur.

Des signaux hypothétiques…

- Selon Blanchet : « Je ne suis pas sûr que les planètes (ou les Signes) soient des signaux. Tout reste à découvrir sur les rapports ciel-hommes. Tout ce qui est affirmé à ce propos n’a d’autre valeur qu’hypothétique (influence du ciel de naissance, naissance sous un ciel qui nous ressemble, synchronicité…) ».

- Tout est dit. Les planètes ou Signes ne sont peut-être pas des signaux, c’est-à-dire de l’information objectivement émise par le système solaire, information de nature encore inconnue qui structurerait notre organisation neuropsychologique. Peut-être même planètes et Signes ne sont-ils que des symboles, c’est-à-dire un pur discours d’où les réalités objectives sont évacuées… ce qui permet de raconter n’importe quoi. Si Bernard Blanchet est dans l’esprit conditionaliste, c’est-à-dire s’il croit qu’il est probable que nous parviendrons un jour à une explicative naturelle des influences astrales, comment peut-il dire que planètes et Signes ne sont « peut-être » pas des signaux extérieurs à l’homme ? Ou bien l’influence astrologique est fondée sur les signaux physiques que nous envoient les astres du système solaire, ou bien l’astrologie n’est qu’un discours. C’est clair. C’est là un niveau de réalité où on peut appliquer le « complètement vrai » et le « complètement faux ». Et tout le reste est littérature.

Après avoir affirmé qu’il n’est pas sûr que les planètes ou Signes soient des signaux objectifs, Blanchet affirme que « tout ce qui est affirmé à ce propos n’a d’autre valeur qu’hypothétique ». Approfondissons cette profonde réflexion épistémologique. Blanchet a raison lorsqu’il écrit que nous en sommes pour l’instant réduits à des hypothèses en ce qui concerne la nature de l’influence astrologique. Au fond, c’est l’inconnu dans ce domaine. Ignorants, nous ne pouvons que conjecturer, supputer, imaginer. Mais il a « tout faux » quand même : si les hypothèses relatives aux influences astrales peuvent ne dépendre d’aucun signal objectif, ce n’est vraiment pas grave : puisque tout ça n’est que discours, il suffit de parler d’autre chose. C’est ce que fait Blanchet quand il parle d’astrologie, et c’est sans doute pourquoi il s’est soudainement découvert une complicité « enchantée » avec André Barbault.

Ceci dit, Bernard Blanchet s’interroge, apparemment à juste titre, sur la nature de l’influence astrologique : « Influence du ciel de naissance ? » Le ciel de naissance est-il influent ou non ? Au niveau objectif, des études statistiques ont déjà démontré qu’il existe une corrélation significative entre ciel de naissance et tempérament astro-psychologique. Mais Bernard Blanchet n’en a cure. « Naissance sous un ciel qui nous ressemble ? ». Pourrait-on naître sous un ciel qui ne nous ressemble pas ? Pourquoi le ciel devrait-il nous ressembler ? Les rapports entre un individu et son ciel de naissance sont-ils des rapports de « ressemblances » ? Pas un mot là-dessus. Réponse : si l’astrologie est vraie, on ne naît pas sous un ciel qui nous ressemble, mais sous un ciel qui nous structure, et donc qui émet des signaux qui organisent notre univers psycho-neurophysiologique. Et comment des générations d’astrologues ont-elles fait pour déduire, de milliers de ciels natals, par statistiques empiriques, des comportements humains caractéristiques, si le ciel sous lequel nous sommes nés ne nous « ressemblait » pas ?

Enfin, Blanchet évoque la « synchronicité », un concept qui fait fureur chez les astro-symbolistes qui n’ont rien compris à Jung (c’est-à-dire tous). Là encore, Blanchet se moque du monde. Si c’est une quelconque théorie synchronistique qui explique l’astrologie, on est alors synchrone à quelque chose d’extérieur à soi, ce qui signifie que l’on réagit en sympathie avec un signal. On ne peut pas être synchrone tout seul, on ne peut être synchrone qu’avec quelque chose. Bernard Blanchet serait-il synchrone tout seul avec André Barbault (6) ?

Conclusion provisoire

« Il est difficile de croire que son ambiguïté est due uniquement à une distraction de l’auteur. En effet, ce genre d’ambiguïté est fort commode dans les débats. L’interprétation radicale peut être utilisée pour attirer l’intérêt des lecteurs peu expérimentés en philosophie ; et l’interprétation inoffensive peut être utilisée comme position de retraite quand la fausseté manifeste de celle-là est révélée (« mais je n’ai jamais dit cela… »). Pourtant, les problèmes de la philosophie des sciences, et des sciences humaines en général, sont trop importants pour être traités avec une telle légèreté. Au contraire, ils nécessitent une grande rigueur intellectuelle. Les sciences exactes et les « sciences souples » sont effectivement dans le même bateau. Flirter avec le relativisme et l’irrationalisme ne nous conduit nulle part (7) ».

Notes

- 1. « Le renard et les raisins » (titre d’une fable de La Fontaine), Cahiers Conditionalistes n° 1, 1980.

- 2. Association pour la Recherche sur les Rythmes Cosmiques.

- 3. Les amateurs de contrepèteries hautement psygnifiantes apprécieront.

- 4. De cette « ouverture d’esprit » faite de rejets, d’intolérance et de désinformation, J.-P. Nicola témoigne largement et concrètement dans la plaquette d’Opposition n° 2 « Jean-Pierre Nicola répond à André Barbault », publié par le COMAC. Un document à conserver dans ses archives pour qui s’intéresse à l’histoire de l’astrologie et aux débats qui la traversent depuis une trentaine d’années.

- 5. « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute » (Le Renard et le Corbeau, La Fontaine).

- 6. Prosopopée : « procédé par lequel l’orateur ou l’écrivain prête la parole à des êtres inanimés, à des morts ou à des absents », Le petit Larousse 1992. Coquecigrue : « baliverne, sottise, conte en l’air », Dictionnaire de la langue Française, Larousse 1989.

- 7. Texte extrait de « Pourquoi j’ai écrit ma parodie », article d’Alan Sokal dans Le Monde du 31/01/1997 que je vous recommande vivement de lire en entier… même s’il semble évident que Sokal est anti-astrologue (il est membre du bureau directeur de la secte universitaire Union rationaliste). Comme quoi même un adversaire peut avoir parfois raison… sous certaines conditions.

Article paru dans le n° 7 du Fil d’ARIANA (avril 1997).

Cet article vous a été proposé par : Richard Pellard

Voir aussi :

- Soleil-Mercure-Vénus et affectivité
- Bases du système R.E.T.
- Dépasser ou se débarrasser du R.E.T. ?


Les Significations planétaires

par Richard Pellard. 620 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

La décision de ne traiter dans ce livre que des significations planétaires ne repose pas sur une sous-estimation du rôle des Signes du zodiaque et des Maisons. Le traditionnel trio Planètes-Zodiaque-Maisons est en effet l’expression d’une structure qui classe ces trois plans selon leur ordre de préséance et dans ce triptyque hiérarchisé, les Planètes occupent le premier rang. La première partie de ce livre rassemble donc, sous une forme abondamment illustrée de schémas pédagogiques et tableaux explicatifs, une édition originale revue, augmentée et actualisée des textes consacrés aux significations planétaires telles qu’elles ont été définies par l’astrologie conditionaliste et une présentation détaillée des méthodes de hiérarchisation planétaire et d’interprétation accompagnées de nombreux exemples concrets illustrés par des Thèmes de célébrités. La deuxième partie est consacrée, d’une part à une présentation critique des fondements traditionnels des significations planétaires, d’autre part à une présentation des rapports entre signaux et symboles, astrologie et psychologie. Enfin, la troisième partie présente brièvement les racines astrométriques des significations planétaires… et propose une voie de sortie de l’astrologie pour accéder à une plus vaste dimension noologique et spirituelle qui la prolonge et la contient. Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.

L’astrologie, la nanification de Pluton & les astres transplutoniens

par Richard Pellard. 117 pages. Format PDF. Illustrations en couleur.

Pluton ne fait plus partie des planètes majeures de notre système solaire : telle est la décision prise par une infime minorité d’astronomes lors de l’Assemblée Générale de l’Union Astronomique Internationale qui s’est tenue à Prague en août 2006. Elle est reléguée au rang de « planète naine », au même titre que les nombreux astres découverts au-delà de son orbite. Ce livre récapitule et analyse en détail le pourquoi et le comment de cette incroyable et irrationnelle décision contestée par de très nombreux astronomes de premier plan. Quels sont les effets de cette « nanification » de Pluton sur son statut astrologique ? Faut-il remettre en question son influence et ses significations astro-psychologiques qui semblaient avérées depuis sa découverte en 1930 ? Les « plutoniens » ont-ils cessé d’exister depuis cette décision charlatanesque ? Ce livre pose également le problème des astres transplutoniens nouvellement découverts. Quel statut astrologique et quelles influences et significations précises leur accorder ? Enfin, cet ouvrage propose une vision unitaire du système solaire qui démontre, chiffres et arguments rationnels à l’appui, que Pluton en est toujours un élément essentiel, ce qui est loin d’être le cas pour les autres astres au-delà de son orbite. Après avoir lu ce livre, vous saurez quoi répondre à ceux qui pensent avoir trouvé, avec l’exclusion de Pluton du cortège planétaire traditionnel, un nouvel argument contre l’astrologie ! Vous pouvez dès maintenant le commander à la boutique.





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